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  • Mad Men (Saison 4) A l’aube des hardies seventies

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    Depuis la troisième saison, Mad Men trépignait à l’idée d’opérer un tournant franc dans la modernité d’une époque sixtie. Les prémices de cette plongée en eaux modernes américaines avaient été brillamment signées à travers des trames fortes qui touchaient à la fois aux droits civils, à la destruction de la cellule familiale, en passant par l’homosexualité ou l’entreprise, le tout sur fond politique et social (l’assassinat de Kennedy, entre autres). Cette année, d’entrée de jeu, la modernité de Mad Men a été pris à bras le corps.

     

    Un bond en avant. Nous voici en 1964, à l’aube de Thanksgiving. Don Draper est divorcé, vit reclus avec une femme de ménage soucieuse et songe à flirter de nouveau pour le bien-être social. Lui et ses proches collaborateurs ont fondé depuis peu leur agence de pub et tentent de se maintenir la tête hors de l’eau avec leurs faibles comptes clients. Don cherche un appui médiatique et compte sur ses loyaux partenaires pour dégoter de nouveaux contrats.

    Le décor est planté avec parcimonie, comme toujours. Et c’est encore avec la plus grande subtilité et la plus grande précision dans les dialogues que les auteurs de Mad Men nous laissent de nous-mêmes prendre le pouls de ces bouleversements et cette nouvelle ère.

    Pourtant, dans l’entreprise, l’intensité n’a pas chaviré entre le passage Sterling Cooper Advertising vers la nouvelle agence Sterling Cooper Draper Pryce. Les hommes en colère arrivent matinal au bureau avec le même pas décidé, et malgré l’absence d’open space, les secrétaires sont déjà là, dans des box sur deux étages étroits, toujours supervisées par Joan, avec son professionnalisme glamour qui lui sied tant.

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    Si le décor évolue, l’ambiance et le plaisir de retrouver cette équipe d’employés sont intacts. S’ajoute à ça, une pression de fond inédite, qui vient subtilement se greffer à cet univers de travail : les impératifs économiques de cette nouvelle agence sont palpables, voilà pourquoi Don se jette corps et âme dans un projet du maillot de bain deux-pièces et ose la publicité moderne à effet racoleur.

    La modernité au travail, c’est sans doute Peggy qui l’incarne au mieux. Vestimentairement, moralement, professionnellement, l’ancienne secrétaire qui s’émancipe d’épisode en épisode est devenue une femme indépendante (amoureusement, amicalement) et une commerciale hors pairs avec ses propres méthodes et ses idées farfelues peu conventionnelles (mettre en scène deux femmes qui se crêpent le chignon pour un jambon afin de conforter les ventes et donc le client).

     

    Mais qui est Don Draper ? La question qui brûle les lèvres des téléspectateurs depuis le début de la série et plus particulièrement depuis l’an passé, après quelques troublantes révélations sur le passé du héros phare, revient au premier plan et semble rester majeure cette année. Cette question est introduite d’emblée dans le début de cette saison, en nous donnant presque l’impression que le glas de la supercherie a sonné pour le mystérieux Don. Interviewé par un journaliste unijambiste du Ad Age, Don a la lourde tâche de se livrer sur son parcours. Toujours laconique, celui-ci se rendra rapidement compte qu’il devra entretenir la mythologie d’une identité qu’il a façonnée au fil des années.

    En tout cas, l’introspection permise par cette interview a permis à cette quatrième de mesurer l’envergure de son évolution. C’est avec un petit pincement au cœur d’ailleurs que l’on retrouve l’unique Betty dans les bras d’un mari de substitution, Henry. Le bonhomme vit dans la maison des Draper et invite sa nouvelle épouse et ses enfants à ses propres repas familiaux. Le sujet épineux du divorce vient alors rapidement à la surface, entre les comportements réfractaires de la mère d’Henry (she’s a silly woman ») et les pulsions rebelles de la jeune Sally (la scène à table s’avère absolument jubilatoire).

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    Là encore, la conciliation entre le monde du travail et l’environnement familial est assurée à la perfection par les scénaristes qui avec quelques scènes brèves rendent compte de toute la complexité du divorce et de la famille recomposée vue par les autres à cette époque. Du coup, Betty perd en temps d’antenne tandis que les conquêtes professionnelles et autres voisines de Don gravitent le sommet. Don Draper, célibataire, redevient alors majestueux, le charisme, l’aura du business man, la subtilité du père laissé pour compte et la douleur du deuil en plus. Mais un mariage prétexte au règne ne se profilerait pas de nouveau pour le leader générationnel ?

     

     

    Cette quatrième saison, à la fois sobre et tragicomique, aura permis à Mad Men de se lier officiellement à la modernité d’une époque et d’un propos. La transition vers le monde contemporain se fait sous nos yeux, à travers des histoires simples mais terriblement symboliques. La preuve magistrale que Mad Men reste, grâce à sa justesse intacte et son authenticité historico-sociale, la production la plus maîtrisée du moment.

    9/10

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  • 30 Rock (Saison 5) Une absurdité télévisuelle confirmée

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    Cinq ans déjà que 30 Rock agite son humour mi-absurde mi-pop culture devant les yeux de NBC et du monde entier. Cette série dont on n’attendait rien au départ est devenue la référence incontournable de la ligne éditoriale comique de la chaîne du paon. La raison ? La force de travail d’une créatrice et héroïne impayable, Tina Fey, qui connaît la télévision et ses rouages farfelus comme personne.

     


    On pensait la série en fin de vie créative, à l’inspiration émoussée et aux gags éculés. Mais après cinq ans d’antenne, 30 Rock a réussi ce tour de force qui fait défaut à nombreuses de ses compares comiques : le renouvellement.
    A la force du poignet, la cinquième saison de 30 Rock a retrouvé un équilibre qui manquait au show des temps précédents. Ecriture facétieuse et surprises en tout genre, la scénariste en chef a (re)fait de son bébé une série imprévisible et caustique, de nouveau attendue du public.

    Pour autant, rien n’a changé sur le fond de 30 Rock. Les personnages centraux du 30 Rockfeller Center demeurent ces caricatures joliment définies, qui lorgnent tous du côté de l’absurde ou de la parodie de boulevard.


    Le patron des programmes, Jack Donaghy, entre préoccupations de network et future paternité réussit l’exploit de se mettre en ménage avec
    Elizabeth Banks, elle aussi, impeccable dans son rôle de journaliste control freak-. Le personnage évolue gentiment dans la sagesse et l’ironie, devenant ainsi ce point d’accroche stable consulté par tous, Liz Lemon en tête. Tracy reste l’atout lourdaud du show, en atténuant toutefois les blagues tombées à plat et les intrigues personnelles tellement saugrenues qu’elles en devenaient insipides. Heureusement, lui s'échappe le temps de quelques épisodes pour laisser place à sa femme, Angie, dans une fausse télé-réalité, aboslument hilarante et corosive. Jenna, quant à elle, continue d’être cette actrice-chanteuse mégalomaniaque et hystérique dont on aime franchement se gausser.

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    Liz Lemon, surtout, est sujette à un avenir plus radieux. Finies les phases perdues qui ne rimaient à rien pour lesquelles Tina Fey se contentait d’injecter à son personnage une dimension boulimique et gentiment geek, Liz Lemon tend désormais à devenir une femme quasi-comblée, par Carol d’abord, son pilot de ligne même pas sorti de son imagination (puisqu’il est joué par Matt Damon) et par elle-même. La scénariste décide de régler ses problèmes avec les autres, sa famille, son entourage professionnel, ses blocages sexuels. La quadra s’assume peu à peu (à coup de high five a million angels), ainsi la nouvelle Liz paraît moins crispée et follement plus attachante.

     

    Forte d’une écriture ciselée et d’une imagination perpétuellement en roue libre, la série a proposé cette année des sketches plus aboutis, plus denses, à l’humour plus concentré. Cette saison, 30 Rock a effectivement enchaîné les épisodes mémorables qui font honneur à Tina, Alec et leur clique (dictionnaire parlant, restaurant à thème Godzilla, retour flamboyant de Kenneth, avantages free ice cream for life de Jenna). En prenant soin aussi de ne pas multiplier les effets guest star à finalité creuse –à l’exception d’un récurrent Matt Damon et d’une participation exclusive de John Slattery (Mad Men) dans le rôle d'un candidat politique rustique-, la série se concentre sur les héros du TGS, dans leur quotidien et leurs petits tracas existentiels (une sextape pour Jenna, l’apprentissage paternel pour Jack, etc).

    Pour autant, pas de routine ou d’ennui à l’horizon, la série accumule les ingéniosités loufoques et les effets de surprise au cœur même de sa mécanique feuilletonnante dont chaque épisode en ressort plus maîtrisé et distrayant qu’auparavant. A l’image de cet épisode diffusé en live, mi-octobre, qui symbolise la maîtrise comique de la série et son souci du renouvellement.

     

    Après cinq ans de services fiables, chapeau bas à Tina Fey qui renouvelle sa série et force le respect comique.

    7.5/10

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  • L'Hebdo Séries - Best of spécial Mafia

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    Tout au long de l'été, retrouvez chaque semaine le meilleur de l'Hebdo Séries avec nos best-of thématiques. Cette semaine le best of de l’Hebdo Séries est mafieux ! De la nouvelle création de Martin Scorsese BOARDWALK EMPIRE aux SOPRANOS de David Chase, les séries ont infiltré le monde de la mafia !

     

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    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…

     

    Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Switched at Birth (Saison 1) Chatiliez vu par ABC Family

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    Pour l’été, histoire de remplacer les series hit, les guilty pleasure et les perles câblées, ABC Family est toujours là pour nous amadouer. Avec Pretty Little Liars l’an passé ou plus rarement Huge, la chaîne familiale nœud-nœud supplante ses consoeurs étoilées le temps d’une saison chaude. Cette année, le festival sériel débute avec Switched at Birth, une série adolescente dans laquelle deux pubères découvrent que leur famille n’est pas celle qu’elle croyait. Tristement déjà-vu.

     

     

    Il y a vingt ans, les Duquesnois et les Groiselle ont offert sur un plateau une idée en or : celle de l’échange de bébé post-accouchement. Ce concept rétro, Desperate Housewives l’a repris à sa sauce durant la saison dernière, entre les Scavo et une famille mexicaine, en graissant évidemment les ficelles et en y ajoutant une bonne dose de dérision et d’immigration tire-larmes. Avec Switched at Birth, ABC Family en fait une série à part entière, espérant produire un divertissement socio-familial digne d’un bon film français.

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    Dans les rôles des deux filles échangées à la naissance, on découvre une actrice quasi-attachante, Katie Leclerc et on retrouve avec bonheur Vanessa Morano, connue pour ses personnages dans Gilmore Girls, The Comeback et Dexter. Malheureusement, cette dernière hérite clairement du rôle ardu, celui de la jeune fille riche, doublée d’un tempérament de peste et de rebelle, qui jalousera sa concurrente et comblera en graffitis.

    Katie Leclerc, elle, s’en sort bien mieux dans le rôle plus attendrissant d’une adolescente sourde –ce qu’elle est réellement. La jeune fille, issue d’un milieu défavorisé, au physique diaphane et innocent, permet d’adoucir l’ambiance mélo typique du genre teen-show. Comme dans chaque histoire d’échange de poupons, le décor se veut être une toile social, prétexte populiste pour réunir dans une seule et grande famille un clan aisé et une tribu défavorisée.

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    Si le cas est persistant dans Switched at Birth, le manichéisme social n’est pas son plus grand défaut, la série parvenant à ne pas trop insister sur les différences de classe et autres privilèges adolescents. Ce que la série rate surtout, à l’exception de la sourde Daphné, ce sont les personnalités de ces deux familles. A l’instar des teen-shows actuels, la série prend un tournant artificiel et grotesque quand il s’agit d’évoluer ses storylines et de prendre le ton. Crise adolescente, piques entre parents, la plus  grande partie de la série se voit affaiblie par des scènes déséquilibrées mises en branle par des répliques poussives, jamais subtiles. L’écueil majeur de Switched at Birth demeure ce manque de naturel, absence de spontanéité alourdie par des intentions chignardes et des moments drames prévisibles.

     

    Toujours agrémentée d’une BO girlie et faussement joyeuse, Switched ar Birth, qui vient de gagner vingt-deux nouveaux scripts pour cette année, se la joue sûre d’elle, de son concept drama original, sans jamais penser à la direction de ses acteurs, ou à l’environnement de l’histoire. Si bien que la série oublie de soigner ses formes, son empreinte, pour ne grossir que le trait quand à ce concept pourtant déjà-vu. Plus codifiée et moins originale qu’on l’espérait.

    5/10

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