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  • United States of Tara (Saison 2) Le traumatisme est ailleurs

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    From This Day Forward – 2.12 (diffusé le 06.06.10)

    Et si rien ne sera plus comme avant dans la vie des Gregson ? Avec ce final et son lot de révélations, United States of Tara explore le passé de notre héroïne tout en éradiquant le futur de sa sœur chérie. La conclusion est âpre, en forme de doléance mais apporte une once de compréhension à cet ensemble sériel bigarré.



    D’abord dubitatif sur les fondements de la maladie de Tara, cette fin de seconde saison nous a rassuré. Finalement, l’explication faite fin de saison inaugurale n’avait été qu’une simple piste accessoire. Les vrais raisons touchées du doigt par Tara concernant son comportement multifacette ont été seulement abordés en seconde saison, alors évidemment, si l’impression que la première saison repose sur du vide est bien là, on pardonne facilement à ce personnage attachant, tellement désireux de comprendre de quoi il est fait.


    Les évènements s’imbriquent toujours mal chez les Gregson. Comme pour cette journée post-tempête où un agent social débarque pour un contrôle parental, ce final allie révélations familiales et mariage de Charmaine. Celui-ci a des airs de tragédie annoncée et le dénouement dramatique n’a pas manqué. Charmaine, enceinte et abandonnée à l’autel, bouleverse le temps de deux scènes esseulées et d’un discours sur l’envie d’être autre, ou d’être simplement normale.
    On pourrait même reprocher à Tara d’avoir saboté cette journée si spéciale pour sa sœur, Charmaine qui étant son soutien le plus indéfectible, le mérite à n’en pas douter. Mais Chicken émeut autant qu’elle effraie, ce nouveau alter de Tara est le symbole d’une enfance déchue.

     

    Le mystère sur Tara et son enfance se dévoile prudemment, à mesure de quelques scènes indicatives. Tara et Charmaine et leur passage dans un foyer d’accueil, l’existence d’un demi-frère apparemment dangereux, les prémices d’explications sont là mais pourtant, rien n’a encore été vraiment révélé. Mais, quand Tara, effondrée, se console dans les bras des siens, la famille Gregson personnifie soutien et amour, dans une ambiance nuancée plutôt fidèlement retranscrite, on s’en contente, avec l’impression d’un épisode final simple et plutôt bien amené.



    Avec cette fin de seconde saison, il semble que la direction explicative de la série soit enfin la bonne mais l’art du teasing aidant, le spectateur devra attendre le troisième chapitre pour sustenter son insatiable curiosité. Ce qui en soi, avec les interventions toujours impeccables de Marsh et Kate, la relation de Tara et Charmaine ou le rôle solide de Max, ne sera que des retrouvailles plaisantes.

    8/10

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  • Musiques de séries : retour sur des BO mythiques

     

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    La musique est un élément indispensable à la narration des séries télé. Choisir les bons morceaux, qu’ils soient tubes du moment,  classiques ou découvertes indé, c’est définir l’identité d’une œuvre. L’Hebdo Séries décrypte la BO de quatre séries où la musique joue un rôle clef.

     

    Egalement au sommaire :

    - Adrienne Palicki sera la WONDER WOMAN d’ABC

    - Kiefer Sutherland revient dans TOUCH sur la FOX

    - Ashley Judd devient agent de la CIA dans MISSING pour ABC

    - THE INBETWEENERS : les mésaventures hilarantes d’un nerd made in UK

    - Le polar danois THE KILLING de retour pour une deuxième saison

     

     

    En bonus pour finir LES SIMPSON se moquent de l'animation à la française, en parodiant les Triplettes de Belleville …

     

    Bonne émission !

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Mr Sunshine (Saison 1) Chandler fait grise mine

     

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    Matthew Perry pourrait bien être l’acteur de télé le plus maudit qui soit. Des projets avortés, des films passés sous silence, des séries précocement annulées (Studio 60, la seule série d’Aaron Sorkin qui n’est pas convaincu les foyers, Matt en était le héros) le Chandler bien connu désespérait de faire un comeback à l’image de certains de ses copains du Central Perk qui rempilent depuis quelques années. Mr Sunshine, la nouvelle comédie d’ABC, signera t-elle ce retour bien mérité sous les projecteurs ?

     

     

    D’emblée, Mr Sunshine séduisait par son pitch de caractère et son casting en béton armé (aux côtés de Matthew Perry, Allison Janney et Andrea Anders), comme une promesse de la chaîne ABC de glorifier de nouveau chacune des stars retraitées de Friends. Mr Sunshine raconte la vie faussement palpitante de Ben, un gérant rabat-joie de centre évènementiel qui se démène entre les facéties de sa patronne à l’Ouest, Crystal Cohen, celles d’une équipe d’employés à la personnalité compliquée et les caprices des invités.

     

    Mais comme pour Cougar Town et Episodes de ses compères cathodiques, les débuts de Mr Sunshine ont déçu, faute d’humour convaincant et d’ambiance maîtrisée. A croire que les stars de Friends sont condamnées aux séries surfaites, sans propos de fond.

    Le problème du pilot, malgré le perfectionnisme loufoque de Allison Janney, au diapason du caustique depuis Juno et Away We Go et les envies de bien faire de Matthew Perry, c’est que la série n’exploite en rien l’ambiance atypique de l’atmosphère évènementielle et se cantonne de storylines classiques limite paresseuses. Scènes d’introduction poussives, humour à plat, relations caricaturées, personnages prévisibles, Mr Sunshine, malgré sa jolie galerie de protagonistes, avait des airs de coquille vide.

     

    Heureusement, dès le second épisode, Mr Sunshine s’en sort davantage (comme pour Episodes, qui s’améliore avec les semaines) en exploitant un peu plus le potentiel comique des personnages (Allison Janney, plus impayable de scène en scène) et spatiale offerte par le lieu de la série, ce grand centre culturo-sportif. Lui permet de mettre en spectacle toute une pléthore de situations bigarrées,  en coulisses ou sous les projecteurs. On apprécie alors davantage l’interaction entre les personnages (le faux concours du meilleur employé, naïvement cruel), leur rôle dans cette structure digne du 30 Rock et cette envie de nous amuser au détour de quelques répliques gentiment corrosives.

     

     

    En bref, Mr Sunshine s’inscrit dans la lignée des comédies modernes de ABC. Dans l’esprit, cela ressemble à du Better Off Ted (en demi-teinte, l’originalité en moins) : des personnages secondaires attachants et dessinés avec humour gravitant autour d’un héros froid et distancié. Matthew Perry a donc fait ses adieux officiels à Chandler M. Bing. C’est déjà ça de pris.

    6.5/10

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  • L'Hebdo Séries : La pub dans MAD MEN

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    Célébrée pour son glamour, sa précision historique et la finesse de ses personnages, MAD MEN brille également par son décor, l’univers de la pub. En prenant pour toile de fond une agence de Madison Avenue, la série explore un milieu à la fois conservateur et précurseur des changements de mentalités. L’Hebdo Séries a demandé son analyse à Matthew Weiner, le créateur de la série de passage à Paris la semaine dernière.

     

    Egalement au sommaire :

    - Zooey Deschanel dans CHICKS AND DICKS pour la FOX

    - Le scénariste de THE SOCIAL NETWORK en guest dans 30 ROCK

    - BORED TO DEATH revient pour une deuxième saison hilarante !

    - FRIDAY NIGHT LIGHTS : l’outsider des séries US de retour en DVD

    - LES MEMES YEUX QUE LOST passe la série de J.J Abrams au crible

     

    En bonus pour finir, une bande annonce inspirée de la chaîne belge Prime Series…

     

    Bonne émission !


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  • Cougar Town (Saison 2) L’esprit de groupe en Floride

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    Dans le monde barbare des séries télévisées, les secondes chances sont rares et rarement opportunes. Et pourtant, la très vite décriée Cougar Town en a judicieusement bénéficié. Après une saison inaugurale d’abord grossièrement médiocre, puis étonnamment distrayante, la saison actuelle de la série de Courteney Cox a définitivement fait table rase de son mauvais goût.

     


    Avec les débuts très médiatisés de Cougar Town l’an passé, Courteney Cox dans le rôle titre pour cause, on pouvait dire que c’était mal parti. Plus hystériques que comiques, dégradantes et misogynes que franchement amusantes, les prémices de la série cougar ne faisait ni honneur à son créateur, Bill Lawrence (Scrubs) ni à la pétillante ex de Friends, réduite ici à un rôle de quadra mal dans sa peau, cougar boursouflée et caricaturée, cantonnée aux égosillements tristement insupportables et aux répliques tartes partagées entre amies aigries.


    Pourtant après des épisodes introductifs plus pénibles qu’une intégrale de Glee, les auteurs de Cougar Town ont rectifié le tir. Plus d’écriture, de sobriété et de prospection scénaristique et l’ancienne sitcom mauvaise et sclérosée s’est muée en ensemble show solide et loufoque.
    Si la première saison gardait sur le fond cette impression de série fragile et d’inégale, avec une poignée d’épisodes encore moyens (mais au même titre que des essais ratés de The Office et Modern Family), Cougar Town avait toutefois brillamment établi sa transition. Cougar Town était devenue une comédie d’ensemble atypique et guillerette, un brin hystéro parfois mais toujours solide sur le traitement de ses intrigues et la gestion de ses personnages. Le changement était tel que la série était désormais comparée à The New Adventures of Old Christine, la plus brillante des feu sitcoms CBS avec l’impayable Julia-Louis Dreyfus.

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    Alors cette année, Cougar Town était doublement attendue au tournant. La série allait-elle entériner la bifurcation conceptuelle de la série (à savoir moins d’attitude cougar et plus d’amitié) ou allait-elle encore se diriger vers quelque chose de plus improbable, vieux et horripilant ? Finalement, Cougar Town est enfin restée la même. Après un season premiere parfait (où Jennifer Aniston intervient en psy effroyable), cette nouvelle saison a réussi à bâtir son microcosme fictif sur les bases récentes du show, en confirmant la tendance amicale et volontairement puérile de l’histoire centrale.


    Ainsi, Jules Cobb est devenue une héroïne de comédie idéale : un personnage modérateur qui prêche la bonne parole mais qui dévie au final, forte d’écueils assumés (un peu mama bear et accro à la vinasse). Outre une héroïne passée à la machine du tolérable, les personnages qui gravitent autour d’elle ont également bénéficié d’un traitement plus juste et subtil qu’à leurs débuts. Les amies de Jules, Ellie et Laurie, ennemies jurées et bonnes copines manipulatrices, et les personnages secondaires, Andy, l’époux d’Ellie mais aussi Grayson le voisin-amant et Bobby, l’ex mari, gagnent en importance et en temps de parole imparti et font de cette bande d’amis un symbole de conviction. Il ne manquerait plus que de noyer Travis (Dan Byrd), le rejeton de la famille, imbécile doublé d’un mauvais jeu poussif, pour faire de la série un ensemble show parfaitement mené.


    Avec des historiettes simples mais judicieusement exploitées (les amourettes de Laurie, le psyché d’Andy ou les mauvaises habitudes d’Ellie), cette seconde saison est ainsi parvenue à oublier cette concentration monopolistique réservée à Jules/Courteney. Désormais, tous les personnages interagissent entre eux avec un vrai sens de l’amitié et du relationnel, chacun étant doté d’une personnalité intéressante, exploitée dans des sous-intrigues élaborées, permettant ainsi à Cougar Town de profiter d’une ambiance bigarrée, à la fois jeune et funky, cougar et bitchy (Old Christin-esque donc), bon copain et solidaire, finalement amicale et enlevée.

     

     

    Désormais très (bien) écrite, Cougar Town bénéficie d’une évolution comique perspicace et bien menée. Plus d’interactions entre les personnages, d’intrigues variées et de responsabilités partagées, la série finit par lorgner du côté de la comédie à gros casting, percutante et fiable dans ses mouvements collectifs et son esprit de groupe. Community n’a qu’à bien se tenir (ou presque).

    6/10

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  • L'Hebdo Séries : Séries US : la guerre des comédies

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    Les sitcoms sont-elles devenues ringardes ? COMMUNITY, 30 ROCK, MODERN FAMILY ou THE OFFICE… une nouvelle vague de comédies américaines envahit avec succès le petit écran, portée par des méthodes comiques plus ambitieuses que les bons vieux rires enregistrés. L’Hebdo Séries se penche sur les recettes de ces deux écoles de l’humour…

     

    Egalement au sommaire :

    -           REM sur les traces d’INCEPTION

    -           Krysten Ritter revient dans DON’T TRUST THE BITCH IN APPARTMENT 23

    -           Un teaser pour le TERRA NOVA de Spielberg

    -           BEAVIS ET BUTT-HEAD sont de retour !

    -           Steven Moffat redonne vie à DOCTOR WHO

     

    En bonus pour finir, le couple gay de MODERN FAMILY nous donne la recette du moment pour faire fortune à Hollywood !

     

    Bonne émission !

     

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  • Black Swan (de Darren Aronofski) La troublante arabesque

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    En s’emparant de l’intrigue romantique de Tchaïkovsky, Le Lac des Cygnes, le film de Darren Aronofski réécrit une tragédie. Celle de Nina Sayers, danseuse au ballet de New-York à qui l’on offre le rôle premier du cygne à deux visages. Entre schizophrénie latente et conquête de soi.

     


    A l’image de Natalie Portman dans la peau de l’innocente ballerine confrontée au dilemme interne, le film de Darren Aronofski partage. Entre purée-jambon, vulgaire réchauffé d’une filmographie très thématique (la recherche identitaire de ce catcheur épuisé par la vie dans The Wrestler, l’ambiance anxiogène de Requiem for a Dream, la mère étouffante allant de paire) et œuvre mystique bien ficelée, Black Swan vogue entre deux eaux, jongle entre faveurs éblouies et critiques acerbes.

    Malgré la prévisibilité du scénario, les signes indiciels formels, les quelques répliques en trop (de celles d’un chorégraphe (Vincent Cassel) qui se condamne tristement au manichéisme), Black Swan se veut une œuvre corporelle dont les traits lacunaires s’effacent face au symbole du beau. Un film qui ne convoite pas l’absolu, loin du chef d’œuvre plastique, ou du prodige bien fait. Comme son héroïne terrifiée et vulnérable qui timidement s’oriente vers l’ultime libération, Black Swan est ainsi une œuvre de première sensation, un instant vertigineux dont seule la scène a le secret.

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    Dans Black Swan, l’essoufflement physique confine au délabrement, l’espoir à la démence. L’héroïne s’aliène dans chaque geste technicisé répété jusqu’à la déchirure. Rien à redire de cette interprétation ténue et vivante de la bientôt oscarisée Natalie Portman, qui ici virevolte et se transmue sous la passion.

    A l’écran, la transformation est rude, l’incarnation du cygne est un étrange objet de fascination, fixant les plaies ouvertes et la pâleur des joues. Celles de la douce Nina, prudente écolière, figure diaphane, fragile et incertaine, qui rougit et mordille quand il faut, mais qui peu à peu se renverse en une reine fiévreuse et possédée, qui s’empoisonne sous ses pieds abîmés. Vénéneuse mais généreuse, sublime mais souffrante, Natalie Portman, ici dans son plus beau rôle, éblouit par sa justesse et sa percée des sens, nous envoûtant chaque instant, digne d’une héroïne captivante de Polanski qui s’enferme dans sa folie.

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    Proche des peaux, celle de Natalie Portman et de Mila Kunis, deux aimants rivaux, à la fois lumineuses et sombres, la caméra unique d’Aronofski se veut au plus près des corps, de ces os qui craquent, de ces ongles qui s’arrachent, de ces changements sensitifs qui cachés derrière chaque geste, chaque posture, guette l’héroïne pour mieux l’apprivoiser.

    De cette formidable mise en scène, digne du documentaire La Danse, Aronofski parvient à concilier le réalisme de la technique étourdissante de Natalie, ou la plus juste émotion du film, à cette ambiance froide et hostile propre à la tragédie, signant ce mélange inouï et dérangeant, visuellement grandiose, comme un ballet vif et lancinant où tout se noue et se dénoue devant nos yeux jusqu’à cette conclusion fuligineuse qui achève l’incarnation malade.

     


    Black Swan est un film intense sur la chute mentale et l’émancipation, une œuvre hybride qui convoite la danse, exploite les corps pour mieux les obséder, les tenailler. A la fois contemplatif et élégant, tourmenté et grinçant, la singularité de Black Swan tient de sa facture classique assumée qui s’étend, s’étire et se brise tragiquement mais triomphalement dans la grâce ... parfaite.

    8.5/10

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  • Le Discours d’un Roi (de Tom Hooper) Les langues se délient

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    Les biopic et l’Histoire, ça connaît à Tom Hooper qui après Elizabeth I, The Damned United et la mini-série John Adams sur HBO continue sur sa lancée didactique avec l’histoire de George VI, roi charismatique mais férocement bègue. Un sujet visuel, bouillonnant et apte au vertige verbal de l’écran.

     

     

    Au départ, le Discours d’un Roi, pensé par l’auteur David Seidler il y a trente ans devait être une pièce de théâtre, mais la Reine Mère, épouse du roi mal-communiquant, avait fait jurer au créateur d’attendre sa propre mort pour révéler l’intimité royale dans une œuvre de théâtre. Malheureusement pour lui, la Reine Mort est décédée à l’âge de 101 ans, condamnant le projet sur le roi bègue à l’oubli amer.

    Mais grâce à Tom Hooper, l’histoire vraie de George VI s’est vu renaître de ses cendres. Oubliés les décors en carton et les soliloques pompeux, Le Discours d’Un Roi s’écarte d’emblée du genre théâtre filmé en se fondant sur les codes visuels (décors authentiques, pièces splendides, garde-robes d’époque) du cinéma.

    Dans la peau du roi bègue, rattrapé par le pouvoir malgré un handicap tenace, Colin Firth, qui après l'esthétisant A Single Man procure à nouveau prodige et charisme à un personnage affecté par lui-même. Ce roi, père de l’actuelle reine d’Angleterre, Elizabeth II, vu comme un esclave consentant, Colin Firth l’interprète avec une force frénétique et tempétueuse, entre humour pincé et colère frustrée, qui pour sûr lui vaudra la statuette américaine à la fin du mois.

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    Cette interprétation dentelée d’un Colin Firth qui s’emmêle la langue avec conviction ne serait pas si vertigineuse sans la performance valorisante de sa femme à l’écran, Helena Bonham Carter, épouse-modèle guillerette et drôlement maniérée et celle de Geoffrey Rush, vigoureux et dense dans le rôle de Lionel Logue, l’orthophoniste-comédien raté aux méthodes fantaisistes. Mais si cette distribution fine, incarnant à merveille l’esprit so british et subtile du film –au sommet, les confrontations entre le roi et son professeur malin faits de bons et de gros mots, les rouages du Discours de Roi n’échappent pas aux facilités du genre, à la fois biopic académique et œuvre d’apprentissage didactique.

    Engoncé dans une ambiance intime, proche du portrait, le Discours d’un Roi perd en contexte historique et en force analytique pour insister sur le combat de la prononciation, entre tentatives vaines, espoir, et réussite finale majestueuse. La lutte linguale est ainsi appuyée, voire sur-démontrée sur fond de Beethoven tempéré, cantonnant l’œuvre à un rythme tranquille, parfois monotone et terne. A aucun moment, le film ne sort de cet unique sentier formel, schéma fiévreux mais un peu triste d’une amitié entre deux hommes désespérés mais déconnectée d’un ensemble pourtant voué à vibrer (montée du nazisme, pression politique, sombre mécanique familiale).

     


    Délicat, fin et chiadé, Le Discours d’un Roi est une leçon historique d’apprentissage, améliorant son contexte et poétisant ses détails, pour ressembler au plus près à une œuvre doucereuse et savoureuse. Comme une hagiographie mélodique qui d’emblée sonne juste, mais qui au loin, est incapable de résonner.

    6/10

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