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  • Bored to Death (Saison 2) L’enquête fantaisiste continue

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    D’un ennui à mourir, Bored to Death ? Pas vraiment. Cette série à l’antenne de HBO depuis deux rentrées peut se vanter d’être la comédie policière la plus atypique du paysage audiovisuel. Entre enquêtes joliment farfelues, état des lieux psychologique mélancolique et ambiance de fond littéraire à la Fitzgerald, Bored to Death est une facétie télévisuelle inédite.

     

    Aux manettes de Bored to Death, on trouve Jonathan Ames, écrivain et journaliste du New York Press, influencé par l’écriture de Bukowski, Kerouac et compères. Mais aussi devant la caméra, puisque le héros incarné par l’impayable Jason Schwartzman est aussi Jonathan Ames, lui aussi, petit écrivain qui se débat avec une carrière compliquée (son second roman a été rejeté par les maisons), au goût littéraire aussi très américain et à la vision personnelle des choses (un dandy à l’attitude hippie et maladroite, tendance romantique).

    Nul doute alors que le personnage est créateur et inversement, et que cet homme d’écriture inspire directement les aventures facétieuses de cet Ames-héros, modèle vivant des héros écrits de Raymond Chandler, qui cette année encore, accumule les étiquettes : romancier acharné et détective privé timoré mais coriace.

    Ames est donc partout, même à l’écran, dans la peau de l’amant de la femme du meilleur ami du héros, qui s’exhibe frontalement pour échapper à un Zach Galifianakis meurtri. Pas étonnant alors que Jonathan-héros s’interroge quelques scènes auparavant sur la taille de son pénis (puisque Ames-créateur en a une toute petite, épisode à l’appui). Mais plus que des thématiques priapiques fantaisistes au cœur même du concept gentiment schizophrénique de la série, Bored to Death est un repertoire à bizarreries, qui se plait à cultiver les extravagances de ton, son genre pittoresque et cet univers bigarré qui sans cesse fait mouche, tel un roman typique d’Henry James.

     

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    La première saison avait posé les bases conceptuelles de Bored to Death : aventures piquantes et quête de bonheur rassasié dans un décor d’artistes maudits de Brooklyn digne des seventies. Malgré les efforts de la saison inaugurale, la série s’était avérée un brin poussive dans son envie de fond décalée, quitte à rendre certaines des intrigues policières telles de pâles resucées de roman noir et l’ensemble, pas assez attachant.

    Mais la seconde saison, en tout point enthousiasmante, a su revigorer le concept brillant de la série en recentrant avant tout ses enjeux autour des trois protagonistes de la série. Jonathan Ames (Jason Schwartzman), Ray, son meilleur ami, cartooniste (Zach Galifianakis) et George, son père spirituel, éditeur gentleman (Ted Danson) forment depuis cette année un trio exquis, garant de l’excentricité fine de la série et sa plus belle conviction.

     

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    Bien moins balourd que dans les films de Todd Phillips, le rouquin meilleur ami toujours présent pour son copain détective amateur, incarne un personnage gentiment en marge, mais qui cette année, entre dans une phase d’intégration, en essayant, comme Jonathan l’an passé, de reconquérir le cœur de l’attachante Leah, gentille demoiselle qui en a assez de l’attitude perchée de son compagnon loufoque. Ted Danson, aussi, toujours impeccable, qu’il soit homme d’affaires véreux dans Damages ou sidekick comique sur HBO (Curb Your Enthusiasm), s’allie aussi à merveille avec Jason Schwartzman. Le regard de cette seconde saison se porte donc  avec justesse sur ces trois personnages hauts en couleur, sans faire la part belle à l’un d’entre eux.

    Ajouté à cet équilibre scénaristique plus harmonieux eu égard au concept rétro de la série, la série a revu sa copie formula en devenant plus feuilletonnante, permettant aux héros d’être suivis dans leur quotidienneté (et donc plus attachants), de gérer leurs affaires personnelles souvent irrésistibles (le faux cancer de la prostate pour George, le succès comic de Ray) tout en réduisant les affaires déconnectées du privé au strict nécessaire, le détective héros retrouve ainsi une vraie cohérence à l’écran, entouré de ses amis décalés et son avenir joyeusement incertain.

     

    Avec un sens aigu de la billevesée désillusionnée et de la situation loufoque raffinée, la seconde saison de Bored to Death s’est avérée être un petit bijou inventif et fantasque, emprunt d’un certain mouvement romanesque au cœur même des intrigues, à la fois policières, mélo et ironiques. Comme un polar prenant et classy, le retour de la bande de Jonathan Ames est prévu pour la rentrée littéraire 2011.

    8/10

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  • L'Hebdo Séries : le bilan séries 2010

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    Cette semaine l'Hebdo Séries a choisi de vous faire le bilan de 2010. Au-delà des choix incontestables et des grandes séries en devenir L'Hebdo Séries a choisi de vous faire partager ses meilleures surprises de 2010. Il est aussi temps de voir si les nouveautés de la rentrée tiennent leurs promesses. Faux départs, bonnes surprises, bides, on vient de vous le dire, c'est l'heure du bilan !

     

    Également au sommaire :

    - THE EVENT, successeur de LOST et 24 HEURES CHRONO ?

    - Les grands producteurs en petite forme

    - Des séries trop vite annulées

    - Vous êtes en retard pour vos cadeaux ? Quelques idées pour vous rattraper !

     

    En bonus pour finir un petit extrait du tube de Noël de l'Hebdo Séries, tiré d'un épisode très spécial de South Park, à déposer au pied du sapin.

     

    Bonne émission !

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

     

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  • L'Hebdo Séries : Scorsese, le nouvel empereur des séries

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    Cette semaine l’Hebdo Séries s’intéresse au BOARDWALK EMPIRE de Martin Scorsese. A l’heure où les séries rivalisent avec le cinéma pas étonnant de voir cet hyperactif tenter l’aventure de télévision… Reste à savoir comment le style du cinéaste s’adapte au format télévisuel. Un spécialiste passe au crible le pilote de BOARDWALK EMPIRE pour y détecter la marque du maître.

     

    Également au sommaire :

    - LUCK dans le peloton de tête

    - THE CLOSER ferme ses portes

    - KINGS et son casting royal 

    - Une dose de LOST pour Noël

     

    En bonus, pour finir, Michael C. Hall de passage chez Jimmy Fallon la semaine dernière chante Noël façon… DEXTER !

     

    Bonne émission !

     

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  • Parenthood (Saison 2) Tribu joyeuse et tracas du quotidien

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    Les Braverman n’ont pas disparu. Cette joyeuse bande familiale qui a sévi avec sincérité et humeur douce-amère l’an passé sur la chaîne du paon a eu droit à un second chapitre de vie, signé Jason Katims, monsieur Friday Night Lights.
    Si la première saison s’était d’emblée avérée enthousiasmante par son casting alléchant et cette force de cohésion générale qui se dégage du clan familial, cette année, la tribu déchante un peu. Mais malgré la crise, les trust issues des uns, la peur de l’engagement des autres, la gaieté familiale reste au beau fixe et la critique, aussi.

     

    Puisque c’est de famille, les sériephiles se sont fait un devoir de supporter les leurs cette année encore. Et comme les Braverman sont moins sujets aux drames lacrymaux faciles que l’on essuie avec excès du côté des Walker, on peut continuer à être fiers de son propre clan.
    Depuis dix  épisodes, Adam, Sarah, Crosby et les autres évoluent gentiment dans leur monde à eux, un microcosme filial aux airs intenses et funky, volontairement légers et quotidiens, où il fait bon chantonner quelques refrains folks attablés avec les siens avant une traditionnelle partie de base-ball.

    Pour autant, les Braverman ne sont pas qu’un modèle familial américain en apparence parfaite. A plus forte raison cette année, où chaque membre de la smala voit défiler son petit lot de problèmes et d’ennuis en tout genre. Prenez le clan d’Adam par exemple : entre la crise financière qui touche l’entreprise du patriarche, obligé de licencier ses acolytes, qui finit malgré tout sur la paille, Max, toujours plus marginalisé à l’école, en dépit des efforts maternels et sociaux de la bouleversante Christina (et de Gaby) et les émois d’Haddie, plus occupée à flirter dans la réserve des converses bienfaitrices que montrer son soutien familial, le clan accuse le coup, le chef de famille, Adam (Peter Krause), devenant le personnage le plus sombre du paysage Braverman, aigri et agressif, et à bout de nerfs, alors peut-être le plus intéressant à suivre.
    Idem pour les grands-parents du clan, toujours là à se chamailler et à manifester contre l’autre des démonstrations d’âcreté et de colère frustrée. La storyline ne change pas tellement pas des prémices faites saison une, mais l’histoire patriarcale vient véritablement s’insinuer dans le fond cette saison, devenant un décor à part entière, fait d’apparences souriantes et de non-dits.

     

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    Dans Parenthood, tout évolue à pas tranquille, à tel point que certains épisodes laissent une impression d’effleurement. Mais les intrigues du jour n’en sont jamais vraiment. Inscrit dans une quotidienneté propre à l’environnement familial, ce feuilleton préfère aux rendements sériels des cas réalistes, qui ne se résolvent jamais en 42 minutes, ou par le biais d’une réplique finale bien sentie. Et lorsque la bonne humeur est au centre des préoccupations, cette lenteur de traitement s’avère bien plus efficace. A l’image du conte familial dont Crosby est le héros. Prêt à passer la bague au doigt à Jasmine, sa jolie danseuse, le plus jeune de la famille semble destiné à un avenir familial radieux et serein, sans fausse note ou crise de conscience inutile, ce qui rend plus lisse et doux l’univers de la série.

    Même topo pour le clan de Sarah, qui cette année, oublie un peu les disputes inutiles et les aigreurs passées. Lauren Graham continue d’interpréter la mère de famille légèrement bohème et relâche sur les principes avec la même bonhommie générale que dans Gilmore Girls, l’esprit witty en moins. Mais en s’embarrassant des conflits récurrents avec sa fille, Amber devenant un modèle studieux et obéissant (du coup, peut-être moins attrayante sur le fond malgré le potentiel affriolant de l’actrice et du personnage), la mini-tribu perd en drama, mais gagne assurément en cohésion familiale et en solidité scénaristique.

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    En dépit des défauts inhérents au genre de Parenthood, quotidiens parfois lymphatiques, scènes lisses et intrigues ressassées, la série familiale de NBC reste un divertissement de bon aloi, à la hauteur du formidable talent faussement improvisé de ses héros, adultes comme enfants. Au final, dans les bons comme dans les mauvais moments, on adhère à Parenthood, famille oblige.

    7/10

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  • L’ère Obama : fini de rire dans les séries animées ?

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    LES SIMPSON, SOUTH PARK, AMERICAN DAD, ou LES GRIFFIN attaquent à l'humour acide les travers de la société américaine. Les années Bush Junior ont été un âge d'or pour la satire graphique. Avec un nouvel occupant, moins clown malgré lui, à la Maison Blanche y a-t-il une crise du gag ? L'Hebdo Séries a demandé à l'équipe des Griffin comment rigoler en cartoon et sous l’ère Obama.

     

    Également au sommaire :

    - Renouvellements et déceptions

    - Le marathon 24 HEURES CHRONO

    - BREAKING BAD nous coupe le souffle 

    - LES PILIERS DE LA TERRE débarquent sur CANAL+

     

    En bonus, pour finir, une pub d'HBO pour EASTBOUND & DOWN... qui laisse pantois.

     

    Bonne émission !

     

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  • Big Love (Saison 4 - Bilan) La croyance dans tous ses états

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    Un grand moment de série, unique et intense que nous a offert en guise d’épisode final, et chaque dimanche pendant neuf semaines, l’inégalable Big Love. Avec une saison parfaite de bout en bout, un exemple de maîtrise, à tout niveau, de spiritualité, d’écriture, d’émotion, Big Love s’achève sur une note plus qu’aboutie, le summum de l’évolution, de l’ambition d’une série qui toujours va plus loin, qui après quatre ans d’antenne, nous émeut, nous cogne, nous surprend toujours. Sans jamais nous éconduire.

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    Chemin de fer électrique

    On aurait vraiment pu penser que cette année, Big Love avait multiplié les histoires, en quête de direction et d’étoffe. Pourtant, à en juger par le chemin de fer de ce season finale, difficile de voir autre chose que l’assemblement méthodique et naturel de chaque élément déployé au cours de la saison, du plus insignifiant au plus frappant.

    Du plus insignifiant donc, on commence par la nouvelle vie d’Alby qui n’a plus de sens depuis la découverte puis perte de son amant et qui pour oublier, se venge sur sa femme chef, en oublie sa sœur, sa foi et même son ambition dirigé vers Juniper Creek. Plus rien n’importe, Alby devient l’ombre de lui-même, cet épisode finale le rappelle subtilement, sans s’attarder, sans se draper dans de grandes zou mélodramatiques.

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    On retrouve cette même pudeur de fond, qui ne souligne que mieux l’émotion de la série dans les trop rares scènes de retour de Don. Lui aussi, sa vie est détruite depuis la dénonciation honteuse et égoïste de Bill soucieux de protéger sa seule famille, et non sa religion. La scène du fils vengeur était surprenante, nous rappelant avant tout que la série ne laisse rien au destin, ne mettant jamais ses histoires secondaires sur le bas-côté.

    En début de saison, Bill devient à la co-tête d’un casino d’Etat. L’histoire n’avait au départ qu’un potentiel limité en raison du rapide intérêt pour la politique du nouveau patron à sous. Pourtant, la série poursuivait d’approfondir les relations des Indiens avec Barb et l’arrivée de Marylin n’a fait que rendre indispensable cette facette du jeu pour la suite. Formidablement menée, digne d’un thriller politique haletant, la carte Marylin a été jouée avec efficacité, faisant précipiter les évènements de la série telle une avalanche incontrôlable et montrant la force des lobbyings et de la mesquinerie politique dans la société américaine.
    Tandis que le sort de la réserve indienne a non seulement ajouté une pierre non négligeable à l’édifice final, il a en outre eu un impact incommensurable sur l’équilibre de la femme de Bill, qui décide d’une vendetta personnelle sous forme de test de paternité.

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    Et puis, il y a Ana dont l’histoire va rapidement s’entremêler à celle des sister-wives héroïnes. Mais d’abord, le retour de l’immigrée signe une fois de plus la constante maîtrise de la série, qui, contrairement à beaucoup d’autres, ne compose pas ses idées de manière isolée en espérant au bout du compte y voir un constat de globalité. La série ne prend pas ses marques a posteriori, elle les crée elle-même en amont, en jaugeant son édifice passé et sa potentialité. La série aurait-elle été aussi époustouflante de réussite sans l’ingérence d’Ana dans l’équilibre familial, sans celle de Marylin dans la sphère de Bill, sans la trame homosexuelle sublime d’Alby, sans ces détails secondaires souvent métaphoriques (on y revient vite) ?

     

    Une trame noire

    Cette année, la série semblait vouloir faire la part belle à la quotidienneté de la famille Henrickson, l’ambition politique d’une tribu fondamentalement apolitique poussée par un chef de clan qui n’aspire qu’à la reconnaissance publique. A la mi-saison, avec en point d’orgue l’épisode noirâtre au Mexique, la série est venue corriger ce parti pris standardisé en reprenant les ingrédients dérangeants qui ont fait son succès les deux premières années.

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    Moins de Juniper Creek, et d’éventuelle course à la prophétie (un regret), la série préfère consacrer la venue d’un nouvel ancien, JJ un fervent polygame du Kansas, aux dents longues, à l’air plus qu’inquiétant et l’arrivée avec lui, de sa compagnie, aussi carnivàlesque que la communauté du prophète toute entière. La série a pris son temps pour distiller les éléments de l’arc annuel. Privilégiant la mise en scène d’un caractère dangereux pendant de longues semaines, pour dévoiler en toute fin les véritables tenants de cette histoire eugéniste –dont la dimension sordide fait écho à cette mise en scène, initiée par Zeljko Ivanek, dont le jeu est encore plus féroce que dans Damages.

    Pour certains, dévoiler le contenu du mystère qui entourait ce personnage (et qui concernait tout le clan de Bill, à travers Nicky, l’ex-femme de JJ et mère de sa fille, Cara Lynn) et le résoudre dans le même temps pourrait être un brin risqué, mettant à mal tout le potentiel dramatique de l’histoire. Ce fut pile le contraire, l’intrigue de JJ et d’Adaleen, à l’effet démontré (no spoiler), permit de bâtir une conclusion majestueuse à la série, la justification de tant de malaise injecté tacitement tout au long de saison (via l’ex-mariage de Nicky, Wanda et son noyau familial pourri), tout en étant un clin d’œil de noirceur fait aux adeptes de Big Love qui leur rappelle à bien des égards que la série reste sur les mêmes bases HBOesques de ses débuts.

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    Famille : la matière inextinguible de la série

    Si le paysage de la série est dense, sans limite, il ne serait qu’un terrain vague sans allure sans la tribu réduite des Henrickson. Comme chaque année, les trois épouses formidables de Bill ont bénéficié d’une attention particulière, d’une évolution manifeste, signant çà et là des moments forts servis sur des répliques dont la justesse n’a pas d’égal, même dans Big Love.

    Entre la première saison et celle-ci, le bouleversement dans l’ordre familial établi est impressionnant. Margene s’émancipe, aspire à une indépendance et un regard, s’offre même une soupape de sécurité. La business woman se marie avec Goran pour assurer à lui, Ana et son enfant de rester sur le sol américain. En filigrane, c’est la peur de s’engager dans un mariage polygame connu de tous qui effraie Margene, peut-être la peur tout court de l’engagement alors que le succès et l’argent lui tendent les bras.

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    A l’inverse, Barb qui était la plus fidèle de toutes, devient l’opposant attitré de Bill. Des choix, des positions, des priorités jusque dans les conceptions de Bill, Barb n’est plus. La femme a appris à ses dépends que l’illusion de son mariage résonnait que trop bien dans chaque facette de la vie de son mari. En apprenant que Bill avait couché avec Ana avant leur mariage éclair, Barb a réalisé que la fumisterie avait la taille de son toit (la femme ne rejetterait-elle pas carrément la polygamie en toute fin ?). Par amour pour Bill et son rêve, par amour pour ses sister-wives aussi, Barb reste à leurs côtés et affronte le monde. Il n’empêche que sa vision des choses a radicalement changé et que ces choses seront bien vite biaisées pour elle.

    Quant à Nicky, la mormone s’attache plus que de raison, se libère de ses anciens carcans religieux pour se jeter, paupières aimantes, dans l’amour d’un mari et d’une fille, donc d’un modèle, quitte à souffrir d’exclusivisme et de vision (presque) judéo-chrétienne de la familia. L’arrivée de JJ et son mariage arrangé avec Adaleen permit de revenir un temps sur l’enfance difficile de la jeune femme (mariée de force à ce même vieillard à l’âge prépubère) et pourrait même expliquer ce retour désiré à la normalité. Débarrassée de ses idéaux mormons et de ses habits traditionnels, la transformation de Nicky a été incroyable. Fondamentalement émouvante. Le symbole du potentiel inextinguible de la série.

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    Avec Marylin, Barb, Don ou Ben, Bill a cette année enchaîné les bévues. Orgueilleux jusqu’à la moelle, Bill se mord rarement les doigts. Pro-sister-wives cette année, la série a donné du fil à retordre à Bill et l’a souvent mis en difficulté, professionnelle, politique, privée jusqu’au point de non retour. Jamais Bill n’avait montré signe de faiblesse, c’est chose faite
    Cela dit, le chemin du patriarche antipathique a aussi été semé d’héroïsme (au Mexique), de courage politique, de passion et d’amour à toute épreuve, laissant intact la réputation de Bill le sauveur. De ses erreurs commises, Bill les a transformés en leçons, notamment lorsque le père autorise sa fille Sarah à prendre le large pour un au revoir dans l’esprit de la série. Ou lorsqu’au final, Bill avoue qu’en effet, la noirceur est présent en lui aussi.

     

    L’aveuglément permanent de Bill aura-t-il alors eu raison de sa famille ? Entre Nicky qui aspire à un mariage exclusif, Margene mariée à un autre, au business indépendant et Barb prête à s’opposer à son partenaire de vingt ans et à toute une conception qu’elle rejette, Bill semble être le seul véritable prêcheur pour son église.

    C’est ce qu’on appelle : une croyance dans tous ses états.

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    Big Love n’est pas un chef d’œuvre à proprement parler, il ne fait pas état d’un record, d’une ascension dans un art cinématographique. Big Love est l’exemple illustre de l’art de la mécanique sérielle, de ce caractère feuilletonnant passionnant qui là est justifiée dans sa longueur et son déploiement cloisonné grâce à la vertigineuse profondeur de l’histoire, son concept alambiqué, son ton unique en son genre et forcément, ses personnages clefs, qui se transmuent, évoluent, s’enracinent au gré des épisodes, au fil du temps et des bouleversements.

    C’est donc bel et bien un chef d’œuvre de série. La raison sine que non d’allumer une bonne fois pour toutes sa télé, histoire de voir le monde.


    Note de saison : 10/10

    Analyse épisode par épisode.

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  • L'Hebdo Séries : Les hommes : nouveaux objets sexuels ?

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    Cette semaine L’Hebdo Séries s’intéresse aux hommes, nouveaux objets sexuels, dans les séries. L’histoire des séries regorge de filles sexys qui alimentent les rêves érotiques des spectateurs masculins. Depuis quelques années la boîte à fantasmes reflète l’évolution des mœurs et les femmes elles aussi ont droit à leurs hommes objets. L'Hebdo Séries a donc demandé aux héros de HUNG et de MAD MEN ce qu’ils pensaient de cette tendance…

     

    Également au sommaire :

    - Eva Longoria, pas si desperate que ça !

    - R.I.P Leslie Nielsen

    - THE CLEANER vient en aide aux cas désespérés

    - DUMBLAND, la websérie ovni de David Lynch

     

    En bonus, pour finir, on parle de Twin Peaks, avec le trailer de l'épisode spécial d'ENQUETEUR MALGRE LUI diffusé cette semaine, hommage au chef d'œuvre de David Lynch

     

    Bonne émission !

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Blabla-Séries se la joue mécène de Blossom bird

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    Noël arrivant doucement, et avec lui les listes, les étrennes, puis les repas-vacarme, et les déceptions. Pour appréhender ce moment d’intense bouleversement, quoi de mieux qu’un site de créations, idéal pour les cadeaux originaux mais pas que.

    Blossom bird est un blog haut en couleurs, à la fine touche romantique et poétique. Lucile, la créatrice du site, qui en plus d’être la fille la plus chic et chouette du monde (que j’aime par-dessus tout, y compris plus que Gilmore Girls et Six Feet Under réunis), est une experte passionnée du bijou joli et sensible, confectionné avec soin et sens du détail.

     

    Au style singulier, la marque Blossom bird est une précieuse, subtil assortiment de couleurs épurées, sages mais exaltées, et de fantaisies romanesques de goût, digne d’un voyage antique où les camées copinent avec les boutons nacrés et les oisillons dans un décor Liberty affriolant.

    Entre compositions fleuries, sautoirs littéraires, boucles vieillies, perles rares, broches inédites, bagues idylliques, la collection actuelle offre un large de choix de douces créations à orner selon les goûts et les genres. Les attentions d’une autre époque de Lucile, à la photographie sublime, mises en valeur dans un cadre tout aussi lyrique, sont une ode à la poésie pour un look adorable et inspiré.

     

    Morceaux choisis.

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    Et en cette période de Noël, c’est quand même 10% de remise. Tout est permis ! Cliquez, ici et  !

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