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  • Running Wilde (Saison 1) Une éducation amoureuse guillerette

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    Il y a de ces séries rares et chanceuses qui n’ont pas besoin d’une grosse artillerie scénaristique pour d’emblée nous convaincre et nous rendre à leur merci. Cette saison, la série déjà adoptée, déjà adulée s’appelle Running Wilde et l’on fera tout pour la porter au pinacle jusqu’à plus souffle.

     

    Running Wilde, c’est l’histoire de Steve Wilde, un riche homme égocentrique et extravagant prêt à tout pour reconquérir l’amour de sa vie, Emmy Kadubic, une altermondialiste écolo et jeune maman décalée. Un pitch qui ne paie pas de mine mais qui rapidement devient affaire sérieuse lorsque des noms phares s’accolent aux personnages et à la production.

    Créée par Mitchell Hurwitz (l’homme coupable de la meilleure comédie que le monde n’ait jamais connu, Arrested Development), Running Wilde bénéficie d’une distribution aussi redoutable que l’humour du tout-puissant. Dans les deux rôles titre, Will Arnett (à la fois héros et scénariste de la série), plus connu sous le nom de Gob Bluth dans Arrested Development ou l’un des bonhommes les plus drolatiques du territoire américain et Keri Russell, l’actrice la plus mignonne et attendrissante du paysage des minois rongeurs. Et parce qu’une affiche n’est jamais assez formidable, s’ajoutent à ces noms de choix, Robert Michael Morris (le coiffeur déjanté de Lisa Kudrow dans The Comeback) et David Cross, l’extraordinaire Tobias Fünke dans Arrested Development.

     

    Difficile alors de ne pas voir dans ce series premiere l’écriture incisive et volontairement grotesque d’Hurwitz toujours mise en œuvre avec brio par cette palette d’acteurs comiques plus experts de l’ineptie et de la grimace sublime les uns que les autres. Entre militantisme extrême caricatural et égoïsme désopilant, chaque personnage apporte sa forme d’humour à ce tableau comique bigarré. On se délecte alors de voir s’établir cette histoire volontairement grandiloquente façonnée dans les règles de l’art par cette équipe déguisée de bras cassés, elle-même magnifiée par la présence d’une Keri Russell convaincante et naturelle.

    Malgré toutes ces joies et ces contrastes d’humour en boîte, ces décors exotiques volontairement kitsch, ces scènes expédiées où Will Arnett excelle en riche héritier foutraque, le concept de Running Wilde est encore en l’état. Malgré des dialogues soignés et des caractères déjà établis, le début de RW s’avère brouillon dans sa forme et sa réalisation, comme si les auteurs étaient trop soucieux de délimiter d’emblée la relation tumultueuse des deux héros aimants.

     

    Avec cette voix off gentillette de Puddle, fillette de l’héroïne écolo, et des allers retours scénaristiques emmêlés, symboles de la relation compliquée entre Steven et Emmy, Running Wilde n’est pas encore totalement à l’aise avec son principe, mais la suite le sera à n’en pas douter, notamment grâce à cette galerie de personnages (et d’acteurs) épatants certifiant d’une série en grandes pompes, décomplexée et hilarante.

    8/10

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  • Undercovers (Saison 1) De l’espionnage conjugal niaiseux

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    Le visionnaire JJ Abrams aurait-il le regard qui flanche ? A force de produire une dizaine de projets au semestre, d’accumuler les fronts et gonfler sa mégalomanie, le geek binoclard perd en force de conviction. Avec Undercovers, sa dernière production pour NBC, JJ Abrams prouve que les séries d’espionnage grandiloquentes et gentiment ironiques sont son fétichisme à lui. Vu la médiocrité chronique du genre, dommage que l’homme persiste à ce point.

     

    Dans cette rentrée surchargée de pilots (plus d’une vingtaine, au risque d’avoir des tremblements cardiaques), le season premiere d’Undercovers, réalisé par le maître JJ et écrit par Josh Reims (son acolyte dans Felicity), pourrait bien être la nouveauté la plus standardisée du lot, et la moins inspirée.

    Le pitch laissait déjà présager d’une telle facture uniformisée : Undercovers se focalisant sur l’histoire d’un couple d’afros, Steven et Samantha Bloom (Boris Kodjoe et Gugu Mbatha-Raw) retraités espions et récents traiteurs épanouis, contraints, pour la survie d’un ancien ami de la CIA, de reprendre leur rôle d’agent double en costume chic.

     

    En plus d’un concept lambda trop-vu (Mr & Mrs Smith, déjà mauvais) qui finit par rendre perplexe, le pilot ne parvient pas à contourner son schéma classique de départ et vient même à s’y embourber joyeusement. Autour d’une intrigue-prétexte qui prend l’eau en l’espace de deux scènes d’action expédiées, le season premiere d’U accumule les étapes du genre avec précaution (introduction inquiétante, rebondissements musclés, dénouement lyrique, conclusion & ouverture) tout en essayant tant bien que mal de montrer son potentiel et son envie d’en jeter.

    En 24 heures (plagiat ?), le couple d’espions, au top du glamour et du cynisme complice, nous embarque dans un tour du monde conspirationniste à coup de cartes postales kitsch pour dénouer une intrigue de fond maigre, synonyme de représentation sommaire ringarde du grand et beau américain vainqueur du vilain russe apatride aux cheveux platine.

     

    Si les clichés siéent parfois au genre de l’espionnage et du film choc, le début d’Undercovers pêche surtout par excès orgueilleux de surenchère de forme et de ton. Très démonstratif, à la fois dans cet humour de fond, ensemble de répliques ironiques et conjugales le plus souvent bancales, à la fois dans l’épreuve de force, le déploiement de l’action et des combats musclés totalement peu imaginatifs et froids, Undercovers accumule les faux pas présomptueux et pourrait bien être une caricature d’Alias croisé Chuck, l’écriture et l’interprétation convaincante en moins, avec une approche en toc frôlant le genre nanar à la Morel.

     

    Se voulant à la fois classieux, sophistiqué, amusant et efficace, à l’image de ses deux héros à la répartie supposée fine et à la plastique supposée admirable, Undercovers finit par n’être qu’un divertissement de bas étage, ennuyeux et prévisible, une poudre aux yeux irritante et blafarde, qui plaira à peine aux adeptes de ce pauvre JJ Abrams à la créativité décidément émoussée.

    4/10

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  • Lone Star (Saison 1) Une double vie au diapason

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    Au petit jeu des références, vous savez ce jeu préféré des critiques qui consiste à raccrocher les nouveautés à telle ou telle série notoire, Lone Star pourrait bien nous étourdir. Big Love, The Riches, Profit, Friday Night Lights, et même Dallas,  il y a de ça dans Lone Star et plus encore. Et si ce petit jeu manque généralement de pertinence, ce n’est pas totalement vrai pour Lone Star qui s’avère être un mélange hybride et bien mené de ces séries phares.

     

    Robert Allen est un arnaqueur fin limier à tendance polygame. D’un côté, à Midland, Texas, Robert est un vendeur de pierres sans histoire, amouraché d’une jolie plante du coin. De l’autre, à 400 kilomètres de là, Robert se fait appeler Bob. Marié à Cat, fille d’un riche magnat de pétrole, l’homme entretient une réputation de gendre idéal et convoite la reprise de l’entreprise familiale extrêmement juteuse.

    Les mots clefs sont lâchés : entreprise familial, arnaque, double vie impliquant dès lors des coups bas, des secrets et autres manipulations. La recette de Lone Star n’est pas inédite mais celui-là vient dynamiter le genre sans se sacrifier ou viser la cour des grands. Très vite, le pilot de Lone Star parvient à se détacher de ce concept risqué pour composer avec une singularité étonnante sur ce monde familial et industriel sujet à suspicions.

     

    Réalisé par Mark Webb (500 Days of Summer), le pilot de Lone Star bénéficie pour sûr d’une ambiance inédite qui rappelle plutôt l’esprit des séries intimistes câblées plutôt que les grands produits coutumiers des networks. L’ambiance, mais aussi la mise en scène soignée, le dialogue fin et travaillé, la mise en abyme simple mais non didactique des personnages et leurs dynamiques ainsi que l’intrigue principale joliment exposée paramètrent les qualités de fond de cette série en jachère, autant de facettes habituellement traitées avec médiocrité par les series premieres.
    Pas étonnant donc que Lone Star ait recueilli l’unanimité des critiques, la gratifiant de meilleur pilot de saison, de promesse à suivre et autre superlatif plutôt bien senti.

    Du beau monde à l’affiche de Lone Star, également. Le héros impeccablement joué par l’étonnant James Wolk, aux airs troublants de Kyle Chandler (héros de Friday Night Lights, jolie coïncidence) lui insuffle d’emblée naturel et charisme et contribue beaucoup à la sincérité formidable de ce premier épisode et au potentiel du show. A ses deux bras, une fausse épouse, jouée par la sublime Adrianna Palicki, venue elle aussi de Friday Night Lights et une fausse fiancée, Eloise Mumford. On parlera également volontiers de la présence au casting du père d’Angelina Jolie, Jon Voight, génial dans ses volutes de fumée, de Mark Deblin (Justice) et de David Keith, en père corrompu du héros.

     

    En définitive, Lone Star bénéficie d’un pilot prometteur qui a su distiller avec naturel et conviction son paysage fictif, sa dynamique scénaristique, des personnages d’envergure, un potentiel de fond rarement aussi riche et même une jolie ambiance douce-amère. Un pilot définitivement enthousiasmant symbole certain d’un drama solide, malheureusement soldé par un échec de l’audimat (4 millions de téléspectateurs environ). L’avenir de la série est à craindre, et le goût du public par ricochet.

    7.5/10

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  • Hebdo Séries : NCIS : pourquoi ça marche ?

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    Cette semaine, l'HEBDO SERIES s’intéresse au succès de la série NCIS. Avec 19 millions de fans chaque semaine aux Etats-Unis et des records d’audience aux quatre coins du monde, NCIS est une des séries les plus populaires du moment. Nous avons rencontré Michael Weatherly et LL Cool J, héros de NCIS et NCIS : LOS ANGELES, pour tenter de comprendre la recette du succès.

     

    Egalement au sommaire :

    - GOOD CHRISTIAN BITCHES : le nouveau DESPERATE HOUSEWIVES ?

    - Lancement de l’opération Pinage pour sauver la série HERO CORP

    - TREME débarque en France

    - L’ultime saison de HEROES en DVD

     

    Enfin, en bonus, une pub pour le jeu vidéo HALO, bientôt adapté en série, où LL Cool J, Snoop Dogg et Zachary Levi s’affrontent dans une partie particulièrement épique.

     

    Bonne émission !

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Mike & Molly (Saison 1) Derrière le bourrelet, une sitcom classique

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    Après les geeks atteints d’Asperger, le maître de la sitcom américaine figée, Chuck Lorre, s’en prend aux gros. Sa nouvelle vitrine, Mike & Molly s’avère être une comédie romantique centrée sur deux personnages en surpoids. Mais la série tombe dans l’écueil facile du surpoids synonyme de grosseur du trait comique et de ton moraliste boursoufflé.

     

    Cette année, la fat TV a connu un essor important en accueillant en son sein des séries d’un genre inédit : les séries grande taille. Après Drop Dead Diva ou Huge cet été, Mike & Molly est le nouveau symbole adipeux en cette rentrée sérielle.

    D’un côté, Mike, un flic au bord de l’obésité morbide, gentillet et cynique qui rêve de faire quelques centimètres de tour de taille en moins aux bras d’une charmante fiancée. De l’autre, Molly, une instit’ guillerette et douce qui lutte contre ses envies gourmandes et une famille jenfoutiste pour viser la ligne. Les deux obèses bien malgré eux vont croiser leur chemin lors d’une réunion pour mangeurs compulsifs anonymes.

     

    Contrairement à Huge qui a su établir une vraie sincérité de ton dans le discours de ces ados obèses en camp d’amaigrissement, Mike & Molly frôle le moralisme et la romance de supermarché. Derrière le propos légèrement politique de l’obésité, Mike & Molly n’est qu’une sitcom romantique classique, destinée à mettre en ménage ses deux héros maladroits et timides. Des rouages cousus de fil blanc, des situations parfois poussives dans des décors en carton pâte et des costumes de personnages qui manquent de finesse, Mike & Molly rate le coche de ce qu’on attendait d’elle : une comédie moderne et décomplexée sur des individus gros d’aujourd’hui.

     

    Si la romance est un parti pris louable pour le genre comique, à plus forte raison sur la chaîne sclérosée CBS, Mike & Molly manque clairement de mordant. Alternant répliques gentiment cyniques sur le concept du gras et des situations plus tendres sur le regard des autres ou les besoins sentimentaux, la série offre un spectacle se voulant doux-amer mais pourtant trop lisse, trop propret, trop caricatural. Si Melissa McCarthy (qui jouait déjà la bonne cuisinière guillerette dans Gilmore Girls et la meilleure amie de service dans Samantha Who ?) s’en sort plutôt bien dans ce premier « premier rôle », il n’en est rien pour le casting masculin, en tête Billy Gardell, totalement fade et anémique. A croire que les hommes obèses sont plus ennuyeux que les femmes rondes, évidemment pétillantes et pleines de vie.

     

    Début timide pour Mike & Molly, qui passe complètement à côté d’un concept actuel, en préférant une vision clichée de gros sur les gros, ou une histoire de fond qui pourrait devenir rapidement calorique.

    5/10

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  • Hommage à Jack Bauer et aux 8 saisons de 24

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    Cette semaine, l'Hebdo Séries rend hommage à 24 HEURES CHRONO pour le lancement de son ultime saison jeudi 16 septembre sur CANAL+ !

    En 2001, 24 HEURES CHRONO s'imposait comme la série qui allait exploser le petit écran. Après huit saisons en montagnes russes Jack Bauer tire sa révérence. Retour sur quelques uns des ingrédients qui ont fait le succès de cette série.

     

    Egalement au sommaire :


    - James Cameron adapte son film TRUE LIES en série
    - Le retour d’HELENE ET LES GARCONS avec la série LES MYSTERES DE L’AMOUR

    - La troisième saison de MAD MEN sur CANAL+
    - MODERN FAMILY fait exploser les codes de la sitcom familiale

     

    En bonus pour finir une savoureuse mise en bouche de HOUSE en attendant sa saison 7 dès le lundi 20 septembre outre-Atlantique.

     

    Bonne émission !

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Nikita (Saison 1) Solution musclée contre la retraite

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    L’inspiration en berne, les revivals ont bon dos. En répliquant des histoires passées à la postérité, les nouveaux créateurs espèrent dénicher des vertus indétrônables, celles qui assureront une voie royale à leur bébé (et à leur carrière). Nikita en est un exemple lambda parmi tant d’autres : une reprise de fond gentiment passé à la machine de la standardisation actuelle. Sophistiqué mais inepte.

     

    Après Bionic Woman ou le bide retentissant de NBC en 2007 avec Michelle Ryan, c’est au tour de Nikita, l’autre femme qui jongle avec les kalachnikovs plastifiés et déchire ses mini-jupes criardes de dicter à nouveau sa loi sur les écrans. Si Bionic Woman s’est rapidement cassée les dents de devant en faisant de son combat mécanique une supercherie fastidieuse et mollassonne, la nouvelle Nikita, elle, n’a pas froid aux yeux et fera tout pour séduire avec ses tenues outrancières et ses regards braisés les 18-30 ans exilés (de force ?) sur la CW.

    Dans le rôle illustre, la peu charismatique Maggie Q. S’il est gageure de succéder à Anne Parillaud ou Bridget Fonda dans la compo de la tueuse impitoyable, la recrue Maggie Q s’en sort convenablement. Habitué des rôles actifs et des prestations de corps dans de gros blockbusters suants (Rush Hour, MI3, Die Hard 4), la belle d’Honolulu en maillot de bain réunit ici toutes ses cartouches en acier pour composer une Nikita plus indisciplinée que jamais. Et revancharde aussi.

     

    Parce que ce Nikita 2.0 va plus loin que les premières machines à tuer. A la retraite ou presque, la tueuse éduquée par la Division, unité de tueurs secrets, refuse l’oubli et souhaite désormais démanteler le réseau qu’elle a jadis défendu avec rage pour se venger notamment de l’homme qu’elle a tant aimé. Pour se faire, l’assassine fait infiltrer une jeune recrue au sein de la structure à abattre et compte bien sauver son pays du Mal qu’elle déploie peu à peu.

    Si évidemment l’effort de déplacer légèrement la problématique de départ pour faire de cette Nikita une sorte de sequel inspiré est louable, rien de nouveau sous le soleil de l’espionnage.
    Le pilot s’évertue à maximiser ses effets de style où tout se parachève avec une course-poursuite et quelques coups de feu comme un nanar habituel. Sans dialogue raffiné (ni jeu au diapason), le pilot manque cruellement de finesse et d’humour pour mettre en place une mythologie vue et revue sur la corruption et les éternels jeux de pouvoir, quitte à frôler la caricature de genre. Dans la forme, la mise en scène impeccable de Nikita rappellera les anciennes séries costaudes (Alias, Dark Angels, Fringe, Chuck The Sarah Connor Cronicles ou récemment Covert Affairs) mais là non plus sans jamais s’en distinguer, cruelle formule ressassée pour cause.

     

    Forte de sa technique et son envie d’en jeter, Nikita finit par n’être qu’une vitrine d’appel, un produit sophistiqué gonflé aux codes manichéens du blockbuster estival niais. Un spectacle pop-corn qui manque aussi bien d’âme que de caramel.

    4.5/10

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  • Hellcats (Saison 1) Pompons grossiers et chorés usées

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    Parce que Glee a ravivé les souvenirs adolescents de lycée, la CW mise cette année sur Hellcats, série sur le cheerleading et les langues de vipères. Mais sans Brittany et Santana, occupées à s’égosiller loin des gymnases et des tapis de sol. Et si Hellcats crie elle aussi à plein poumons des slogans autoproclamés rythmés en agitant des avant-bras, la série n’est qu’apathie standard et sclérose pubère.

     

    Une série sur ces filles hystériques et sournoises qui aiment s’adonner à des chorégraphies musclées, des vols planés en mini-jupes sur des textes promoteurs éventrés, c’était du pain béni pour la chaîne jeunesse CW qui raffole des situations coutumières. Et une occasion en or pour les fans d’American Girls de retrouver l’esprit bitchy et fun de cet univers visuel édulcoré.

    Mais les recrues de l’année, Alyson Michalka (une vulgaire inconnue et inconnue vulgaire) et Ashley Tisdale (débarquée de High School Musical, toujours aussi fade) ont beau sourire radieuses, montrer leur cuissot musclé et faire des rondes de poignée, elles peinent à tenir la dragée haute face à Kristen Dunst et Eliza Dushku qui, il y a dix ans avaient déjà tout compris en interprétant des meneuses de claque volontairement fières et stupides.

     

    Dans Hellcats, tout commence avec Marty, une élève sérieuse et dévouée, qui s’occupe de sa mère –une white trash alcoolique interprétée par Gail O’Grady, et qui profite pleinement des joies de l’enseignement universitaire grâce à une bourse. A ses heures perdues, Marty est une rebelle, parce qu’il y a cinq ans, Marty regardait sûrement UPN et se prenait pour Veronica Mars.
    Mais la classe, le charme, la subtilité et le sarcasme en moins, l’insipide Marty se moque allégrement de ces pom-pom girls de fac, qui continuent à se gonfler d’égo et à soutenir, soumises, les mâles tireurs de ballons. Pourtant, Marty va rapidement se voir contrainte d’intégrer l’équipe de cheerleaders pour continuer à étudier et poursuivre ce rêve inédit, celui de devenir un brillant procureur.

     

    Créée par Kevin Murphy, à qui l’on doit Caprica et Reaper et adaptée du livre Cheer : Inside the Secret World of College Cheerleader (futur Pulitzer), Hellcats est un ramassis de clichés remontant à la nuit des temps sur la jeunesse universitaire, les compétitions sportives et la réussite collective. Entre le bancal fraternel de Greek et l’allure vulgaire de 90210.
    Pourtant, la série aurait pu frôler le guilty pleasure de bas étage en s’inspirant de l’ironie -pourtant blafarde- de Glee et accentuer le cynisme que peut inspirer le pompon à paillettes et la rage de vaincre de ces riot grrrls. Au lieu de ça, dans un décor lisse, Hellcats préfère coudre de fil blanc son histoire hilarante de bêtise, entièrement déployée dans ce pilot mièvre, mal ficelé, et férocement prévisible, qui se contente de poser sagement de faux enjeux moraux et sportifs sans jamais nous séduire, nous surprendre ou nous intriguer pour la suite.

     

    Hellcats s’avère finalement être une bande de cruches avides de gloriole, influençables et prêtes à tout pour continuer à agiter des avant-bras. Marty deviendra rapidement la chef de file despote de ce mouvement antiféministe nocif en vainquant la cruelle Alice, reléguée au rang de figurante permanentée, copinant avec Savannah qui acceptera de ne plus être la capitaine vedette pour le bien de l’équipe. En un mot, un exemple communiste de ce que peut être une très mauvaise série jeunesse, mal inspirée et égotiste.

    4/10

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