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  • Dexter (Bilan) De l’art terrifié d’être un père de famille meurtrier

    Saison 4 – Critique

    L’an passé, la série nous avait offert un break intellectuel en faisant n’importe quoi avec le concept papier du serial killer fréquentable, et s’était achevée sur un mariage heureux. Cette année, la série nous a cogné douze semaines et s’est finie brutalement. Sur une touche de noirceur macabre, le leitmotiv plastique de cette saison.

     


    Famille ou Scalpel ?

    Plus qu’une page qui se tourne avec la fin de cette quatrième saison. C’est un rituel anéanti. Une existence choisie qui résonne comme un échec pour un héros malmené dans ses conceptions multicartes.

    En respectant les propres lois de son héros sociopathe, la série impose une logique jusqu’au-boutiste, effrénée et puissante. Comme un code en péril, elle ne se contente plus de placer Dexter sur la corde raide pour l’en sauver in extremis. Avec cette saison, la série confronte son héros à ses propres erreurs, ses propres choix. Par l’entremise de Trinity dont l’effet impactant n’a jamais été aussi important dans le psyché de Dexter.

    Alors père de famille, Dexter apprend à s’adapter à son nouvel environnement, lui et ses lubies macabres. Une vraie évolution situationnelle, où Dexter passe de célibataire propret impeccable à père débordé, négligé, aux multiples responsabilités. Dexter se trouve alors de nouvelles problématiques de vie, noue avec d’autres discours intérieurs et s’éloigne des éternelles tirades sur la solitude et le savoir-être du mal dont le spectateur abreuve l’essence depuis quatre ans.

    Peu à peu, la série met en exergue la difficulté pour le héros de jongler entre ses différentes étiquettes et l’a finalement opposé au choix crucial. Famille ou scalpel ? Une réflexion dont le spectateur a été témoin et qui symbolise parfaitement l’impasse psychologique du héros, maîtrisée par cette saison.

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    L’onirisme par l’Horreur

    La saison 4 est plus qu’une loi du talion. Plus qu’une traque bête et méchante conduite par un tueur de tueurs, à l’encontre d’un original sociopathe fripé. Il y a plus chez Dexter (plus aussi chez Trinity). Le psychopathe y a mis, cette année, de sa personne, de ses considérations. Le parallèle avec sa nouvelle vie familiale, ses responsabilités de père et mari ont alors été toujours le point d’accroche de Dexter à l’encontre du Trinity Killer.
    Un sentiment vertigineux naît alors très tôt chez le héros et hors de l’écran, et permet d’opposer alors deux monstres, deux conceptions de l’horreur insérée dans une banalité du réel et dont la source sadique puise directement dans le traumatisme de l’enfance.

    Pareille à l’évolution de l’histoire, l’évolution de l’anti-héros se fait par étapes. Au départ timide et traumatisé, le Trinity devient ensuite une figure sage et maîtrisée, sereine et brillante. Pour finir homme écoeurant, sadique et incarner l’Horreur.
    En scène, le Trinity Killer offrait plus d’ampleur quand il n’était alors qu’un monstre sexagénaire pusillanime et monomaniaque. Mais il se devait d’évoluer et d’apporter à Dexter la schématisation d’une vie familiale ambivalente vers laquelle ses rites et lui se dirigeaient.

    Plus abject, bien moins samaritain que Dexter, Trinity a été une pièce scénaristique indispensable à l’univers étouffé, qui étranglait visuellement, à chacune des scènes où la famille Mitchell se réunissait, elle martyre, terrorisée par la figure d’un père violent et fou à lier.
    La découverte du vice par Dexter s’est faite sous nos yeux, au même moment. Au moment aussi où Christine n’est plus apparue comme la seule journaliste avide de sensationnalisme. En gentille fille dévouée à un père trop pleutre pour s’en soucier, Christine est devenue une figure fascinante, de torpeur, symbole d’une dévotion filiale qui lui a coûté la vie.

    Electriques et stupéfiants, ces moments d’intense vileté ont permis à la série de retrouver son emprise psychologique, d’une certaine manière onirique.

     

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    Séquelles et apostrophe

    Les véritables enjeux de cette saison ne sont pas les quelques scènes finales, où d’une manière ou d’une autre, le serial killer de l’année finit dans des sacs de poubelle, au fin fond de l’océan. Les enjeux-ci sont inhérents à Dexter, à ses choix, aux conséquences inéluctables. Parce que le jeu du chat et de la souris, du monstre et du monstre a, cette année, débouché sur l’impensable.

    Le choix d’une famille ou d’une pulsion n’a pas suffi à assurer les questionnements de la série. Ajoutés à la relation terrifiante de Dexter et Trinity, ils ont pris une autre dimension : inéluctable. En se débarrassant (rapidement, toujours) du tueur récalcitrant, Dexter accomplit sa tâche. Mais avant de finir sur la table chirurgicale de l’expert sanguin, Trinity (on le suppose) a débuté son nouveau cycle meurtrier et s’en est pris à Rita, l’épouse.
    Mise en scène écoeurante, qui rappelle celle de Dexter enfant, le meurtre de Rita est la conséquence ultime d’une saison entière. L’exemple paroxystique du suspense à couper au couteau de cette saison, les parfaites représailles des actes de Dexter, qui n’est plus impuni, plus intouchable. Et ce lugubre assassinat, au demeurant très émouvant pour le spectateur habitué au cadre familial idéal, ouvrira la voie à une autre ère pour le héros, un code à modifier, une manière de vivre, aussi.

    Aussi, la quête d’abord farfelue de Debra (Jennifer Carpenter, toujours impeccable) a fini par gagner une légitimité de terrain indéniable. En enquêtant sur le passé professionnel et sentimental de son père mentor, Debra a voulu démystifier une figure sacralisée. Peu à peu, elle a mis les fondations du fonctionnement codé de son frère, en péril, en découvrant la réalité sur son enfance, ou son lien de parenté avec le Ice Truck Killer. Mais cette année, l’enjeu de fond est resté en suspens. Peut-être l’année prochaine.

     

    En attendant le deuil, le doute, ou la solitude re-embrassée de Dexter, la mort de Rita, et sa mise en scène sanglante, restera gravée dans les mémoires. Comme la marque d’une fin sordide. La fin des quatre plus grandes années révolues d’un sombre serial killer socialement réhabilité mais dont la complexité n’a jamais été vraiment mise à jour.

     

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    Note globale : 8/10

    Les critiques épisode par épisode sont à lire ici.

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  • Melissa & Joey (Saison 1) Retour à la case sitcom domestique

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    Melissa Joan Hart, l’apprentie sorcière qui a tout fait avant Harry Potter, est de retour à la télévision. L’évènement est tel qu’il fallait lui dérouler le tapis rouge. Et comme Melissa Joan Hart reste la même avec les années, frimousse espiègle, démarche comique et honnête capital sympathie, sa nouvelle sitcom qui porte en partie son nom lui assure un siège confortable parmi un public de têtes blondes.

     

     

    Diffusée sur ABC Family, chaîne plus jeunesse que familiale, Melissa & Joey est la nouvelle prétendante à la case sitcom qui manque tant au network. Pour assurer ses arrières, cette sitcom familiale multiplie les grimaces comiques usées, même les vestiges de comédies passées avec d’anciennes stars comiques sur le retour.
    Melissa Joan Hart, plus connue sous le nom de Sabrina Sawyer, campe ici le rôle d’une politicienne moyenne qui se retrouve avec les enfants de sa sœur sur les bras. Mais parce que l’éducation de jeunes ados n’est pas une mince affaire, Melissa recrute un ancien homme d’affaires ruiné par sa famille, pour jouer les éducateurs-majordomes.

     

    Dans le pitch comme dans la mise en scène, la série prend exemple sur Who’s The Boss (Madame Est Servie) pour instaurer son climat humoristique et attachant. Rien de dérangeant ici, puisque Melissa & Joey est assez sérieuse et solide dans son fonctionnement.
    A la différence de Hot In Cleveland, hommage aux sitcoms traditionnelles, mais qui manque de renouveau formel, Melissa & Joey assume sa filiation avec le genre passé mais jamais sans se ringardiser. Clairement, le public visé est le jeune et l’ado prépubère qui de toute évidence n’a pas grandi avec Madame est servie et ne criera pas au simulacre.

     

    Si les dialogues manquent d’entrain naturel, les situations familiales parfois crispantes, le jeu des acteurs à la limite de la caricature, Melissa & Joey est une bonne sitcom jeunesse qui grossit efficacement le trait. Quelque chose fonctionne véritablement dans cette maison en carton pâte de Melissa. Cette famille recomposée et l’alchimie entre les deux héros trentenaires donnent à cette sitcom sa valeur de base, à la manière de toutes les comédies des 90’s à succès. Si l’innovation est la grande absente de cette production, on ne doute pas une seconde que les plus jeunes téléspectateurs s’attacheront vite à ces visages et ce décor comique qui nous rappellent nos vieux enregistrements VHS.

     

    Si Melissa & Joey n’a rien d’une comédie moderne, qu’à cela ne tienne : la sitcom n’a aucune autre prétention que de retrouver les marques des programmes comiques traditionnels. Et cette case réussit pleinement à Melissa & Joey qui assume ses anachronismes et son ton vieux-jeu, suffisamment innocent et calibré pour donner aux plus jeunes un aperçu de la dynamique passée, peut-être future, des sitcoms familiales à multi-caméra.

    6/10

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  • The Big C (Saison 1) Faussement cancérigène

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    Qui a dit que toutes les séries de Showtime se suivent et se ressemblent tellement ? Avec The Big C, la chaîne câblée pourrait bien confirmer son créneau sériel unique de la femme chef de famille à la vie apparemment paisible mais foncièrement compliquée. Si Cathy Jamison a des airs à Tara Gregson, dissimule ses secrets comme Jackie Peyton mais épate la galerie telle Nancy Botwin, cette nouvelle héroïne pourrait bien toutes leur tenir la dragée haute, avec son sens caustique de la désillusion et son sourire émouvant.

     

    Lorsqu’une mère de famille banlieusarde se découvre un cancer en phase quasi-terminale, elle décide de reprendre sa fin de vie en main…

    D’emblée, dans son sujet et son rapport ténu à l’héroïne, The Big C rend perplexe, à la manière des prémices pessimistes de Breaking Bad qui depuis nous fascine à coup de grisaille et d’amertume. Mais Showtime n’est pas de celle à pondre des dramas d’envergure (ça demande trop de créativité). Au lieu d’une version rêvée du film sublime d’Isabel Coixet, My Life Without Me, la chaîne préfère cantonner son sujet au registre de la dramédie, plus simple d’accès et heureusement plus tendance, pour faire du pathos une boîte à (sou)rires.

     

    Magistrale dans John Adams, l’actrice Laura Linney a voulu retenter l’essai télévisuel en s’auto-attribuant ce rôle lymphatique. L’actrice, à la filmographie pourtant chaotique, est de celles qui usent de leur fragilité apparente pour nous intercepter dans l’intimité, provoquer chez nous une vraie empathie mêlée d’inspiration.
    Alors, pas étonnant que Laura dans la peau de Cathy, nous interpelle avec sa justesse, sa nuance et cette émotion subreptice. Laura Linney donne à cette nouvelle série son charme le plus authentique, sorte d’empreinte lisse chargée en émoi.


    Mais cette maturité existentielle propre aux dramas spirituels de HBO et aux sujets tabous n’a pas encore son pendant humoristique sur Showtime et comme chacun de ses programmes incrédules, The Big C manque de modération et d’à propos. Tout ici est amplifié, conjugué à l’humour apathique pour déréaliser son sujet et verser dans la sympathique fresque ironique inconséquente.

    Des personnages secondaires loufoques -du fils taquin au frère marginal en passant par l’élève obèse (Gabourey Sidibe, toujours mono-expressive), une trame narrative dénuée d’impact sur des dialogues indisciplinés : le portrait fait de cette banlieue ordinaire et de son héroïne, la chef de file de cet ordre gentiment malmené, est commun ; il séduit dans l’éphémère mais n’emballe pas, la faute aux tentatives de profondeur (comme cette scène finale presque réussie), souvent vaines, à ces envies foutraques restées lettre-morte.

     

    The Big C mérite bien qu’on s’y arrête, qu’on l’ausculte encore quelques temps pour savourer la prestation parfaite de Laura Linney, pour repérer les alchimies naissantes et le bon casting (Liam Neeson et Cynthia Nixon débarquent bientôt). Mais le thème de « la mort, on s’en moque un peu, on s’en écarte par ironie » et son traitement par-dessus-la-jambe nous anesthésie.

    6/10

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  • Mistresses (Saison 3) La promesse d’une trahison

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    Mistresses, la série adultérine de la BBC refait surface, après dix huit mois d’absence légitime (une très mauvaise seconde saison). Pour autant, rien n’a changé véritablement dans l’univers des maîtresses anglaises : l’infidélité, au centre de leur vie, demeure un sujet brûlant, mais qui cette année pourrait bien signer l’apocalypse amicale.

     


    Depuis trois ans, Trudie, Siobhan, Katie et Jessica mènent une existence apparemment paisible mais dissimulant un paquet d’infidélités. La palme d’or de l’adultère revenant à la chirurgienne Katie, qui enchaîne les bévues extraconjugales et semble partie pour transformer l’essai cette année, avec personne d’autre que le mari de Trudie. De l’eau dans le gaz entre les amies de toujours ?

    Et même peut-être plus encore. Avec le season premiere de Mistresses et sa scène introductive impeccable, le mystère est donné, son ton aussi : un flashforward voilant la série, à la manière d’un Damages, indique que les quatre amies ne seront bientôt que des étrangères. Toujours très sophistiqué et enlevé, la série établit à cet égard une mise en scène solennelle, dérangeante, aux couleurs très grises pour insuffler un peu de changement colérique à la domesticité sereine de cet ensemble.

     

    Si cette année, la promesse d’un clash amical permet de créer quelques nouvelles attentes intéressantes, la vie des quatre maîtresses n’a malheureusement pas pris de vraie ride. Jessica lève le pied, comme en fin de seconde saison, et décide de fonder une famille avec Mark. Son incapacité à procréer et les difficultés financières du couple contaminent sa bonne humeur et Jessica devient l’ombre d’elle-même.
    Pour la lumineuse Siobhan, c’est le coup dur lorsqu’elle réalise que Dominic, le père de sa fille, est sur le point de se marier. Si ces histoires ne signaient pas l’évolution de deux personnages attachants, le potentiel scénaristique de ces intrigues serait à remettre péniblement en cause. On compte sur le charme de Jessica et Siobhan pour nous émouvoir.

    Quant aux autres, Katie paie le prix de sa solitude forcenée depuis ses coucheries avec le mauvais meilleur ami du fiancé. Trudie voit sa pâtisserie prendre un envol inattendu, à la tête d’un commerce florissant, l’ex-divorcée en malmène un peu le débonnaire Richard, qui alors pourrait bien s’amouracher de l’esseulée Katie.
    Celles-ci demeurent donc, pour le moment, le véritable intérêt dramatique de cette saison, qui s’annonce au vu des bandes-annonces riches en surprises et en rebondissements. Trudie a toujours bénéficié des histoires les plus solides et la série n’a jamais été aussi bonne que lorsque l’arc de la disparition de son mari était l’édifice de Mistresses.

     

    Si Mistresses a probablement derrière elle ces meilleurs moments dramatiques, cette troisième saison pourrait bien procurer à la série quelques nouveaux enjeux dramatiques et une image plus contrastée du voisinage amical anglais.

    6.5/10

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  • 100 Questions (Saison 1) L’humour est dans la réponse

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    Deux filles, trois garçons, une possibilité. Celle de l’amour et de la nécessité d’une agence matrimoniale.

    Le monde de la comédie est en train de changer. Oubliés les rires enregistrés et les décors en carton pâte, la comédie moderne a enterré sa vieille camarade de jeu pour seule tirer gloriole du rictus. Cette année, Community et Modern Family ont entériné la tendance de l’humour contemporain, en s’ajoutant à The Office ou 30 Rock aux comédies avec de la vraie drôlerie singulière dedans.

    Les sitcoms éculées ont beau essayer de s’interposer, accumuler les boîtes à rires, les comebacks d’actrices (Elfman, Milano), encenser les scenarii à la thirtysomething, rien à faire : les résultats aggravaient le record du mauvais. Toutefois, les téléspectateurs auraient pu se satisfaire de 100 Questions, une comédie-dépann’ de l’été de NBC qui a su nous faire retrouver le plaisir de l’humour mélo-rigolo des nineties.



    Pourtant, rien de nouveau sous les projecteurs des studios. 100 Questions se concentre sur les mêmes atouts des comédies passées. Une bande d’amis soudés, forcément new-yorkais, qui vivent dans des appartements chics et propres et qui aiment passer leur temps dans un bar branché pour causer amour, désastres et illusions relationnelles.

    Le portrait rappellerait la bande à Chandler ou cette série qui a tout prix veut nous parler de l’histoire de la représentation matriarcale dans la famille américaine (une problématique qui laisse de marbre, on en convient parfaitement). Mais parce que 100 Questions ne tente surtout pas un renouvellement humoristique quelconque, la comédie assure efficacement son propos tellement déjà-vu sur la recherche de l’amour. En y ajoutant pour la case originalité, une trame autour d’une agence matrimoniale et d’un agent qui assure à la jeune héroïne qu’en cent questions, l’amour frappera à sa porte.



    Sans être de vraies caricatures sur pattes, ou l’atout dynamique d’une relation jamais vue à l’écran, les personnages de 100 Questions disposent d’emblée d’un vrai capital sympathie qui rapidement les rend attachants et sincères.

    La série a beau nous accabler de rires extra-diégétiques, les situations comiques sont généralement assurées fièrement par ces personnages tout simplement sympathiques, gentiment loufoques et assez bons dans leur performances guillerettes. Entre la britannique et romantique (ça va de pair) Charlotte Payne, ses copines déjantées (Leslie, la psychorigide et Jill, la nympho délurée), son meilleur ami chandler-esque, Wayne, et le don juan ambigu, Mike, le tableau est simple mais complet. Chaque personnage a sa facette comique à lui et l’ensemble aboutit généralement à des situations comiques prévisibles mais au déroulement de très bonne facture -mention spéciale à l’épisode où la bande organise les fausses funérailles de Wayne pour se débarrasser d’un clan de motards intrusifs.



    Mais parce que les comédies ancienne génération sont chassées comme des sorcières de Salem par les networks et le public, 100 questions n’aura bénéficié que de six petites questions pour nous montrer son potentiel comique et attachant. Dommage, le spectateur aurait bien troqué un temps les anecdotes machistes de Barney contre 94 nouvelles thématiques amoureuses pour stimuler ses zygomatiques.

    7/10

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  • The Office (S.6) La crise à Scranton avec Michael Scott

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    The Whistleblower – 6.25 (diffusé le 20.05.10)


    A Dunder Mifflin/Sabre, qui est le lanceur d’alerte ? Tout le bureau est en émoi, les imprimantes Sabre prenant feu, Kathie Bates de retour cherche à punir la balance de ce secret de polichinelle. Ambiance dénonciation gestapo à Scranton.


    Pour son dernier épisode, The Office a innové. En reprenant intelligemment le contexte conjoncturel de la saison qui a permis à Dunder Mifflin de perdurer dans le brouillard de la disette en se faisant racheter par une compagnie d’imprimantes (pas très fiables), Sabre. Dirigée par une main de fer dans un gant, entourée de surcroît par deux molosses, Jo, alias Katie Bates règne sur son domaine. Il n’y a pas à dire, The Office sait évoluer avec le temps et opérer de vastes changements au sein de son équipe.


    C’est avec Michael Scott que l’évolution prend sens à l’écran. Si le bureau est désespéré à l’idée de trouver le responsable du scandale public qui entache désormais la nouvelle compagnie de papier et son éventuelle défaillance technique, Michael Scott, lui, se révèle étonnamment protecteur. Hors de question pour le manager de dénoncer l’un de ses employés, chacun étant pour lui comme un membre de sa famille. La prestation de Steve Carrell s’avère toujours impeccable et l’homme se révèle férocement émouvant, tragicomique mais surtout bouleversant lorsque son personnage évoque la perte d’Holly dans l’intimité avec Jo ou lorsque Michael raconte le vide de son existence (une année avec une caméra à l’épaule et seulement douze minutes filmées qui valent le coup). La scène est d’une force incroyable, rendant plus humain que jamais ce pitre de bureau.



    Face à cette révélation et cette surprenante profondeur, l’humour n’a pas résisté longtemps. Evidemment, les facéties de Dwight, les interventions de Creep ou la trouille palpable d’Andy au bord du licenciement sont autant d’atouts qui siéent à l’humour de la série. Mais pour ce final, le décor de fond n’a rien de vraiment amusant. The Office est véritablement devenue un paysage à part entière, dans lequel on prend plaisir à suivre le quotidien des employés, peu importe leurs interventions, pour autant qu’on anticipe leurs caractères.

    Certains pourraient reprocher à ce final de manquer de grandiloquence et de gag épatant. D’autres, satisfaits par l’évolution humble de cette série, devenue touche à tout, se régaleront de voir que The Office sait user d’autres manières pour amuser et mettre en scène son personnel de bord tellement attachant.

    8/10

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