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  • Haven (Saison 1) L'Etrange médiocrité

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    Souvenez-vous, il y a vingt ans, l’étrange s’appelait Twin Peaks et le monde changeait  à jamais grâce à Laura Palmer. Aujourd’hui l’étrange fait recette, c’est devenu un concept, voire une majuscule. L’Etrange se mêle à la science-fiction, fait des clins d’œil à l’apocalypse et forcément recrute le FBI (le FBI, c’est un peu comme un partenaire frisson des mystères de l’Etrange). Et chaque année, des villes très étranges pullulent sur nos écrans. Ca donnerait presque envie de retourner à Capeside.



    Bienvenue à Haven. Petite bourgade sans histoire près du Canada qui connaît le brouillard et les intempéries. Malgré l’apparente normalité des orages, quelque chose ne va pas chez les habitants d’Haven. On murmure même que certains contrôleraient les forces de la nature avec leurs humeurs*. Il n’en faut pas plus pour qu’une jeune et jolie agent du FBI soit sur le coup.

    Adapté du roman de Stephen King, The Colorado Kid, Haven ressemble donc à ces schémas-types littéraires à la King ou Herbert où tout est excuse à mystère. Entre les routes qui se fissurent, les attaques enneigées et les habitants louches, Haven polit gentiment son tiroir à bizarreries.

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    Et malgré le côté actif des mystères, rien n’apparaît tellement anormal dans cette petite ville, où tout est surjoué, puant le faux intriguant à des kilomètres. A commencer par l’actrice première, Emily Rose (garantie sans exorcisme), qui avait déjà officié dans l’étrange, à travers John From Cincinnati. Son personnage principal, agent du FBI, est plus en phase avec les répliques cinglantes à la Pretty Little Liars (parfois bonnes) qu’avec l’attitude sombre d’une agent fédérale.


    Si l’envie de procurer à l’atmosphère pensante quelques bribes signées ironie est louable, Haven peine à concilier les deux et finit par cabotiner tout le long (même le cliffhanger final fait sourire). Outre Audrey Parker, à côté de la plaque, les personnages masculins n’ont pas le charisme nécessaire pour entretenir une quelconque intrigue ménagère (ou supplanter la jeune blonde).

    Et le potentiel scénaristique d’Haven, à en juger par cette enquête introductive digne d’un mauvais épisode de Ghost Whisperer* (niveau plus bas, tu meurs), garantit une lente descente aux enfers pour les spectateurs avides de suspense étrange. A côté, Fringe est la série fantastique du siècle, aux dialogues de génie et aux renversements de situation impensables.



    John From Cincinatti, Carnivàle, Meadowlands, Happy Town, Eureka, The Lost Room, Fringe et j’en oublie trente sont toutes des séries sur le paranormal au quotidien. Bon nombre d’entre elles meurent avant même d’avoir donné les clés de leur mystère (on murmure que c’est parce qu’elles sont rouillées de l’intérieur). Pire, Day One, série promise en septembre 2009 puis en janvier 2010, puis en format téléfilm, est officiellement une série mort-née.

    Si ces séries s’anéantissent d’elles-mêmes, c’est souvent parce qu’elles sont anormalement ridicules (même chez HBO, c’était pas toujours fameux). Haven ne faillit pas à cette règle et enfonce même le clou. Pour notre bien-être mental, on lui souhaite de succomber à une morte rapide et inodore.
    4.5/10
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  • True Blood (Saison 3) Amour saignant parmi les loup garous

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    Trouble – 3.05 (diffusé le 19.07.10)

    Il aura fallu attendre la mi-saison ou presque pour que les ennuis commencent enfin à Bon Temps et à Jackson. Pourtant, l’épisode garde encore le rythme lancinant des débuts de cette saison et n’enchaîne que timidement les premières péripéties dignes de ce nom. La saison de la paresse pour True Blood ?


    On a eu beau se réjouir du retour triomphal de True Blood, face aux promos innombrables et aux déchaînements des fans, le début de la troisième saison de la série vampirique signée HBO n’aura fait qu’entériner la déception crée en fin de saison 2.

    Si les atouts visuels et grandiloquents restent un plaisir de tous les instants, il semble que le tournant scénaristique pris par les auteurs du show manque de finesse et d’appui logique. Depuis cette saison, le mot d’ordre est aventure. L’odyssée de Sookie pour retrouver Bill, retenu captif dans un royaume à l’effet vampirique couronné indigeste, le sort qui s’acharne encore et toujours sur cette pauvre Tara et les missions V d’Eric… D’emblée, la saison s’est envenimée, avec cette ambition affichée légèrement pompeuse de montrer son étoffe scénaristique. Pourtant, aucune de ses intrigues ne sait actuellement électriser les foules comme l’a pu faire l’intrigue du serial killer ou les prémices de l’intrigue Maryan.



    Actuellement, il manque à la série, l’essentiel. Le fonctionnement de Bon Temps et du Marlotte, la vie de Sookie, son foyer, la dynamique entre les personnages, principaux comme secondaires, l’évolution de leurs relations.
    A force d’introduire de nouveaux personnages pour de nouveaux mystères fantastiques, la série en néglige ses héros premiers et leur propre histoire. Dommage, parce que la famille de Sam ou la nouvelle relation amoureuse de Jason ne peuvent pas lutter contre ces mêmes thématiques déjà dévoilées : l’histoire familiale de Tara ou la fraternité Stackhouse. A croire que maintenant, chacun joue dans son coin, isolément. Même Jessica n’est plus qu’une simple marionnette de comptoir au Merlotte.



    Cet épisode ci a su rehausser le niveau faible de cette saison. Toujours en maniant l’art du (faux ?) cliffhanger, la série bâtit ses révélations sur son temps narratif : retrouvailles entre Bill et Sookie, pouvoirs soudains de l’héroïne, menace vampirique qui plane au dessus de la tête de Tara, l’enjeu général de la saison est enfin établi.

    Mais avec de nouvelles pistes intéressantes comme la relation amoureuse de Lafayette –et d’autres plus ratées (le flashback Viking), la série montre encore son instabilité à jouir de son univers présent.

    6/10

     

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    Adam

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  • Louie (Saison 1) La mise en abyme sérielle

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    1.01 – Pilot (diffusé le 29.06.10) & 1.02 – Poker Divorce (diffusé le 29.06.10)

    Un comique de stand-up dans la quarantaine doit surmonter un récent divorce, tout en élevant ses deux filles.

    C’est une nouvelle série qu’on voit sur FX le 29 juin, Louie, créée par Louis C.K., comique de stand-up, tout comme son personnage dans la série. Le charme de Louie vient surtout de là en fait : une mise en abyme qui sert de concept à une série cynique, bavarde mais très authentique.
    L’histoire d’un homme qui plonge dans la crise de quarantaine, divorcé mais père de deux et faisant rire son public avec des anecdotes ayant attrait de près ou de loin à sa situation. Très conceptuelle et partant de rien, la série n'en est pas pour autant vide. Elle véhicule le rire d'une façon à laquelle personne n'a pensé : grâce à la simplicité.


    Car Louie est une comédie-docu comme on en voit rarement (et ce serait la desservir que de ne la résumer qu'à une comédie). Sur un ton proche du documentaire, elle alterne les scènes de sketch détendues et celle du quotidien, avec une caméra plus figée. C’est d’ailleurs cette complémentarité qui rime bien avec la dualité du personnage : la confiance de celui-ci sur scène et sa maladresse dans la vraie vie, à la recherche de la potentielle nouvelle conquête. C'est ce qui rend le personnage si attachant, et drôle.

    La grande force de la série, c’est évidemment les dialogues. Le deuxième épisode commence avec une scène d’ouverture étonnante, très tarantinesque, qui rappellerait même l’intro de Reservoir Dogs et qui laisse libre court aux acteurs, d'une présence exceptionnelle, guidés par des dialogues de qualité (surtout). C'est donc ça Louie, une série de comique, avec des gags sur le squelette social, les hauts, les bas et la réalité.
    Sur les deux épisodes, le comique de situation se fait plus subtil également que dans les comédies type, pas besoin de grandes scènes théâtrales ou de situations exagérées pour faire rire.
    La série ne jouant jamais la carte du maniérisme, elle gagne en réalisme, en acuité et surtout, en efficacité.


    Au final, ce beau mélange nous donne l’occasion de suivre deux séries en l’espace de 25 minutes ; la comédie et la série de vie, le documentaire sur la crise de la quarantaine. Et ça fonctionne sur les deux tableaux. On rit mais on a envie de rester sérieux. C’est sûrement les talents d'écrivain et de réalisateur de Louis C.K..


    Deux premiers épisodes très convaincants donc, le deuxième est encore meilleur car il ose davantage (l’histoire de l’ancienne camarade de lycée) et il y a cette scène d’introduction tout simplement excellente qui montre à quel point cette série maîtrise sa plume. Une série cynique, mais authentique.

    7.5/10 & 8/10

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  • Covert Affairs (Saison 1) Alias la série décomplexée musclée

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    Avec White Collar, USA Network a trouvé la série idéale pour un doublon placé sous le ton de l’action ironique. Covert Affairs, série dynamitée l’est autant pour ses intrigues trépidantes que pour son humour musclé.



    La chance du débutant, c’est quelque chose que connaît bien Annie Walker, jeune apprentie de la CIA récemment embauchée dans les gros locaux grâce à ses talents polyglottes et son allure féline. Perfectionniste dans l’âme, méthodique dans l’art de manier les règles de l’agence secrète, Annie est rapidement mise à contribution, en prenant le rôle d’une call girl chargée de capturer un méchant russe (pardonnez le pléonasme, ils le sont toujours dans ce genre sériel). Mais celle-ci ne sait pas que la CIA se sert d’elle pour remonter la piste de son ancien mystérieux petit ami.



    Dans Covert Affairs pourtant, l’histoire de fond n’importe pas tant. On a beau nous embarquer au Sri Lanka, nous impressionner avec des scènes d’action interminables mais terriblement déjà-vu, le fond de Covert Affairs reste classique et pourrait même faire désuet par rapport à d’autres séries ultra-calibrées actuelles. Mais grâce au dynamisme de la série et de ses personnages, le charme made USA Network opère ici, contre toute attente. Comme pour White Collar, le rythme soutenu et l’intelligence des scenarii et des dialogues procure à Covert Affairs une jolie image de série finaude, à contre-emploi.


    A la Chuck, avec les geekeries en moins, la CIA est vue par des néophytes, qui ont le sens de l’humour et une famille sage et concernée qui les attend le soir. Mais ici, pas d’humour fantasque, ou pire, de caricature, la série conserve l’esprit du genre espionnage.


    Dans le rôle Ms. Chuck, c’est Piper Perabo qui s’y colle. On craignait le pire pour cette actrice habituée aux nanars en tout genre (The Crypt, Carriers, Because I Said So). Mais ceux qui l’ont aimée dans Coyot Ugly seront surpris par l’aptitude de l’actrice à jouer les agents secrets.
    Féline et sarcastique, Piper n’essaie pas d’entrer dans la peau de Bristow ou d’être la concurrente directe d’Olivia Dunham. Si les efforts physiques de la belle sont là (scènes d’étranglement et de course poursuite à l’appui), Annie Walker séduit surtout par son franc-parler éclectique et sa moue d’apprentie ahurie. Qui plus est, l’héroïne est accompagnée par un agent aveugle, Auggie Anderson -la preuve que la série ne se veut pas tant sérieuse. Incarné par Christoper Gorham (le geek dans Ugly Betty, le psychopathe dans Harper’s Island), Auggie et sa nouvelle BFF, Annie forment un duo complice et différent, qui nous changent des relations forcément ambiguës entre mesdames les agents secrets et leurs collègues séduisants.



    Produit par Doug Liman, à qui l’on doit tous les films castagne de ces dernières années (la trilogie Bourne, Mr & Mrs Smith), Covert Affairs avait tout pour être la série musclée et vide de sens de l’été. Pourtant, le show de USA Network nous surprend avec son joli casting (Peter Gallagher et Kari Matchett, aussi) et sa ligne de conduite différente. Pas étonnant que le démarrage a fait un carton plein dans les foyers américains.

    7/10

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  • Hot in Cleveland (Saison 1) Vieillesse et perceptions comiques

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    Pour rameuter les nostalgiques de sitcoms à l’ancienne, la chaîne inconnue ou presque, TV Land (avec un nom pareil, aussi) vient de lancer Hot In Cleveland. Pour prouver sa bonne foi, la chaîne câblée a recruté les talents peu séniles de Betty White, figure comique emblématique outre-atlantique, grâce à son rôle épique dans les Golden Girl, série comique incontournable pour les premières générations de sériephiles portés sur la chose…drolatique. Beaucoup de « hic » mais ici, cela est justifié.


    Betty White, forte de ses 88 ans éclatants, a réussi un comeback à ridules avant l’oubli en maison de retraite. C’était en mai dernier dans le Saturday Night Live et dans le season finale de The Middle (Betty y jouait une bibliothécaire cheftaine qui donnait du fil à retordre à ce pauvre Brick et ses tendances lectrices dévorantes).
    En prouvant à tous que sénescence rimait encore avec performance, Betty a enchaîné logiquement avec Hot in Cleveland, série féminine très vintage.


    L’histoire ? Celle de trois amis de toujours : Victoria (Wendie Malick), Melanie (Valerie Bertinelli) et Joy (Jane Leeves) respectivement actrice de soap has been, romancière fleur bleue et une « épilatrice » de sourcils (oui, mais ceux des stars). A la bande à Carrie, avec un membre en moins (Miranda serait décédée d’un cancer à l’utérus), les trois quadras bien entamées décident de se changer les idées à Abu Dhabi Paris. Mais en raison d’un vol mouvementé, les trois copines débarquent en catastrophe à Cleveland. Signe du destin ou pas, la petite bande réalisera bien vite qu’à Cleveland, plus qu’ailleurs, il fait bon être une femme en pré-ménopause.

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    Très vite, le spectateur saisira le concept simplet mais rafraîchissant d’Hot In Cleveland. A Cleveland, les possibilités sont nombreuses, l’authenticité brute, la sincérité transpirante des chopes de bière. Alors, quand on est une femme au success, men ou trust issues, rien ne vaut cette terre d’asile chaleureuse pour se sentir de nouveau populaire, désirée ou simplement considérée. Le hic de cette histoire gentillette, c’est Elka (Betty White), gouvernante à la langue bien pendue de la maison que loueront les amies, bien décidées à continuer à profiter de la vie selon Cleveland.


    Si la
    confrontation entre le mode de vie de LA et celui d’une petite ville de l’Ohio s’avère originale le temps d’un sketch (ou deux), en dilapidant quelques répliques sur le regard des hommes, l’obsession esthétique ou diététique à faire trembler les guerilleras féministes, l’intérêt de cette sitcom très figée ne dépassera pas le parvis de la grande Betty, manque de moyens et de matière à développement pour cause.

    Mais si Hot in Cleveland manque cruellement d’avenant et de naturel (réparties forcées, moues plus botoxées que nature, décors cheap), la série nous ferait presque croire à un retour dans le temps : 1992, le spectateur zappant hasardement, en quête d’un programme en carton pâte pour les réveils difficiles. Et avec Betty White à l’écran, aucun doute possible, Hot in Cleveland a existé avant Dingue de Toi.

     


    Idiosyncrasie féminine, rictus forcés, décors en carton-pâte, Hot in Cleveland n’a pas besoin de comparaison avec des séries comme Modern Family ou Community pour d’emblée briller ringarde. Mais peut-être que la série fera un carton, … à Cleveland.

    4.5/10

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  • The Hard Times of RG Berger (Saison 1) L’ingratitude bien pourvue

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    Avec l’indémodable thème de l’ado looser ingrat, la chaîne MTV dépoussière sa ligne sérielle le temps d’un été sans histoire. RG Berger, jeune puceau palot, est ce que l’on connaît du genre ado depuis toujours : entre Mean Girls, les Skins, les tout vieux American Pie ou le récent Aliens in America voire Beaux Gosses nationaux, RG est issu d’une lignée juvénile génétiquement atrophiée et médiatiquement caricaturée. En somme, il est un personnage déjà familier. Trop familier ?


    MTV n’a jamais été une chaîne très subtile. Plus connue pour ses programmes de télé-réalité (The Hills, Laguna Beach, Next) que pour ses choix de créations sérielles, la chaîne musicale aurait-elle envie d’inverser la (médiocre) tendance ? Avec son remake imminent de Skins, et d’autres projets séries sur le feu, c’est sans doute le cas. Et The Hard Times of RG Berger, prévu pour cet été 2010, pourrait bien être là pour préparer le terrain.

    Si MTV mise de nouveau sur la carte de la sérialité, force est de constater que le contenu de sa politique séries a gardé l’attrait et les priorités du network faites il y a quinze ans. The Hard Times of RG Berger prouve à qui veut l’entendre que le bêtement provoc’ juvénile est et restera le créneau supposé vendeur de la chaîne câblée. Pourtant, on s’en rappelle encore : le chef d’œuvre Daria par la même MTV avait su parler (des) aux ados grâce à son cynisme léché et sa vision cruelle mais véridique de la jeunesse. Huit ans après la révérence de la binoclarde à frange rebelle, MTV n’en a pas oublié son envie de parler des conflits adolescents à la cantine, des émois pubères frustrés dans les couloirs de lycée.


    Dans cet univers stricto sensu, RG Berger s’en sort bien. Le jeune a gardé les lunettes de Daria et son allure sans look. Comme elle, le jeune n’a pas une vie sociale à faire frémir la logistique de Mark Zuckerberg et lui aussi se passerait bien des bals de fin d’année et des matchs de basket ball. Mais contrairement à Daria et sa lucidité à toute épreuve, le jeune renoue avec les mots d’ordre de la plèbe éduquée par les nanars à la American Pie. Popularité, entretien physique, fantasme sur la plus belle plante du lycée, amis embarrassants, quête de la sexualité porno, le jeune s’est vu hériter du milieu social, intello et scolaire pop corn, celui-là même qui faisait parfois sourire lorsqu’on portait des bagues en fer au cinéma.

    Mais parce qu’une décennie plus tard, il fallait tout de même innover : le héros refoulé se voit doter d’un gros engin. Celui qui lui permettra de gagner en cote, à défaut d’un humour bien décalé ou d’une répartie bien … répartie. Finis donc les clichés, le looser peut aussi être bien monté, MTV osant alors la carte de la sexualité éhontée (alors que l’on bipe les « fuck », n’est pas HBO, qui veut). Comme Hung
    ou presque, RG décide d’être fier de son anatomie et le montre sans complexe, ainsi les chansons rock en fond sonore n’en seront plus que toniques, les caricatures faits personnages accessoires plus que grossies, les histoires secondaires bêtement plus inspirées (parents échangistes, amie amoureuse nympho) et l’évolution narrative, plus que pré-visiblement tracée.


    Si T
    he Hard Times of RG Berger tente l’originalité (l’ado looser n’est ni super héros ni drôle : il en a simplement dans la culotte), cette carte s’effrite vite à mesure de l’histoire de fond qui peine à se distinguer des schémas-types, et c’est tout l’intérêt de la série qui est remis en cause. A réserver aux jeunes ados ayant manqué l’étape Appatow.

    4/10

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  • The Gates (Saison 1) Aux portes d’une banlieue vampirique

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    Ne pas se fier à l’affiche promo carrément laide de The Gates (ou à son générique archi-nul, n’est pas Digital Kitchen qui veut), la seconde série de l’été d’ABC, après Scoundrels, n’est pas si mauvaise, derrière les grilles métalliques apparentes.

    Pourtant, lorsque la gentille banlieue américaine se met à accueillir à coup de paniers de fruits les sorcières et les incontournables vampires sur ses parvis, tous les doutes étaient permis.


    Ce n’est plus un vent en poupe qui souffle pour les vampires, la mode des dents longues à l’écran pourrait bien devenir une sacrée malédiction. Il est loin le temps où les séries à la Moonlight osaient un retour sur les devants de la scène avec le thème du vampire romantique, en se râpant les canines.

    Avec le phénomène « trop phénoménal » Twilight et son pendant auteur, True Blood, exit le vampire has been, la créature suceuse de sang est la reine borgne parmi les aveugles. Une vraie légitimité médiatique globale en somme, qui incite chaque network à dégoter son programme sanguinolent. Après la CW et son fantastico-pubère Vampire Diaries (excitant puis gros bof), ABC s’y met à son tour, un peu tardivement, mais avec Rhona Mitra au casting.


    Et à ABC plus qu’ailleurs, il fait bon vivre en banlieue, avec des grilles d’entrée sécurisées, des ados qui s’aiment et ces fameux voisins souriants … mais mystérieux. Autant dire que The Gates, outre son approche surnaturelle, a du pain sur la planche. Multi-genre ou sans genre du tout, The Gates a le cahier des charges lourd –et assommant ?

    Sur un décor de fond très soap, -une population décide de vivre reclus à la The Village et de poursuivre les conventions bourgeoises, avec des vampires bien planqués prêt à sortir les crocs en cas d’appétit démesuré, un lycée aux apparences ordinaires, avec des triangles amoureux qui sommeillent mais aussi un clan de loup garous qui rôde, ainsi qu’une famille au lourd secret qui débarque, des sorcières qui s’affrontent à coup de magie blanche/noire, The Gates s’efforce d’en mettre plein la vue avec son côté multifacette.


    Toutes ces joyeusetés, bien que diamétralement opposées (les influences vont du récent Eastwick à Twin Peaks en passant par Desperate Housewives ou le génial Meadowlands) parviennent néanmoins à plutôt bien s’imbriquer. Peu de temps mort dans les deux premiers épisodes qui enchaînent avec conviction les histoires centrales de cette saison, qui comptera treize épisodes.
    Casting sérieux (même les ados ne sont pas des têtes à claques sans talent), dialogues allant à l’essentiel, directions intéressantes paliant cette impression de déjà-vu de départ ou de simplement réchauffé, le début de The Gates évite largement le naufrage vampirique que l’on craignait. Pas de discours pénible sur le quotidien assoiffé du vampire, de morale familiale, d’action fantastique caricaturale, The Gates se conforte plutôt bien dans son choix multigenre et présenterait même un intérêt de fond.




    The Gates souffre surtout de son postulat – un brin fade et over ze top. Toutefois, derrière ses portes aux apparences éculées, la série, forte d’une réalisation maîtrisée et de son effort de dé-banaliser son univers barricadé, pourrait bien être une distraction estivale de plus. Question de priorités télévisuelles.

    6/10

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  • Huge (Saison 1) Au royaume amer de l’adipeux

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    Hello I Must Be Going – 1.01 (diffusé le 28.06.10)

    Enorme … paradoxe venant dynamiser la ligne éditoriale de ABC Family. La chaîne familiale nœud-nœud du paysage télévisuel U.S vient de lancer ce qui pourrait être ses deux nouveaux programmes identitaires. Pretty Little Liars, show gentiment efficace sur les secrets de jeunes filles un peu idiotes. Et Huge, une série grande taille qui rompt avec poids avec les codes (anorexiques) des programmes ados.

     


    Et si le bourrelet était sur le point de remplacer les hanches étroites garanties sans vergeture de toutes ces fillettes symboles des programmes jeunes des networks ? Avec Huge en tout cas, le risque est imminent et la nouvelle tendance, absolument affriolante ; n’en déplaise à la brindille Serena Van Der Woodsen.

    Avec le succès de la Fat TV en général (The Biggest Loser, Drop Dead Diva, Fat Actress et la sitcom à venir Molly & Mike, dernier bébé de Chuck Lorre), Huge pourrait en effet surfer sur une vague annoncée : la mode du gras ballant. Pourtant, diffusée sur ABC Family, on pouvait facilement craindre un énième programme paternaliste ou racoleur, comme la petite sœur de l’Alphabet a su le faire avec Greek, American Teenager ou Make it or Break It. Etonnamment, la chaîne ne verse pas dans un registre freaky dans lequel la grosse adolescente serait une parodie morbide sur pattes empâtées (c’est le rôle de Mariah Carey). A l’inverse, Huge excelle dans sa modestie et son authenticité et prend même à bras le corps le problème plus actuel que jamais de l’obésité croissante aux Etats-Unis.


    Signée Winnie Holzman, auteure de la meilleure série jamais réalisée sur l’adolescence, My So-Called Life, Huge use de ce même bagage amer et spirituel pour évoquer le problème du surpoids morbide, avec toujours un regard dénué de moral ou d’hauteur. Sans complaisance ou ton potache, Huge suit avec proximité le quotidien d’un groupe d’ados en surpoids, mené par Willamina (Nikky Blonsky, encore plus épatante que dans Hairspray). Ce thème fort de l’obésité, qui devait nécessairement voir le jour à la télé, subtilement imbriqué à la problématique générale de l’adolescence, aboutit naturellement à un résultat solide et teinté d’émotion.


    Les storylines, diverses et simples, mais à l’effet sensé sur l’univers éducatif US et la jeunesse américaine (la diabolisation de la nourriture dans les camps d’amaigrissement, la vie sportive drastique, les consignes en tout genre) sont habilement représentées dans un cadre narratif où métaphores (le camp et la nourriture marchandée illustrent les réunions d’addict et le deal de drogues) enjeux existentiels et conflits adolescents procurent à l’ensemble une touche bigarrée et véridique.

    Par exemple, alors que la jeune et jolie Amber (Hayley Hasselhoff, fille de David) voit dans ce camp un monde parallèle où tout est possible, la rebelle Will est bien décidée à grossir de plus bel pour dire merde à ses parents (et s’assumer dans le rejet). Huge ne cède ainsi pas à des pré-construits bêtes et méchants, exploite la diversité de son thème et montre surtout qu’elle sait de quoi elle parle.



    D’emblée, Huge n’avait rien d’un teen-show comme un autre. Les formes de cette série étant plus généreuses que celles d’un autre teen show, habituellement squelettique et avide de paillettes sur figurantes emballées dans un linceul à la mode. Après visionnage du pilot, il est de même pour son contenu : d’une qualité (ABC Family) rare.

    7.5/10

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