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  • Scoundrels (Saison 1) Escroquerie, une entreprise familiale

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    And Jill Came Tumbling After (pilot) (diffusé le 20.06.10)


    L’été, selon ABC, sera délinquant ou ne sera pas. Contre toute attente,  son programme estival cette année ne se déroulera pas dans l’espace ni dans un hôpital. L’Alphabet mise de nouveau sur la sclérose faite famille, mais dans une version gentiment gangsta, parce que 2010 est l’année de tous les défis. Comme si finalement les Walkers chéris du network devenaient de vrais as de la dérobade et du recel. Pas sûr qu’on y croit vraiment.

     

    Autant le dire d’emblée : la série familiale n’est pas véritablement le crédo de Scoundrels, qui comme son nom l’indique, se base plus sur le potentiel crapule et vaurien de son clan : les West.
    Un patriarche fraîchement exilé pour cinq ans d'enfermement, une mère gérante d’un business mi-honnête mi-noir, et de la marmaille éclectique aux plaisirs illicites tout aussi divers (sécher les cours pour la jeune surdouée (Vanessa Marano habituée aux rôles de précoce –Gilmore Girls), arnaquer un photographe de mode pour la bimbo en devenir (Leven Rambin, déjà cruche dans Grey’s Anatomy) et faire de la contrebande pour le fils prodigue), seul le benjamin, tout nouveau avocat, échappe à la règle de la génétique criminelle.

     

    Adapté de la série à succès neo-zélandaise, Outrageous Fortune, ayant également au préalable inspiré un versant british, Scoundrels a bénéficié d’un univers déjà tout tracé : une famille de petits bandits qui décident d’une rédemption inattendue. Pour ce remake d’ailleurs, Rob Thomas, créateur de Veronica Mars, s’y était cassé les dents. Maintenant concrétisé, le projet n’a pourtant pas supporté ce grand voyage océanique.

    Le plus gros problème de Scoundrels, c’est son manque de mordant et de crédit en général. Déjà, consacrer l’escroquerie sur un network, autrement dit sur une chaîne qui n’a pas la liberté de ton d’un HBO qui agrémente ses séries de « fuck » en tout genre, n’est pas le meilleur départ qui soit. Outre la sagesse du propos (et un code de conduite criminel à faire complexer Mère Thérésa : pas de violence, ni d’intrusion, encore moins de drogues chez les West), le casting global et le décor sont un échec : des têtes blondes américanisées (Virginia Madsen), vivant à Palm Spring, autant dire, dans la ville fancy des stars, peu habituées à la descente des flics dans leur baraquement.


    Sur le thème du petit malfrat, difficile enfin de ne pas penser à l’ancienne série FX, The Riches, qui avait brillamment raconté l’immersion d’une famille de voyageurs « malins » dans une banlieue sans histoire (avant de finir assommante et over ze top). On retrouve même le symbole sénile qui fait l’originalité de la grande famille d’escrocs. Mais The Riches avait su donner une authenticité à son paysage alors que Scoundrels manque complètement de vraisemblance, à tout niveau (dans son sujet, son décor, jusqu’à son unité de temps).

     


    Fort du décalage entre le concept voulu impertinent et provoc’ de la série et son résultat à l’écran –un divertissement loyal (quelques bonnes répliques malgré tout) mais jamais dupe, le spectateur, même le plus naïf, peine à investir son attention dans ce programme de façade, peu assuré, qui sent le remake sage et gentillet à des kilomètres à la ronde.

    5.5/10

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    Scoundrels (Saison 1) Escroquerie, une entreprise familiale

     

    And Jill Came Tumbling After (pilot) (diffusé le 20.06.10)

     

     

    L’été, selon ABC, sera délinquant ou ne sera pas. Contre toute attente, sa valeur estivale cette année ne se déroulera pas dans l’espace ni dans un hôpital. L’Alphabet mise de nouveau sur la sclérose faite famille, mais dans une version gentiment gangsta, parce que 2010 est l’année de tous les défis. Comme si finalement les Walkers chéris du network devenaient de vrais as de la dérobade et du recel. Pas sûr qu’on y croit vraiment.

     

     

    Autant le dire d’emblée : la série familiale n’est pas véritablement le crédo de Scoundrels, qui comme son nom l’indique, se base plus sur le potentiel crapule et vaurien du clan : les West.

    Un patriarche fraîchement emprisonné pour cinq ans de prison, une mère gérante d’un business mi-honnête mi-noir, et de la marmaille éclectique aux plaisirs illicites tout aussi divers (sécher les cours pour la jeune surdouée (Vanessa Marano habituées aux rôles de précoce –Gilmore Girls), arnaquer un photographe de mode pour la bimbo en devenir (Leven Rambin, déjà cruche dans Grey’s Anatomy) et faire de la contrebande pour le fils prodigue), seul le benjamin, tout nouveau avocat, échappe à la règle de la génétique criminelle.

     

    Adapté de la série à succès neo-zélandaise, Outrageous Fortune, ayant également au préalable inspiré un versant british, Scoundrels a bénéficié d’un univers déjà tout tracé : une famille de petits bandits qui décident d’une rédemption inattendue. Pour ce remake d’ailleurs, Rob Thomas, créateur de Veronica Mars, s’y était déjà cassé les dents. Maintenant concrétisé, le projet n’a pourtant pas supporté ce grand voyage océanique.

    Le plus gros problème de Scoundrels, c’est son manque de mordant et de crédit en général. Déjà, consacrer l’escroquerie sur un network, autrement dit sur une chaîne qui n’a pas la liberté de ton d’un HBO qui agrémente ses séries de « fuck » en tout genre, n’est pas le meilleur départ qui soit. Outre la sagesse du propos (et un code de conduite criminel innocent : pas de violence, ni d’intrusion, encore moins de drogues), le casting global et le décor sont un échec : des têtes blondes américanisées vivant à Palm Spring, autant dire, dans la ville fancy des stars, peu habituées à la descente des flics dans leur baraquement.

     

    Sur le thème du petit malfrat, difficile enfin de ne pas penser à l’ancienne série FX, The Riches, qui avait brillamment raconté l’immersion d’une famille de voyageurs « malins » dans une banlieue sans histoire (avant de finir assommante et over ze top). On retrouve même le symbole sénile qui fait l’originalité de la grande famille d’escrocs. Mais The Riches avait su donner une authenticité à son paysage alors que Scoundrels manque complètement de vraisemblance, à tout niveau (dans son sujet, son décor, jusqu’à son unité de temps).

     

    Fort du décalage entre le concept voulu impertinent et provoc’ de la série et son résultat à l’écran –un divertissement loyal (quelques bonnes répliques malgré tout) mais jamais dupe, le spectateur, même le plus naïf, peine à investir son attention dans ce programme de façade, qui sent le remake sage et gentillet à des kilomètres à la ronde.

     

    5.5/10

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  • Nurse Jackie (Saison 2) Diagnostic d’un chemin anticroix

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    Years of Service – 2.12 (diffusé le 07.06.10) (finale)

    Coup d’accélérateur soudain pour la mécanique globale de Nurse Jackie. Avant de passer la troisième, la série s’assure là d’une vraie évolution, à la Breaking Bad. Résultat : le niveau général passe d’un cran et le show se bonifie, fort d’une inattendue dramatisation.



    Après une première saison sympathique, qui a su poser les bases de la série, entre art médical absurde et secrets d’un personnage central, la seconde saison de Nurse Jackie prend à bras le corps l’intrigue de son concept de départ. Malgré un début relativement complaisant, à travers lequel les auteurs se sont contentés de reprendre l’univers de la saison inaugurale, cette seconde saison n’a pas dégonflé à mesure des épisodes. Mieux, cette année, les scénaristes se sont amusés à faire tomber Jackie de son piédestal fait d’acquis et de confiance en soi pour finalement précipiter notre héroïne dans une impasse, un vrai-non retour qui nous rappellerait d’autres séries focalisées sur le secret du héros (Breaking Bad, Dexter). Parce que la vérité finit toujours rejaillir à la surface narrative, Walter White peut durement en témoigner.

     

    Avec l’avant dernier épisode et à plus forte raison avec cet épisode conclusif, Jackie est dos au mur. Déjà, avec l’infirmier addict qui connaît sa tendance médicamenteuse forte et l’ex-amant qui revient dépité pour désarmer l’héroïne, Jackie avait commencé à goûter aux joies de l’existence compliquée. Mais trop sage, ce danger qui planait au dessus de la tête de l’infirmière laissait un goût faux-jeton dans la bouche.
    Cet épisode final vient établir un contrecoup inattendu, en alarmant la meilleure amie O’Hara, (ainsi qu’un rescapé dealer mécontent) et le fidèle mari des mensonges et des cachotteries de Jackie. Scénaristiquement, l’intensité est au rendez-vous, le téléspectateur attendant le moment des révélations depuis le tout début, surtout lorsque la série se bâtit sur l’histoire d’un mensonge quotidien du héros.


    Outre cette histoire principale qui prend un tournant dramatique essentiel, la série peaufine son ambiance loufoque, en misant comme à son habitude sur Zooey, qui découvre enfin l’amour public dans les bras de Lenny. Plus anecdotique, l’intrigue réservée à Gloria et au patient christique. Si l’attitude de la patronne est toujours impeccable, entre moue irrésistible et tendance cheftaine, cette parade accessoire n’avait pas le fond des storylines simplement décalées qui font la nuance et le charme de Nurse Jackie.

     

    Si la seconde saison ne s’était pas finie sur une révélation de taille sur la vraie identité de notre héroïne, Nurse Jackie aurait cruellement perdu en intérêt, ayant plutôt standardisé en quelques épisodes son ton original et ses ambiances clinico-ironiques. Mais la série évolue, se frotte à des risques majeurs et nous interpelle alors de plus bel.

     

    7/10

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  • Persons Unknown (Saison 1) S'isoler dans le néant

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    Pilot - 1.01 (diffusé le 07.06.10) (créée par Christopher McQuarrie, scénariste de The Usual Suspects)


    Sept étrangers sont retenus captifs dans une ville fantôme. Ne sachant rien de ce qui s'est passé pour en arriver là, ils tentent de survivre pour retourner à leur vie normale.


    Il y a des séries comme ça que l'on commence avec des à-prioris qui ternissent notre jugement. Persons Unknown en fait partie pour moi. Je ne suis pas très friand des séries high concept, qui se prennent beaucoup trop au sérieux avec un casting où chaque acteur est là pour représenter un groupe ethnique ou un trait de caractère (le vétéran, la blonde, le gros dur, l’innocente empathique). Ça me fait grincer des dents dès le début. Alors forcément, quand le pilote commence avec une scène très CSI-friendly où une mère observe sa petite fille sur le toboggan (<< you can’t fly >>) mes à-prioris sont confirmés. Et pendant tout le pilote en fait, qui ne décolle jamais. Sauf à la fin, bien sûr.


    Le pilote use et abuse des ressorts techniques propres à une série de cette haleine-ci : une caméra agitée et  une musique pompeuse qui rendent les altercations entre les personnages plates comme peu car sous-titrées jusqu’à l’os. L’histoire a un potentiel certain, mais le pilote n’est qu’un ersatz pâle de ce qui a pu être fait dans le passé avec ce postulat de départ : rien n’en ressort, ni même une ambiance quelconque (la scène dans le restaurant chinois est fade), ni même un personnage qui attise la sympathie. Parce que le choix de personnages est on-ne-peut plus classique et les acteurs n’ont aucun charisme. Le résultat est finalement un plat sans goût dont les ingrédients donnaient néanmoins l’eau à la bouche.


    Cela dit, il y a quelque chose d’intéressant dans Persons Unknown, c’est la dynamique d’isolement. Comme le dernier plan nous le confirme, les personnages sont littéralement isolés et l’idée légitimise en partie les décors kitsch. Les scénaristes peuvent pousser le délire jusqu’au bout en usant de cet atout pour en faire un divertissement atypique. L’idée du restaurant chinois n’est pas mauvaise mais il n’en ressort rien de spécial, à part les messages. Persons Unknown peut davantage surprendre en s’amusant avec sa pauvreté formelle, un peu comme l’avait fait Harper’s Island sur le plan narratif l’année passée. Il en ressortirait peut-être quelque chose de moins codé et donc de plus original.


    Un pilote pompeux peu convaincant, car ne donnant pas une idée quelconque de ce qu’est la série. C’est du réchauffé fade et sans réelle patte personnelle. Je vois déjà venir une saison pleine de rebondissements futiles à la Harper's Island pour une conclusion évidente et tout le monde aura oublié la série. Not my cup of tea.


    5/10


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  • Les séries de l'été à ne pas rater ! (sic)

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    Cette semaine, l'Hebdo Séries s'est rendu au Festival de Télévision de Monte Carlo pour une émission riche en rencontres. Sous le soleil monégasque, des stars décontractées nous confient quel héros de séries elles auraient rêvé d'incarner.

    On continue sur une note estivale avec une sélection étendue de nouveautés télé et sorties DVD à siroter au bord de la piscine...

     

    Enfin, en bonus, les stars du Festival de Monte Carlo se livrent à une petite séance détente entre deux prises...

     

    Bonne émission, bon été et on se retrouve à la rentrée.



    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

     

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  • Parenthood (Saison 1) Un Brothers & Sisters amélioré ?

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    Lost and Found – 1.13 (diffusé le 25.04.10)

    La saison sérielle sera mauvaise en seasons finale ou ne sera pas. Même lorsqu’une nouvelle série coup de cœur comme Parenthood tente de conclure sa prestation, l’essai peine à être concluant. Angoisse de la page blanche ultime ou manque de suite dans les idées, le final de Parenthood s’avère être un épisode modeste, à peine conclusif, encore moins transitionnel.



    Gonflée à bloc dès ses grands débuts, Parenthood a rapidement établi son paysage bigarré facilement adhésif : une famille unie, des différences, des profils attachants. Mais depuis trois épisodes, c’est un passage à vide. La série s’enlise dans trois scenarii principaux moyennement inspirés et ne cherche pas à embrayer sur d’autres terrains narratifs peut-être plus énergiques. Pourtant, avec le syndrome Asperger de Max, les problèmes d’adaptations des enfants de Sarah ou les possibles dynamiques entre ces parents de choix (avoir Peter Krause ou Lauren Graham comme guide de vie, c’est une chance éducative inouïe), la série a de quoi faire. Malheureusement, l’épisode final nous mobilise encore avec les histoires traînantes de cette fin de saison.


    La guerre ouverte entre Amber et Haidie, les problèmes financiers de Zeek (très Brothers & Sisters) ou l’ignorance de Camille, tel est le menu unique présenté par Parenthood depuis un mois. Si l’histoire de Camille conserve un attrait parce que Bonnie Bedelia est convaincante dans son rôle de femme frustrée, on regrette que la globalité dramatique de la série manque de vraie originalité. Quitte à nous faire préférer les unions chaleureuses entre Crosby et Jabbar, Crosby et Jasmine dans le genre du gentiment mièvre. Le problème boursouflé des deux adolescentes empêche aussi aux deux familles principales (Adam, Sarah) d’aspirer à une évolution et relèguent même le cas Max à un problème accessoire.


    Où est passé finalement la loufoquerie (délire masturbatoire sous la douche, taquineries mère-fille), l’émotion parentale (d’une mère dépassée par les évènements) et le folk général d’une série qui transpire de sincérité ?

    Toutefois, reconnaissons à la série de NBC une contrainte de taille. La série n’a disposé que de très peu d’épisodes pour nous familiariser avec son univers choral. Malgré tout, Parenthood a réussi à s’imposer dans le genre de la série ensemble show comme un exemple sympathique, à travers lequel la grande famille Braverman nous émeut et nous amuse.

     

    Après le cap de la saison inaugurale, certains pourraient bien en rester là, jugeant que les aventures quotidiennes des Braverman restent gentiment anodines, entre problèmes conjugaux et crises adolescentes. Il se pourrait qu’au vu de cette conclusion, ils aient raison, mais le renouvellement de cette série agréable nous fait croire à son potentiel dramatique et empathique, permis par des acteurs de choix et une mise en scène authentique.

    5.5/10

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  • Glee (Saison 1) Remember my name : FAME

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    Journey – 1.22 (diffusé le 08.06.10) (finale)

    Pour cette critique ultime du dernier volet chorégraphié de Glee, un peu de complaisance et de bonne volonté : il fallait faire plaisir aux lecteurs qui voient dans la série de FOX un spectacle rafraîchissant, mélange de reprises entêtantes et de teen-show ironique. Après visionnage de cette conclusion, la tâche s’avère très rude.

     


    Dans Glee, l’originalité est à maître à bord. Quoi de mieux pour conclure les saisons que les compétitions musicales synonymes de pression folle, dont on nous rabat les oreilles ? Avec cet épisode, le schéma de Glee reste intacte (déception puis gagne finale) : on débute l’air inquiet, moue triste, victime d’un sort pathétique. Toute la bande baisse ainsi les bras, pour cause, Sue Sylvester a investi le groupe du jury pour ces régionals trépidants. D’emblée, l’ambiance s’en ressentit, les jeunes têtes de Glee Club ont le mérite de rendre l’air parfaitement invivable lorsqu’ils ont décidé de tirer la tronche. Mais heureusement, la bouderie n’est jamais que de courte durée et l’espoir rejaillit tôt ou tard, si possible sur fond musical sirupeux.

     

    Trève de vexations puériles, le groupe décide de faire un medley de leurs plus grands tubes sur scène et finissent conquis. Pourtant, le résultat en live n’a que très peu de saveur : les apprentis chanteurs gesticulent, s’époumonent, agitent du bras, se rentrent dedans, sans synchronisation ou maîtrise scénique. Les voir triompher aurait été peut-être été le coup de massue insupportable. Mais parce que Vocal Adrenaline s’est amusé à assassiner spirituellement Freddy Mercury (par un jeune pubère prénommé Jess, ça en dit long), la victoire leur revient et les enfants du Glee Club deviennent les loosers attitrés. Pas étonnant, le coup du « on perd mais on gagne, quand même, ici (comprendre, la matrice de la série : le cœur humain », on connaît.


    Ras-le-bol pourtant d’entendre ces discours pathétiques sur le sort qui s’acharne toujours, illustrant les tares existentielles de l’ado enceinte, l’afro obèse, le gay excentrique et autres cas sociaux de la bande, Ryan Murphy aurait-il décidé de faire sa série une cause de charité, une lutte pour les démunis ? Admettons que certains rôles soient à plaindre (être juif et porter la crête, dur), l’essentiel n’est finalement qu’un simulacre plaidoyer pour la différence qui finit noyer dans des chansons pop revendicatives et mettant fièrement en scène nos fameux inadaptés, qui n’incarnent jamais vraiment la marginalité sauf lorsque cela se veut amusant -un comble de l’ironie même pas assumé.

     

    Le fond n’a jamais été aussi mal tenu en haleine dans Glee. Plus d’intrigues principales, d’humour, que du chant à tue-tête, qui nous brise les tympans et des associations de personnages idiotes et des relations mal gérées (Rachel et sa mère, Will et Emma, etc). La série ne prend même pas le soin d’annoncer de quoi la suite serait faite et préfère rendre des hommages en chansons, encore et toujours, avec la larme au coin de l’œil pubère, qui suinte véritablement lorsqu’il est question de dire merci au professeur sauveur.
    Et dans tout ce naufrage perdu aux fins fonds d’une terre de mièvrerie sans nom, même Sue Sylvester, seul symbole lucide, peut-être un brin caricatural parfois reconnaissons-le, ne parvient plus à contrebalancer la mesure. La prof de gym finit à la botte de cette chorale chiante comme la pluie.

    Un final à l’image du rejeton de Quinney : à peine né, et tout propre, lisse, sans rugosité. Et si le show must NOT go on ?

    4/10

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  • Parks and Recreation (Saison 2) H. Clinton et M. Scott ont enfanté

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    Freddy Spaghetti – 2.24 (diffusé le 20.05.10) (finale)

    Pour son final en forme de clôture municipale, Parks and Recreation a lancé une mission d’urgence, branle bas de combat en plein Pawnee ! Sur le front, Leslie Knope, inflexible parmi les déserteurs, résiste aux crises budgétaires malgré la fin du gouvernement. Idéal pour l’évolution d’une comédie atypique.


    La crise a fini par filtrer par tous les conduits, voilà qu’elle gangrène maintenant les petites villes américaines et les services municipaux sont en proie aux réductions budgétaires. Parmi tous, le département des espaces verts est une cible de choix : qui vraiment se soucie du sort des bancs de quartier à l’exception des femmes au foyer insipides ? Drôle de contexte qui annonce ainsi la fin d’une seconde saison d’une comédie placée sous le signe de l’absurde. La réalité reprend ses droits et avec elle, une figure politique de choix, appelée Leslie Knope.

     

    Entre le pilot l’an passé et ce second season finale, Leslie Knope a arpenté un sacré chemin. Une évolution notable, où Leslie a troqué son habit de politicienne niaiseuse et maladroite contre un costume digne et respecté de tous, qui laisse place à une rage de bien faire et un déterminisme jusqu’au boutiste hilarant. Bien loin du supposé modèle féminin de Michael Scott de The Office, Leslie Knope est devenue au fil du temps un personnage comique d’ampleur, avec ses propres caractéristiques et son humour à elle. Le personnage est une merveille d’originalité et de nuance, un exemple d’attachement et de réussite humoristique inédite.


    Outre une évolution d’héroïne notable, l’épisode a esquissé les premières allures d’une troisième saison qui s’annonce d’ores et déjà riche en émotions (Rob Lowe et Adam Scott seront-ils encore de la partie ?). Et en triangles amoureux : entre April, Andy et Ann, le club complexe des trois A, l’histoire qui a pris son temps sur l’année s’accélère d’un coup, nous offrant des péripéties à la pelle et nous rendant plus shipper que jamais à l’égard d’Andy et April, assurément l’un des couples les plus singuliers de l’année sérielle. Le risque, sans doute, celui de rendre légèrement antipathique à l’écran Ann, malgré sa complémentarité parfaite avec Leslie.

    Autre schéma romantique compliqué, Ron, Tom, sa nouvelle conquête et son ancien épouse. La surprise est de taille alors que les signes annonciateurs étaient l’air de rien introduits depuis des semaines dans la série. En injectant plus de mélo, la série donne matière à attachement, et même pour des personnages purement comiques comme Ron ou Tom.


    A l’image de cette fin nocturne où Leslie conclue comme l’année passée avec son acolyte Mark, malheureusement sur le départ, la série nous laisse avec un drôle de pincement au cœur. Une formidable saison, constamment maîtrisée, qui a su nous démontrer tout le potentiel caché d’une série centrée sur les problématiques municipales d’une députée un brin timbrée. Les retrouvailles ne se feront qu’en janvier prochain, d’ici là, il n’y a plus qu’à planter des graines d’espoir pour un retour tardif mais triomphant.

    7.5/10

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  • Community (Saison 1) L’esprit de groupe, sans les lauriers tressés

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    Pascal’s Triangle Revisited – 1.25 (diffusé le 20.05.10) (finale)

    Une année s’est écoulée au community college de Greendale où les personnages séniles et sales fréquentent les apparents terroristes et les féministes aux grandes dents. Une année d’entente au diapason, de péripéties burlesques, de situations qui relèvent du génie narratif, malgré une conclusion étonnamment teintée mélo.



    Coup dur pour Community : et si son épisode de fin était l’épisode le moins probant de toute sa (majestueuse) saison inaugurale ? Pour les éternels spectateurs habitués au shipping télévisuel, l’épisode sera cependant une grande réussite formelle, les auteurs ayant écarté les idées de scenarii ingénieuses pour mettre en avant les triangles amoureux, peut-être même un carré romantique inattendu et risqué (Jeff ou l’art de la polygamie, clin d’œil à HBO ?).


    Parce que la série maîtrise l’art de l’overzetop avec dérision et ironie (même Troy fait sa référence à Happy Days et à la théorie sériephile du jumping the shark), la série use et abuse du fond sentimental et en fait un concentré de vingt minutes, peut-être ironique, en tout les cas sacrément déstabilisant. Slater, l’ex de Jeff Winger revient à la charge mais Britta, en pleine compétition de midinette de fac, réalise que cette fois elle ne laissera pas son promis dans les bras pendants d’une prof ratée. La compétition entre les deux jeunes femmes est attrayante, nous rappelant cet avant-dernier épisode génial qui pour sûr aurait du être le rideau final de Community. Mais parce que celui-ci, en veillant à mettre en œuvre des intrigues romantiques, perd en (mauvais) esprit et en (bonne) camaraderie.


    Résultat, le fond humoristique de cette fin s’en ressent, malgré la bonne humeur intacte et les références subtiles (sur Lost et Ben, entre autres) ou les actions des autres de la troupe. Mais les atouts Abed ou Shirley sont mis en retrait pour les besoins de l’intrigue amoureuse ampoulée, heureusement le personnel de Greendale, du proviseur loufoque, au conseiller alcoolique au poussif Senor Chang gagne aussi en représentation scénique. Ambiance de fin maussade.

    Community est et restera la meilleure nouveauté de ce cru sériel 2009-2010. Par son originalité, sa maîtrise de la culture populaire et son art de la mise en scène légère et intelligente, Community est une sitcom qui renouvelle le genre, malgré une conclusion un brin plate. Une exception qui confirme la salutation.

    6/10

     

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