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  • The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne

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    Average Rules – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)

    Premier season finale pour la nouvelle The Middle d’ABC qui l’an prochain continuera à nous amuser avec sa beaufitude assumée. Pour terminer comme il se doit la première saison d’une série volontairement moyenne, quoi de mieux qu’un épisode moyen sur l’art de la moyenne attitude ? Parce qu’il n’y a pas à dire, avec les Heck, le moyen est le nouveau branché. Serena Van Der Woodsen n’a qu’à bien se tenir.


    Ce n’était pas un véritable risque scénaristique, plutôt une sagesse de la part des auteurs qui ont pendant toute l’année (hormis un avant-dernier épisode humoristiquement inexistant) su consacrer l’art du beauf sans le trait caricatural. Ce fut encore le cas avec cet épisode final qui a su réunir toutes les meilleures facettes de la série.

    L’année scolaire est sur le point de s’achever dans l’ignorance absolue. Mais chacun des enfants Heck est alors confronté à un problème récurrent de son quotidien. Les livres pour le bizarroïde Brick, l’apprentissage pour Axl et les participations extrascolaires et l’existence physique tout court chez Sue. On mise ainsi sur les tares gentiment comiques des enfants inadaptés de la famille Heck, quitte à reléguer les histoires des géniteurs au second plan, comme souvent, Frankie et Mike vont se contenter alors de leur rôle de parent impuissant, pourtant en phase avec l’inaptitude chronique de leurs progénitures à « réussir ».


    Avec Betty White dans le rôle de la bibliothécaire qui mène la vie dure à Brick (mais qui se susurre à elle-même comme le petit génie du livre), l’épisode s’est soigné dans la forme. Sue nous régale comme aux grands débuts avec son inadaptation chronique (elle enchaîne comme personne les clubs malgré son allure fantomatique et son absence de trace photogénique) et Brick dégaine les bons mots avec un grand naturel comique. Seul Axl, qui grommelle un peu trop et dont l’issue narrative s’avère plus que prévisible, casse le rythme de cet épisode pourtant bien défini.

    Comme toujours dans The Middle, la fluidité de la narration et l’imbrication des histoires sont impeccables, se dégage de cette sitcom pourtant d’une facture très standard un sentiment de maîtrise. Et force est d’avouer qu’après même les Raymond, les Malcom, les filles à ne pas toucher ou autre famille afro-américaine délurée, les Heck et leur quotidien paresseux nous offrent une bonne série traditionnelle, moyenne dans le fond, assumée dans la forme, toujours distrayante. On se rencarde l'an prochain, pour sûr.

    7/10

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  • Lost (Ultime Saison 6) The End Is the Beginning Is the End

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    The End - 6.17 & 6.18 (diffusé le 23.05.10) (series finale)

    Sur l'île, Jack doit sauver l'île grâce à la grotte lumineuse alors que la réalité alternative -dans laquelle tous les losties se retrouvent et se reconnaissent- révèle sa nature.


    Ça y est, c'est la fin de Lost.
    Et je dois avouer que malgré toute la bonne volonté que je peux y mettre, je n'achète pas. J'ai trouvé beaucoup de défauts à cette saison, mais depuis Across the Sea non seulement les dialogues sont d'une pauvreté désolante, les épisodes frôlent le ton parodique apparemment consenti. Je ne peux même plus regarder un épisode de Lost désormais sans me demander si les scénaristes rigolent dans leur salle ou pas, et c'est dérangeant, car je vois bien que les scénaristes n'avaient jamais dans l'intention de finir la série et ils le font comme ils peuvent.
    Les facilités scénaristiques ridicules s'enchaînent (le retour de Frank), les scènes tire-larmes pleuvent, les personnages sont réduits à leur propre caricature et cette révélation finale a été la cerise sur le gâteau. Et je ne dis pas ça pour descendre la série, je le dis car j'ai beaucoup aimé la série dans ses 4 premières années et ça me désole de la voir se terminer ainsi dans la facilité - et ce, dans tout ce qu'elle a tenté de faire dans ce dernier épisode. Je m'explique.

    Tout, ou presque, sonnait baclé dans ce final. L'épisode use et abuse de tout ce que je déteste dans la fiction en général : l'émotion facile, le mélodrame, entre autres. Alors que Lost s'était démarquée des autres séries dans sa première saison avec un traitement plutôt sobre des relations humaines dans un groupe qui était marqué par sa diversité ethnique, on peut dire qu'elle finit son travail en piquant du nez, avec un degré de subtilité qui avoisine le zéro. Quand on compare la scène du final de la saison 1 où les personnages quittent l'île sur le radeau qu'ils ont construit à tout le pathos qui est servi dans les sideways dans cet épisode, on se dit qu'il y a quand même une sacrée différence dans l'efficacité émotionnelle.


    Parce qu'en fait la réalité alternative a été dans cet épisode un enchaînement de la même scène. Un awakening pour chaque couple, à comprendre un réveil, une prise de conscience de chaque protagoniste de ce qu'il a vécu sur l'île avec un autre personnage. Au choix, on a donc Juliet et Sawyer, Jack et Kate, Charlie et Claire et surprise... Sayid et Shannon. Tout y est pour faire pleurer dans les chaumières : la musique, le jeu excessif des acteurs, la caméra qui insiste sur les personnages, et le pire, des montages filtrés à mort sur les moments marquants de chaque personnage (à noter que l'épisode commence ainsi  aussi : sur un montage larmoyant digne des fins d'épisode de la CW). Sans compter le fait que de faire réagir ces personnages d'une telle manière à leur prise de conscience n'a aucune cohérence d'un point de vue narratif.
    On croit regarder une parodie ou une vidéo youtube. Il n'y a aucun scénario. On passera sur le fait qu'ils doivent se toucher pour se souvenir, cela aussi étant très peu subtil.

    Ces scènes s'enchaînent heureusement avec des scènes sur l'île qui sont un peu plus intéressantes. Pour sauver l'île et donc l'empêcher de couler, Jack doit utiliser le bouchon (un vrai bouchon, ce n'était pas une métaphore) après que l'Ennemi ait succombé à une bataille qui a duré une petite minute, la lumière étant éteinte. Et tant mieux que le combat n'ait pas duré plus longtemps, ce n'était pas le plus important. Lost nous fait donc du Lost de fin de saison, c'est-à-dire que ces séquences-là sont relativement bien rythmées, à défaut d'être généreuses en révélations.
    Je comprends bien qu'il aurait été impossible et absurde de répondre à toutes les questions restantes, ça n'aurait eu aucun intérêt, mais les scénaristes n'ont même pas l'idée de nous réserver une révélation, même ouverte, sur la nature de l'île.

    Les scènes sur l'île restent cependant cohérentes, malgré les confusions qu'elles soulèvent : on pensait Desmond (et les autres personnages capitaux) plus experts en ce qui concerne le fonctionnement de l'île, on ne sait toujours pas pourquoi l'île a été engloutie dans le season opener, ni ce qui a réellement causé la réalité alternative. Il faudra faire travailler son imagination, faire le travail que les scénaristes auraient du faire eux-mêmes. Peut-même inventer des plot devices comme les voyages temporels pour expliquer concrètement des éléments scénaristiques encore flous comme la cause de la réalité alternative. Ce qui ne sert finalement à rien, à part créer sa propre série.

    Et enfin, j'y viens : la révélation finale. Je n'ai rien contre l'idée d'une réalité parallèle où les personnages se retrouvent après leur mort, mais je ne comprends pas l'intérêt d'avoir créé une mythologie aussi fournie, d'avoir étalé l'arc alternatif sur toute la saison, pour une révélation aussi maigre.
    Ce qui est dommage et hallucinant, c'est que les théories des fans auront été plus intelligentes que cette fin. En fait, il n'y avait rien à résoudre. Lost ne se résume finalement qu'à une grosse histoire amicale on-s'aime-tous ; des personnages torturés (hum) ont passé des années fabuleuses sur une île (aux capacités surnaturelles, mais dont l'intérêt est nul, à part pour nous expliquer les causes du crash) et ont inventé une vie après la mort où ils se retrouvent. La série aurait pu se résumer à deux-trois saisons. Et encore une fois, je ne sais pas si c'est le jeu d'acteurs mais la fin ne procure strictement aucune émotion, une fois la déception avalée. Et si le but était de regagner la considération des fans avec des répliques aussi niaises que << Remember. Let go. Move on. >>, au-même titre que les scènes voulues émotionnelles de l'épisode, encore une fois, je n'achète pas.

    Lost aura été pour moi une série que j'ai appréciée surtout pour ses trois premières saisons et sa mythologie - alambiquée mais ambitieuse. C'est ce qui a réellement façonné le charme de la série à mon goût, n'en déplaise aux scénaristes qui insistent sur le fait que l'intérêt de la série ne se résume qu'aux personnages. Le personnage le plus intéressant aura été Desmond, c'est lui qui a offert parmi les meilleurs épisodes de l'expérience : << Flashes Before Your Eyes >>, << Live Together, Die Alone >>, << The Constant >>. C'est la vraie constante de Lost en réalité, celui qui a permis de revenir aux bases de la série, cette saison le prouvant dès son retour.
    Le gros problème de la série, c'était finalement de trouver ce juste milieu entre personnages et mythologie. Dès le cliffhanger de la fin de saison 3, ils ont clairement mis l'accent sur l'histoire. Et la raison pour laquelle cette saison a boîté sévèrement, c'est simplement parce que les scénaristes ont voulu réitérer la recette qui a fait le succès et la qualité de la série dans sa première saison (ils l'ont dit eux-mêmes) alors que l'histoire a pris un tournant qui ne le permettait pas. Cette fin me déçoit, d'abord pour la révélation finale qui ne fait pas du tout honneur à la dimension mythique qu'a pris la série avec le temps, mais aussi pour l'écriture et la réalisation, qui ne sont plus soignées du tout. On se consolera en revisionnant les saisons précédentes, parce que des inédits de Lost, il n'y en aura plus.

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  • V (Saison 1) Les visiteurs font du porte à porte

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    Fruition – 1.11 & Red Sky – 1.12 (diffusé les 11 et 18.04.10) (finale)

    Pour sa saison inaugurale écourtée, V. a gardé ses dernières cartouches pour un final haletant, mêlant existentialisme, humanisme et action popcorn. Tout un programme parfaitement calibré qui permet à la série de finir sur une impression finale des plus positives.


    Avec ses deux derniers épisodes, le remake de V s’est enfin révélé. Oubliés les flottements de mi-saison, les épisodes bouche-trou aux allures de formula show sans fond, les péripéties sans impact et cette impression d’ambition de bac à sable, V met en relief peu à peu ses véritables enjeux.

    La série avait démarré fort, en incarnant rapidement toutes ses facettes principales (affrontement idéologique, religion, propagande, sectarisme). Puis, le grand plat, le show de l’alphabet, fort d’une pause longue qui aurait pu l’enterrer, s’est quelque peu enlisé dans un rythme et un ton fantastique de façade. Mais cette fin a corrigé le tir. Déjà, avec Fruition, la série avait complètement malmené sa logique mollassonne en exploitant comme il faut toute la galerie des personnages de V. La série ne savait pas les gérer, cette fois, c’est la bonne : le journaliste, les ados bêta, la femme enceinte inutile, le groupe de résistants et la Fifth Column contribuent enfin à une dynamique d’ensemble qui permet une plus grande hauteur à la série.

     

    Le changement s’était opéré grâce à l’évolution de Lisa, fille sournoise d’Anna, qui enfin paie le prix du plan d’invasion de la Reine des V en se faisant briser les os comme il se doit. Très visuel, d’un sadisme alléchant, cet avant dernier épisode avait signé la cruauté jusqu’au boutiste d’Anna et avait permis de centrer le sujet de V sur la lutte entre les lézards et la Fifth Column. Le final a pris le même chemin, puissance trois.

    Avec le changement de camp de Lisa (mais aussi de Jack qui s’affirme, de Ryan et de Decker), l’affrontement subtil entre Anna et Erica, les rebondissements en pagaille, le sort enfin scellé de certains personnages secondaires (Vanessa), V a fait son grand ménage avant sa première révérence. La série nous laisse ainsi à la veille d’une lutte qui s’annonce bien plus acharnée et explicite, plus élaborée aussi (la question de la religion revient au premier plan). Preuve en est, la naissance du mi-lézard mi-humain à la queue salivante, et l’évolution de Morena Baccarin qui s’est enfin révélée, victime de sa première émotion humaine, décidée à en découdre. Seul hic, les quelques soucis numériques (apparemment, l’original était atrocement pire) mais cette fin rouge-sang est à couper le souffle (un peu).

     

    V a gagné son renouvellement à la sueur du front. Vu la qualité de ce final très SF, V ne l’a pas volé. Il n’y a plus qu’à espérer que la série visiteuse conserve son même entrain lors de la saison prochaine et aille plus loin que la mini-série culte. Le rendez-vous est pris.

    8/10

     

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  • Dans les coulisses de HARD saison 2

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    HARD, comédie dans le milieu du porno signée CANAL+, a rencontré un franc succès en 2008… avec sa veuve un brin coincée héritière d'un empire du sexe. L'Hebdo Séries s'est rendu sur le tournage plutôt dénudé… de sa seconde saison.

     

    Egalement au sommaire :

    - AMC part à la conquête de l'Ouest

    - Le Parents Television Concil s'illustre encore

    - Les HEROES traînés en justice

    - Jack Bauer fait ses adieux

    - SCRUBS passe la 8ème


    Enfin, en bonus, découvrez le nouveau trailer de la saison 3 TRUE BLOOD, attendue aux Etats-Unis le 13 juin prochain.


    Bonne émission, et à la semaine prochaine pour une spéciale LOST...

     

     

    L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • New Adventures of Old Christine (Saison 5) Vieille et increvable

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    Get Smarter – 5.21 (diffuse le 12.04.10) (finale)

    Les aventures finales d’Old Christine ont un arrière goût aigre. Le show de Julia Louis-Dreyfus ayant été annulé par CBS, son avenir est plus que sur la sellette. On murmure qu’ABC pourrait racheter la Vieille Christine pour sa grille à la manière d’un Scrubs l’an passé. Mais rien n’est encore assuré. Alors quand ce season final, hypothétique series finale, clôt sans grand humour la saison (ou série), l’éclat de rire fait place à la déception.

     

    Pour cet épisode conclusif, si l’humour décapant n’était pas véritablement au premier plan, l’évolution et l’approfondissement des personnages ont été sans conteste de vrais atouts mis à profit par la série. En cinq année, la Vieille Christine et sa clique ont grandi, troqué valeurs superficielles pour d’autres plus vénales. Si la série a toujours voulu s’écarter des chemins moralisateurs en faisant faire à son héroïne principale tout et n’importe quoi, les auteurs se sont toujours focalisés sur une vraie cohérence de personnage.

     

    Voilà pourquoi Christine Campbell est sans aucun doute le personnage féminin de sitcom le plus attrayant et le plus attachant du paysage sériel américain. Avec ses tares bien sûr, alcoolisme, égoïsme, racisme, ignorance mais aussi avec sa psychologie contrastée et ses envies de bien faire, Christine est l’héroïne moyenne par excellence, non une anti-héros un peu imbécile et caricaturale, mais bel et bien un personnage avec ses vertus, ses qualités et ses (nombreux) défauts, au potentiel comique inégalable. Cet épisode poursuit l’évolution du personnage de Christine.

     

    Deja, depuis deux ans, la quadra n’était plus la mère possessive qu’elle était jadis (la réplique de la scène introductive allant en ce sens "je crois que quelqu’un l’a emmené à Disneyland"), maintenant, avec la confrontation à l’univers scientifique de son futur époux (Eric McCormack, toujours aussi bon), Christine pourrait aussi développer quelques complexes intellectuels. La thématique est bonne, quoi qu’un peu acharnée et cruelle à l’égard de ce personnage qu’on aime à défendre quoi qu’il nous en coûte. Malgré une scène déjà culte où Christine babille devant la poupée de Richard, plus de légèreté et de répliques cinglantes par le clan des Campbell aurait été de meilleur goût.

     

    Les autres gais lurons ne sont pas non plus en reste, question évolution. Avec Richard notamment, à nouveau affublé d’un fardeau de paternité, tellement pris à cœur que l’homme n’hésite pas à s’afficher bébé en plastique sur le ventre, ou même Matthew qui d’année en année a gagné en considération (et en diplôme). Barb, fidèle à elle-même, demeure le sidekick comique absolu de Christine. Là encore réunis, on espérait plus du thème imposé « surprise party », la loufoquerie de cette saison pourtant constante en excellence s’est ici un peu émoussée. La peur du rideau final, sans doute.

     

    Si cet épisode est la dernière chronique d’Old Christine, le spectateur et admirateur de Julia Louis-Dreyfus pourrait bien difficilement s’en remettre. Un épisode final aurait du inclure une prestation unique de Barb, un scène avec New Christine, une réplique signée Riccie, un moment dans la Prius. Mine de rien, Christine bénéficie d’un vrai paysage à elle. Pourvu qu’il se maintienne en vie, cela en va de l’humour américain et de l’héritage seinfeldien.

    7/10

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  • Grey’s Anatomy (Saison 6) Après la mort, il reste les engelures

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    Sanctuary – Death and All This Friends - 6.23 – 6.24 (diffusé le 20.04.10)

    Quand Grey’s Anatomy la joue Elephant, ce n’est pas affaire de plaisanterie. Résultat, les têtes sautent, le sang coule, les embryons se désagrègent et les larmes s’incrustent plus que jamais dans l’univers habituellement placide du SGH. Mais entre la subtilité contemplative de Gus Van Sant et le manichéisme lacrymal et crétin de Shonda Rhimes, il y a tout un fossé épineux dans lequel nos amis rois du scalpel se sont gaiement jetés, gueule ouverte.

     

    Grey’s Anatomy a décidé que son final serait théâtral ou ne serait pas. En soi, ce n’est pas une surprise, la série aime tirer des révérences pompeuses et mélodramatiques et aime à réaliser des épisodes placés sous le signe du spectacle. A cet égard, aucun doute, le contrat est formidablement rempli. Pour sa sixième conclusion de saison, la série s’est convertie gore, enchaînant les rebondissements surprises à la Scream et les ambiances de traque à la Elephant. L’amateur lambda de spectacle pop corn partira content, parce que la peur n’a jamais autant hanté les couloirs gris du Seattle Grace Hospital et parce que le résultat visuel est exagérément entretenu.

     

    Si le médical et le soap ont laissé leur place de traître au gore bêta, ce n’était pour guère longtemps. Si les aficianados des blockbusters estivaux attraperont leurs orteils de joie devant cette théâtralisation à la démagogie facile, les autres, amateurs du vrai genre et d’autres plus terre à terre, pourraient bien trouver à redire.

    Malgré leur envie d’épater la galerie, les auteurs de la série ont cédé au mal essentiel qui couve le lit de Grey’s Anatomy depuis toujours. Entièrement prévisible depuis le départ (du sauvetage de Derek en passant par la perte du bébé de Meredith), cet épisode n’était qu’un gros artifice monté, qui à l’exception de deux trois scènes étonnantes (le retournement de situation quasi-final en pleine salle d’opé), s’est montré très paresseux dans son cheminement narratif et consternant de moral, stigmatisation nœud-nœud sur le port d’armes aux Etats-Unis (par le tueur en personne, évidemment).

    Des scènes ultrasaccadées qui n’assument pas la tension et les enjeux du vrai carnage que l’épisode sous-tend (Lexie manque de se faire décalquer puis enchaîne sur Karev), aux pénibles monologues toujours tire-larmes, en passant par la bande son inappropriée et sans effet dont la série s’accommode plus ou moins avec le temps, l’épisode ne revisite pas sa créatrice phare et se contente d’une pure distraction de cirque meurtrier sur fonds de commerce inchangé.

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    Idem pour le personnage du tueur fou, absolument raté, qui symbolise cette intrigue mal embouchée. Monsieur Clark veut venger la mort de sa femme et a verrouillé ses cibles (Lexie, Derek, Richard). Mais l’homme va rapidement perdre la raison et viser à loisir celui qui se mettra en travers de son chemin tueur, en particulier les chirurgiens.

    Rapidement, la série boursoufle son idée de départ (pourtant cohérente, cette histoire ayant un vrai ancrage passé) en grossissant le trait. Franchement scandaleuses, ces scènes purement gratuites où le tueur quasi-omniscient s’infiltre dans chaque lieu-dit clé de l’épisode (de la chambre de Mandy Moore, qui joue formidablement la morte, où Clark débarque tel un serial killer en manque de peau à scalper à la visite de chaque service (en pédiatrie, il y a même des compresses), de chaque personne).



    Faux-jeton en simultané, la série n’assume jamais cette idée de déraison saugrenue et donne matière à compréhension (le tueur qui tue de sang froid finit Parrain devant Derek et ose même la dénonciation du système de vente d’armes aux Etats Unis), à regard apitoyé (plusieurs scènes dont celle de l’explication made Oprah par Sarah Drew a signé un non-retour dans le ridicule du show). Enfin, au vu des morts sacrifiés sur l’autel du suspense à deux franc (Reed, Charles (les deux nouveaux insipides), des figurants et un embryon à la va-vite), on ne peut s’empêcher de déceler l’arnaque à plein nez à la façon d’un « c’était finalement si surprenant que ça ? ».

    Néanmoins, la série nous épargne un cliffhanger faussement insoutenable en réglant la présente situation, il n’y aura pas d’attente impossible programmée début octobre. Et sous les coups de feu, en filigrane, un triangle amoureux (Cristina, Owen et Teddy) et le rabiboche de deux lesbiennes qui s’aiment sont également réglés. Heureusement que les acteurs (Ellen Pompeo, Sandra Oh) se sont surpassés.

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    Au revoir le soap et la tragédie prosaïque. La série la joue peur bleue/coup de feu, à mille lieux de son genre établi et des valeurs simplement sentimentales qu’elle défend. On murmure déjà que les prochains épisodes spéciaux de Grey’s Anatomy se dérouleront en costumes d’époque, celle du XVIIe siècle pour un bal romantique vraiment spécial ; puis dans la voie lactée pas loin du Soleil, dans une ambiance futuriste tirée au cordeau, évidemment filmée en 3D. Sacrée série touche à tout qui finalement ne palpe pas grand-chose.

    5/10

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  • Gossip Girl (Saison 3) - College attitude et fausses afféteries

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    Last Tango, Then Paris – 3.23 (diffuse le 17.04.10)

    Un dernier cauchemar en forme de louboutin, puis le repos estival bien mérité. C’est avec cet effort de grande éthique que s’est instaurée la grande conclusion de Gossip Girl, qui après une saison en demi-teinte, voire en absence de teint tout court, a failli plus d’une fois passer à la trappe (plutôt : la bouche d’égout de Brooklyn).


    Et pourtant, pour son jet final, la série a retrouvé ses airs de série teen-show décomplexée. Avec un avant-dernier épisode emmêlé et manichéen jusqu’à la moelle, Gossip Girl a conclu la plupart de ses intrigues alambiquées (mère malade, père sur le retour, infidélités affabulées et Serena en pleine crise juvénile et quête identitaire) pour faire temporairement peau neuve.


    Une simple intrigue de série jeunesse : plusieurs quiproquo amoureux qui provoquent des raz de marrée d’hormones dans l’univers des têtes blondes aisées. Celles là même qui dictaient leurs règles deviennent alors des personnages simples aux questionnements bêtas : l’amour, le programme des vacances, le regard des autres.

    Le temps d’un épisode conclusif, Blair et sa clique, Jenny contre le reste du monde et les grandes zou de Serena ne sont plus ceux qui dénouent les crises familiales et les complots, à force de stratagèmes élaborés et de plans sans faille (ou l’insupportable ambition de la série). Blair ne pense qu’à Chuck qui ne pense qu’à Blair. Serena hésite entre Nate et Dan qui hésite entre Vanessa et Serena. Et Jenny prend enfin le pouls de son entourage face à ces sempiternelles actes de sale peste.



    Le spectateur lambda a alors envie de crier victoire. Gossip Girl a fini de se prendre pour ce qu’elle n’est pas.
    Le show de la CW renoue ainsi allégrement avec le ton et les storylines de son acabit. Et le résultat est plutôt payant : son art d’établir des ultimatums amoureux est intact, la tension émanant du duo de Blair et Chuck s’avérant presque aussi prenante que celle d’un ancien épisode de Dawson’s Creek.

    C’est donc principalement l’intrigue réservée à Blair et Chuck qui donne l’allure finale à ce 23e épisode que l’on n’attendait plus. Cette histoire bénéficie enfin de l’ampleur scénaristique qu’elle mérite et l’association avec la brebis galleuse nommée Jenny (enfin convaincante dans son rôle de laissée pour compte qui commet l’irréparable) n’était que l’unique sublime idée de la saison. Evidemment, le fond a peu de solidité mais le temps de quelques scènes calibrées, musique dramatique à l’appui, la série a montré une fois n’est pas coutume qu’elle maîtrisait ses associations de personnages.


    Moins efficace, le triangle amoureux inopiné formé par Nate, Dan et Serena. Mais la série ne se contente pas de poser les bases d’une nouvelle histoire à l’avance pénible. Gossip Girl instaure de rapides changements et avance dans le temps, comme elle l’avait fait en fin de seconde saison. Les personnages évoluent, leurs priorités aussi, et les dynamiques essentielles à ce show perturbé, encore plus. Du coup, le spectateur se retrouve propulsé aux frontières françaises, avec des retrouvailles de BFF enfin décidées à ne plus penser avec leur vagin, et en plein Prague avec du rebondissement à soap presque trop guilty-pleasure pour être honnête.


    Une réussite in extremis.

    6.5/10

     

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  • Cinéma / Séries : les liaisons vertueuses ?

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    Festival de Cannes oblige… L’Hebdo Séries se penche sur les liens entre cinéma et séries télé. Un sujet brûlant… puisque Carlos… fiction réalisée par le cinéaste Olivier Assayas pour Canal+… fait partie de la sélection cannoise. Les séries seraient-elles sur le point de détrôner le 7e art ?




    Egalement au sommaire :

    - Les chaines U.S dévoilent leur grille de rentrée

    - Découvrez les séries renouvelées... ou annulées

    - GLEE fait sa tournée

    - Le retour de Corinne Touzet

    - Une Websérie a ne pas rater


    Enfin, en bonus, quelques conseils Calins par Alec Baldwin, alias Kostas, le spécialiste grec du Kama Sutra...

     

     

     

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