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02.05.2010
Treme (Saison 1) Rénovation jazzy après le contretemps Katrina

Right Place – Wrong Time – 1.03 (diffusé le 25.04.10)
Immersion toujours plus sourde dans le quartier Treme de la Nouvelle Orléans. David Simon peaufine ses intrigues multiples tout en nous déclinant un répertoire musical bigarré. Il ne manque plus qu’une intrigue générale plus sobre, plus misérable.
Après un pilot enthousiasmant fait de contrastes visuels et démographiques ainsi que d’aperçus mélomanes, Treme s’est peu à peu dirigée vers un schéma de série au propos subjectif.
Fort de ses nombreuses intrigues (une demi-douzaine à chaque épisode), la série aime à rendre compte de la diversité et de la richesse (les gens, les cultures, les musiques, les représentations) inhérentes à la Nouvelle-Orléans.
Malheureusement, ce panégyrique au demeurant subtil se fait au prix d’une certaine modestie de forme et du réalisme pourtant cher à Simon en guise de décor de fond. Si évidemment, on ne peut que se réjouir devant la reconstitution d’une Nouvelle Orléans affligée par le passage cataclysmique de Katrina, en revanche, il ne serait pas désagréable de contempler un paysage plus nuancé qui mêlerait à l’envie générale de s’en sortir, désillusions et détresse collective.
Toutefois, les intrigues développées depuis le pilot sont de très bons choix artistico-scénaristiques. Si l’intrigue consacrée à Albert Lamdreaux et son Mardi Gras Indians est celle qui suscite le plus de réserve, les histoires qui entourent les personnages clés de Treme (LaDonna, Janette, Sonny et Annie ou les Toni) sont admirables, sobres et pleines d’humanité. Entre la recherche d’un être disparu pendant l’ouragan, la difficulté chronique d’une restauratrice, la débrouille de deux musiciens de rue (la violoniste –professionnelle, est épatante) et la volonté de faire tomber des têtes de la part d’une famille aisée et bien placée, toutes ces intrigues offrent une diversité de ton et de registre appréciables, qui donnent de l’étoffe à la série, une certaine objectivité.
De même pour les regards faits sur Antoine Batiste et Davis McAlary, probablement les deux personnages principaux, à l’itinéraire transversal. Les deux héros incarnent au mieux l’esprit de Treme, sa musicalité mais aussi son mode de vie. Jamais cantonnés à une seule histoire, Antoine et Davis gravitent également autour de personnages secondaires (les voisins gays exclus pour leur non-conformité, Janette, les bons plans concerts, etc) et cassent ainsi la linéarité de certains scènes de la série, qui a trop souvent recours à la juxtaposition d’intrigues.
Ce troisième épisode fait ouvrir la série, permet de lier ses personnages et les faire évoluer dans des directions équivalentes. Si la qualité est toujours au rendez-vous, Treme devrait veiller à ne pas lisser son univers et noircir davantage certains traits préoccupants et véridiques de la Nouvelle Orléans, sa dangerosité. La musique n’explique pas tout.
7/10

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Pilot - 1.01
A la Nouvelle Orléans, les trompettes soufflent guillerettes, c’est un tintamarre chaleureux et revigorant en décor de fond. Plus qu’un berceau musical, la ville de Louisiane est un instrument collectif. Mais après l’ouragan Katrina, le son des clairons n’effleure plus que des murs branlants, la musique résonne dans le vide des rues. L’instrument collectif joue mais vit fissuré. Si les virtuoses du jazz sont toujours là, renouant plus que jamais avec la cadence des cuivres, comment faire rimer poésie avec détresse collective ?
C’est sur la base de cette question légitime qu’ont décidé David Simon et HBO de hisser toujours plus haut leur étendard de l’autre Amérique.
Après les hautes sphères du pouvoir dans lesquelles The Wire a su brasser avec force des thèmes larges, mêlant éducation, bureaucratie, autorité et violences de rue, David Simon place là son viseur de génial fondateur au plus près de l’individu, et son coin natal.
Plus humaniste, plus sociale, Treme pose ainsi la question du devenir moral de la Nouvelle Orléans, sa mécanique bohème, ses enjeux spirituels après l’ouragan Katrina.
Subtilement, sans prétexte prêt-à-pleurer, et avec le plus grand des réalismes, l’introduction d’une heure et quinze minutes de Treme nous embarque dans les lieux maudits d’Amérique, côtoyant les musiciens et les laissés pour compte, dans la fumée des cigares et l’inanité des rues.
D’emblée, c’est l’ambiance visuelle et sonore qui frappe par son authenticité, sa force de persuasion jamais totalement joyeuse, ou désolée. Une ambiance parfaitement retracée dans son générique, dans la lignée des grandes facture rhétoriques HBO, qui mêle archives musicales et plans fixes faits de moisissure et de débris post-Katrina.

C’est évidemment à la cavalerie éclectique de la série que l’on doit ce paysage urbain contrasté. Des musiciens, anciens de The Wire (Wendell Pierce) et d'autres acteurs impayables : Melissa Leo (Frozen River) mariée à John Goodman –ce couple est fabuleux, ou encore Steve Zahn et Kim Dickens (Friday Night Lights), tous forment une palette délicieuse, idéale pour ce thème de fond complexe, mêlant le dénuement à l’espoir.
Ces personnages déjà bien en place, aux situations plurielles et lourdes en désarroi, illustrent avec une simplicité désarmante les nombreux constats de ce pilot riche, la place fondamentale de la musique (qui dépasse le cadre extradiégétique et se propage dans chaque séquence) et la reconstruction d’une ville disparue.
Mais en filigrane, sur des dialogues musclés et réalistes, la série évoque la crise de l’immobilier, les marchés noirs locaux, les petits commerces en peine et cette débrouille générale d’une communauté après l’abandon gouvernemental. En somme, du chagrin de groupe animé sur un air jazzy inrayable. Immanquable.
9/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Treme | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : treme, hbo, david simon, wendell pierce, melissa leo, steve zahn, goodman, kim dickens, nouvelle orleans, katrina |
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Commentaires
De passage sur ton blog après avoir vu un lien vers ton Twitter :)
Je dois dire que j'attend cette série depuis plusieurs mois déjà, l'attente à était longue, n'étant pas bilingue il me reste plus qu'a attendre les sous-titre mais quelle plaisir de lire des critiques positifs, je suis encore plus enthousiasme de découvrir cette série.
Écrit par : Benjamin | 13.04.2010
@ Benjamin : merci Twitter alors ! La patience est une vertu, tu verras. Tu seras je suis sûr ravi d'avoir attendu. Bonne découverte :)
Écrit par : adam | 13.04.2010
Je viendrais te dire ce que j'en ai pensé une fois le fameux épisode visionné ;)
Écrit par : Benjamin | 13.04.2010
Moi non plus, j'ai pas encore vu le pilot mais c'est moi aussi la série que j'attendais le plus depuis des mois, avec Bordwalk empire. J'ai hâte, ta note donne envie surtout !
Écrit par : Eclair | 13.04.2010
@ Benjamin : mais avec plaisir !
@ Eclair : oui, je me suis laissé aller pour la note, mais j'ai vraiment trouvé ça chaleureux, vivant, complètement vrai. Donc, oui, tu peux avoir hâte !
Écrit par : adam | 13.04.2010
That is sooo good!! Je viens de finir le pilot, la longueur me faisait peur mais finalement c'était encore mieux que je pensais ! Je suis déjà fan. Combien y'aura til d'épisodes pour cette saison 1??
Écrit par : Conrad | 13.04.2010
Conrad, la première saison aura 10 épisodes.
Celui de la season final sera diffusé le dimanche 13 Juin.
Écrit par : Zeyra | 13.04.2010
Ça me tente bien... un jour. ;)
J'attends vraiment Boardwalk Empire avec impatience en tout cas.
Écrit par : Red | 13.04.2010
Pas vu encore mais il me tarde...
David Simon quoi!
Écrit par : Flow | 14.04.2010
@ Zeyra : merci de t'être dévoué !
@ Red : oui je l'attends aussi avec impatience...
@ Flow : tu as tout dit, n'en dis pas plus :)
Écrit par : adam | 14.04.2010
"Immanquable" en effet ! J'attribuerais la même note à ce premier épisode qui pose instantanément des bases prometteuses. On retrouve la richesse fascinante des chroniques humaines chères à David Simon & Co, dans le cadre atypique d'une Nouvelle-Orléans dont ce pilote parvient à transposer l'âme à l'écran. La densité de la narration, l'authenticité qui se dégage de l'ensemble, l'utilisation de la musique, omni-présente, comme d'un outil narratif supplémentaire, tout aussi parlant que les dialogues... C'est superbement réalisé, très soigné. Bref, je suis enthousiaste.
Envisageant de nous conter l'histoire d'une renaissance, Treme commence par faire du bien au sériephile en lui offrant un bon bol d'air frais téléphagique !
Écrit par : Livia | 17.04.2010
@ Livia : content de voir que tu partages (et plus !) mon enthousiasme. J'espère que tu feras des reviews hebdomaires. Dis moi, u apprécies toujours Justified ?
Écrit par : adam | 17.04.2010
To signifier a honourable writing, it needs a excavation improve management, your journal is an datum of it. Youa are real sharing really attacker substance and noesis to the grouping. Thanks a lot and fastness it up.
Écrit par : eye makeup | 02.07.2011
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