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18.11.2010
How To Make It In America (Saison 1) L’Entourage de la débrouille

Bilan de saison
Il y a de ces séries nouvelles qui nécessitent un temps aussi long qu’une saison inaugurale pour parvenir à un univers attirant et pourlécher avec un concept qui ne transpire pas de fausseté. How To Make It In America en fait partie.
En huit épisodes inauguraux, la série sur l’art de la combine à New York a donc pris son temps, préférant privilégier la forme, le ton, les relations entre protagonistes que son fond véritable. A force d’intrigues qui n’en sont pas vraiment, la série lorgnait plutôt du côté de la comédie à épisodes anecdotiques, sans liant entre ses chapitres. Pourtant, à en juger par la saison récemment achevée, How To Make It In America avait bien des airs de série à propos.
Entre les jeunes deux héros, Ben et Cam (Greenberg et Razuk, très bons), désireux d’industrialiser leur marque de jean et T-shirts, Crisp, mais aussi Rene (Luis Guzman, toujours impeccable), le vieil oncle réhabilité qui se prend à rêver d’un empire de boisson gazeuse, ou les deux jeunes décoratrices à la boîte encore fragile, la série avait bel et bien pour cible l’envie de réussite individuelle, la promesse d’un succès pour tous ceux, qui du bas de leur échelle sociale, louent un ode à l’indépendance récompensée.
Un propos mûr, qui plus est conjoncturel, tombant à pic de pertinence dans un contexte de disette économique où la crise sonne désormais comme une justification, un nouvel état d’être. On a beau eu craindre les discours de consternation et de marché impitoyable, HTMIIA l’a joué subtile, sans grand rentre-dedans idéologique, avec une force d’humour et de ton simplifié plutôt louable et rare pour une comédie HBO.
Comme Hung, qui elle aussi a, cet été, évoqué en pratique les conséquences du déclin économique américain en ravivant le mythe du plus vieux métier du monde sous un angle nouveau (c’est l’homme de famille qui désormais s’y colle et il le fait avec une maladresse attachante), HTMIIA a profité d’un contexte pour développer un propos actuel sans trop en faire.

Dans ce discours très urbanisé centré sur New-York -qui d’autre ?, le pilot indiquait aussi que la ville tendrait à devenir un personnage à part entière, un héros complexe, à la fois chic comme une galerie d’art contemporain et cheap comme un vieux hangar désaffecté. D’emblée, la volonté de ne pas s’embourgeoiser ou pire, prôner un misérabilisme de décor, donnait une authenticité formelle à la série. Pas de parti pris, ni de jugement de classe, les soirées aiment à allier fils à papa en pleine ascension et bande d’anciens copains encore sur la brèche juvénile. Il s’agit sans doute du meilleur atout de cette nouvelle recrue, qui là s’est trouvé un crédo des plus inédits, voire antiEntourage.

Evidemment, le nombre faible d’épisodes n’a pas encore donné la possibilité à la série de se maîtriser vraiment, de trouver une image, une empreinte. L’intrigue principale, -ou une problématique fil-rouge sur le business de Ben et Cam- ordinaire et souvent sur-simplifiée, ainsi que quelques subplots et des relations encore à l’état d’essayage n’ont pas suffi pour étoffer la série. Mais même si HTMIIA ne s’est pas véritablement attardé sur ses finitions, la série a réussi à entretenir une ambiance propre et une humeur tout en misant sur quelques nouvelles valeurs implacables comme l’amitié masculine, l’amour passionnel à vingt ans, le sens de la famille.
Une astuce payante pour une série qui s’expérimente encore. Si une suite est commandée –on croise les doigts, rien pour cette galerie de jeunes new-yorkais attachants, How To Make It In America gagnerait en cohérence et en force de persuasion en développant sans allure simplificatrice son matériel scénaristique. Parce que l’autoentreprenariat pourrait bien devenir un thème sériel à la mode.
Grâce à son ambiance et ses dialogues très travaillés, How to Make It In America a réussi à s’imposer comme un programme chaleureux et divertissant. En filigrane, elle s'avère être une chronique citadine loin d’être déconnectée de toute réalité.
Saison 1 : 6.5/10

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Pilot – 1.01 (diffusé le 14.02.10)
Ben et Cam sont deux jeunes new-yorkais fauchés. Pour vivre, chaque jour, inconsciemment, ils se demandent comment maintenir le cap capitaliste dans les rues engorgées de la Grosse Pomme.
La première nouveauté 2010 d’HBO s’appelle How To Make It In America.
Sous ce titre qui en dit long, HBO mise à nouveau sur une Amérique économico-désenchantée, façon The Wire ultra light. Autre série inspiratrice de ce nouveau projet, Entourage (dont l’équipe de prod est plus ou moins la même), le pilot rappelle en effet à bien des égards la bande de Vince Chase, l’énergie urbaine, la testostérone un brin macho et la jeunesse des haut comme des bas quartiers.

Comment réussir au pays de l’oncle Sam ? A cette question torturée, évoluée depuis l’ère du ghetto et de la modernité 2000, rebattue en brèche depuis ces temps de disette du tout, la série répond par la débrouille et l’envie de vaincre.
Contrairement à Entourage, How To Make It In America s’attarde donc à suivre les déboires de deux jeunes new-yorkais, habitués à la magouille et aux codes de la rue.
De manière assez délurée, la série fait la part belle à la vie du jeune américain moyen entre new age et à la cool. Sans être trop manichéenne, la série retrace la potentialité du monde américain, ses balbutiements, allant des docks du marché noir au milieu huppé des vernissages jusqu’au shopping (ou au petit boulot) chez Barney’s. Tel est donc l’univers de la débrouille américaine, ambitieuse, finaude, même pas morale. Se dégage ainsi, dans un univers sans fioriture, sans ton paillette à la CW, une énergie d’ensemble et une fausse authenticité urbaine agréable, jamais trop omniprésente ou abêtissant.
Bryan Greenberg (One Tree Hill, October Road), habitué aux rôles niais opère là un virement drama-réaliste des plus intéressants. Ben son personnage, héros, entrepreneur raté, artiste à ses heures perdues et vendeur de jean à mi-temps, ne serait pas pleinement sympathique sans sa bande de potes qui gravite autour de lui, Victor Rasuk le premier (et déjà excellent !), Shannyn Sossamon en second.
How To Make It In America signe une (enième) plongée dans le milieu underground new-yorkais. Chaque scène est entrecoupée de clichés d’avant-garde, vision de la rue esthétique et doucement arrachée. Si le résultat s’avère un brin poseur, nouveau-romanesque (à l’image du générique) on pressent, à l’avance, que le fond made HBO continuera de s’ étoffer au fil des épisodes. Y’a plus qu’à vouloir infiltrer la vie new-yorkaise populaire.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans How To Make It in America | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : how to make it in america, critique, pilot, hbo, bryan greenberg |
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Commentaires
Je suis ravi que HBO remette le peid à l'étrier, je suis pas très fan d'entourage (plus trop plutôt) alors cette série masculine me dit trop rien. Je préfre me réserver pour Boardwalk Empire !!! Il me tarde
Écrit par : Jeremy | 19.02.2010
Apparemment, le pilot a été un semi-échec, ça se comprend en même temps, la période ne s'y prête pas. Et l'affiche non plus... Globalement, j'ai pas mal apprécié...
Écrit par : Julien | 19.02.2010
@ Jeremy : Tu vas devoir te réserver encore un bout de temps, dommage pour le retour de True Blood ou l'arrivée de Treme !
@ Julien : oui petites audiences le premier soir mais à voir en fonction des rediff, c'est HBO aussi.
Écrit par : adam | 20.02.2010
J'ai beaucoup aimé cet Pilot. Et c'est vrai, comme tu dis on sent bien que ça peut vite devenir très interessant.
En tant qu'économiste, je trouve le concept très interessant. (Blague).
Combien d'épisode prévu pour le moment au fait ?
Écrit par : LeChat | 20.02.2010
Economiste, j'en apprends plus dis donc ! Oui ça peut être sympa mais sur ledit thème, je t'encourage à regarder plutôt Entourage, qui a le même fun et la même approche des choses. En bonus, y'a Scarlett dedans :)
Huit épisodes prévus, comme chaque comédie d'HBO très cher :)
Écrit par : adam | 20.02.2010
j'ai vu 2 épisodes et c'est chouette mais un peu lent. surtout le 2eme épisode où il ne se passe rien ou presque. Et Je ne connais Greenberg qu'en tant qu'artiste new yorkais un peu fauché, rôle qu'il tenait déjà dans Prime/petites confidences à ma psy. 8 épisodes c'est parfait, je vais continuer
Écrit par : camille | 13.04.2010
@ camille : le second est même plutôt mauvais, j'ai surtout été convaincu par la fin de saison, perso. Donc tu peux continuer sans crainte. Pour moi Greenberg c'est un peu les Frères Scott, donc je ne vais pas commenter..
Écrit par : adam | 13.04.2010
J'ai bien aimé la (courte) première saison entre galère, débrouille et blessures de coeur mal cicatrisées...C'est vrai qu'elle prend son temps, mais l'ensemble est frais et léger...et puis mon nouveau chanteur chouchou chante le générique, donc comment ne pas aimer la série...?
Écrit par : gridine973 | 19.11.2010
Je suis heureux de trouver votre façon d'écrire le post. Maintenant, vous le rendre facile pour moi de comprendre et le concept. Merci pour ce commentaire! Article très instructif. Merci beaucoup pour profiter de cet article magnifique avec moi.
Écrit par : steel supply | 07.06.2011
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