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  • Up in The Air (Critique) Dans les nuages, même ennui

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    Après un premier essai tabagique de premier ordre, Thank You For Smoking, où Jason Reitman avait imposé ce ton caustique sans compromis, retrouvé ça et là dans sa chronique adolescente plus acidulée, Juno, le cinéaste, désormais attendu, revient l’air triomphant avec un produit volant piloté par George Clooney.

    Plus classe éco que vraie première classe.


    Après deux films de très bon cru, le troisième film d’un cinéaste en devenir s’avère être toujours une véritable gageure. A plus forte raison quand le film en question noue avec un thème particulier, pas clairement identifiable -l’amour, la solitude, le voyage, la fuite, l’amour dans l’air ou rien à la fois ?, qui franchement inspire trop rien.

    Et comme on le devinait, le charme d’In The Air n’a pas la même résonance atypique que celle de Juno ou TYFS. Tout bonnement parce que son substrat n’a pas la même ambition morale et qu’à aucun moment, le film aérien ne parvient à se démarquer de ce postulat barricadé, centré sur un homme seul qui imprudemment oublie ses repères formels pour croire à tâtons en l’amour.


    Sans ce trio d’acteurs parfait ou presque, rien ne sauverait In The Air de la catastrophe aérienne, victime de trop nombreux passages à vide. Vera Farmiga, d’abord, sans cesse plus attachante d’œuvre en œuvre et qui assurémennt est vouée à prendre un jour la place de Cate Blanchett dans des œuvres qui comptent. Et George Clooney, dandy quadra impeccable qui dégaine les répliques affligées mieux que n’importe quel autre acteur de sa génération. De la réunion de ces deux acteurs, naît une complicité certaine, qui ne manque pas de force visuelle. Mais leurs rares rencontres, au schéma scénaristique inchangé, affadissent rapidement cet initial raffinement de jeu.

    Alors, il fallait compter sur Anna Kendrick, jeune diplômée aux dents longues, prête à en découdre pour défendre un système impitoyable. Mais l’héroïne incarne péniblement le seul véritable travail d’écriture au cordeau (pourtant notoire chez Reitman) que le cinéaste a daigné offrir à cette œuvre. Un cynisme maigre et anecdotique, finalement à l’image du personnage de Kendrick : inégal et expédié.


    Une éloge du rien

    Si l’intimité des protagonistes peine à être explorée, c’est aussi le cas du monde du travail, qui manque d’approfondissement. Ryan est un professionnel du licenciement industriel payé pour voir défiler devant ses yeux des visages tuméfiés par la rupture professionnelle et la peur de s’engouffrer.

    Parce que c’est la crise, le film le dit à un moment au cas où ce constat est archivé pour le spectateur. Et pourtant, cet état critique n’est pas vraiment au rendez-vous. Outre deux trois argumentaires faisant figure de mode d’emploi pour le citoyen lambda abasourdi par les factures étatiques, In The Air ne s’intéresse que vénalement au mal social de notre époque.

    Ainsi, en naviguant entre deux genres distincts, pourtant conciliables (d’autres s’en étaient sortis), Jason Reitman loupe, lui, le coche de la chronique acerbe.
    La disette de l’emploi abordée, le confort d’un cadre sup célibattant également, mais il manque à l’œuvre cet objectif primordial : une véritable approche sociale criante de vérité ou à défaut une démonstration cruciale de la solitude. Trop conciliant avec l’ère du temps, tout en voulant profiter des écueils de notre époque sans trop les épuiser, In The Air en vient souvent à frôler l’artifice un peu racoleur.

    Comme si finalement le film n’avait aucune vraie ambition. L’emballage est lucratif, illusoire et nonchalant, surfant férocement sur la mode des miles à collectionner ou des cartes de fidélité pour bobo en manque de lubies modernes et reluisantes. Pour le fond, parce qu’il en faut, d’une certaine mesure, on se contentera alors d’un croisement amoureux et d’une plongée timide dans un univers familial standard sur fond économique. Et tant pis si ce tout mal imbriqué sonne terriblement creux.

     

    In The Air est finalement une oeuvre qui manque de finesse et de direction. Un film charter, donc : emballé, c’est pesé.

     

    4/10

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  • Blabla-Series regarde l’Hebdo Séries n°16

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    Un épisode spécial Fashion Week cette semaine dans l’Hebdo Séries, sans Daphné Burki mais avec d’autres commentaires spécialement sériels (Glee, Betty et Gossip Girl) plutôt/assez/pas mal pertinents.

    Pertinent, pas comme la nouvelle série de Starz, un péplum qui pue vraiment du bec, et qui mérite des cailloux. Ou comme ces mauvaises nouvelles avec des Heroes et David HasselHoff dedans.

    Mais telle est la jungle impitoyable des séries apitoyées.

     

    Pour le runway alléchant de la semaine, c’est ici :

     

     

     

     

    Au programme officiel donc :

    Les news passent en revue les événements marquants de la semaine : HOW I MET YOUR MOTHER nous réserve une bonne nouvelle ; deux nouveaux projets de série vous seront révélés ; le coup de cœur de la semaine ira à ROBOT CHICKEN, et un coup de gueule contre SPARTACUS, BLOOD AND SAND.

    Dans le reportage de la semaine, une spécialiste de la mode décortiquera les looks de nos héros préférés. Qui sera élu « Jacky », « Ridicool » ou « Hippie chic » ?

    Du côté de la sélec : un médecin aussi atteint que ses patients, des employés de bureau déjantés, et un superman en fin de carrière.

    Enfin, vous assisterez dans le bonus à une audition plutôt comique de RZA du Wu-Tang Clan pour le rôle de Leslie Knope dans PARKS AND RECREATION.

    http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Caprica (Saison 1) Avant le chaos, il y a des Dieux et un Cylon

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    Pilot – 1.01 (diffusé le 23.01.10)

    Retour en arrière. Battlestar Galactica n’a jamais existé. Les Cylons ne sont pas ces créatures anéantissant la race humaine, ils ne sont qu’un projet humain. Les êtres, eux, vivent plus ou moins de manière paisible, sur la planète Caprica.


    Cinquante huit ans avant l’apocalypse spatial, sur Caprica, les êtres humains croient aux dieux. Le polythéisme est la religion de la majorité. Mais une petite minorité, qui ne veut croire qu’en Dieu l’unique, qu’à l’opposition entre bien et mal, retrousse ses manches et puise de côté du terrorisme pour faire entendre leur croyance.

    Dans ce contexte de guerre religieuse assoupie, un terrible accident ferroviaire est causé par hédonisme. Laissant pour mort un membre de la famille Graystone, et deux autres membres de la famille Adama, les deux clans protagonistes de Caprica et ascendants de certains héros de BSG.

    C’est donc en raison de la mort de Zoe Graystone, petite geek de l’informatique prodige qui a su inventer plus qu’un avatar, son double exact virtuel, et accessoirement fervente monothéiste, que son père, le brillant créateur Daniel Graystone décide d’utiliser son projet robotique à visée militaire pour recueillir l’âme du double virtuel de sa fille perdue afin qu’une nouvelle Zoe naisse dans la réalité. Le premier vrai cylon est née.

     

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    Religion et épreuve du deuil

    Dans ce pilot introductif de deux heures, c’est donc la question de la religion qui retrouve les devants de la scène. Comme V, mais de manière plus pregnante, la religion de l’humain est abordée avec efficacité et fièvre moderne. Plutôt brillamment abordée pour un pilot, cette épineuse dimension promet nombreux questionnements et cheminement idéologiques tout au long de la série.
    Le pouvoir et l’autorité, imbriquée dans un processus de deuil a été également efficacement mis en scène. Visuellement d’ailleurs, le résultat est impeccable, la production de Caprica n’a rien à envier à celle qui a été son instigatrice.

    Toujours comme Battlestar Galactica, les protagonistes ont du charisme à revendre et ont ce cette teneur en mystère mêlé d’intérêt qui permet au spectateur d’immédiatement s’attacher pour la suite. Il y a une ferveur générale dans Caprica, une tension latente qui procure au sériephile un sentiment de chef d’œuvre en prévision.

    L’autre point fort de cette pierre introductive est sans aucun doute d’avoir réussi à recréer un univers SF, proche de celui de BSG par un tas d’indices visuels et fonciers, mais tout en étant radicalement différent. Inutile alors d’être un fan expert de la série phare de feu-SciFi pour saisir les subtilités futures de Caprica, voire simplement d’y trouver son plaisir. Caprica est accessible tout en laissant planer la mythologie chère à Moore que l’on retrouve de manière permanente dans Battlestar Galactica.

     

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    Progrès et culte en tout genre

    Mais contrairement à Battlestar Galactica, le progrès technologique est avant tout présenté comme un passe-temps pour tous, ou un remède. Une manière détournée tout à fait plausible qui expliquerait la précipitation inéluctable du progrès cinquante ans plus tard.

    Centrée sur trois adolescents, Caprica offre une vision différence de BSG en mettant l’innovation sous un signe délibérément plus pop, moins averti. Sexe, drogue et rock n roll ensanglanté, les jeunes habitants de Caprica s’accapare les forces du progrès pour leur propre échappatoire. Non sans être teintée d’idéologie (parce que la résonance avec notre ère est plus criante que jamais, Internet, fascination et imposition religieuse), cette facette davantage acidulée et atypique s’avère louable dans sa manière juste d’anticiper les évènements.

    Par là, on peut légitimement penser qu’une vraie réflexion prologue a été faite pour créer Caprica, ce qui rassure pour la suite.

     

    Succèder à Battlestar Galactica était une vraie gageure.
    Mais Caprica est une série prologue qui tient vraiment la route. Aidée d’une histoire solide qui se déroule avec force sur deux heures et qui promet de longues séquences diverses et variées, ce prequel parvient à créer une nouvelle mythologie à déployer.

    Attendu de pied ferme par les fans de la série-mère, Caprica saura ravir peut-être plus que cette communauté d’amateurs. Une nouvelle aventure est en tout cas en passe de s’imposer à la science-fiction.

    8/10


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  • The Deep End (Saison 1) L’amour à la barre

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    Pilot – 1.01 (diffusé le 22.01.10)

    La nouvelle vie de quatre jeunes avocats, fraîchement débarqués dans une puissante firme juridique de LA.


    Après le Grey’s Anatomy de l’espace, Defying Gravity, cet été, le Grey’s Anatomy du barreau, The Deep End arrive de manière tonitruante à la case jeudi d’ABC en midseason. Autant dire, gros espoir.

    Mais à quand un Grey’s Anatomy du trottoir, où tout le monde est moche, junkie et séropo ?


    Genre maudit


    A force d’étiquettes, le sériephile perd le nord. Sans oublier ses valeurs. S’il a fait l’erreur de miser gros sur Life Unexpected parce qu’on l’annonçait fièrement comme l’enfant de Juno et de Lorelai Gilmore si elle était un homme, en revanche, The Deep End, produit tout emballé, n’a pas eu droit à tant d’espoirs.

    Parce que les legal shows sont de toute évidence voués à l’échec de l’audimat et qu’à l’exception de feu Boston Legal et de The Good Wife, intéressant mais sans plus, la cour de justice est devenu un terrain miné. Attention à ceux qui veulent y mettre un doigt de pied.
    Le tribunal est désormais une zone barricadée et standardisée, qui nonchalamment voit passer les mêmes affaires judiciaires, au dénouement similaire et manichéen, incarnées par des protagonistes caricaturaux, devant les mêmes juges issus de l’immigration (c’est pour le côté ouverture).

    Déjà, l’an passé, Eli Stone avait voulu dynamiser la séance juridique en agrémentant ce décor monacal d’ambiance musicale doucereusement cinglée, en enchaînant péripéties amoureuses et chorégraphies à morale.
    Mais les mêmes cas de fond, sans originalité aucune et le manque cruel de charisme des personnages principaux avait condamné la série à n’être qu’une tentative avortée de changement. Et comme ABC est une chaîne par définition faux-jeton, qui se contente de ses succès passés (Grey’s Anatomy), The Deep End, sa version prétoire, n’a pas manqué de se vautrer derrière la barre, elle aussi.



    Effrayant d'originalité

    Oubliés les internes triés sur le volet, place à quatre jeunes avocats épatants de promesses légales. Ils sont jeunes, beaux et talentueux, ils s’habillent déjà très bien et ont un sens de la réparti inouï. Même Tina Majorino (Big Love, Veronica Mars) n’est plus un sidekick attachant mais une femme timide, sujette elle aussi aux hormones. Qui l’eut crû ?
    Derrière eux, un décor de firme juridique effrayant d’originalité. Des secrétaires qui couchent, des gros dossiers éparpillés, quelques plantes pour donner bonne mine à ces mêmes dirigeants, ces magnats de la jurisprudence, sans cœur et manipulateurs.

    Outre ce fond sans âme qui au lieu de fédérer le spectateur, repousse son adhésion, The Deep End tente, comme on le devinait, d’allier procédures et coucheries.
    Alternant donc une allure très soap, sans esprit, sans contours neuf, sur fond pop, et une allure très procédurière, où la série plonge alors ces quatre héros sentimentaux sans intérêt dans des tourments juridiques sans compassion, sans idéaux, avec les même traits (mais en moins prenant) des autres séries judiciaires depuis vingt ans, The Deep End ne propose que du déjà-vu, sans égard à la création ou à l’écriture de ses scripts.

     

    Difficile donc de trouver dans the Deep End quelque chose qui puisse capter l’attention. Du moins, éviter l’inévitable. Le bâillement sévère. Parce que The Deep End, c’est comme le souligne son titre : c’est profond, c’est fini, c’est profondément nul.

    2.75/10

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  • Damages (Saison 2 – Bilan) Le crime ne paie plus

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    Pire, il devient soporifique. Une effusion de sang attendue et sans effet.

    Mais parce que la Justice selon Patti Hewes recommence à manigancer ce soir sur FX, la saison 2 méritait un court bilan. Et le fin mot de cette grande histoire passée, inutilement alambiquée, est : dommage.
    Que les partisans du verre à moitié plein se rassurent : la saison 3 ne pourra être que plus estomaquant. Avale-nous Patti.

     

    « I lied too »

    Ellen semble remontée contre Patti. Parce que c’est une garce ou parce que le pari d’électriser à nouveau les foules avec une histoire visuelle et d’envergure maîtrisée était périlleux. Quasiment impossible ?

    Si la première saison fut une réussite (hasardeuse ou ?), la seconde saison de Damages a cédé à l’écueil phare pour ce genre de show : de l’esbroufe gratuite.
    L’art de dissimuler, sous un tas d’histoires compliquées et non abouties, son manque de fond. En fanfaronnant, la série, qui s’est jugé trop au-dessus, a véritablement abusé des twists et des contre-twists et a dissimulé son véritable jeu. Du pas grand-chose déguisé.

    Malgré un visuel toujours léché,  la série a perdu en grandeur et en scénario. La supercherie aurait pu être parfaite, mais le développement scénaristique laborieux a trahi la série. Le fil narratif principal s’est à maintes reprises perdu entre plusieurs sous intrigues parfaitement inutiles et sans effet. Damages ne regagnait alors d’intérêt qu’en ciblant au mieux ses duels féminins (Patty et Ellen) (Patty et Claire). M
    ais trop souvent légués au rang d’accessoire, ces luttes de pouvoir, pourtant typiquement fiévreuses de Damages, ont été l’an passé aussi mal soignés qu’une réalisation d’épisode de The Riches.

     

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    Un soufflet trop salé, mais avec du botox

     

    L’erreur fatale de la série, c’est assurément son nouveau doublet schématique. Créer à nouveau une intrigue judiciaire faite de scandales et de révélations tardives s’est avéré trop attendu.

    Et décevant tant l’histoire de Walter Kendrick n’était pas de l’acabit de celle de Frobisher, autant dans son postulat (un empoisonnement, une fusion, un ensembles de rouages exécutifs où l’enjeu du pouvoir s’est révélé fadasse) que dans son dénouement à l’emporte pièce (même pas de scène conclusive).

    Qui dit nouvelle saison ne dit pas nécessairement nouvelle histoire de fond. En voulant repartir sur de nouvelles bases à suspense, Damages en est venu à sous exploiter ces premiers atouts, Patty (dont la storyline autour de sa sphère familiale a souvent été allégée, médiocre et facile) et Ellen, qui à force de visites discrètes sur la banquette des agents du FBI, a parfois dissimulé l’intérêt d’une telle vengeance, supposée centrale pour cette saison.

    L’an passé, rien n’a échappé au spectateur aguerri par une saison première de bonne facture, pas même le front botoxé d’une Glenn Close qui, à force de grossir le trait, perd en grandeur. Malgré une envolée significative à mi-temps, la teneur en adrénaline de cette saison est retombée comme un soufflet, trop salé et sans finesse.

     

    Alors, l’histoire de Damages, c’est un peu celle de la politique de FX : une sorte de pataquès où chacun joue dans son coin, isolément, sans jamais participer à une histoire d’envergure. Le vrai scandale de Damages, c’est finalement elle-même.

     

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  • Whip It / Bliss (Critique) Roulez jeunesse

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    Drew Barrymore, l’enfant terrible d’Hollywood a fait du chemin. En patins à roulette, elle s’auto-érige désormais cinéaste. Avec une envie débonnaire, loin du tout-Hollywood.

     

     

    Juno parmi d’autres

    D’emblée, dans le sujet, le décor, l’allure, Whip It a des airs de Friday Night Lights. Sauf que dans Bliss, les jeunes espoirs ne sont pas de jeunes joueurs de football avides de bourses d’étude. Mais des jeunes filles pleines de vie, qui décident de se créer un contre-courant sur roulettes. Le roller derby, un sujet foncièrement original, jusque là inexploité.
    Les mêmes cul-terreux, le même Texas post-industriel, la même volonté de partir du trou perdu parental pour l’héroïne font en tout cas penser à cette série dont la sueur est la plus émouvante actuellement à la télévision.

     

    Face au casting féminin du film, impossible de ne pas céder à l’envie irrésistible de se réfugier deux heures dans une salle obscure pour retrouver ces pointures qu’on apprécie tant.

    Drew Barrymore, Juliette Lewis, trop rare au cinéma (mais tout aussi géniale derrière un micro), Kristen Wiig abonnée aux rôles attachants, la jeune Alia Shawkat, culte dans Arrested Development, Zoë Bell, la cascadeuse la plus connue sur Terre et Marcia Gay Harden, qui n’a plus besoin qu’on la qualifie.

    Et puis, surtout il y a Ellen Page (Bliss). Sa frimousse aussi attendrissante depuis Juno (et Hard Candy), sa fragilité adolescente, sa douce masculinité. Il n’y a rien chez actrice qui ne soit pas démonstratif ou touchant. D’autant que Drew Barrymore a su brillamment éviter la redite Juno, en la dirigeant avec plus de délicatesse et le résultat gagne en distinction. Ellen Page a quitté les traits malicieux parfois cabotins de Juno pour retrouver un rôle d’adolescente sans prétention ni air supérieur. L’actrice sait autant désarmer avec l’humour subtil d’une jeune rebelle qu’avec la joie de vivre naturelle d’une ado lambda.

    Toutes ces filles timbrées, qui forment l’équipe de roller la plus underdog du Texas, les Hurl Scouts, à la hargne communicative et l’esprit de famille louftingue attachant, s’avèrent être le plus bel atout du film. Le plus ambitieux.

     

    A la force de la roulette

    Whip It est une oeuvre perchée mais sincère, même pas féministe, un écueil pourtant incontournable du genre « girl powaa ».
    Ici, l’univers féminin est utilisé comme échappatoire juvénile. Glisser sur la piste, esquisser les coups et riposter en croche-pattes fourbes et uppercuts est un exutoire pour une ado qui manque d’oxygène.

    A aucun moment, le pouvoir et la femme sont deux valeurs qu’on brandit en étendard. Jamais, non plus, l’héroïne reporte un mal-être adolescent sur un modèle en devenir.
    Il n’y a pas d’étude dans Bliss, aucune tentative de morale, de barricader son propos. La simplicité est maître du jeu. Et Drew Barrymore, éternelle ravagée, utilise la posture de la femme, de l’adolescente, pour mieux la déglinguer, à l’image du personnage qu’elle incarne et qui finit d’une façon ou d’une autre le nez en sang.

     

    Gentiment underground, mais sans cool attitude revendiquée, Whip It est un film profondément simple. Castagne et amitié. Bien loin des films alternatifs poseurs à la séduction affamée.
    Sa bande son très rock (efficace mais pas surprenant : Drew est une fan notoire), des plans joliment pensés, quelques idées inventives ça et là, autant dire que Barrymore s’en sort bien aux manettes. L’actrice prouve que sa très longue expérience au cinéma (depuis E.T à cinq ans, on le rappelle) a finit par payer. Drew Barrymore peut être fière d’elle : son essai ciné se révèle exaltant.

     

    Whip It, film qui recueille avant tout la sympathie, répand une bonne humeur ambiante. Non exempt de passages répétitifs et de détails perfectibles, le film sort gagnant du round glissant grâce à son authenticité et sa rage persévérante de créer sa propre sauce.
    Sans air introverti ou peur du regard. A l’image de la débutante Babe Ruthless qui détale de la piste mieux que personne.

    7/10

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  • Blabla-Series regarde l’Hebdo Séries n°15

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    Le vrai partenaire minceur de Blabla-Séries répond au nom d’Hebdo Séries. Le condensé hebdomadaire par Canal + qui fait presque la pluie et le beau temps sur le monde impitoyable des séries.


    Cette semaine, avec les Golden Globes, l’Hebdo Séries a décidé d’irradier. En hommage à Toni Colette et Chloe Sevigny, Michael C.Hall et Alec Baldwin, qui le méritent tous (ou presque), à n’en pas douter.

    Mais aussi parce que l’Hebdo Séries aime sortir des sentiers rebattus, la vidéo fait un coup de projecteur sur les Invincibles, nouvelle pépite française à venir, ainsi que Medium, une nouvelle fois sur M6, mais qui elle est plus chocolat amer que pépite gustative. Quand même. Ouf, Bored to Death arrive aussi. Et Jason en vaut le détour, on le jure sur notre Bible sérielle.

    Un mélange un peu fou donc dans l’Hebdo Séries, à l’image d’un Jack Bauer travesti méconnaissable. Et comme il ne faut croire que ce que l’on voit, c’est par ici. Ou même . Et là, encore.

     

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    Si Don Draper vous contemple d’en haut, c’est normal, c’est encore lui le patron.

    (En réalité, ça devient Betty, mais on en reparle ce samedi sur Blabla-Series)

     

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    Au sommaire officiel de l’émission
    , donc :


    Cette semaine dans l’HEBDO SERIES, les Golden Globes sont à l’honneur !

    Les news passeront en revue les principaux gagnants et analyseront cette 67ème cérémonie des prix de la presse étrangère, images à l’appui.

    Pour le reportage, l’Hebdo Séries a assisté au tournage des INVINCIBLES, série française bientôt diffusée sur ARTE.

    Dans la sélec, un détective mélancolique côtoiera une femme aux pouvoirs occultes, et les enquêteurs du F.B.I feront leur grand retour.

    Enfin, ne manquez pas le bonus, où Kiefer Sutherland, suite à un pari perdu, débarque chez David Letterman de manière… inattendue.

    Bonne émission !

    http://www.canalplus.fr/hebdoseries

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  • Bored to Death (Bilan S.1) Un formula qui respire la sympathie

    Article écrit par Red, ex-blogueur et forumeur de choc, bientôt occasionnel sur Blabla-Series.

    Après Hung et Eastbound & Down, vient une nouvelle série sur la chaîne câblée qu'on ne présente plus, HBO : Bored to Death. L'histoire d'un jeune homme - naïf, maladroit- qui, pour surmonter un échec amoureux et une panne d'inspiration, s'improvise détective privé en offrant son aide à ceux qui en ont besoin, au rythme d'une enquête par épisode, ou presque.
    Un parti-pris scénaristique plutôt rigoureux pour la chaîne qu'est HBO, mais Bored to Death représente parfaitement ce qu'était Hung pendant l'été : un projet qui donne les apparences d'une série network grand public, mais qui jouit d'assez de liberté et de créativité pour se créer son propre univers, sa signature artistique, lui permettant de se faufiler entre les portes du monde câblé grâce à sa visée identitaire singulière, subjective, et surtout non-aseptisée.

    Une série sans prétention, qui avance à sa vitesse souhaitée. Un contrat plutôt louable, mais qui amène les défauts habituels d'une série de cet acabit : concept limité, mais aussi manque d'ambition.



    Bored to Death, une série de relief, de sentiments


    Si la routine (mais jamais l'ennui) s'installe vite avec Bored to Death, les débuts de la série restent plutôt surprenants : la série n'impose pas d'emblée l'ambiance gentiment mélancolique dans laquelle elle évolue mais invite doucement le téléspectateur à s'y engager. L'atmosphère est teintée d'un feeling indie-retro qui donne le relief aux histoires des personnages et aux jeux des acteurs. Une jolie symbiose entre réalisation et scénario : l'impression que les intrigues de la série pourraient très bien être contées à l'écrit. De ce fait, il est très facile d'adhérer au concept de la série, qui peut rebuter par son aspect sommaire ou être appréciée pour sa simplicité.
    Comme la série use aussi de sa liberté de création, sans en abuser, pour peindre une vision très personnelle et un peu nostalgique d'un morceau de vie, elle fait de même avec ses personnages : des interactions simplistes mais parfois loufoques entre ceux-ci, et grâce à son ton gentiment cynique, son approche sensible des histoires, la série converse toujours son aura réaliste.

    Jamais, ou rarement, ressent-on les grosses ficelles scénaristiques propres à toute série télé devant un épisode de Bored to Death. Même les enquêtes détectives permettent d'éviter un traitement trop caricatural des relations entre les personnages. Le concept est plutôt simple au fond : la caméra suit les personnages, et non le contraire. Et le décor brooklynien contribue à embellir ce charme escompté.
    Bored to Death prend donc l'intelligente initiative d'éviter le schéma sclérosé des séries à enquête : elle essaie -et réussit- de conter une histoire. Tout en prenant en considération la touche divertissante que doit apporter l'intrigue de la semaine, pourtant oubliée dès la suivante, mais bel et bien récréative sur le moment.

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    Un propos et une ambition maigres, une série qui ne peut durer trop longtemps

    Malgré ses qualités, Bored to Death est typiquement le genre de série qui ne peut pas s'étaler sur plusieurs saisons. L'idéal serait peut-être de raconter une histoire par saison, la saison inaugurale restant à part, de par son ambition introductive. La première saison pourrait même se suffire à elle-même.
    La série a montré qu'elle peut plaire sans avoir un scénario ou des personnages solides : il est facile de décrire les protagonistes, un peu stéréotypés, mais on les connait peu au final. Ce qui donne un côté superficiel paradoxalement plaisant à la série, naïf, une certaine pudeur qui fait qu'on est dans leur monde sans avoir à se sentir forcé d'être dans leurs têtes : pas de voix-off ou de mouvements de caméra artificiels. Juste un goût pour la retenue qui amène une immersion spontanée, plus communicative, plus sensée, plus authentique.


    Cette fragilité dans le caractère intimiste du show peut sur le long terme porter préjudice au charme qu'elle dégage, en dévoilant les faiblesses évidentes que la série porte déjà à ce stade mais qui ne gênent pas dans cette première saison, ou peu. À moins que les scénaristes décident de peaufiner leur scénario en donnant plus de consistance aux personnages, sans tomber dans l'option de facilité de fouiller dans leur passé (qui rime méchamment avec improvisation).

    Bored to Death est donc une série-bouquin, qui sublime par sa sincérité, son naturel. Si son manque d'ambition peut énerver parfois, la série n'en reste pas moins agréable car humaine, donc propice à l'erreur, tout comme les personnages et ses téléspectateurs. Une série qui passe bien pendant l'hiver, sous une couette bien chaude en buvant un thé chaud. C'est l'idéal.

     

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