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18.01.2010
Bored to Death (Bilan S.1) Un formula qui respire la sympathie
Article écrit par Red, ex-blogueur et forumeur de choc, bientôt occasionnel sur Blabla-Series.
Après Hung et Eastbound & Down, vient une nouvelle série sur la chaîne câblée qu'on ne présente plus, HBO : Bored to Death. L'histoire d'un jeune homme - naïf, maladroit- qui, pour surmonter un échec amoureux et une panne d'inspiration, s'improvise détective privé en offrant son aide à ceux qui en ont besoin, au rythme d'une enquête par épisode, ou presque.
Un parti-pris scénaristique plutôt rigoureux pour la chaîne qu'est HBO, mais Bored to Death représente parfaitement ce qu'était Hung pendant l'été : un projet qui donne les apparences d'une série network grand public, mais qui jouit d'assez de liberté et de créativité pour se créer son propre univers, sa signature artistique, lui permettant de se faufiler entre les portes du monde câblé grâce à sa visée identitaire singulière, subjective, et surtout non-aseptisée.
Une série sans prétention, qui avance à sa vitesse souhaitée. Un contrat plutôt louable, mais qui amène les défauts habituels d'une série de cet acabit : concept limité, mais aussi manque d'ambition.
Bored to Death, une série de relief, de sentiments
Si la routine (mais jamais l'ennui) s'installe vite avec Bored to Death, les débuts de la série restent plutôt surprenants : la série n'impose pas d'emblée l'ambiance gentiment mélancolique dans laquelle elle évolue mais invite doucement le téléspectateur à s'y engager. L'atmosphère est teintée d'un feeling indie-retro qui donne le relief aux histoires des personnages et aux jeux des acteurs. Une jolie symbiose entre réalisation et scénario : l'impression que les intrigues de la série pourraient très bien être contées à l'écrit. De ce fait, il est très facile d'adhérer au concept de la série, qui peut rebuter par son aspect sommaire ou être appréciée pour sa simplicité.
Comme la série use aussi de sa liberté de création, sans en abuser, pour peindre une vision très personnelle et un peu nostalgique d'un morceau de vie, elle fait de même avec ses personnages : des interactions simplistes mais parfois loufoques entre ceux-ci, et grâce à son ton gentiment cynique, son approche sensible des histoires, la série converse toujours son aura réaliste.
Jamais, ou rarement, ressent-on les grosses ficelles scénaristiques propres à toute série télé devant un épisode de Bored to Death. Même les enquêtes détectives permettent d'éviter un traitement trop caricatural des relations entre les personnages. Le concept est plutôt simple au fond : la caméra suit les personnages, et non le contraire. Et le décor brooklynien contribue à embellir ce charme escompté.
Bored to Death prend donc l'intelligente initiative d'éviter le schéma sclérosé des séries à enquête : elle essaie -et réussit- de conter une histoire. Tout en prenant en considération la touche divertissante que doit apporter l'intrigue de la semaine, pourtant oubliée dès la suivante, mais bel et bien récréative sur le moment.

Un propos et une ambition maigres, une série qui ne peut durer trop longtemps
Malgré ses qualités, Bored to Death est typiquement le genre de série qui ne peut pas s'étaler sur plusieurs saisons. L'idéal serait peut-être de raconter une histoire par saison, la saison inaugurale restant à part, de par son ambition introductive. La première saison pourrait même se suffire à elle-même.
La série a montré qu'elle peut plaire sans avoir un scénario ou des personnages solides : il est facile de décrire les protagonistes, un peu stéréotypés, mais on les connait peu au final. Ce qui donne un côté superficiel paradoxalement plaisant à la série, naïf, une certaine pudeur qui fait qu'on est dans leur monde sans avoir à se sentir forcé d'être dans leurs têtes : pas de voix-off ou de mouvements de caméra artificiels. Juste un goût pour la retenue qui amène une immersion spontanée, plus communicative, plus sensée, plus authentique.
Cette fragilité dans le caractère intimiste du show peut sur le long terme porter préjudice au charme qu'elle dégage, en dévoilant les faiblesses évidentes que la série porte déjà à ce stade mais qui ne gênent pas dans cette première saison, ou peu. À moins que les scénaristes décident de peaufiner leur scénario en donnant plus de consistance aux personnages, sans tomber dans l'option de facilité de fouiller dans leur passé (qui rime méchamment avec improvisation).
Bored to Death est donc une série-bouquin, qui sublime par sa sincérité, son naturel. Si son manque d'ambition peut énerver parfois, la série n'en reste pas moins agréable car humaine, donc propice à l'erreur, tout comme les personnages et ses téléspectateurs. Une série qui passe bien pendant l'hiver, sous une couette bien chaude en buvant un thé chaud. C'est l'idéal.
Ecrit par Adam dans Bored to Death | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bored to death, critique, bilan, saison 1, hbo, jason schwartzman, ted danson |
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Commentaires
Moi séance tenante, je dis que c'est une très chouette critique. Que tu as dit tout ce qu'il fallait dire, tout ce que je pensais et que je ne parvenais pas forcément à mettre en phrase, et même plus. Cherry on the cake, tu donnes envie de se remettre à Bored to Death (bon j'attends quand même plus Lost ou Skins !)
Ecrit par : adam | 18.01.2010
Thanks Adam, ça me fait plaisir :)
J'avoue que c'est une vision très subjective de la série, peut-être un peu trop, mais c'est le propre d'une critique. J'ai peur d'être parti dans un trip qui ne concerne que moi en fait x)
J'attends aussi la saison 2, en espérant qu'elle conserve la fraîcheur de la s1 tout en osant aller plus loin.
Ecrit par : Red | 18.01.2010
Une nouvelle série et j'étais même pas au courant ! Merci, je vais voir ça très vite!!
Ecrit par : Newton | 18.01.2010
C'est vrai qu'en lisant ce texte, on se dit qu'il faudrait relier avec Bored to death, surtout si comme moi, on l'a malheureusement arrêté au bout du 4ème épisode. Peut être parce que j'avais l'impression qu'il n'y avait pas assez de lignes directrices. Peut être parce que je suis trop exigeante. Mais je m'en mords les doigts à présent. Surtout à cause de Red, en fait ;)
Ecrit par : Oriane | 21.01.2010
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