« Dans les coulisses de HARD saison 2 | Page d'accueil | Lost (Ultime Saison 6) The End Is the Beginning Is the End »

28.05.2010

V (Saison 1) Les visiteurs font du porte à porte

V_S1_-_Promos_(8).jpg

Fruition – 1.11 & Red Sky – 1.12 (diffusé les 11 et 18.04.10) (finale)

Pour sa saison inaugurale écourtée, V. a gardé ses dernières cartouches pour un final haletant, mêlant existentialisme, humanisme et action popcorn. Tout un programme parfaitement calibré qui permet à la série de finir sur une impression finale des plus positives.


Avec ses deux derniers épisodes, le remake de V s’est enfin révélé. Oubliés les flottements de mi-saison, les épisodes bouche-trou aux allures de formula show sans fond, les péripéties sans impact et cette impression d’ambition de bac à sable, V met en relief peu à peu ses véritables enjeux.

La série avait démarré fort, en incarnant rapidement toutes ses facettes principales (affrontement idéologique, religion, propagande, sectarisme). Puis, le grand plat, le show de l’alphabet, fort d’une pause longue qui aurait pu l’enterrer, s’est quelque peu enlisé dans un rythme et un ton fantastique de façade. Mais cette fin a corrigé le tir. Déjà, avec Fruition, la série avait complètement malmené sa logique mollassonne en exploitant comme il faut toute la galerie des personnages de V. La série ne savait pas les gérer, cette fois, c’est la bonne : le journaliste, les ados bêta, la femme enceinte inutile, le groupe de résistants et la Fifth Column contribuent enfin à une dynamique d’ensemble qui permet une plus grande hauteur à la série.

 

Le changement s’était opéré grâce à l’évolution de Lisa, fille sournoise d’Anna, qui enfin paie le prix du plan d’invasion de la Reine des V en se faisant briser les os comme il se doit. Très visuel, d’un sadisme alléchant, cet avant dernier épisode avait signé la cruauté jusqu’au boutiste d’Anna et avait permis de centrer le sujet de V sur la lutte entre les lézards et la Fifth Column. Le final a pris le même chemin, puissance trois.

Avec le changement de camp de Lisa (mais aussi de Jack qui s’affirme, de Ryan et de Decker), l’affrontement subtil entre Anna et Erica, les rebondissements en pagaille, le sort enfin scellé de certains personnages secondaires (Vanessa), V a fait son grand ménage avant sa première révérence. La série nous laisse ainsi à la veille d’une lutte qui s’annonce bien plus acharnée et explicite, plus élaborée aussi (la question de la religion revient au premier plan). Preuve en est, la naissance du mi-lézard mi-humain à la queue salivante, et l’évolution de Morena Baccarin qui s’est enfin révélée, victime de sa première émotion humaine, décidée à en découdre. Seul hic, les quelques soucis numériques (apparemment, l’original était atrocement pire) mais cette fin rouge-sang est à couper le souffle (un peu).

 

V a gagné son renouvellement à la sueur du front. Vu la qualité de ce final très SF, V ne l’a pas volé. Il n’y a plus qu’à espérer que la série visiteuse conserve son même entrain lors de la saison prochaine et aille plus loin que la mini-série culte. Le rendez-vous est pris.

8/10

 

10-05-21 19 09 45.jpg

 

_________________________________________________________________________________________

 

 

Welcome to the War – 1.05 (diffusé le 30.03.10)

 

Bienvenue dans V, la seule série qui débute timidement en novembre pour véritablement commencer sa saison inaugurale en mars.
Si après seulement quatre épisodes et plusieurs mois d’absence, V n’avait pas vraiment eu la possibilité de manquer, le retour de ce jet futuriste s’est fait dans de très bonnes conditions. Et l’envie de poursuivre l’aventure est aussi irrésistible que le faciès d’Anna.

 

En à peine quatre épisodes, V était déjà parvenu à établir un univers fantastico-politique impactant, illustré par de nombreuses intrigues solides, aux rhétoriques fortes. Très vite, ce retour s’est inscrit dans l’esprit de V, dans ses envies scénaristiques symboliques, entre peur de l’ennemi, endoctrinement de la jeunesse, journalisme corrompu. Avec cet épisode, V continue en effet à polir son univers, faire enfler la résistante, faire monter l’oppression déguisée, en réussissant surtout à lier chaque intrigue à une seule et unique direction.

 

Entre la résistance qui accueille un nouvel arrivant, un terroriste et ancien ennemi d’Erika, Hobbes, la mainmise d’Anna sur Tyler prêt à quitter le domicile familial, la grossesse qui s’annonce compliquée de Val, l’invasion des V plus perçante dans la sphère médicale et publique, et leur nouveau but de créer une armée de riposte face à la Cinquième Colonne, l’épisode n’oublie rien.
En filigrane, la série réunit gentiment ses intrigues et sous un rythme haletant, continue leur avancement. Rien n’est encore acquis, l’enchaînement furtif entre les storylines saccadant chaque portée d’intrigue, toutefois l’épisode nous convainc que la série ne s’est pas perdu en route et maintient en cap narratif.


Sur le fond, l’épisode signe une nette évolution des caractères. Erika en particulier, en acceptant de contrevenir à son éthique et ses serments d’agent du FBI. Le double jeu de cette agent devient périlleux et l’on commence à pressentir le risque pour elle de poursuivre un mouvement de résistante parmi les têtes autoritaires. Le charisme d’Anna se développe également toujours plus subrepticement, entre alien vorace et chef de file sensé. Les scènes gagnent en visuel et en ampleur, mention spéciale à celle où Val est tentée de déguster une souris morte.

 

V a ainsi signé un retour louable, entre action et effet d’annonce. La série réussit le pari de nous accrocher pour la suite, ce qui était le principal objectif de cet épisode de renouement.

7/10

10-03-31 22 26 25.jpg

 

______________________________________________________________________________

 

It’s only the Begining – 1.04 (diffusé le 24.11.09)

Alors qu’Erica, Ryan, Jack et Georgio suspectent la vitamine V d’être dangereuse pour l’homme, la résistance réalise que ce sont les vaccins de la grippe qui contiennent le produit létal conçu par les V. Tyler est présentée à Anna, qui l’investit d’un sentiment de pouvoir et d’honneur. Anna cherche à découvrir l’identité de l’assassin de Dale, et le traître. Et Valérie apprend qu’elle est enceinte, d’un embryon-V en toute hypothèse.



Après quatre épisodes, la période d’essai de V est à présent terminée. La série reviendra quoi qu’il en soit en mars prochain, pour la suite, ou à en juger par le titre de ce quatrième épisode, pour prolonger ses grands débuts. L’avenir de la série dépendra alors de l’audience qui, quatre mois après le commencement, devra être à la hauteur.  Et avec ce quatrième épisode de bonne facture, il faut prier pour que les américains se trouvent rapidement le sens de la patience, fâcheux syndrome Studio 60 pour cause.

 

V n’est donc pas une série timide, avec son quatrième chapitre, elle poursuit ses grandes thématiques, avec une envie d’y aller appréciable. Le pilier de la série, la résistance contre l’intrus lézardé, prend finalement du relief. La bande d’Erica, du prêtre et du V ennemi débute ses grands projets.

A ce titre, le V ennemi est peut-être un atout scénaristique trop facile pour les intrigues sabotage. Celui qui a alerté quand à cette histoire de médicament trompeur est aussi le seul qui a su chercher un responsable à réprimander, un lieu à saboter. Peut-être qu’il manque un peu d’inspiration dans les rebondissements de l’action. Mais malgré cette répartition linéaire des tâches, l’histoire s’en sort. Elle n’aura sans doute aucune autre conséquence que de contrarier Anna dans son plan vertigineux mais cela suffit, parce que ce n’est que le début.

 

Tyler poursuit sa nouvelle éducation et va aux devants d’Anna, qui confirme les dires de son rejeton, « Tyler is the one ». Encore très mystérieux dans son fond, cette histoire a le mérite d’entretenir l’intrigue, qui s’étendra sur de longs épisodes. La première hypothèse étant la reproduction d’une V avec un humain (cf review précédente), celle-ci se voit ébranlée par la survenance de la grossesse de Valérie, la femme du V ennemi. Encore septique, précocité de l’histoire aidant, le téléspectateur préférera se remémorer le passage dans les camps médicaux, plutôt spectaculaires. Il semblerait d’ailleurs qu’ils soient de vrais lieux stratégiques, pour garder l’ascendant sur le journaliste attitré d’Anna. Bien vu.

Mais c’est l’histoire interne aux V qui révèle davantage d’ampleur et d’intérêt. Assassiner Dale a causé des répercussions et suscité le doute auprès de l’autorité des grands V. Anna cherche alors le coupable avec une maîtrise d’elle frappante. Toute cette partie psychologiquement effrontée est idéale pour asseoir la toute-puissance de la Reine des V qui établit une ambiance monacale et terrifiante au sein de son Vaisseau. Mais Anna étant une figure contrastée, son bliss final en vient à submerger et ressourcer son peuple à bord, et nous inclus.

(7/10)

118453_1036_pre-550x365.jpg

 

______________________________________________________________________________

 

Bright New Day – 1.03 (diffusé le 17.11.09)

Les 100 premiers visas diplomatiques sont delivrés aux V. Anna s’empresse alors de faire une journée portes ouvertes pour réunir les genres. Mais les menaces de représailles persistantes, Erica est chargée de surveiller l’endroit.


Pour son troisième essai, V livre un épisode de mise en place, où rythme et révélations sont pregnants. V semble donc mettre de côté ses mécaniques bancales au mode d’action laborieux pour se réinventer un ton et des ambitions.

Si l’épisode se présente comme une tranche de film d’action classique où Erica, devient la figure du FBI en collaboration avec les Visiteurs, censée protéger la sécurité de cette journée symbolique où Visiteurs et Terriens s’entremêlent, c’est pour mieux duper la population, et au passage, le téléspectateur.

Traitée non sans efficacité, cette intrigue permet de jauger le niveau de malice du plan des V, à travers Anna et ses missions machiavéliques. D’ailleurs, l’actrice réalise toujours une interprétation formidable. La scène où elle s’exerce avant son discours est une scène de très haute facture, et pleine de sens. Le charisme de l’actrice se révèle à la hauteur de la force de persuasion et d’endoctrinement de son personnage, qui peu à peu établit un consensus positif et effrayant autour de cette invasion.

La résistance prend également de l’envergure (avec la scène où Erica découvre la pièce des images), les quatre figures du mouvement se rejoignent en toute fin pour une volonté affichée de cohérence. La contre-résistance n’est pas non plus en reste : le lézard allié (de la 5e colonne) infiltré dans la haute sphère des V., bien qu’atout scénaristique facile pour mettre fin à l’existence du FBI-V, promet de nouveaux bouleversements, du pouvoir et du contre-pouvoir, un équilibre majeur pour la série.

Mais c’est aussi l’intrigue de Tyler et Lisa qui semble amorcer de vrais bouleversements. Présentée comme une insipide romance adolescente entre deux êtres aryens (la série ne lésine pas sur le mélo, fort à parier que cela va s’éterniser un brin), cette histoire va cependant jouer un rôle pour la suite. Le plan d’Anna serait-il de créer un être mi-V mi-homme, grâce à Lisa, sa recrue, qui s’avère également sa progéniture ? Et comme le futur jouet de la reproduction lézardienne est également la progéniture de la première rivale d’Anna, et figure du mouvement opposé, les enjeux sont à leur paroxysme.

En résumé, V nous surprend. Ces intrigues aux apparences lambda délivrent finalement des messages solides et censés qui donnent envie pour la suite.

(9/10)

117627_0093_pre-550x366.jpg

 

______________________________________________________________________________

 


There is no normal anymore – 1.02 (diffusé le 10.11.09)

Erica reprend son poste d’agent tout en débutant ses projets de résistance. Mais la disparition de son partenaire, espion avéré, entraîne l’ouverture d’une enquête de son bureau. Erica en profite alors pour rassembler les premières preuves. Anna poursuit le plan des V et utilise le journaliste télé Chad, pour asseoir sa propagande pacifiste. Mais celui-ci est plus malin qu’elle ne le pense.


Le pilot de V avait dépassé le cadre d’un sujet pilot et s’était largement étendu. C’est tout naturellement que le second épisode en souffre. Oubliés la surprise et les enjeux, le second épisode n’ira pas plus loin et se contentera de rabâcher un temps.
Mais les scènes redites ne sont pas désagréables, voir Anna en geisha, ou parler brésilien pour poursuivre le plan des V reste des moments à effet, tout comme les interventions d’Elizabeth Mitchell qui nous fait garder confiance pour la suite. Sa paranoia bientôt maladive s’avère de bon goût et son nouveau partenaire de jeu –le prêtre débonnaire- confirme le trait.


Mais les intrigues secondaires ne sont pas du niveau. Notamment, l’histoire du fils de l’héroïne, tout bonnement une aventure juvénile survolée. Au lieu d’exploiter l’endoctrinement de la jeunesse par les manipulateurs V, la série préfère approfondir l’amourette naissante entre une V aux apparences alléchantes et cet abruti de rejeton, violent et romantique.

L’histoire casse le rythme crée laborieusement par le reste de l’épisode, à la facture plutôt louable (l’intrigue du journaliste). L’enquête sur l’ex-partenaire d’Erica, aussi, est une idée suffisante pour approfondir la personnalité de l’héroïne et ses envies de résistance. Mais celle-ci est encore inexistante, sans réel enjeu porteur, la faute sûrement à une mise en place expédiée par un pilot désireux d’épater.

(6.5/10)

V-There-Is-No-Normal-Anymore-4-550x366.jpg

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.blabla-series.com/trackback/2468628

Commentaires

La première moitié de l'épisode était très sympa. j'ai vraiment aimé cette ambiance paranoïaque durant les interrogatoires. Et puis j'aime Anna :)

La seconde partie a vraiment cassé le rythme de l'épisode. et puis la "résurrection" de Dale ... moyen quoi:/

Écrit par : Keepo | 15.11.2009

@ Keepo : j'aime Anna aussi et j'aime l'ambiance, comme toi ! Dale pas convaincu non plus, j'espère egalement qu'il n'y aura pas trop de revelations "tiens c'est un alien aussi, on aurait pas dit !"

Écrit par : adam | 15.11.2009

Un épisode 3 démentiel, surtout vers la fin où ça se renvoyait les balles comme au pingpong. 9/10

Par contre le 4 était plutôt fade. L'effet de surprise du début est bien raté. Par contre toutes les intrigues sont reliées entres elles! et ça c'est bien. Et Anna est de plus en plus monstrueuse ("Skin him.") 7/10

Écrit par : Keepo | 25.11.2009

J'ai mis la meme note que toi, zut j'ai oublié d'evoquer cette scène d'intro parfaitement inutile ! Critique publiée demain ou VVVVendredi.

Écrit par : adam | 26.11.2009

Faut que je te le dises : malgré tout mon non-amour pour tout ce qui touche un peu à la SF... Et après avoir lu ta première critique, j'ai regardé.
Et j'attends de pied ferme, l'épisode 5, tellement je trouve ça absolument gé-nial.

Écrit par : Clémentine | 06.12.2009

Super contente de ce retour, j'adore V je trouve que c'est mieux que FlagForward. Comme tu l'as dit, super épisode qui rappelle toutes les histoires des début, j'espère que la diffusion va etre directe maintenant

Écrit par : Mercy | 01.04.2010

Le 10 avril à 21h30 diffusion des épisodes 1 et 2 de la saison 1 de V! Au Forum des images dans le cadre du festival SERIES MANIA. http://www.forumdesimages.fr/fdi/Festivals-Evenements/Series-Mania

Écrit par : Claire Huberson | 01.04.2010

La fin relevait le niveau, je suis d'accord mais j'ai peur que la tension ela fait longtemps que je n'ai pas posté de com mais je te lis toujours O grand Adam
:)
(oui je flatte lol)

Écrit par : Flow | 28.05.2010

Merci mon brave Flow, cela me touche ! :)

Écrit par : adam | 29.05.2010

que la tension retombe dès le season première... était ce que je voulais dire si mon pc de mer^^ ne s'en était pas mélé... :)

Écrit par : Flow | 29.05.2010

our sa saison inaugurale écourtée, V. a gardé ses dernières cartouches pour un final haletant, mêlant existentialisme, humanisme et action popcorn. Tout un programme parfaitement calibré qui permet à la série de finir sur une impression finale des plus positives.

Écrit par : sad love quotes | 23.06.2011

Écrire un commentaire