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11.11.2009

Critique ciné : The Box (de R. Kelly, avec C. Diaz et J. Marsden) ****

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The Box aurait-il crée un même vent de fascination sans les antécédents de Richard Kelly, auteur du majestueux Donnie Darko et de l’ébranlant Southland Tales ?
Parce que son substrat –un jeune couple endetté pactise avec le Mal- d’une facture standard douteuse, aurait pu cantonner l’œuvre au produit paranormal contemporain pop-corn, à la procédure typique et l’effet vain.
Mais The Box, définitivement fascinant, n’est pas un thriller SF de plus : son ambition est tout autre.

C’est l’ambition de Richard Kelly, l’un des réalisateurs les plus prometteurs de sa génération, à la vision singulière et à la démarche désoeuvrée. Chaque scène, chaque plan compte sa ruse et son génie.
Dans The Box, il y a l’étrangeté sombre de Lynch, la musique triomphante d’Hitchcock, le visuel plastique de Bergman. Entre théories du complot et portrait d’une Amérique proprette, tiraillée entre conventions sociales et désirs de vie, Kelly s’attache à faire de son film d’anticipation, une œuvre hybride, dérangeante, virtuose, à la narration vibrante, au style dépouillé, formellement audacieuse, fondamentalement prenante.

 

Adaptée d’une nouvelle de Richard Matheson « Button, button », The Box s’emploie à toutes les bizarreries, toutes les idées. Sous l’apparat du genre occulte et de la retranscription splendide d’une époque, le film défit sa propre théorisation du mal incarné par Frank Lagella, l’impeccable émissaire diabolique, qui vient tenir la dragée haute à Cameron Diaz, épouse seventies parfaite.

« Appuyez sur le bouton et vous recevrez un million de dollars », le dilemme, aux apparences curieuses, n’est presque pas sérieux. Mais il est symbolique dans ses intentions et ses questionnements. Calvaire construit sous nos yeux autour d’un couple forcément empathique, guidé par l’argent mais pour la bonne cause –la mère de famille est handicapée, le père bientôt sans emploi-,  The Box s’attarde à établir un vertigineux cadre de pensée, aux implications morales fortes, condamnant autant la culpabilité individuelle que la cellule familiale sclérosée.

Et même si le message de The Box se révèle trop explicite dans ses détails sentencieux finaux (conclusion fâcheusement démystificatrice), le film conserve tout du long son allure maudite, sa superbe mythologique, sa logique macabre inéluctable, sa démarche puzzle enivrante et redoutable. Culte avant l’heure.

(9/10)

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Commentaires

A la question "The Box aurait-il crée un même vent de fascination sans les antécédents de Richard Kelly, auteur du majestueux Donnie Darko et de l’ébranlant Southland Tales ?" , je réponds : NON.
Et ç'aurait peut-être était mieux. Parce que l'idée de base était merveilleuse de questionnement (bien qu'un chouilla bâteau), mais que les ficelles était trop (tellement) grosses, que l'atmosphère était vide, que la morale judéo-chrétienne était bien trop présente, et que la fin était bâclée. Comme si l'équipe s'était dit : bon, j'me ferais bien un p'tit café, là. Ou qu'on avait tout misé sur le début.

J'en attendais tellement, déception inter-sidérale et amertume.

M'enfin, il y a pire : Donnie Darko II (S. Darko).

Ecrit par : Clémentine | 11.11.2009

Il est quand même très dérangeant, certains points ne sont pas franchement acceptables ...(voir article sur mon blog)

Ecrit par : Miss Babooshka | 11.11.2009

@ Clementine : le film doit aussi être resitué dans son contexte, et l'époque des seventies se prête forcément à ces allures judeo chretiennes de forme, pour moi, seulement, le film ne pue en aucun cas la morale. Quant à l'atmosphère vide, je ne préfère même pas relever, parce que le film est tout sauf vide, même l'atmosphère familiale est dense, je trouve.
Pour S. Darko tu as raison, mais Kelly n'y est pour rien, le film est une commande de studio, il n'a rien a voir là dedans :)

@ Miss B : j'ai lu ta note, mais tu ne parle pas vraiment de ce qui est pour toi inacceptable. Meme si globalement on garde le meme point de vue !

Ecrit par : adam | 11.11.2009

Ah je suis content de voir qu'il t'a plu. Je l'ai pas encore vu, mais des avis que j'ai pu lire, soit on aime soit on déteste donc j'espère qu'il me plaira autant que toi :) (je connais pas trop le réal, shame on me)

Ecrit par : Red | 11.11.2009

@ Red : vas-y vite, je m'y engage !

Ecrit par : adam | 11.11.2009

I know, i know pour Kelly, la commande etc, reste que DD II est une incommensurable erreur du cinéma (et on y retrouve par ailleurs Chuck Bass, toujours mono-expressif).

Et quand même, le coup du : si tu n'es pas altruiste, vas brûler en enfer, c'est un chouilla moraliste, quand même =/ La sauvegarde de l'humanité, les explications made in Sartre... En réalité, le 1er tiers du film était exquis, le second tiers se perdait déjà, et le dernier était complètement alourdi... M'enfin je le dis : pour moi.

On aime ou on déteste, je dois avouer que je suis un peu du deuxième côté

Ecrit par : Clémentine | 12.11.2009

@ Clementine : non mais tu as raison ! Mais POUR moi, la morale, les refs à Sartre n'etaient pas genantes. Il n'y avait pas de sentimentalisme, d'heroisme degoulinant (je viens de voir 2012, j'ai failli crever). La sauvegarde de l'humanité, sous forme de "si vous continuez à faire passer vos interets privés avant l'interet général, on vous éradique" était meme pas trop lourd, POUR MOI. Mais j'ai été sous le charme dès le debut. Je kiffe ma mère Kelly.
Et je ne suis jamais blessant avec toi e-love. Feu, ta mère. Et j'ai aussi quelques reproches à ta formuler in PRIVATE. Toc.

Ecrit par : adam | 12.11.2009

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