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17.12.2009
Dexter (Saison 4) Foyer, enfants, meurtres. Does it take a village ?

The Getaway – 4.12 (diffusé le 13.12.09)
Le combat final entre Dexter et Arthur est arrivé. Debra, quant à elle, découvre la vérité sur son frère.
Il est toujours ardu de critiquer un chapitre haletant d’une saison qui a frappé par son intensité. D’autant qu’il se finit sur un cliffhanger de taille, un rebondissement émotionnel puissant qui met à mal le spectateur dans sa quête d’équilibre étroit dans une série qui ne s’en soucie guère.
Les 50 minutes conclusives d’une traque humaine vigoureuse étalée sur douze semaines se devaient d’être à la hauteur du spectacle haletant et fort de cette saison. Mais en dent de scie, l’épisode a fait la part belle à la mollesse et à une certaine complaisance de dénouement. Comme tout season final de Dexter qui respecte son code, l’épisode prend l’arc par les rennes, monte le ton crescendo et offre une scène d’action finale à l’emporte pièce. Frustration mêlée d’inquiétude, le spectateur reste sur sa faim, malgré un spectacle sanglant et manichéen qui donne le tournis.
Mais dans cette quatrième saison, où l’intensité a rivalisé de pics record, le sentiment de vertige a été plus que jamais exploité. Une première partie moins rythmée plus tard, l’épisode s’achève sur une seconde bien plus spirituelle (la mise à mort décorée de Trinity) et sombre.
Son paroxysme évident est la scène finale de cet épisode final, où Dexter découvre sa femme assassinée. Y avait-il moins inattendu ? Y avait-il meilleur sujet à évolution pour un héros en crise existentielle ? Le doute n’est pas permis.
Les auteurs de Dexter ont rarement eu autant raison et ont su amener leur bouleversement avec une rare mesure, une rare intelligence d’écriture. Une rare horreur, également.
Et même si la scène, à la mise en scène personnelle –un parallèle parfait avec l’histoire du héros- émouvra et choquera foncièrement le spectateur shipper, celle-ci sera avant tout un passage brillant, qui permettra à la série d’exposer encore une fois sa pièce maîtresse sous un autre angle.
Plus d’analyse dans le bilan à venir, très bientôt.
(9/10)

Hello, Dexter Morgan – 4.11 (diffusé le 06.12.09)
Le service homicide de Miami s’approchant dangereusement de l’identité du Trinity Killer, Dexter décide de désigner un autre coupable, en placant des pièces à convictions à son domicile. Arthur découvre que Kyle Butler est un usurpateur. Il cherche alors l’identité de cet homme qui l’accompagne depuis des semaines.
(8/10)
Lost Boys – 4.10 (diffusé le 30.11.09)
Dexter traque Trinity et découvre que son rituel n’est pas trinaire : le serial killer procède d’abord par l’assassinat d’un jeune garçon. Debra poursuit la piste de Christine. Elle accepte alors son interview et décide de jouer avec ses intentions. La journaliste le ressent et exige l’aide de Papa tueur.
On pensait volontiers que les révélations surprenantes de l’épisode dernier avaient crée une attente sans retour, c’était sans compter sur la narration de cet épisode de Dexter, qui ne se contente pas de révélations choquantes, et qui force avant tout le respect en réussissant en permanence à créer intensité sur fond d’histoire suivie.
Dès la mi-saison, les rites macabres de Trinity Killer avaient été mis en évidence par la police de Miami, celui-ci les ayant accompli en début de saison, le spectateur n’avait plus qu’à attendre qu’il recommence ou qu’il devienne le sage conseiller de l’expert sanguin. Mais deux épisodes avant la fin, Lost Boys a su prendre le contre-pied en nous montrer que tout ce que l’on croyait depuis le départ ne l’était pas. C’est ainsi qu’Arthur ne procède pas par trois étapes mais par quatre différentes, la première étant peut-être la plus personnelle, la plus importante. C’est celle de l’assassinat d’un enfant, une image de lui-même, au moment où sa sœur mourra.
Tel un thriller frileux passionnant et anxiogène, cet épisode suit alors le rapt d’un jeune garçon et sa séquestration par le sexagénaire. Qui retrouve son allure macabre, pusillanime, renfrognée. La série retrouve, elle, son ambiance dérangeante et sa logique jusqu’au boutiste terrifiante. Rares sont les fois où Dexter se sent étriqué, placé directement sur la corde raide. Cet épisode le resitue parfaitement dans son mode de vie schizophrène effréné, le spectateur par identification alors, ressent l’anxiété et la pression du personnage avec une force inouïe.
Michael C. Hall retrouve par là son charisme vertigineux.
Charisme aussi, pour Debra, qui met la main sur le secret familial et criminel de Christine, qui finalement avait agi isolément. Toujours affûtée, Debra s’éloigne de son impulsivité chronique, pour attendre sagement la cueillette de son agresseur. Une histoire nerveuse, mai progressive, qui parfaitement fait echo à la lente évolution furieusement intense de l’histoire principale. Aussi, Christine, d’abord rôle aux apparences sans intérêt, se découvre un mal-être être et nous illumine de sa prestation névrosée.
Lost Boys n’est pas une transition, il est un épisode passionnant à la mécanique parfaite, et il consacre cette saison comme probablement la meilleure de la série. Après quatre ans d’antenne, Dexter réalise un tour de force.
(9/10)
Hungry Man – 4.09 (diffuse le 22.11.09)
Pour Thanksgiving, Dexter délaisse un temps sa petite famille, occupée par Debra et Masuka, pour manger chez la famille d’Arthur. En apprenant que son fils est battu, sa fille séquestrée, Dexter décide de surveiller de près les humeurs de Trinity, mais tout dégénère violemment.
Avant son grand final, Dexter maintient une trame nerveuse et offre en cadeau (et au compte goutte !) quelques révélations affriolantes. Peut-être trop affriolantes…, non pas que le téléspectateur aime cracher dans la soupe, toujours avide de surprises caloriques, mais il craint là de frôler le coma diabétique avant l’heure.
En nous offrant ce qu’elle nous offre -spoilers : la journaliste Christine est pressentie pour être l’assassin de Lundy et quasi-Debra, c’est aussi la fille de Trinity (le choc), par syllogisme, elle agirait pour le compte de son vieux paternel-, la série épuise considérablement sa matière mystérieuse et fascinante.
Mais pris isolément, cet épisode se révèle être un scénario formidablement ficelé et haletant. S’évertuant à faire tomber le masque de la famille toute entière de Trinity, Dexter renoue avec son esprit macabre d’antan. Pour certains, le point de vue sera excessif, le sadisme de Trinity trop vindicatif, réducteur par rapport au mythe construit. Mais les autres verront une autre manière d’appréhender notre héros, autant effaré par les inflictions psychologiques et violentes de Trinity à sa famille, que le spectateur.
Pour contrebalancer et poursuivre un thème Thanksgiving avec plus de bon sentiment, la série plonge à nouveau du côté de Rita et des têtes blondes.
Si l’histoire du baiser volé de Rita et son voisin n’est pas le rebondissement du siècle (il reste un sacré pied de nez fait à l’omnipotence d’un héros qui dès lors ne contrôle plus tous les secrets et autres dissimulations), le reste permet, plus ou moins, subtilement de faire évoluer les raisonnements du serial killer refoulé. Qui alors s’affranchit de la tutelle exercée par Trinity.
Son regard change, mais pas sa conception familiale. Dexter fait partie du clan des gentils, plus que jamais.
Alternant avec méthode des moments intenses et macabres et quelques joyeusetés familiales ponctuées par le charme de Debra, Dexter nous prend à bras le corps.
(8/10)

Road Kill – 4.08 (diffusé le 15.11.09)
Dexter s’incruste dans les projets de voyage de Trinity, direction : Tampa, pour un séminaire météorologique où Morgan prévoit d’en finir avec son guide spirituel sexagénaire. Debra continue d’enquêter sur Trinity et fait une terrible découverte. Quant à LaGuerta et Angela, ils ont remis le couvert.
Tout reprend avec l’erreur de Dexter, naturellement le serial killer est en proie à de longs discours de culpabilité. La psychologie affectée de Dexter a rapidement été un trait prévisible du personnage et de la série, là encore c’est le cas. Mais l’épisode corrige rapidement le tir de l’apitoiement pour retrouver son aplomb d’antan.
Le voyage de Dexter et Arthur se révèle fascinant, à l’image du caractère lunatique d’Arthur et de l’inaccessibilité de Dexter. Les deux hommes forment un duo convaincant, voire vertigineux. L’épisode se sert alors du coup raté de Dexter pour que celui-ci, perturbé dans sa logique macabre, expie sa faute tout en jaugeant de la réaction d’Arthur, qui face à cette révélation de taille, se confesse à son tour.
Moins pusillanime qu’à ses grands débuts, le Tueur de la Trinity reprend là du charisme morbide (la scène dans la maison familiale où Trinity a vécu, ou la scène au restaurant), particulièrement fascinant. L’histoire principale se construit donc pas à pas, habilement, en ne nous laissant jamais de côté.
A Miami, les choses évoluent également avec précaution. Quand certains se (re)trouvent gentiment (LaGuerta et Angel, sans nous ennuyer, Rita et son voisin, curieux), d’autres avancent dans leur mission. Rebondissement de taille, Debra réalise, avec l’aide de Masuka, toujours efficace, que Trinity n’est pas le tueur présumé de Lundy. Le fond, qui a su crée la surprise, ne manque pas d’intérêt et la forme, amusante à de nombreuses reprises (Debra retrouve son mordant et son cynisme, Dexter ses geekeries), permet de redonner de la couleur à la série toute entière.
(8/10)

Slake Tide – 4.07 (diffusé le 08.11.09)
Dexter de remettre le meurtre de Trinity à plus tard afin de suivre ses conseils familiaux. Debra n’en démord pas et continue d’explorer le passé d’Harry, tout en obtenant l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Trinity. Quant à Rita, elle va mieux.
Parce que la série a commis l’erreur de se complaire dans cette haute voltige rythmée du début, sans filet, ce milieu de saison retombe comme un soufflet. Sans levure.
Quelques erreurs de ton et des incohérences générales qui chagrinent parsèment ce septième épisode : Dexter épargne Trinity et s’amuse à hang out avec lui, sans penser aux éventuelles conséquences de ses jeux pervers ni même à son envie de venger sa sœur Debra, pourtant légitime. Mais apparemment c’est pour la bonne cause : Dexter tente d’être un père et mari modèle et prend exemple sur le sexagénaire terrifié par l’agonie d’une biche. Il aurait au moins pu choisir David Letterman, dans le genre.
En tout cas, le fil est un peu trop ténu pour être totalement crédible. Même chose avec cette histoire centrale de l’épisode, totalement déconnectée du reste –un photographe de mode est accusé de zigouiller du mannequin-. L’intrigue permet encore à Dexter de concrétiser ses pulsions. Ni une ni deux, Dexter assassine le tueur aux mannequins présumé en se précipitant et l’inévitable, prévisible depuis le départ, se produit : Dexter a tué un innocent.
L’enjeu de cette intrigue aurait pu prendre une ampleur autre, mais la série suit un chemin narratif typique qui désengage le telespectateur et évacue toute la tension dramatique du show. La série se veut trop méthodique, à l’image de cet héros à deux visages. Et le résultat aboutit à une série prévisible qui se perd en détails organisés, dont on pourrait se passer. Comme cette morale finale sur l’art d’être un bon marin.
Et l’art d’être une série bonne et constante ?
(5.5/10)

If I Had A Hammer – 4.06 (diffusé le 01.10.09)
Dexter suit les traces de Trinity, son nouveau buddy de chantier. LaGuardia et Angel se font des mamours. Rita traîne de force Dexter chez la thérapeuthe (à faire trembler Gabriel Byrne). Mais Debra garde la foi et compte bien retrouver l’assassin de son feu amant.
A l’exception d’une Debra qui ne démérite jamais, impressionne toujours par son interprétation, sa sensibilité, ses grossièretés ou sa détresse violente (la scène de la prison, à faire trembler tout Emerald City), au choix du menu, en revanche, If I Had A Hammer nous donnerait bien envie de finir comme la dernière victime de Trinity : en agonie martelée.
Mais sans les ossements de sa sœur défunte, parce que c’est un peu trop macabre et peu hygiénique.
On dira alors que c’est l'épisode transitoire nécessaire, l'intermédiaire de mi-saison, qui met les choses en place, fait avancer peu à peu son intrigue près de sa droite et dernière lignée. C’est tout à fait juste : on le dit toujours quand l’épisode est ennuyeux et prévisible, non rythmé et tourne-en-rond.
Alors c’est probablement une transition de taille qui s’opère ici, parce que le mou scénaristique n’aidant pas, le téléspectateur a senti passer cette laborieuse journée bricole et confidences sur divan de Dexter, le tiraillé.
Mais aussi, les remords de LaGuardia et Angel et leur petite manigance pour garder leur poste. Quelqu’un pourrait-ils leur rappeler que leur histoire d’amour à la Starsky et Hutch n’intéresse même pas les fans de Starsky & Hutch ?
Mais aussi, les éternelles rancunes d’une Rita envers un Dexter qui lorsqu’il ne zigouille personne, est tout à fait fréquentable. Pourrait-on en finir avec les sautes d’humeur hystériques de Madame Morgan ? Pourrait-on lui rappeler qu’elle n’était que femme battue et violée et que s’acharner sur un rouquin timide et passionné de plaquettes, c’est cracher dans la soupe ?
Outre ces histoires de comptoir, trop mal ficelées pour être pris en compte, la série a commis une grave erreur. Celle de changer la personnalité d’un serial killer charismatique, qui s’est vu troquer son air pusillanime hermétique psychotimide à l’happy face enjoué et dévot, prétexte à des discours comparatifs ineptes de la part de Dexter, guilleret et fasciné par un modèle familial fantasmé.
Mais depuis quand Dex’ ? Depuis quand t’es bête ?
(4.5/10)

Dirty Harry – 4.05 (diffusé le 25.10.09)
Suite à son agression, Debra est conduite à l’hôpital. Quand Dexter réalise que l’assassinat de Lundy et la tentative de meurtre de sa sœur ont été opérés par le Trinité, le serial killer reprend l’enquête de l’agent spécial. Et va vite découvrir qui se cache sous cette appellation biblique.
« Lundy était un adversaire de taille, il méritait mieux que de mourir sur un parking d’hôtel », s’indigne Dexter au moment de la découverte du corps inanimé du special agent Lundy.
Et Dexter a raison, Keith Carradine méritait bien plus pour son personnage, qui a su redonner de la couleur à la série. Alors, pour venger sa mort, et la tentative de meurtre de sa sœur, Dexter reprend l’enquête de Lundy là où il l’avait laissée. Les cartes, les photos mais surtout les cassettes, Dexter prend la relève et intègre enfin l’arc de la saison. Une transition parfaite.
Toujours efficace, bénéficiant d’une fin intense où tout s’enchaîne très vite, Dexter rattrape plus que son retard et découvre en une journée ce que Debra et Lundy n’avaient pas vu en quatre épisodes : le tueur de la Trinity, son foyer, sa vie. La série qui d’ordinaire aime prendre son temps a soudainement augmenté la cadence, le milieu de saison n’étant même pas franchi. Fort à parier que la suite conserve en superbe psychologique et en rythme.
Sur le fond, la série n’avait auparavant jamais ébranlé son héros, émotionellement parlant. L’agression de Debra a profondément bouleversé Dexter qui gagne en densité émotionnelle. La scène entre les deux sur le parking de l’hôtel s’est révélée être un moment intense, où Dexter a saisi la confusion de sa sœur et s’est même risqué à dévoiler son propre secret. Leur relation reprend les devants et conserve cet esprit alchimique.
Avec Debra rongée par la culpabilité, également Rita en plein doute sur les envies de son mari menteur, la série montre que Dexter n’est jamais un anti-héros parfait, ses failles sont pregnantes, sa conscience devient lourde, il n’est plus le maître de sagesse qu’il était. La série fait sans cesser évoluer son personnage, comme on évolue rarement dans une série télé. Et voilà pourquoi on aime en particulier regarder Dexter.
(9/10)

Dex Takes a Holiday – 4.04 (diffusé le 18.10.09)
De mariage, Rita et les enfants partent pour trois jours, offrant au fatigué Dexter un moment de répit. Celui-ci en profite pour reprendre ses activités de justicier masqué en enquêtant sur une flic suspecte. Debra, elle, craque et retombe dans les bras de Lundy. De son côté, le tueur de la Trinité réalise que Lundy est à ses trousses.
Autant le préciser d’entrée de jeu : cet épisode s’est achevé sur un moment crucial pour la série. Un de ceux qui jouent un rôle décisif pour la suite, un de ceux qui malmènent véritablement la vie de personnages principaux.
Décelable quelques secondes avant ladite scène fatidique, cette note conclusive a néanmoins su apporter la nervosité et l’effroi qui manquait depuis peu à la série. En somme, un joli pied de nez fait aux impressions de lassitude passées, qui emporte par là une note à sa hauteur.
Pour autant, le reste, soit toute l’histoire de Dexter s’est révélée de très bonne facture. La traque réciproque entre Dexter et la flic meurtrière, digne d’un bon thriller, a su apporter un air nouveau à la série, qui change ses habitudes, son mode opératoire et par la même occasion, celui de son héros.
Les auteurs ont vu juste en désignant une fois n’est pas coutume une épouse et mère meurtrière, bien loin des archétypes conçus. Le déroulement scénaristique a permis également un autre regard de l’anti-héros, qui par cette histoire, a connu quelques réflexions inédites sur ses sentiments familiaux et ses besoins. Rares sont les intrigues loners (déconnectées du reste) qui s’avèrent aussi prenantes et utiles.
L’épisode corrige également le tir quant au Tueur de la Trinité, qui gagne en énigme et en bizarrerie plutôt qu’en impressions coupables. Le regard apeuré, la démarche mal assurée, le tueur méthodique de Miami n’impressionne plus par son allure, mais par sa singularité sénile, sa faiblesse et son air désemparé. Ce qui procure à la série ce ton dérangeant impalpable des débuts.
(9/10)

Blinded by the Light – 4.03 (diffuse le 11.10.09)
Officiellement une famille, Dexter et Rita doivent désormais affronter leur voisinage au quotidien. Ce qui n’est pas au goût (et aux habitudes solitaires) de Dexter, qui depuis son accident, est d’autant plus étouffé par Rita. Le Tueur de la Trinité est passé une nouvelle fois à l’acte. Debra, Lundy et les autres sont mobilisés, plus que jamais.
Dexter est pris en cage, Rita prend en main ses allers et venues, le voisinage accapare ses journées piscines, ses soirées barbecues et son travail, ses moments sanglants brunch. L’histoire aurait pu être intéressante. Mais la série se veut désormais trop bavarde, trop explicite. Dexter est évidemment mal à l’aise socialement, familialement mais ses discours trop pleurnichards, trop emprunts de conformité pour un marginal, mettent à mal cet inconfort, voire sa marginalité.
De plus, trop déconnectée du reste, l’histoire n’a crée aucun impact. A part celui de rendre Rita un peu plus irritante dans le rôle de la femme au foyer qui s’assume et contrôle.
A l’image de Rita, la série se standardise, oublie ses schémas psychologiquement obscurs, et Dexter ne devient plus que cette ombre à peine noire de lui-même, qu’on essaie de sauvegarder à tout prix par des flashbacks avec son paternel. De plus en plus dénué d’effet.
Cette baisse de qualité s’accompagne d’une baisse d’intensité notoire autour du Trinity Killer, qui commet un acte aussi standard qu’un crime de formula show. Psychologiquement moins impérieux que le crime d’ouverture, moins charismatique par la démarche d’un tueur atrabilaire qui déjà n’impressionne plus, ou alors uniquement pour son âge avancé, cette étape dans la traque est une étape manquée, qui manque de conviction, et perd férocement en relief, pareil à un mauvais thriller déjà essoufflé sur le papier.
(4.5/10)

Remains to Be Seen – 4.02 (diffuse le 04.10.09)
Dexter est épuisé : le jour, il se tue à la tâche, la nuit : il cherche les cadavres égarés de victimes tout en veillant sur son nourrisson forcément pleurnicheur. Debra re-collabore avec Special Agent Lundy sur l’enquête du Tueur de la Trinité. Qui lui, a choisi sa nouvelle proie.
Déjà introduit au season premiere, la storyline « grosse fatigue » de Dexter aurait pu être mieux gérée. L’accident de Dexter, la perte d'une victime aurait pu placer Dexter sur la corde raide et ne pas représenter qu’une simple histoire isolée d’épisode qui manque de souffle. Qu’à cela tienne, Dexter repart ses bévues.
Heureusement, ce qui se développe a côté procure un peu plus de sensation visuelle. Debra retrouve sa complicité d’antan avec Special Agent Lundy. Simple mais efficace : Keith Carradine dispose d’assez de charisme pour éblouir le commissariat de Miami. Leur relation, plus complexe qu’au départ, re-décolle.
Le Tueur de la Trinité prépare le terrain de son nouveau meurtre. Moins sanglant mais empruntant l’atmosphère nerveuse des grands thrillers noirs hollywoodiens, le nouveau serial killer de Miami continue de capter l’intérêt, il faut dire que John Litgow est excellent.
Une fois n’est pas coutume donc, Dexter pâlit et les rôles secondaires s’enorgueillissent.
Difficile de faire le poids lorsque la saison s’ouvre par un épisode construit et complet où s’entremêle humour, action et retrouvailles d’un univers attachant. Et ce second épisode, sans être raté, échoue forcément à l’étude comparative.
(6.5/10)

Living A Dream – 4.01 (diffusé le 27.09.09)
Rita a accouché, elle et Dexter forment désormais une famille parfaite. Un objectif difficile pour Dexter qui commence à enchaîner les bavures professionnelles et psychotiques. Lieutenant Laguerta et Angel Batista cachent leur liaison. Debra, elle, fricote toujours avec son indic' mais tombe des nues lorsque special agent Lundy redébarque à Miami pour traquer avec la crim', un nouveau dangereux serial killer : le tueur de la Trinité.
Avec Living a Dream, Dexter signe assurément le season premiere le plus enthousiasmant et grisant de la rentrée (Eatswick, exclus). Et après avoir été l’une des plus amères déceptions de l’an passé (on remercie Miguel Prado), on a presque envie d’exécuter une danse de joie. Et de soulagement.
Parce que la série ne réalise pas simplement qu’un retour aux sources psychologique et formel en bonne et due forme. Elle réalise carrément l’exploit de retrouver ce qui faisait jadis le ton singulier du plat froid (les vilaines habitudes de Dexter, sa solitude, ses meurtres à la pelle, une énième traque humaine en forme de « monstre contre monstre ») tout en l’agrémentant d’une évolution notable, en la personne de Dexter et son entourage.
Entre tradition et modernité, un oscillement parfait. La série mise sur un humour noir exquis retrouvé mais remis au goût du jour (référence à la scène où Dexter berce son bébé tout en consultant des clichés de meurtres), une psychologie réactualisée (Dexter ironise sur sa nouvelle situation), d’anciennes dynamiques relationnelles (celle de Masuka et Debra) se juxtaposant à de nouvelles (Rita et Aster, LaGuerta et Batista).
La série conserve donc ses points d’ancrage (le héros, sa cachette, ses méthodes) en recentrant son héros et ses rôles secondaires dernièrement égarés (Rita, récemment mère et hormones retrouve son unique splendeur maternelle pour le bien de nos oreilles)
Quant au monstre de cette saison, il s’agit du Tueur de la Trinité. Un homme dépressif au moins sexaganaire très porté sur les assassinats glauques (il s’empare nu de sa première victime, lui fait couler un bain, l’étouffe, la réveille en lui lacérant la cuisse et l’étrangle agonisante, en lui fixant un miroir devant les yeux pour qu’elle ne rate rien du spectacle). Le meurtrier est d’ores et déjà d’envergure, son sadisme parfait (pour la série), son histoire étonnante, sa singularité sans équivoque. Ce profil de personnage s’avère diamétralement opposé aux serial killers habituels des écrans, ce qui rend la trame bien plus innovante et passionnante. A l’image aussi de cette fin périlleuse haletante.
Un retour inespéré, en tout point.
(9/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Dexter, Episodes | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : dexter, saison 4, critiques, showtime, rita, debra, michael c. hall, six feet under |
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Commentaires
Assez juste ta critique, je trouve aussi que Dexter est beaucoup mieux que l'an passé, la série retrouve vraiment son personnage !
J'attendrai chaque dimanche avec impatience
Écrit par : Eclair | 01.10.2009
Le 2e est dispo en preair ?
Écrit par : Brice | 01.10.2009
@ Eclair : c'est aussi mon cas !
Écrit par : adam | 12.10.2009
Un peu déçu aussi par ce 3 episode, j'en attendais bien plus de ce nouveau serial killer ...
Écrit par : Eclair | 17.10.2009
@ Eclair : bien d'accord, il faut qu'il evolue !
Écrit par : adam | 18.10.2009
Je viens de découvrir cet endroit, je le trouve trop trop beau !
Et j'adore aussi Dexter et Rita même si je suis à la ramasse depuis un an !
Écrit par : Mel | 23.10.2009
Après un début très moyen, la série reprend joliement, j'ai passé un super moment avec ce dernier épisode !
Écrit par : Hurts | 23.10.2009
Après un début très moyen, la série reprend joliement, j'ai passé un super moment avec ce dernier épisode !
Écrit par : Hurts | 23.10.2009
D'accord avec toi pour le 5ème épisode, du bon Dexter. Pas du niveau des deux premières saisons encore, mais un bon niveau et un "fil rouge" qui est bien plus intéressant à suivre que celui de la saison 3. J'ai hâte de voir comment va être gérée la comparaison Dex/Trinity.
Écrit par : Red | 29.10.2009
@ Red : la comparaison n'est pas le plus pertinent je trouve, j'ai surtout hate de voir ce que va faire Dexter (va t-il le laisser aux soins de la police de Miami, va t-il se laisser berner par ses apparences de citoyen lambda, va t-il jouer un temps avec lui, après tout la saison n'est pas encore finie, c'est assez intrigant)
Écrit par : adam | 30.10.2009
Wouah moi j'avais adoré cet épisode, le 6. Pourtant je suis d'accord sur les points que tu énonces, et même si je trouve toujours que les storylines de Quinn, Laguerta & co sont pas awesome, la relation entre Dexter et le Trinity vaut le coup d'oeil.
Peut-être pas amenée très subtilement dans la façon avec laquelle Dex s'incruste dans sa vie (trop rapide sûrement) mais je trouve ça assez intéressant à suivre. La saison est supérieure à la 3 pour l'instant à mon goût :)
Écrit par : Red | 04.11.2009
@ Red : elle est pour moi aussi supérieure à la 3, mais confronter Dexter et Trinity aussi rapidement et aussi amicalement, ca me rappelle trop de mauvais souvenirs.
Écrit par : adam | 05.11.2009
Super épisode, comme tu le dis, la série en dévoile beaucoup sur le trinity mais j'ai confiance en la série pour nous achever comme il faut avec les trois derniers épisodes
Écrit par : Dex | 25.11.2009
J'ai vraiment hâte de voir la suite, maintenant que Trinity la vraie nature de Kyle, pardon... Dexter !
Écrit par : Alicia S. | 26.11.2009
Un peu déçu par le season finale de mon côté. À l'image de la saison au final : du divertissement de bonne facture mais un manque de consistance dans la relation Dexter-Trinity qui a du mal à rivaliser avec les conflits qu'on a pu admirés dans les deux premières saisons (Bryan et Lyla) !
Et les réflexions de Dexter se font de plus en plus sommaires je trouve, elles qui contribuaient tant au charme de la série et du personnage au début. La saison reste correcte dans l'ensemble, très agréable à suivre, mais moins intéressante au niveau de la psychologie comme pouvaient l'être les 3 autres (malgré le manque de rythme de la saison 3).
Écrit par : Red | 17.12.2009
@ Red : mon bilan (paru bientôt) met en évidence l'inverse, zut. Je trouve perso que Dexter approfondit ses discours avec cette saison...
Écrit par : adam | 17.12.2009
Quelle fin affreuse, je suis complètement ahuri par Dexter ! Les mois à attendre vont être trop longs
Écrit par : Maxime | 17.12.2009
Incroyable !! La fin m'a laissée sans voix, j'ai rien vu venir, c'est tellement atroce. Que vont ils faire pour la saison 5, on se demande ?
Écrit par : Alicia S. | 18.12.2009
Et les réflexions de Dexter se font de plus en plus sommaires je trouve, elles qui contribuaient tant au charme de la série et du personnage au début. La saison reste correcte dans l'ensemble, très agréable à suivre, mais moins intéressante au niveau de la psychologie comme pouvaient l'être les 3 autres (malgré le manque de rythme de la saison 3).
Écrit par : vente par correspondance | 13.05.2011
teur du spectacle haletant et fort de cette saison. Mais en dent de scie, l’épisode a fait la part belle à la mollesse et à une certaine complaisance de dénouement. Comme tout season final de Dexter qui respecte son code, l’épisode prend l’arc par les rennes, monte le ton crescendo et offre une scène d’action finale à l’emporte pièce. Frustration mêlée d’inquiétude, le spectateur reste sur sa faim, malgré un spectacle sanglant et manichéen qui donne le tournis.
Mais dans cette quatrième saison, où l’intensité a rivalisé de pics record, le sentiment de vertige a été plus que jamais exploité. Une première
Écrit par : heart valves | 23.06.2011
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