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20.07.2009

Cinéma : en avril, il fallait être élitiste

 

En avril, Chanel a crée son défilé inaugural avant de faire la part belle à son histoire avec Igor (la critique se contentera de la sublime Mouglalis en dépit d’une Tautou assez convaincante mais trop populaire). En avril, la St Valentin a été affreusement  célébrée par des adolescents demeurés de 28 ans. Et Sandrine Kiberlain, malgré son capital sympathie intact nous a ennuyé dans ses aventures mal embouchées au fin fond du Canada.


En avril, on ne gardera donc que les plus illustres, entre Miyazaki et Tavernier. Michelle Williams et Isabelle Huppert.
Déception ou folle griserie, retour sur la sélection des six grands films d’avril 2009.

 

 

Ponyo sur la Falaise *

Le dernier Miyazaki avait tout du divertissement attendrissant qui parle à tous. Mais à force de mignardises en répliques déguisées, d’univers doucereusement aseptisé (au frôlement de la parodie), Ponyo, sous ses apparences écolo, est passé rapidement du stade « film mignon à parti pris » à « produit ultra niais sans portée ». Un résultat surprenant pour les habitués d’un cinéaste qui ne minaude jamais, fait sens toujours.

Trop obligeant dans la forme aussi (la qualité du dessin n’a rien de la féerie de Chihiro ou de la grandeur du Château), Ponyo se rapproche plus d’une singerie grimaçante et affectée dont le visuel est aussi simplifié que son propos. En résumé, un film décompliqué à ne voir qu’avec un bavoir.

(4/10)

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Villa Amalia ***

Dans la Villa Amalia, Benoît Jacquot aidé par les matériaux premiers de Quignard, analyse une dérobade initiatique. Celle d’une pianiste renommée, observatrice d’un réel qui échappe progressivement à son appropriation, à son regard, voire à sa conscience et qui sans fantasme, décide de l’exil, de la disparition du tout, de tous, pour ne retrouver qu’elle seule.

Road-movie donc, mais avant tout mental et spirituel dans lequel Huppert règne comme une druidesse avide d’évasion, dans un jeu précis et quasi-ascétique fidèle à cette actrice à part. Un film mouvementé mais silencieux, où tout se construit sous nos yeux, où tout est laissé au hasard du jeu et de la passion, qu’éprouve le réalisateur Benoît Jacquot pour la rousse rugissante. Un rugissement qui dans cette expérience atmosphérique, apparaît plus libérateur, plus fou, plus végétal que jamais.

(8/10)

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Retrouvez ici mon interview d'Isabelle Huppert



Rachel Getting Married **

Si Rachel Getting Married n’a rien de l’étiquette « nouveau Juno » ou « Little Miss Sunshine 2009 » accolée à tort et trop facilement par des médias en manque de références, il se distingue néanmoins de la production indie par le contraste de ses enjeux rythmiques et visuels (métaphore d’une famille unie mais en crise) en point d’orgue d’une mise en scène bohème et délicate.

Œuvre imparfaite par excellence (discours déséquilibrés, scènes brouillonnes expédiées ou interminables, développement académique) mais forcément attachante, Rachel Getting Married conserve l’audace et l’authenticité d’un propos désiré. Vision extatique de l’individu face à une cellule familiale exigeante et sans pitié, portrait complexe d’un mal être silencieux et contagieux au beau milieu d’une joie collective, le film de Demme tout en contraste, est riche de tout ça. Mais sans jamais s’avérer complaisant, pathétique ou flatteur.

Avec en prime une Anne Hathaway transfigurée (légitimement oscarisable), au diapason d’une belle sincérité.

(6.5/10)

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In the Electric Mist ***

Derrière les apparences d’une intrigue policière rebutante et sans surprise, Bertrand Tavernier excelle à rendre compte d’un constat social et historique insondable, vrai mais mystique à la fois sur le local américain, dans lequel mafia et jazz fréquente l’autorité et le show-business.

Comme pour donner au genre une dimension amorcée, pointilleuse et vivante, le cinéaste puise du côté des classiques (James Lee Burke, Eastwood, Faulkner, Antonioni aussi) pour consacrer une photographie d’un instant entre passé, histoire (la guerre de Sécession comme élément gravitationnel) et horizon futur décadent et corrompu.

D’abord thriller, le film s’émancipe rapidement de cette étiquette pour devenir une œuvre de genre, d’atmosphère, de ton, sujette à de multiples interprétations. Basée sur un chef d’œuvre littéraire, pensée comme un classique américain, illustrée par des acteurs qui ont tout de Keitel ou de Brando (Tommy Lee Jones, John Goodman), le film se présentait comme un pari difficile. Mais la cinéphilie inébranlable et la polyvalence du réalisateur émérite a permis de le relever haut la main. Ou du moins, à mi-hauteur.

(7/10)

 

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Retrouver ici mon interview de Bertrand Tavernier






OSS 117 : Rio ne Répond Plus ***

Hubert Bonisseur de La Bath reprend du service. Outre sa niaiserie et son goujat intacts, l’espion français s’est entiché d’une autre tare : être raciste.
Et en cette actuelle époque où l’humour pâlit, comme aseptisé d’un temps pourtant comiquement prompt, rire raciste a bon dos. D’autant plus lorsque les attaques antisémites sont écrites par le réalisateur d’origine juive, Hazanivicius, maître hors pair dans l’art absurde du mot gras, bête, pas si bête finalement, osé pour sûr.

Rio ne Répond Plus se révèle donc être une seconde aventure de choix, plus parodique, plus maîtrisée, représentée dans un cadre sixties parfaitement hollywoodien (à en menacer Elroy et compairs). L’humour y est assuré comme jamais, mais toujours au service de l’intrigue. Au service aussi d’un anti-héros conceptuel maladroit et con, qui en se pourfendant fielleusement de lui-même, nous amuse et nous réjouit. A chaque coup, ou presque.

(8/10)

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Wendy & Lucy ****

Il y a de ces actrices, qui par leur simple regard, leur simple silence, leur simple présence, font tout. En France, il y a Isild le Besco. De l’autre côté de l’Atlantique, il y a sa cousine éloignée, Michelle Williams. La seule actrice à s’être remise de ses expériences premières (à Capeside) en sublimant la caméra de Lee, Wenders ou dernièrement de Kelly Reichardt, auteure du déjà renommé Old Joy.

La force de son second film, Wendy & Lucy est assurément son humilité, entièrement incarnée par l’héroïne.
Sans morale prêchi-prêcha, Wendy & Lucy compose étonnamment avec la dureté d’une Amérique vénale pour livrer un doux portrait d’une femme intègre (et son chien) en quête d’autre chose. Minimaliste et précieux, sans même être un rappel à l’humanité ou verser dans un registre providentiel, le film est un instant de vie brut, vrai, et ne prétend rien. Il dévoile seulement avec délicatesse la traversée (paradoxalement statique) d’une femme affranchie et consciente, cernée dans une période de crise rageuse.
D’une force rare.

(9/10)

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Et en avril aussi, Coco Chanel (6.5/10), Meurtres à la St-Valentin (2/10), Romaine par Moins 30 (4/10), Monstres contre Aliens (5/10), Safari (1/10), Predictions (6/10).

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans xCritiques Cinéx | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : ponyo, wendy & lucy, oss 117 |  Facebook

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Commentaires

Oula, malheur cher Adam on n'a pas les mêmes goûts cinématographiques ! Je vais quand même commenter les trois films qu'on a vu en commun (ca date quand même !). Malheur (bis), c'est des films auxquels t'as pas réservé une critique développée.

Alors Meurtres à la St-Valentin, j'ai trouvé ça sympathoche (vu en 3d). C'est du niveau des Destination Finale, donc pas trop recherché niveau scénario mais divertissant. Pas à revoir plusieurs fois par contre.

Prédictions, c'était moyen. (Nicolas Cage, j'aime pas) Les films qui réitèrent le leitmotiv connu "je dois sauver le monde", encore moins.

Coco avant Chanel, le seul intérêt c'était Audrey Tautou. Je suis pas friand des films français donc c'était une agréable surprise.
(j'ai jeté un oeil à ton itw avec Isabelle Huppert aussi, quelle plume !)

:)

Écrit par : Red | 20.07.2009

@ Red : Coco Avant Chanel, quelle erreur de ma part, merci de me l'avoir implicitement souligné ! Pour Meurtres, je vais (te) développer ici. Je n'ai malheureusement pas retrouvé le (deja faible) scenar de Destination Finale. Vu aussi en 3D, j'ai trouvé ça consternant (absolument prévisible et dénué de tout effet frisson).
Pour Predictions, j'ai pas trouvé ça si mauvais finalement, même plutot courageux d'ailleurs (la fin est ambitieuse) et il y avait Ellen :) Mais ça reste un genre de film très limité.

Isabelle et moi te remercions Redoun' :)

Écrit par : adam | 20.07.2009

Le chat is back ! (je crois)

Pour parler de son ami Ponyo tout d'abord.

Bon d'accord c'est pas un grand miyazaki.
Nettement moins poétique que sa copine Chihiro, et moins envoutant que son grand frère l'Chateau, Ponyo m'a quand même touché, par sa naïveté, et sa trop naïveté d'ailleurs (LOURD UN PEU en fait).

Mon coup de cœur du moins, OSS 117 volume 2 le retour de l'humour osé. Nettement mieux que le 1er ( L'EM n'est pas d'accord par contre, mais bon.. ) Beaucoup plus drôle, encore plus kitsch et plus fin dans la lourdeur de l'humour.

(Wihi)

J'ai oublié Audrey Tautou, que j'aime beaucoup, très forte en Coco ( pas celui de Gad de m**** hein ! ) , ce film ne m'aura finalement pas tant marqué que ça (niant niant et téléfilm France 2... ( un peu...))

(On ne parlera pas de meurtre à la Saint-Valentin que j'ai trouvé juste dégueulasse, sans intérêt, et en 3D j'ai presque l'impression que c'est pire. On ne parlera pas non plus de Safari, que j'aurais préféré voir seulement à travers les PHOTOS allociné)

J'aime quand tu parles de cinéma, parce que ça me parle, et je me sens moins spectateur (seul) d'un spectacle (de foule éparse, perdue dans l'obscurité des cinéma pathé et gaumont, éclairée par la seule lumière de leurs abonnements illimités à 19euros/mois)

Écrit par : Lechat | 21.07.2009

Bon, je vais parler des films en commun qu'on a vus !

Tout d'abord, pour "Ponyo", je te trouve assez dur. Certes, ce Miyazaki-là est moins engagé que les autres et plus édulcorée. Il y a bien sûr toujours cette question de l'environnement, même si effectivement, c'est bâclé de ce côté-là. Ce n'est pas le meilleur film du cinéaste Japonais, mais il reste quand même très touchant.

Pour "In the electric mist", je suis assez d'accord avec ta critique, même si j'ai préféré la première partie du film par rapport à la seconde. Pourquoi ? J'ai beaucoup aime le côté philosophique et artistique, mais l'enquête est bâclé en deux trois mouvements. Et pourtant, c'était bien parti pour être éprouvant (au niveau des dialogues je parle) ! Mais dans l'ensemble, ça reste correcte (et Tommy Lee Jones qui narre me fait penser à Jenna Malone qui fait de même dans "Into the wild").

Pour la suite d'OSS 117, moi qui m'attendais à de la bouse francophone bien fraiche, j'ai été très surpris. Jean Dujardin est excellent (un de mes acteurs français préférés

Écrit par : Fabien | 21.07.2009

Bon, j'ignore pourquoi, mais mon psot entier n'a pas été publié, du coup je reprends là où je m'en étais arrêté.

Pour "OSS", je disais que le film était une bonne surprise et Jean Dujardin toujours aussi excellent ! Et que ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri au ciné.

Pour "W&L", Michelle Williams m'a une fois de plus bluffé (elle était à son apogée dans "Brokeback Mountain"). Et ce lien qu'elle tisse avec son chien est si intense (on voit même à quel point elle fait tout pour le retrouver une fois celui-ci disparu). Et le peu de dialogues renforce davantage la beauté du film.

Pour le reste, j'ai vu "Romaine" (une comédie mièvre qui enchaine des gags juste bons à faire rire mémé un samedi soir sur Fr2) et "Coco Chanel" (déçu là aussi parce que j'en attendais davantage de cet "événement", mais Tautou s'en sort encore une fois dignement). Mais dans le genre "biopic", je te conseille "Soeur Sourire".

Sinon, il me reste à voir "Rachel Getting Married" (juste pour voir la performance d'Hathaway) et "Meurtres à la Saint-Valentin 3D" (là, c'est facultatif).

Écrit par : Fabien | 21.07.2009

@ LeChat et Fabien : merci pour ces riches et longs commentaires, je reviens vers vous très vite

Écrit par : adam | 21.07.2009

@ LeChat : j'aime aussi que tu aimes mes billets cinéma, même si je comprends pas vraiment ton attrait pour Meurtres à la St Valentin, qui est sans intérêt. Serais tu un perv' ? Pour Coco et OSS 117, c'est un peu le cocorico de l'année. Plus rico que coco pour Hubert.

@ Fabien : déjà bravo, tu dois être le seul à avoir vu (tout ou presque) cette sélection d'avril.
Touché par quoi dans Ponyo ? Concrètement, qu'est ce qui a bien pu t'émouvoir dans ce film enfantin ? Il te reste en effet Rachel à voir, que j'avais vu juste après Wendy. Registre différent mais une bonne paire, je l'assure.
Pour Soeur Sourire, je pense que je vais passer pour cette fois. Chacun ses jokers :)

Écrit par : adam | 22.07.2009

Prédictions, c'était pas juste trop mol tous ces grands blonds ?

Et Coco avant Chanel, c'était pas juste trop mol Audrey Tautou ? (non en fait, j'ai bien aimé)

Rachel getting married, j'étais assez perplexe à la fin, je serais incapable de dire si j'ai aimé.

Et puis j'en ai vu d'autre aussi, mais j'ai raté Wendy et Lucy rapport que je vis dans une ville toute pourrie.
Michelle Williams est formidable, mais tu ne PEUX PAS comparer Michelle à Isild Le Besco. Ah non non non !!!

Et tu critiques très bien.

Écrit par : Marine. | 22.07.2009

@ Marine : vous êtes quelqu'un d'éminemment respectable. La fin de Rachel m'a aussi laissé perplexe (quand on se la joue pigiste, c'est une bien jolie formule consacrée, d'ordinaire j'aurais dit que c'était uber-chiant et genre à n'en plus finir (parce que finalement à l'issue de scène de danse de trois heures, il s'est quand même RIEN passé ?)

Et Michelle est à moi (je te laisse Bernard, va).

Tu n'aimes pas Isild ? J'aurais pu aussi la comparer à Ninon, aussi, ma foi.

(dans Predictions (j'aime répondre à tous les points de tes commentaires), y'avait Rose Byrne, alors c'était bien (ou presque))

Écrit par : adam | 22.07.2009

Ce que j'avais aimé dans "Ponyo", c'est le rapport qu'entretient cette dernière avec Sosuke. Une belle histoire d'amitié en quelque sorte (je sais, c'est un argument facile).

Écrit par : Fabien | 23.07.2009

Safari... LOL

Écrit par : camille la it girl | 23.07.2009

@ Fabien : facile mais louable :)

@ camille : oh ca va HEIN. J'y suis allé (juste 20 mn) un soir de gros ennui :)

Écrit par : adam | 23.07.2009

On est banni de ton blog à vie si on resté jusqu'à la fin de Safari ? Ou genre on est juste condamné à écouter Bernard en boucle pendant 48 heures ?

Oui, la fin de Rachel getting married est chiante. Je n'osais pas le dire.

Je n'aime pas Isild. Pour te dire, je la vomis autant que Ninon. AH, c'est pas rien hein !

Écrit par : Marine. | 23.07.2009

@ Marine. : OMG, quel aveu! Cette fin etait elle aussi tonitruante que ces grands débuts de film de ouf sa mère ?
Isild est choupie. Et a meme la classe. Pas comme Ninon (et toi). (bon toi, si un peu, à la Bernard)

Écrit par : adam | 25.07.2009

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