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  • Leverage - Review - Critique – Pilot

     

    Créé par Chris Downey, John Rogers (The King of Queens)

    Diffusion – TNT

    Format 55 minutes (pilote) – 13 épisodes (saison 1)

     

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    Cast

     

    Timothy Hutton (Kidnapped), Christian Kane (Angel, Close to Home), Beth Riesgraf (My Name is Earl), Gina Bellman (Coupling, Jekyll), Aldis Hodge (Friday Night Lights, CSI), Saul Rubinek (Frasier, Blind Justice, Julia)

     

    Critique

     

    Dès les premières secondes du pilote, c’est évident : Leverage est une série de divertissement avant tout, mélange d’action et de coolitude second degré. Apprécions-la comme telle, mais dès lors, on a toutes les raisons de craindre le pire : une écriture facile et cliché, se fendant d’une ironie histoire de faire croire au semi-ratage volontaire et parodique ?

     

    We provide… leverage (réplique culte)

     

    Leverage conte les débuts d’une troupe de bienfaiteurs de l’humanité à la limite de la légalité, taquins, chieurs, mais gentils au fond, ne prenant pas leur job bien au sérieux, mais le faisant bien. Des vrais pros, et sympas en plus. Dans le genre, on a déjà vu Hustle, d’ailleurs on se demande encore pourquoi TNT s’acharne à commander tant de projets doublons, copies supposées de séries réussies. Et ici, les dialogues semblent forcés, les intéractions entre les personnages peu charismatiques et tous cliché, superficielles. Bien sûr on peut argumenter que le désastre est parodie, que l’incendie est volontaire, comme le signalent les flash-backs plus ou moins décalés. Mais n’est-ce pas encore pire de se poser comme conscient, et en maîtrise, du désastre de son scénario ?

     

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    We know Drama, alors pourquoi Leverage ?

     

    Du scénario, parlons-en. Saul Rubinek, le pauvre, se débat avec un rôle digne – dès le pilote – d’un personnage de la saison 3 de Prison break. Du sous Prison Break saison 3. Comme Lechero, Victor Dubenich est prévisible et naïf pour son rang – juste comme il faut, pas trop, il faut bien remplir l’épisode, et se croire crédible. Tout est fait pour coller au scénario, dès le pilote, remarquez, on peut être curieux, se demander si on peut tomber plus bas.

    Ma critique peut aussi être un rien sévère : pour ceux qui n’ont pas connu les joies des tricks de The Riches, Hustle ou Prison Break, peut-être cela vous suffira. Moi, çà me rappelle 24 auquel je n’ai pas accroché,  avec ses bidouillages informatiques qui embrouillent l’esprit, l’action avant tout, la caricature second degré en plus. Jack Bauer, au moins, a l’honnêteté d’assumer son sérieux légendaire de martyr.

    Dans Leverage aussi le personnage central est supposé plus profond que les autres. Le seul intérêt de la série, pour moi. Mais bon, un problème moral inintéressant et prévisible, et un traitement lourd plombent la douleur indicible qui accable Nathan. La scène avec le ninja-coiffure-surfer sur l’amitié gâche un rien la seule subtilité du pilote. Parce qu’à moins d’avoir loupé des références qui me sont inaccessibles, ne pas compter là-dessus, tout est clair, tout est dit. Leverage, une pionnière de la série honnête et déceptive ?

     

    Lourd

     

    Bah voyons, remarquez dans ce cas le réalisme criant, autrement dit l’image et les décors ternes et sans identité font l’affaire. Par contre, quel est le but de la réalisation qui donne le tournis (amusez-vous à compter les tours complets de la caméra…) ? Et de la musique façon Ocean’s, omniprésente et lourdingue ? Une sorte de métaphore sur le mouvement nécessaire ? Le manque de charisme des acteurs/persos empêche de toute façon Leverage de prétendre au statut d’Ocean’s des séries.

     

    Conclusion

     

    Une série qui, dès son pilote, pose les bases de son mélange drama assumé / comédie jemenfoutiste avec une honnêteté discutable. Un pilote où, finalement, le mouvement et le bruit sont omniprésents, pour éviter de s’arrêter et de penser, un peu comme Nathan Ford pour oublier sa souffrance. La marque peut-être d’une profondeur minimale, ou simplement d’un style commercial avoué.

     

     

     

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  • Critiques ciné : séquences estivales

     

    En Juillet, de la grosse production souvent indigeste ..

     

    WallE **

     

    Le crime irrémissible de Wall E est d’avoir volontairement scindé son concept en deux majeures et cédé finalement aux exigences commerciales. La première partie introductive, contemplative et poétique, à des années-lumière des films d’animation extravagants, offre un propos bouleversant sur l’apprentissage des sentiments par un robot sensibilisé et un regard désolant sur l’état d’un monde auto-annihilé. Sa force retentissante réside avant tout dans sa démarche silencieuse et méditative, son sens du détail et sa concision. La seconde partie, plus terne, plus décousue et bien plus formatée, se résumant à des péripéties spatiales balourdes et caricaturales sans grand intérêt et aboutissant à une réflexion-critique inappropriée et épaisse sur les rituels consuméristes destructeurs de l’humain égoïste tout-puissant, se présente en décalage total avec la délicatesse et l’originalité initiales de son concept et brise ainsi toute la magie et la fine construction dramatique de ce grand chef d’œuvre annoncé. (6/10)

     

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    Wanted ***

     

    Influence graphique, plans-séquences impeccables, réalisation dynamique et direction vive, montage frénétique, échanges dangereusement cyniques ancrés dans des mouvements de caméra toujours rigoureux, Wanted use tellement des agréments du blockbuster puissant et impactant que le résultat est réussi, finalement jubilatoire et surprenant. Sans jamais faire dans la fine subtilité et à l’aide d’une interprétation paradoxalement policée des deux protagonistes, Wanted est un spectacle constant qui assume efficacement sa dimension pachydermique de mauvais goût principalement destinée à séduire les spectateurs lambdas avides de courses-poursuites et autres sensations fortes. En filigrane, le film réussit -aussi- grâce à un univers de corruption et de simulacre plutôt attirant, à sauver une histoire initialement incongrue et anémique en brouillant avec génie ses pistes scénaristiques et en dénonçant tacitement un manichéisme sociétal véridique. (7/10)

     

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    The Chronicles of Narnia : Prince Caspian *

     

    Démonstration fantastique inégale et longuette, à la hauteur d’un paysage fictif montueux (symbolique), servie par un Prince Casse Pieds peu charismatique et une même bande de sales gosses têtes à claques plus mauvais les uns que les autres, cette fresque s’inscrivant dans la lignée d’un premier volet plat et linéaire, perd en authenticité ce qu’elle gagne en belliqueux et autres fausses bravoures-nunuche presque ringardes, une dimension épique cependant acceptable qui aurait été bien plus louable sans la complaisance affichée et les très faibles ressources scénaristiques d’un film auto-anéanti, fiasco fantastique dénué d’intérêt. (3/10)

     

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    Kung Fu Panda **

     

    Everybody was kung-fu fighting…, la philosophie Kung Fu a beau nous laissé complètement de marbre, cerveaux d’occidentaux pour cause, Kung Fu Panda réussit toutefois  l’équilibre parfait entre la spiritualité de l’art martial alors accessible, la finesse d’une histoire échevelée et le décor chiadé d’une Chine ancienne authentique, emportant alors notre adhésion. Sans éviter bien sûr d’emprunter les lieux communs inhérents au genre et en usant férocement des ingrédients types tels que les punchlines bien senties à la Dreamworks ou autres péripéties conventionnelles du genre animé, Kung Fu Panda reste un divertissement honnête et de bonne facture, sa beauté formelle et son approche philosophique lui permettent en outre une spiritualité sincère adhérente qui sied rarement à ces films d’animations farfelus et cousus de fil blanc. (6.5/10)

     

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    Journey to the Center of the Earth *

     

    En 3D ou non, ce Voyage au centre de la Terre n’a de Vernien que le titre de l’œuvre. Adaptation bankable et grandiloquente lourde en gags paresseux, mises en situations tristement attendues et dialogues à s’en décrocher violemment la mâchoire, ce douloureux Voyage entre morale familiale convenue et aventures gentiment dangereuses, infantilise plus qu’il ne distrait. Son incapacité à enjoliver l’univers fantastique ingénieusement pensé par l’écrivain et son manque d’ambition quant à l’exploitation efficiente de son esthétisme enfantin formel et de son graphisme central supposé bluffant, déjà affaibli par un montage médiocre et une linéarité d’ensemble, condamne le film au rang de produit familial de seconde zone habituel et usant. (3/10)

     

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    En Juillet, entre films intimistes et productions indé ..

     

    Diary of the Dead **

     

    A l’appui du principe filmique subjectif actuellement incontournable, dans la lignée des succès à la REC et Cloverfield, Diary of the Dead se paie lui, le luxe d’allier zombies et effets de caméra et se distingue de ses concurrents par son ambition argumentative manifeste et son désir froid d’hémoglobines. Mais contrairement à REC, en condamnant perpétuellement et frontalement ces médias intrusifs par une méthode journalistique des plus maladroites et filandreuses, le film perd de sa force et s’assimile finalement plus à une démonstration sociale inoffensive –qui plus est discutable- qu’à cette métaphore horrifique et barbare initialement auto-proclamée. (5.5/10)

     

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    Hallam Foe **

     

    Hallam Foe, un portrait d’adolescent en mal de vivre, esseulé et voyeuriste, un portrait d’apparence sobre et légère qui néanmoins aborde secondairement des thèmes prenants comme les difficultés d’intégration, le désir oedipien, le travail de deuil. Le film, alors vu comme une illustration subtile de toute une interprétation freudienne ne fait malheureusement que survoler ces points forts et se contente dans la durée de son étiquette de production indie à la bande-son joyeusement hype et à la photographie d’un Edimbourg parfait, une frustration d’autant plus forte que sa conclusion laconique dommageable l’éloigne définitivement de tout ton novateur et atypique, pourtant à sa portée.  (6/10)

     

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    Le Premier Jour du Reste de Ta Vie **

     

    Il semble évident que le Premier Jour se démarque avec panache des productions françaises par son écriture aboutie, sa bande-son quasi-parfaite et sa mise en scène originalement élaborée. En revanche, son incessante théâtralisation de la vie familiale, entre excès tire-larmes, facilités psychologiques et gros clichés en soi sur le quotidien et les conflits intergénérationnels inhérents à toute famille, empêche le film dans sa volonté manifeste de bien faire, de bien montrer et de bien émouvoir et gâche par là-même son désir de sobriété et d’authenticité. Le film en s’efforçant de surcroît une maitrîse totale de son plan formel, en vient à sous exploiter et bâcler certaines de ses intrigues et perd en subtilité ce qu’il ne récupère pas toujours en créativité, cette exigence s’essoufflant férocement dès le milieu du film. Au final, n’est pas Anderson ou Vallée, qui veut. (6,5/10)

     

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    Broken English **

     

    Broken English, le film de Zoe (fille de) Cassavetes échoue là ou l’enlevé 2 Days in Paris de la géniale Julie Delpy avait brillé : évoquer les rapports amoureux avec subtilité et renouveau, Broken English préférant lui, surfer sur la mode des films électro à la thirtysomething : aéré, mélancolique mais surtout très creux.  En raison de problèmes indéfectibles de rythme, d’un scénario quasi inexistant et d’une ultime conclusion à l’emporte-pièce, le film peine à asseoir une intrigue à la hauteur et se contente pour ainsi dire d’un bref descriptif succinct loin d’être prenant. Heureusement, la magistrale Parker Posey redore à elle seule la légitimité du film en lui procurant une dimension anecdotique et chaleureuse. (6/10)

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  • Brothers & Sisters– Bilan – Critique – Saison 2


    Running for President, un arc narratif aussi irréaliste qu’inintéressant

    Brothers & Sisters a toujours voulu se démarquer des autres soap modernes de son acabit en proposant une thématique politique centrale, l’idée n’était pas mauvaise et apporta une touche d’originalité dans une série familiale foncièrement classique. Mais cette année, la série ne s’est pas contentée de quelques débats houleux opposant les Walkers entre eux pendant les dîners agités de famille ou de mettre en scène Kitty et sa vie professionnelle trépidante. La série a profité de l’actualité et de l’intérêt médiatique suscité par le sujet course à la Maison Blanche pour se lancer dans une campagne présidentielle mini-format.
    Robert, sénateur et petit-ami de Kitty Walker a ainsi annoncé à Kitty en fin de saison passée son intention politique de « courir » et la seconde saison s’est alors naturellement ouverte par un Robert en pleine course présidentielle.
    Au final, ce que l’on pouvait craindre de ce jumping the shark avant l’heure s’est totalement réalisé, Brothers & Sisters étant aussi ambitieuse et élaborée qu’un téléfilm typique de Lifetime. La série a suivi alors sagement cette campagne du côté des coulisses, de primaire en primaire pour finir sur un désistement bâclé mais heureux : un Robert président aurait été une storyline ingérable et bien trop ambitieuse scénaristiquement pour ce genre de séries.

    Cependant, cet arc de Brothers & Sisters aurait pu se révéler passionnant si la série avait misé sur des enjeux politiques internes de réelle portée, sur une opposition de vraies idées politiques plus concrètes, sur des problématiques actuelles fiévreuses, si la série avait exposé également les rouages techniques d’une campagne présidentielle, sur son déroulement, son financement, sa gestion … Malheureusement, la série s’est contentée d’un strict minimum, accumulant les clichés politiques, les coups bas ridicules et misant sur une émotion inappropriée, la campagne s’est déroulée de manière prévisible et sans saveur, pareille à une inoffensive histoire quotidienne ; Robert le républicain (interprété par un acteur connu pour son extremisme de gauche) n’est pas non plus étranger à cet échec, ce gentil républicain qui a réponse à tout est un personnage lisse, insipide et sans charisme, incapable donc de transmettre le poids et la pression politique que peut subir un vrai candidat politique.

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    Brothers & Sisters : "Tough on crime, big on defense, America first and old-fashioned"

     

    Du soap et du mou..


     

    Niveau scénarii, cette seconde saison de Brothers & Sisters a été plutôt décevante. La première saison avait réussi à caler entre des histoires un peu sirupeuses et des péripéties attendues, quelques bonnes storylines solides et attrayantes qui nous avaient convaincu de suivre l’intégralité de la saison sans trop d’effort. Cette année, les quelques bonnes aventures se sont comptées sur les doigts d’une main, l’esprit de la série s’étant un peu perdu en chemin.

    On savait la difficulté pour les scénaristes que de gérer avec efficacité l’évolution de chacun des nombreux personnages Walker, la saison inaugurale avait été juste et conciliante mais cette seconde saison a manqué de concision : les storylines ont été inégales en tout point de vue et ont pêché par défaut de méthode et manque sévère d’originalité se traduisant alors souvent par un dénouement toujours très convenu et par ce sentimentalisme toujours exacerbé.
    De plus l’évolution de certains characters a été complètement laissée de côté ou à l’inverse complètement bâclée, la saison avait commencé fort pour Tommy, enfant, rupture, adultère, retour de l’épouse et de l’enfant prodigue, l’évolution était flagrante mais trop abrupte et manquait véritablement d’étapes ; après une conclusion hâtive et bâclée, la famille de Tommy renoua avec son rôle de figurant et Tommy au rôle de grand frère transparent. Voilà un exemple bête et méchant qui prouve que la construction scénaristique de Brothers & Sisters est toujours très vulnérable. Seuls Sarah et Justin ont pu bénéficier d’une évolution réelle mais l’univers professionnel de la première n’étant pas des plus captivants et le jeu cabotin du second étant exaspérant, on reste un peu sur notre faim.

     

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    C'est quoi ce décor d'entrepôt à la mords-moi le noeud ?

    Histoires superficielles et acteurs stupéfiants, un contraste frustrant

    Pour pallier cette contrainte quantitative, la série mise beaucoup sur le quotidien tranquille de ses héros et sur leurs histoires sentimentales, malheureusement aussi originales que celles d’un soap opera au rabais, on ne peut que s’ennuyer devant le spectacle. Et à chaque épisode, lorsque la musique sirupeuse démarre en fond, l’émotion supposé à son paroxysme, ma frustration est plus intense que jamais et une impression demeure, une impression qui consiste à penser « c’est un peu triste que d’assister à tant de mésaventures affligeantes de banalité alors que les protagonistes les personnifiant dégagent un charisme indicible » et ça, c’est toute la frustration de Brothers & Sisters. Alors que Rachel Griffiths se la joue gamine écervelée rancunière et vengeresse entre lamentation et pleurnicherie –ce qui nous change bien trop de la spirituelle et mature Brenda Chenowith, Sally Field, elle, est plus paradoxale que jamais, envahissante mais désireuse d’indépendance, elle interprète avec grand talent les geignements de cette sexagénaire un peu assommante, faut bien le reconnaître.

     

    Interaction familiale, le seul véritable atout de B&S

    L’atout majeur de l’originel Brothers & Sisters était incontestablement l’interaction qui résultait de la famille Walker, les scènes en famille ont toujours été dans Brothers & Sisters les moments les plus agréables et efficaces en raison d’une réelle alchimie entre les personnages, la famille Walker est sous cet angle une famille nombreuse classique très réaliste. Dans cette seconde saison, la connivence et la complicité entre les personnages sont encore palpables, ce qui rend cette famille Walker très attachante dans son ensemble mais il n’empêche que cet effet a un peu diminué, les rencontres familiales étant un peu réduites et moins inspirées que celles des grands débuts. L’entente entre les Walker reste cependant le point fort de la série, celle-ci sait mettre en scène les repas tragi-comiques des Walkers avec efficacité et humour. Mais il faudrait pour la troisième saison insuffler un peu plus de dynamisme, de folie, de renouveau à cet aspect ; ces relations familiales devenant déjà un peu plus attendues et conventionnelles.

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    Ah... Rebecca... Walker, pas Walker ? Inceste, pas Inceste ?

     

    La mauvaise surprise de l’année ou comment éviter l’Inceste

    Oui, ça a été quand même la mauvaise surprise de l’année, quoi qu’on en dise. Comme dirait Michael Scott, alert spoiler.  
    Rebecca Walker, c’est l’intrigue principale de la première saison de B&S : présentée comme la fille cachée de William, le patriarche de notre grande famille, son existence est révélée aux Walkers en milieu de saison et celle-ci bouleverse, comme on peut s’y attendre, cette famille et ses représentations. Mais finalement, grâce à un esprit de famille idyllique, la vie de cette fille est peu à peu acceptée, son intégration dans la famille se fait par étapes, l’étape de j-allume-le-mari-de-ma-toute-nouvelle-sœur- ayant eu son petit effet, et c’est donc à travers l’image d’une famille agrandie et plus apaisée que jamais que la saison s’est achevée gentiment.  Mais toute cette attention portée sur cette histoire a été réduite à rien lorsqu’en seconde saison, les scénaristes ont eu l’idée saugrenue d’inventer un autre père à Rebecca, en filigrane, Holly is a slut.

    Brothers & Sisters et les trilogies de genre, c’est donc même combat. Le troisième volet d’une trilogie révèle toujours des choses que l’on croyait vraies mais qui ne l’étaient pas. Dans Brothers & Sisters, même topo (sauf que l’on ne respecte pas la règle du second volet identique, chut). La vérité n’est pas celle que l’on croit, traduction : Rebecca n’est pas la sœur Walker cachée, c’est un robot crée par Holly pour détruire les Walkers un à un, il faut donc lui cryogéniser la tête. Subtil, hein ? Remarque, décider que Rebecca ne soit finalement pas une Walker pour qu’elle puisse embrasser en toute décente et tomber amoureuse en toute moralité de son ex-frérot, ça craint tout autant et ce même si le frèrot est beau comme un diable (sondage virtuel établi sur 1112 sondées). Un peu d’inceste dans Brothers & Sisters aurait été bienvenue, non, le vieil oncle est déjà un homo refoulé depuis cinquante ans qui fait lors de cette seconde saison 13 fois et demi son coming-out, on titille assez les mœurs comme ça. Il est là en fait le vrai jumping the shark de Brothers & Sisters : nous faire un coup pareil en seconde saison, c’était bien trop aberrant et excessif.

    Adam.

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  • Brotherhood - Bilan - Saison 1 + Présentation

    Voilà une étape cruciale dans la vie fascinante de Blabla-Series. J’vous présente officiellement le second rédacteur du site, Zurabinho, jeune sériephile passionné et talentueux, devenu rapidement un petit frère spirituel, proche important, recruté surtout (soyons intègres) pour son style vif et incisif. Adam.

    Tout d'abord salut à tous ! Je serai bref : j'ai essayé de coller au mieux au style fluide et au propos profond de notre grand rédacteur. Par avance je m'excuse de cette intrusion osée, en espérant quand même que vous preniez du plaisir à lire mes critiques, qui n'ont pour but que d'aider à élargir la base des séries couvertes sur ce site. Maintenant je m'arrête avant que çà devienne saoulant. Bonne lecture. Zurabinho.

    A passionate analysis of the connections between politics and crime, fuelled with a rather questioning melancholy, Brotherhood is also a clever and sensible family drama.

    Drame de Blake Masters
    Diffusion Showtime
    Saison 1 – 9 juillet / 24 septembre 2006
    Saison 2 achevée – Saison 3 à venir
    Format 50 min – 11 épisodes (S1)

    Cast
    Jason Isaacs (The State Within, Harry Potter), Jason Clarke (Stingers, Farscape), Annabeth Gish (The X-Files, The West Wing), Fionnula Flanagan (The Others, Paddywhackery)

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    Critique

    Comme vous le savez tous (!), la série lancée en 2006 par l’inconnu Blake Masters sur Showtime a été il y a quelque temps déjà renouvelée pour une troisième saison de 8 épisodes, à venir certainement d’ici la fin 2008. L’occasion de revenir sur la première, trop vite (?) comparée aux Sopranos, se lisant parfaitement dans sa continuité qualitative mais s’en démarquant pour sa majorité.

    Tout d’abord quelques points de repère : Brotherhood est une série suivant principalement deux frères d’origine irlandaise, Michael et Tommy Caffee. L’un est un mafieux, l’autre un politicien, tous deux à Providence, dans l’Etat du Rhode Island. La série est filmée sur place, une mode plutôt encourageante pour les séries du câble, comme Breaking Bad à Albuquerque ou True Blood à la Nouvelle-Orléans. Elle y gagne bien sûr en crédibilité, grâce aussi au travail de recherche de son créateur, qui a passé du temps avec les politiciens du coin pour rendre son univers réaliste.

    Politique et mafia entrelacés, et possible side effects

    La ligne directrice la plus évidente qui ressort de cette première saison, c’est le parallèle entre les deux frères, déjà évident sur l’affiche de la série. Le pouvoir, même ambition suprême chassée par un politicien et un mafieux, et toutes les analogies que l’on peut faire entre ces deux mondes finalement semblables. Masters voulait nous questionner sur les bonnes intentions politiques et leur corruption par les moyens d’y parvenir. En effet Tommy Caffee semble au départ vouloir le bien de son prochain, en bon Catholique. Mais sa situation financière difficile et sa volonté d’émancipation personnelle le pousseront à choisir des chemins de traverse plus ou moins moraux, comme tout bon politicien. Pressions, lancement de rumeurs, le très respectable Tommy se souille peu à peu à mesure qu’il gravit les échelons. Michael, lui, revient au début de la série d’une longue absence (7 ans), toujours injustifiée par lui-même. Son personnage est lui aussi paradoxal, entre la violence extrême et impassible du mafioso qui veut reprendre sa place dans le district, et le gamin qui dort chez sa mère et n’y connaît rien aux femmes. Michael, au contraire de son frère, part de la soif de pouvoir à combler de façon immorale si possible. Le préféré de sa mère, il revient dans la famille grâce à elle, mais est présenté comme un intrus dans la vertueuse famille Caffee. Ce qui ne l’empêchera pas par la suite d’aider un cinéma de quartier, et de montrer parfois plus de sens moral que son frère.

    Petit à petit, le mafieux s’aide de l’influence du politicien, et inversement avec l’argent. Cette alliance quoique chaotique engendre des dommages collatéraux et révèle les plaies de leurs proches. Eileen, sublime épouse de Tommy, dans la lignée des femmes désespérées actuelles (Betty de Mad Men, Skyler de Breaking Bad), représente une version droguée, apitoyée, presque poétique de la solitude muette. Certes les effets visuels et métaphoriques sont parfois faciles ou cliché (les filtres de couleur lors des scènes de fumette à la fenêtre, la lavabo débordant sous ses yeux…), mais cela trahit aussi la complaisance d’Eileen dans sa situation. Avec Pete McGonagle, pantin de Michael au travail et ancien alcoolique, elle entretient une relation ambiguë. Elle se retrouve confrontée à la possibilité d’une désintox, mais tente du coup aussi Pete, leur duo menaçant de basculer à tout moment dans un cercle vicieux.

    The times they are A-changing

    Brotherhood décrit aussi en filigrane la vie de la population de The Hill, une communauté imaginaire déchirée entre tradition catholique-irlandaise, et modernité. Avec comme thèmes secondaires, le temps d’intrigues plus courtes, l’homosexualité ou les licenciements, Brotherhood en est en fait par là surtout la digne héritière des Sopranos. Le personnage de Rose Caffee est tout ce qu’il y a de plus ambigu, entre racisme latent et défense des travailleurs… irlandais bien sûr. Freddy Cork est lui l’incarnation d’un chef mafieux débordé par les temps actuels, notamment dans le sensible épisode 9. Alors faut-il céder à la tentation du communautarisme, ou accepter les mutations sociales, la perte d’identité ? Les personnages, confrontés à la question, représentent tous une réponse double et non arrêtée.

    Enfin la réalisation est très soignée, signée de pointures genre Ed Bianchi (Deadwood), avec du recul par rapport à ses personnages. La scène de l’approvisionnement d’Eileen en dope est mémorable, comme la scène d’amour absolument pas sexy avec Tommy, qui ‘fait le boulot’ comme on dit ! La bande originale de la saison 1 vaut aussi définitivement le détour. ‘Let the Bad Times Roll’ de Paul Westerberg illustre à merveille la volonté de se terrer en attendant l’éclaircie, tandis que ‘Sweet Memory’ des Tindersticks est une chanson mélancolique à souhait pour conclure le sublime ‘Ecclesiastes 7 :2’, sur la fuite du temps au milieu d’une population, figée à l’occasion d’un drame très symbolique. Du Velvet Underground à Bob Dylan, les chansons n’alourdissent pas le propos, elles lui vont comme un gant. Enfin, pour ceux que çà intéresse, un bonus du show est la référence à un texte sacré dans chaque titre d’épisode. Pour l’épisode 1, Mark 8:36 de la Bible : ‘What profit has a man if he gets all the world with the loss of his soul?’ – ‘Et que sert-il à un homme de gagner le monde, s`il perd son âme?’. Voilà voilà, méditations en perspective.

     

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    Conclusion

     Brotherhood force d’emblée le téléspectateur dans son intrigue, de par le mystère de l’absence de Michael. Elle en profite surtout pour placer un décor inédit et complet d’un quartier populaire irlandais dans le Nord-Est américain, avec ses politiciens, ses syndicats mafieux, ses usines dépassées… Un portrait collectif désenchanté, qui pose la question de l’ouverture.
    C’est aussi un juste exposé (partiel, mais ce n’est que la saison 1) des défauts de la démocratie, où le pouvoir politique a besoin d’argent et d’influence, ce que fournissent les criminels et les manœuvres de bas-étage.Enfin c’est un portrait de famille, avec ses préférences, ses rancœurs, ses non-dits et sa propre déliquescence.
    Donc un show à découvrir d’urgence, selon moi dans la lignée des piliers de HBO. Il ne possède peut-être pas à l’époque leur envergure, mais des indications seront données lors de la saison 2, que je critiquerai fin aout a priori.

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