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  • Desperate Housewives – Bilan – Critique – Saison 4


    Un condensé d’humour, de bonne humeur mais aussi de médiocrité

    C’est tout Desperate Housewives : une série capable du meilleur comme du pire ; les mauvaises langues diront qu’elle excelle plutôt dans le pire et que seule la saison inaugurale vaut le détour. Certes, il n’empêche que Desperate Housewives est une série majeure des années 2000, entre soap et drama, humour et tire-larmes, la recette n’avait beau être révolutionnaire, elle était diaboliquement efficace et maîtrisée, j’en veux pour preuve son succès absolu. Le succès aurait-il été au rendez-vous si la série avait fait preuve de médiocrité dès le début ? Probablement, Prison Break l’a bien fait.

    La quatrième saison de ces femmes désespérées est imparfaite -comme toujours, bancale –encore une fois, irrégulière et laborieuse -c’est une habitude, parfois même insupportable et ça, c’est une grande première. Les scénaristes ont-ils perdu tout talent dans leur combat syndical acharné bien trop médiatique ? En tout cas, cette supposition expliquerait le retour ô combien raté de Desperate Housewives au printemps dernier, grosses ficelles et humour à plat, qui veut du rab ?

    Pourtant, la saison avait si bien commencé. Parce qu’il faut le reconnaître, si Desperate Housewives sait faire quelque chose, c’est faire évoluer son petit monde (objectif de bâclage ?), et cela à chaque saison. Si en soi, l’astuce est douteuse, dans Desperate Housewives, cela permet d’insuffler un nouveau souffle à la vie banlieusarde et à cette galerie de personnages. Et pour cette saison, le souffle avait été plutôt étonnant, du côté des Scavo et d’une Lynette chauve et malade, intéressant, du côté des Hodge et de la fausse grossesse de Bree, exquis. L’arrivée des Mayfair, correcte, Katherine joue l’insipide mais au final se révèle attachante, étonnante. Gaby et Susan sont pour leur part fidèles à elles-même, Susan en fait trop, mais les répliques bien senties de Gaby nous font décrocher quelques sourires.
    Tout allait bien en somme, il fallait plier bagage lorsqu’il était encore temps ou continuer en proposant des épisodes simples, sobres, construits. Mais la série n’a pu se contenter d’épisodes d’humour et de bonne humeur plutôt bien écrits, sa dimension dramatique s’est révélée encore une fois décevante (le cancer de Lynette, la vie d’Eddie, l’handicap de Carlos et l’arc Katherine) et les scénaristes ont été incapables de garder le fil. Plusieurs divagations, quelques histoires déroutantes, un excès de zèle incompréhensible, le potentiel initial de cette saison a fini anéanti et le téléspectateur a été contraint de subir une alternance bon-mauvais caractéristique de Desperate Housewives.

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    Une Bree plus savoureuse que jamais

    Ce qui suit s’avère totalement subjectif, étant un inconditionnel de Marcia Cross, à la fois beauté froide envoûtante et actrice de très grand talent. Dans cette quatrième saison de Desperate Housewives, Bree, anciennement Van de Kamp, mariée Hodge depuis un an a été plus savoureuse que jamais. Pourquoi ?
    Bree personnifie merveilleusement bien l’esprit –fin et rangé- de Desperate Housewives, elle incarne la rigueur et la générosité. Après un tas de malheurs personnels, l’avenir s’est annoncé plus radieux pour Bree. Veuve éplorée, sortie de l’alcoolisme, réconciliée avec son fils assagi, débarrassée de sa nouvelle belle-mère psychopathe, Bree aspirait alors à un futur paisible avec son nouvel époux, Orson. Ainsi, cette saison a été l’occasion pour Bree de se dérider, de se montrer plus guillerette que jamais, elle bénéficie ainsi de storylines amusantes et frivoles dans lesquelles elle est particulièrement à l’aise ; pour cela le talent comique de Marcia Cross et le duo formé avec le très déluré Orson Hodge permet une Bree héroïne étonnante, ravageuse, particulièrement lumineuse.
    De plus, au cours de la saison, l’arrivée de Katherine Mayfair dans le voisinage fut synonyme pour Bree de compétition, les deux femmes étant supposées les fées du logis symbole de leur banlieue, Bree ne pouvait voir que d’un mauvais œil l’arrivée de cette dangereuse concurrente, Bree est alors espiègle et on aime ça. Au final, après quelques coups bas légers, Bree et Katherine se sont résolues à s’allier et s’entraider, elles forment ensuite un duo détonnant et dynamique.

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    Un Something’s Coming tonitruant mais une suite poussive et bancale
    Une multitude de promos, un véritable buzz médiatique, des moyens mis en œuvres colossaux, comment analyser cette quatrième sans évoquer ce neuvième épisode Something’s Coming, dans lequel Wisteria Lane est rayé de la carte par une tornade aux effets spéciaux douteux ?

    En lui-même, l’épisode était une belle promesse, un cadre dangereux, une bonne dose d’adrénaline, deux personnages en danger de mort : un ensemble particulièrement alléchant en somme. Pour beaucoup, l’épisode a tenu sa promesse en proposant du grand spectacle et des scènes vibrantes à souhait. Si effectivement, on ne peut considérer l’épisode comme un parfait pétard mouillé, les sensations étant présentes, on peut cependant regretter qu’il n’y ait eu une véritable prise de risque de la part des scénaristes, notamment concernant les conséquences de la tornade et les deux morts en question. Cela est resté une fois encore très sage et convenu et c‘est un peu regrettable.
    De plus, les épisodes suivants ont renoué avec la médiocrité en proposant des storylines « reprise du quotidien » granguignolesques et superficielles sans prendre véritablement en compte l’effet destructeur de la tornade, cette négligence participa à l’effet peau de chagrin du supposé grand drame de cette saison.
    Et c’est bien cela qui caractérise Desperate Housewives : une alternance bon/mauvais presque cyclique et une véritable incapacité à poursuivre un travail de qualité dans la durée.

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    Une intrigue insipide : une maladresse récurrente à Wisteria Lane

    Chaque saison, les showrunners de Desperate Housewives se sentent moralement obligés de créer une intrigue propre au chapitre à venir. Allez savoir pourquoi. La première centrée sur Mary-Alice Young avait eu le mérite de sceller les wives entre elles et de surprendre un tant soit peu. La seconde était centrée sur de nouveaux arrivants, les Applewhites et malgré une fin plutôt recherchée, ledit arc, ne concernant pas assez les protagonistes, avait fait figure de storyline secondaire accessoire. Il faut dire qu’elle manquait aussi, cruellement d’intérêt. Désirant rectifier le tir pour sa troisième saison, Marc Cherry misa sur une intrigue plus enracinée et personnelle, notamment autour de Bree. Et si la résolution a été plus précoce que prévue, grossesse oblige, l’intrigue a manqué de fond et a dérouté par tant d’incohérences. Cette année, Cherry ne devait pas commettre d’impair mais celui-ci prit le risque de créer à nouveau une intrigue autour d’une nouvelle voisine, mais celle-ci étant proche de l’une des héroïnes, la conciliation était alors parfaite.

    Malheureusement, une fois encore, l’intrigue tant au développement qu’à la résolution finale, ne s’est pas révélée brillante ; pourtant Katherine Mayfair est un personnage intéressant, intriguant, qui a su attiser autant le mystère que l’émotion.

    Alors à qui la faute ? Il y a bien tout un tas de raisons techniques, la grève et son effet de rupture n’étant pas étranger au désintérêt suscité par cet arc mais les principaux coupables de cette intrigue avortée demeurent les scénaristes de la série qui ont toujours cette difficulté véritable à entretenir à long terme une intrigue, à établir un suspense, une tension et au final à trouver une résolution solide et inspirée. En l’espèce, facilités scénaristiques, déroulement prévisible, ton académique faussement palpitant, conclusion convenue des plus ratées, un résultat sans appel qui montre une fois encore que Marc Cherry est passé à côté de son concept. Pourtant je le redis, Katherine est un personne intéressant qui méritait une intrigue à la hauteur de sa complexité, dommage.

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    En conclusion, cette quatrième saison de Desperate Housewives fut particulièrement inégale, une inégalité d’ensemble car la série sait cependant peaufiner sa dimension soap over ze top gentiment sarcastique par une majorité d’histoires piquantes efficacement menées par nos héroïnes rayonnantes. Mais la série peine toujours à asseoir un propos dramatique vrai et use de facilités scénaristiques accablantes et de sermons souvent dépassés ; après quatre ans, on espérait juste un peu de changement.

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  • 30 Rock - Bilan - Critique - Saison 2

    Une seconde saison meilleure que la précédente : un début tonitruant, une fin un peu faiblarde

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    Le début de la seconde saison de 30 Rock a été particulièrement enthousiasmant, la série a réussi à maintenir l’humour singulier de la saison inaugurale et à exploiter en continuité ses différents protagonistes. L’humour de 30 Rock est surtout l’humour de Tina Fey, la scénariste et créatrice du show, un humour girlie subtil qui peut se montrer à la fois unpolitically correct et tout en dérision. Tina Fey est connue pour son écriture comique particulière, la scénariste du Saturday Night Live et réalisatrice de comédies use en permanence de sarcasmes et de blagues bidons, d’où des résultats toujours très jouissifs, comme ce Mean Girls bête et méchant parfaitement réussi.

    De plus, la série s’est entourée de guests importantes qui ont permis un grain de folie supplémentaire à la série, (l’an passé, la série avait déjà en fin de saison usé de ladite technique, Emily Mortimer avait joué une Phoebe atteinte de la maladie des os de verre épouse précoce du ventripotent Jack Donaghy, Will Arnett, GOB d’Arrested Development, un homo refoulé étrangement attiré par le haut en couleurs Kenneth, une originalité délicieuse), entre autres cette année, David Schwimmer et Al Gore pour l’épisode spéciale écolo, Edie Falco le temps d’un arc, dans la peau d’une députée débordée amoureuse de Jack -une storyline recherchée et légère plutôt redoutable- Matthew Broderick en homme politique suspect, le résultat est tel que la série s’est exposé à de nouvelles dimensions (politique, principalement) et gagna donc en humour.

    Cependant, à part un excellent MILF Island, la série a souffert –comme toutes séries- de l’effet de rupture entraîné par la grève et les épisodes réalisés en fin d’année ont manqué d’aplomb et de dynamisme mais sans représenter un ratage complet, la série ayant perduré à exploiter ses atouts.

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    Liz Lemon, à la fois geek boulimique et séductrice insoupçonnée : l’humour, toujours l’apanage des filles moches ?

    L’humour au féminin a longtemps été l’apanage des filles moches : pour faire rire, il fallait soit avoir un look improbable presque clownesque, soit être foncièrement idiote. Mais surtout, il ne fallait pas révolutionner les codes de la beauté et avoir ce qu’on appelle le physique ingrat (mais était-ce vraiment le cas pour Lucille Ball ?). Cette représentation est depuis révolue (à l’exception notable d’Ugly Betty, qui n’est finalement pas une exception, Betty n’étant pas l’atout comique -atout tout court- de cette série qui brille par un second degré décapant et par ses seconds rôles de haut vol).

    Pour pallier cette catégorisation dépassée, les femmes se sont mises à l’écriture et ont composé elles-mêmes leur propre rôle, à l’instar de Tina Fey ou de Julia Louis Dreyfus. Dans 30 Rock, l’humour à travers Liz Lemon a pris un nouvel envol, scénariste comique et situations amusantes « malgré elle », l’humour, c’est surtout Liz, celle-ci incarnant une geek hilarante aux références d’ado impeccables et au mode de vie marginal, une boulimique de mauvais produits salés mexicains mais aussi, une fatale séductrice à ses heures perdues, accumulant les aventures et les ex pots-de-colle, usant de son charme comme d’une arme supplémentaire, Liz Lemon est l’emblème du personnage féminin complet, moderne, aux traits nouveaux. Ce genre de rôle permet ainsi d’ouvrir la voie à de nouvelles héroïnes comiques, ancrées dans leur temps et éloignées de toute caricature.

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    Jenna, l'actrice-chanteuse ratée mais le sidekick indispensable

    Non, ce paragraphe n’est pas destiné à persuader mon ami Benny de mon bon sens légendaire. Jenna est un personnage indispensable au fonctionnement comique de 30 Rock, c’est totalement objectif. Parce qu’il ne faut pas l'oublier : 30 Rock est d’abord une émission de variétés qui a pour star, Tracy et Jenna, l’ancienne girl du Girlie Show. Si progressivement, l’aspect backstage de la série fut effacé au profit d’histoires indépendantes autour d’une scénariste barrée et d’un patron loufoque, il en demeure que lorsque Jenna fait ses prouesses techniques sur scène, le résultat est toujours efficace.

    Jenna est un personnage important de 30 Rock, elle incarne de surcroît la dimension stigmatisante du monde de la télé en jouant une actrice de seconde zone pas vraiment talentueuse qui mise davantage sur son physique passable de bimbo trentenaire que sur son charisme envoûtant. La preuve en est, l’arc Mystic Pizza autour de Jenna était pour moi l’un des plus réussis de cette saison et montrait parfaitement le rôle indéniable de Jenna ainsi que sa capacité comique non négligeable.

    Jenna représente également un sidekick hors pair : meilleure amie de Liz, elle est toujours cette amie maladroite aux conseils foireux, ses répliques sont redoutables, sa moue est immanquable, Jane Krakowski est pour moi, vraiment une actrice de comédie de haut vol.
    Tout le problème du personnage de Jenna, c’est qu’il est mal exploité ; bénéficiant de storylines inégales parfois même inexistantes, Jenna peine à s’imposer sur le devant de la scène et cela faute de stabilité scénaristique. Pour la rendre meilleure, il n’est pas question de faire d’elle un personnage central, Jenna étant une caricature survolée mais il est certain que ses apparitions ne doivent en aucun cas se résumer aux deux lignes piquantes récitées à l’arrivée de Liz au Rockefeller Center.

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    De l'humour, oui. Mais sans la sauce Tracy.

    Tracy Morgan s’est fait discret cette année, on en aurait eu presque de la peine si l’on avait oublié la plaie comique qu’il représentait l’an passé. Pourtant, il était un élément important de la série, caricatural à souhait, capricieux et complètement à l’Ouest, c’est la star du show, à n’en juger que par cette seconde saison, on en oublierait presque son rôle premier.
    Actuellement, le personnage de Tracy est construit sur le même modèle que celui de Jenna : un accessoire-sidekick destiné à magnifier principalement le burlesque du patron Jack Donaghy et à rendre impossible la vie de cette pauvre Lemon et cette rectification a eu son petit effet, on en décrocherait même parfois un léger sourire.
    Cependant, Tracy n’est toujours pas devenu l’atout comique de 30 Rock et demeure la personnification d’un humour graveleux dépassé, représentatif de la sitcom de ghetto de mauvais goût, la faute à un acteur pataud à l’interprétation lourde et indigeste ? Certainement. 

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