Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Critiques ciné : en cette fin d'année universitaire ..

    Sex & the City : the Movie *

    On a beau vouloir adorer, se réjouir dès les premières minutes du film et croire dur comme fer que l’esprit de la série sera intact pendant ces deux heures de grand entertainment, il est difficile d’être totalement convaincu tant le film manque de spiritualité, de rythme et regorge d’afféteries féminines presque risibles.
    Carrie, la sociologue du sexe n’a pas évolué, pire, elle s’est muée en fashionista aux réflexions creuses, plus crédule et irritante que fétichiste et éclatante ; pour ses copines, leurs intrigues sous vitaminées expédiées étant du niveau d’un bon nanar, il vaut mieux oublier. Seule Samantha est le point positif du film, -presque- aussi cynique et délurée que celle que l’on a fréquentée pendant six ans, fidèle à elle-même, Sam évite toute évolution douteuse et conserve finalement son esprit de femme libidineuse et indépendante.


    Le film n’est rien d’autre qu’une version cellophanée, sans éclat et aseptisée de la série, un produit grand public, gentiment sage et mal construit, une minauderie grandeur nature prévisible et interminable, une adaptation plutôt facile et finalement creuse d’une œuvre culte.
    Dénué de mystère et d’idées, aux plans dépourvus d’imaginations (mais Michael Patrick King est peut-être un très bon producteur, sisi !) linéaire, paresseux, et sans saveur, le film n’est qu’une transposition commercialo-inutile d’une série libératrice et générationnelle, reconnue pour avoir crée de nouveaux personnages féminins, - la femme moderne indépendante et affranchie, capable d’inventer ses propres codes - et  permis l’avènement d’un nouvel ordre amoureux tout en assumant sa superficialité et son maniérisme.


    Dans le film, collants paillettes, dressings haute couture presque indécents et rendez vous mondains vides d’existentialisme sont rois, ces quatre new yorkaises upper-class anciennement pétillante, cynique ou angélique sont devenues des archétypes de la femme Glamour par excellence, fade, superficielle, en quête de bague au doigt et de sacs à main Prada, de reconnaissance ultime et de flatteries.
    Parlé coquin, esprit d’émancipation et ton guilleret ont cédé leur place à des dialogues creux d’un consensuel mou, à un élitisme social plus puant que jamais et à cette idée inepte selon laquelle « le mariage reste la consécration, même pour moi. ».
    Finalement, il vaut mieux garder en mémoire les quelques 93 épisodes de la série plutôt que ce produit plus clinquant et doucereux qu’osé et jubilatoire, ou alors …,  c’est tout un mythe qui s’effondre.

    sex city.jpg

    La Soledad ****

    Subtilement, progressivement, sans maniérisme, la Soledad frappe d’un coup fort et pose un regard muet aussi juste que touchant sur la solitude, la souffrance et l’épreuve du deuil. Artistiquement quasi-révolutionnaire, plans fixes et polyvision, la Soledad est une expérience inédite, une initiative louable brillamment maîtrisée. Par sa simplicité et sa sobriété bouleversantes, la Soledad emporte et passionne, telle une méditation, un instant de vie élégant, déchirant, toujours mesuré, absorbant toute idée de pragmatisme au sens trivial pour se confondre dans une réalité humaine, compréhensive, vulnérable, faite de douleurs et d’espoirs. Loin des grandes tragédies éculées au propos prolixe, empreint d’un souffle pudique, la Soledad est un film humble et intense sur l’existence et le non-renoncement.

    soledad.jpg

    What Happens in Vegas  ***

    De l’humour bête et grinçant, une mise en scène enlevée, un ton parfois grivois, parfois incisif, un couple d’acteurs épilé à la perfection mais avouons-le, convaincant, un schéma narratif classique, inusable et truffé de surprises inattendues, cette comédie romantique qui louche davantage du côté de la comédie loufoque patapouf tient toutes ses promesses et s’avère être un divertissement honnête, réussi et efficace devant lequel on rit à gorge déployée (si l’on n'est pas bien finaud comme moi, cela va sans dire).

    vegas.jpg

    The Happening *

    Malgré un concept prometteur et un début d’une poésie morbide puissante, à couper le souffle, The Happening pèche par manque évident d’audace et en vient à gâcher tout son substrat à travers une réalisation paresseuse linéaire et un duo d’acteurs qui visiblement y croit autant que nous (le poncif « j’écarquille, donc je suis », Zooey, tu me déçois).
    Le film préfère développer une fable morale écolo-altermondialiste de bas étage (à la fois fumiste et complaisante) plutôt que de donner de l’épaisseur à son mystère, c’est alors toute la légitimité du sujet qui part en fumée, tout comme notre grande indulgence. Finalement, The Happening est le signe d’une volonté peu à peu émoussée voire d’une résignation manifeste de la part d’un Shyamalan usé, décidément bien en mal d’inspiration.

    the happening.jpg

    Un Conte de Noël ****

    Gorgée d’humour noire et d’ironie teintée d’amertume, Un Conte de Noël est une création de premier choix qui aborde cruellement la mort pour exalter la vie dans sa forme la plus majestueuse. Desplechin filme avec beaucoup de coeur cette fratrie dysfonctionnelle tyrannique, finalement aimante de manière volubile, nuancée ou tout en non-dits, cette réalisation grâce à un style incisif et dense que l’on connaît du prodige permet l’avènement d’un film au concept nouveau, d’une construction cinématographique sui generis : une chorégraphie humaine chaleureuse et universelle doublée d’un carnage intellectuel vivifiant particulièrement jubilatoire.

     

    conte de noel.jpg

    Ploy **

    Un visuel chiadé pour un univers résolument hypnotique et fantasmagorique, Ploy est ce genre de films oniriques et envoûtants que l’on ne conçoit qu’en abstraction. A force de jouer la carte poético-libertine et de s’assujettir aux limites charnelles inhérentes à son sujet, Ploy délaisse son couple en crise et fait de son huit clos amoureux un simple décor, une rêverie passagère sous exploitée, loin du drame remuant et intimiste qui s’amorçait. Ploy n’est finalement qu’une forme épurée, une esthétique tirée au cordeau sans grand fond, sans idée et sans portée.

    ploy.jpg
    Lien permanent Catégories : xCritiques Cinéx Imprimer Pin it!
  • Pretty/Handsome - Critique - Review - Pilot

     

    Créée et écrit par Ryan Murphy (Popular, Nip/Tuck)
    Format 60 mn -  X épisodes
    Diffusion - FX

    Cast
    Joseph Fiennes, Carrie-Ann Moss (Models Inc), Blythe Danner (Huff), Robert Wagner, Sarah Paulson (Studio 60), Jonathan Groff, Jack Cherry (Desperate Housewives)

    Plot
    Un gynécologue réputé, père de famille aimant, époux attentionné et membre respectable d’une communauté bourgeoise de banlieue réalise son envie de changer de sexe.

    PH.jpg picture by blabla-series

    Critique

    Après les geeks, les trans’ ? C’est une question que l’on peut évidemment se poser vu le nombre non négligeable de séries qui se penchera sur la question l’an prochain. Après le très prometteur et gentiment trash Mrs-in-Betweeny de la BBC, FX a crée sa propre vision du transsexualisme, la chaîne américaine montante depuis The Shield et Damages. Alors est-ce ici de bon augure ou la série signe-t-elle sa troisième série racoleuse au concept aussi vide que l’esprit de Lucy Spiller et Christian Troy ?

    Disons-le tout net, Pretty/Handsome, c’est du très lourd et ce n’est pas tant en raison de son concept ambitieux et quelque peu surprenant, le pilot excellant davantage dans sa manière d’aborder ses storylines, toutes vraiment réussies et d’explorer le fond de ses personnages, tous saisissants.

    Pareil à Mrs-in-Betweeny, l’intérêt de cet homme aux envies transsexuelles est qu’il est un homme de rang élevé évoluant dans un milieu bourgeois respectable, le triptyque traditionnel country club, parties de tennis et cocktails mondains sont évidemment présents mais sans le côté bougrement cliché de Big Shots. Joseph Fiennes campe cet homme torturé entre ses pulsions naturelles et sa réputation professionnelle et personnelle avec une immense conviction, son malaise étant palpable à de nombreuses reprises. De plus, en soi, cette idée de départ est retranscrite à l’écran avec une réelle efficacité ; d’abord dubitatif quant à une vision de cet acteur plutôt carré en travesti, on en vient vite à reconnaître que Joseph Fiennes est méconnaissable dans la peau d’une femme et que sa manière de lui donner corps est particulièrement sincère et troublante. Je ne pensais pas l’acteur si épatant, si féminin non plus.

    Outre son sujet principal intéressant qui permet de s’arrêter sur la crise identitaire de Bob jouant à cet égard remarquablement sur la confusion des genres, la dissonance entre l’être et le paraître,  la construction (notamment sociale) de l’identité sexuée, le pilot jouit d’une diversité de storylines abouties aux problématiques réelles ; malgré un nombre important d’historiettes, le pilot, grâce à une écriture de très haute qualité, ne s’égare à aucun moment et réussit à mener avec brio chacune de ses facettes, on sent que chaque histoire a une réelle importance et permet de mettre en lumière en particulier l’un des protagonistes (petit bémol à l’égard de la liaison du grand-père, sans réelle saveur). C’est vraiment agréable que de ne pas ressentir cette (si souvent) impression que les sous-intrigues ne sont pas que ces bouche-trou scénaristiques superflues, inutiles au traitement du sujet premier de la série. En l’espèce, elles servent bien à la série, finement menée, chaque histoire permet une attention particulière et un attachement rapide à l’égard de son protagoniste.

    Le pilot bénéficie en outre d’une réalisation et d’une mise en scène particulièrement soignées, l’univers aisé, bourgeois et notamment celui du country club est assez récurrent dans les séries américaines et pourtant, à aucun moment, on ne sent une approche clichée des choses, le pilot connaît ce je-ne-sais-quoi de nouveau qui permet un ton inattendu et captivant. La réalisation du pilot vacille entre caméra à distance et caméra à l’épaule, procurant elle, un effet immersif au moment où la vulnérabilité des personnages est à son état paroxystique, cela permet un regard authentique et désarmant, une combinaison réfléchie et astucieuse procurant à ce premier épisode une expression singulière et nuancée. De plus, l’accompagnement piano était une grande caractéristique du pilot, l’idée n’a rien de révolutionnaire et pourtant ledit recours fit naître une atmosphère émouvante et vibrante, sans jamais verser dans un mélo déplacé, la bande-son plutôt bonne permettait également de maintenir la dominante dramatique de l’épisode, une qualité artistique supplémentaire très appréciable.

    Outre un Joseph Fiennes vraiment étonnant -il faut le souligner à nouveau- la galerie des personnages était aussi excellente, une sensation rare après un seul épisode passé en revue : une épouse perdue très juste, deux enfants éloignés de tout cliché générationnel,  un couple d’amis secondaire vraiment réussi (un véritable plaisir que de retrouver Sarah Paulson, ma découverte et ma plus grande déception sérielle de l’an passé après l’arrêt du grand Studio 60), la distribution des rôles secondaires est également particulièrement bien menée, l’intrigue médicale, symbole du mal-être de Bob était avant tout sublime pour ses deux acteurs transsexuels remarquables.

    Au final, un épisode introductif riche et saisissant, un pilot presque parfait émouvant et intriguant, un début glorieux foncièrement sympathique qui laisse présager la qualité certaine du projet et l’investissement important des showrunners (Ryan, c’est l’occasion d’abandonner séance tenante le plus que foireux Nip/Tuck) ; en regardant le pilot de Pretty/Handsome, on a finalement la sensation de voir un épisode introductif maîtrisé du début à la fin et non une simple amorce aux airs aguicheurs, supposé appâter le spectateur en mystères et idées ambitieuses, finalement vides. Le pilot est suffisamment accrocheur et brillant pour montrer que Pretty/Handsome a des idées, de la ressource, une audace certaine et une qualité filmique indéniable, la suite, je l’attends avec une impatience rarement éprouvée. Et si la série conserve cet esprit à la fois envoûtant et mélancolique et cet environnement très plaisant, Pretty/Handsome ne sera rien d’autre que le must-see de l’année prochaine.

     

    pretty.jpg picture by blabla-series
    Lien permanent Catégories : Critiques, Pretty/Handsome Imprimer Pin it!
  • Fringe - Critique - Review - Pilot

     

    Fringepics.jpgCrée par JJ. Abrams (Felicity, Alias, Lost, Six Degrees)
    Diffusion - FOX
    Series Premiere - 09 septembre 2008
    Format 60-42 mn - X épisodes

     

    Cast
    Joshua Jackson (Dawson’s Creek), Anna Torv (The Secret Life of Us, Mistresses), Kirk Avecedo (L&O : Trial by Jury, The Black Donnellys), Lance Reddick (Oz, The Wire) ( Mark Valley ( Pasadena , Boston Legal)

    Plot
    In the new sci-fi FOX drama, Fringe, a research scientist named Peter Bishop and FBI agent Olivia Warren team up to investigate paranormal activity. They seek help from Bishop’s father, Walter, a brilliant (but possibly insane) scientist who is being held in a mental institution. Fringe explores mysteries of the paranormal as well as the relationships between the characters, and is steeped in mythology.  (tvrage.com)

    Critique

    J’ai toujours été de ceux qui préféraient le spiritualisme criant de vérité de Ball à la mégalomanie débordante et tape à l'oeil d’Abrams mais c’était avant de voir l'assez décevant True Blood et le plutôt convaincant Fringe.

    Le pilot de Fringe a été la hauteur de nos espérances, : attrayant, mystérieux, conceptuellement intéressant, il s’est révélé parfaitement en phase avec ce que l’on pouvait attendre de ce premier jet. Par contre, pour les fans inconditionnels de la secte Abrams, le pilot avait de quoi décevoir tant l’énergie et l’adrénaline apparaissent en deça de ce qu’Abrams peut habituellement proposer, la durée du pilot n’était pas non plus idéale pour cela.

    Tout sériephile qui se respecte connaît de près ou de loin la méthode Abrams. De l’action à rude épreuve, du bon sentiment, du spectacle, de l’effet spécial et des dialogues creux, JJ Abrams est forcément un génie. Pour Fringe, il n’hésite pas à user de sa plus lourde artillerie pour composer un pilot imposant et puissant, ambitieux et intriguant. Malgré un générique cheap d’un goût douteux, le pilot de Fringe se montre comme un bon gros stand alone d’action, une base solide à sa série mêlant action et drame. Scénaristiquement, on part dans tous les sens, ça rame un peu au début, ça se dénoue trop facilement par la suite, ça se corse là où l’on ne s’y attend pas mais finalement la magie opère, le chemin emprunté est effectivement facile et prévisible mais le pilot est pensé et construit (grand concept, répliques accrocheuses, bande-son faussement inquiétante) d’une telle manière que le tout se laisse regarder avec un intérêt certain, de plus, on sent l'implication et l'investissement personnel de JJ. Ainsi, on mise un maximum sur le mythe du technologiquement corrompu, du scientifiquement dément et du paranormal catastrophique. Un X-Files des années 2000 pour ne pas dire. Pour arriver à cette dangereuse et louable comparaison, il va falloir quelques épisodes supplémentaires avant d’être si formel. En tout cas, le côté SF sied bien à l’esprit de la série, c’est sous cet angle qu’il paraît le plus intriguant et le plus intéressant.

    Le cast de cette nouvelle grande série n’est finalement pas si mauvais : Anna Torv n’a pas le charisme de Jennifer Garner ni la beauté de Keri Russell et se rapproche plus d’une sous Cate Blanchett-Kate Hudson (ce qui reste une bonne chose, étant fan de Cate et de Kate -seulement dans Almost Famous mais c'est suffisant pour toute une carrière) mais au côté d’un Joshua Jackson sarcastique, elle fera finalement très bien l’affaire (je suis certain qu’elle sera au fil des épisodes toujours un peu plus convaincante). Son personnage Olivia Dunham est la pierre angulaire de ce pilot, sérieuse, attentive, talentueuse mais amoureuse et un peu bornée, elle est le résultat de toutes les expériences passées de JJ et finalement, c’est plutôt enthousiasmant. On croit difficilement à son histoire d’amour, le pilot manquait peut-être un peu d'émotion et de coeur, à l'exception de la scène autour de la rencontre télépathique mais celle-ci était inutile et manquait de créativité.

    Outre le concept attrayant qui ne manque pas d'effet, l'autre point fort du pilot est la qualité artistique indéniable de l'épisode ; pour un pilot valant dix millions de dollars, c'était un minimum mais côté décor, on sent que JJ a mis du coeur à l'ouvrage, cela permet cette atmosphère pesante et soignée particulièrement réussie, du côté des effets spéciaux, cela manque un peu de recherche,mais l'épisode visionné n'étant qu'un pré-air, on ne peut pas vraiment en tenir compte. De plus, un usage modéré d’effets spéciaux resterait quelque chose d’appréciable, Fringe dispose déjà d’un concept grandiloquent voire ronflant, une mise en scène plus humble est hautement positive.

    En conclusion, pilot de bonne facture, efficace, enthousiasmant et prometteur, malgré des effets un peu cheap et des dialogues un peu fades, on commence à y croire. Vivement la suite.

    Fringetitre.jpg
    Lien permanent Catégories : Fringe Imprimer Pin it!
  • True Blood - Review - Critique - Pilot

     

    Trueblood2.jpg

    Crée par Alan Ball (Six Feet Under)
    Diffusion - HBO
    Series premiere 'Strange Love' - 07 septembre 2008

    Cast
    Anna Paquin, Brook Kerr (Passions), Alexander Skarsgard (Generation Kill), Jim Parrack, Danielle James, Kanin J. Howell, Stephen Moyer (NY-LON, The Starter Wife), Sam Trammell (Trinity, Going to California ), Ryan Kwanten (Summerland)

    Plot
    Based on the popular 'Southern Vampire,' book series by Charlaine Harris, "True Blood" follows the adventures of a small-town cocktail waitress Sookie Stackhouse (who all her life was an outsider due to her gift/curse of being a telepath) and how her life is turned upside down when a member of the undead (the vampire race 'came out of the coffin' several years earlier) walks into her life one fateful night.(tvrage.com)

    Review

    Le retour d’Alan Ball à la télévision était attendu de pied ferme, le créateur du bouleversant Six Feet Under avait marqué les esprits en offrant un propos authentique et émouvant sur la vie et la mort.

    Le projet True Blood est depuis longtemps connu des sériephiles adeptes de la Ball Academy et le sujet même de ce projet avait de quoi dérouter tant il semblait diamétralement opposé au propos réaliste et émouvant de Six Feet Under. Mais les espérances ont été tenaces, il paraissait impossible qu’Alan Ball ne soit finalement qu'un imposteur de premier ordre. Pourtant après lecture des quelques mauvaises  critiques du pilot Strange Love, on l’aurait presque pensé et ce n’est pas la scène introductive du pilot, digne d’un slash movie de très mauvais goût qui aurait pu nous faire croire le contraire.

    On ne peut pas réellement considérer ce pilot comme un ratage complet, le pilot a ses défauts (le caractère commun de son sujet tout d’abord, les quelques situations clichées parsemées ça et là durant cette heure inaugurale) mais il a réussi à créer rapidement un univers à lui, des personnages en interaction et un début de romance intéressant, finalement on pressent véritablement le potentiel indiscutable de la série. Il est vrai qu’il est difficile de se dire que le pilot est signé Alan Ball, ses thèmes de prédilection n’étant pas réellement abordés ici.
    Mais son goût pour le morbide et le subversif semble présager une suite plus personnelle et des épisodes plus haletants (la fin surprenante et violente du pilot le laisse penser), rappelons à cet égard que la règle numéro un du sériephile qui se respecte est de ne pas condamner une série après le seul visionnage de son series premiere, Veronica Mars en est l’exemple parfait.

    Le problème, c’est qu’Anna Paquin manque de charisme et qu’au bout d’une heure, ses grimaces de fille attardée sont irritantes, pourtant je suis certain que son personnage de Sookie Stackhouse télépathe et torturé se révèlera par la suite fort intéressant. A l’inverse d’Anna Torv pour Fringe, je pense qu’il s’agit bien ici d’une erreur de casting. Le reste du cast n’est pas non plus révolutionnaire, la faute peut-être à des dialogues convenus qui ne présentent pas d’intérêt majeur et qui affadissent très rapidement les différents personnages, à l’exception notable de la copine black au fort caractère et du cuisiner Lafayette.

    Le mélange des genres était un souhait cher à Ball pour ce projet, pour le coup, on peut dire que c’est brièvement réussi, le mythe du vampire revenant, pile dans la dimension fantastique du show n’est pas désagréable, ça manque peut-être un peu d’originalité (le vampire ténébreux peu bavard, on connaît) mais on perçoit la tentative de s’émanciper des classiques du genre et d’offrir de nouvelles dimensions à un sujet assez usé, seule la suite pourra confirmer (ou infirmer) l’hypothèse mais certains traits de l’histoire comme l’usage du sang synthétique permettant aux vampires de vivre avec les humains ou l’enjeu pour les humains corrompus d’exploiter le sang de vampires vont dans ce sens.
    Le reste, entre humour et drame m’a fait penser à John from Cincinnati, pour le côté pittoresque des personnages et leur patois vulgaire, pourtant les deux séries semblent n’avoir absolument rien en commun, si ce n'est, un peu de poésie. L’univers du Marlotte’s m’a tout cas bien plu, j’ai apprécié les différentes figures qui y régnaient.

    Finalement, je reste certain que cette adaptation de « Southern Vampire » de Charlaine Harris sera utile et finalement enrichissante ; c’est Ball, c’est HBO, je n’imagine pas que True Blood ne soit finalement qu’un enième Moonlight, une fade histoire d’amour entre un vampire et une mortelle sans originalité aucune. L’état de la chaîne à péage américaine n’est pas si critique pour qu’elle puisse accepter un tel projet en 2008, quelque chose de neuf et de vibrant devrait rapidement faire surface et ainsi participer à la création d’un nouveau mythe, subversif, inspiré et ambitieux made Ball. Effectivement, je garde bon espoir (30 days of night m’a revigoré question créatures aux dents pointues).  

    Trueblood1.jpg
    Lien permanent Catégories : Critiques, True Blood Imprimer Pin it!
  • Chuck - Bilan Général - Critique - Saison 1

    352968730.jpg

    “ Chuck is part spy spoof, part workplace comedy,

    and it is a genuinely engaging homage to the nerd hero ”

    Crée par Josh Schwartz (The O.C, Gossip Girl) et Chris Fedak 
    Diffusion :  NBC
    Series Premiere : le 24 septembre 2007
    Format 42 mn - 13 épisodes

    Cast
    Zachary Levi (Less Than Perfect), Adam Baldwin (Day Break, The Inside, Firefly), Joshua Gomez (Invasion, Without a Trace), Natalie Martinez (Saints & Sinners, Fashion House), Sarah Lancaster (Everwood, What about Brian, Scrubs), Yvonne Strzechowki (Headland)

    Show Synopsis
    Chuck Bartowski est un véritable geek, passionné d'informatique et de jeux vidéo, il est vendeur et réparateur informatique dans un grand magasin. Mais il vit encore chez sa soeur Elie et son fiancé, d'ailleurs elle aimerait bien qu'il se trouve aussi une fiancée. Son meilleur ami est Morgan, il travaille avec Chuck et il est tout aussi geek.
    Un jour, il reçoit un mail d'un ancien ami de la fac. Celui-ci est devenu un agent secret, et il vient de voler un programme important qui permet de stocker, tous les secrets et autres informations des Etats-Unis. Lorsque Chuck va ouvrir ce mail, le programme va s'implanter dans sa tête. Il va ainsi devenir la personne la mieux informée des Etats-Unis.
    Si au départ, les différentes agences de sécurité nationale, cherché plutôt à s'en débarrasser. Elles vont se rendre compte de l'utilité du savoir de Chuck pour protéger la sécurité nationale et ainsi vont l'engager comme agent.
    (source : www.serieslive.com

    Critique

    La rentrée sérielle 2007 avait mis à l'honneur le monde singulier et particulier du geek et autres nerds. Après la CW, ABC et CBS, NBC misa également sur la supposée valeur sûre du moment à travers Chuck le magnifique. Pour Chuck, informaticien et passionné de jeux vidéos, rien de tel que Josh Schwartz, éternel adolescent, aux commandes. Pour agrémenter le tout, rien ne valait mieux qu’une histoire gouvernementale piquante à la sauce CIA, les fans de dramas nerveux y trouveront leur compte. Chuck, c’était donc le souhait d’un mélange subtil entre The IT Crowd et 24, Alias et The OC.

    Entre formula show et serialized drama, entre character et plot driven
    Qui l'eût cru ? Chuck génère des définitions compliquées impressionnantes de sériephiles incollables qui s'y croient, Chuck mériterait bien toute une thése à sa gloire, une brève critique suffira pour ma part.
    Chuck n’est pas vraiment un formula show ni même un feuilleton suivi, c’est avant tout et à la fois, un personnage atypique et un concept d’espionnage. Chuck s’apparente en conséquence à un genre unique, à part, qui lui permet de s'émanciper des contraintes desdits genres et de réaliser un propos touche à tout.
    Jouer sur les deux tableaux était un pari risqué pour Josh Schwartz, cet auteur mélo plus habitué aux teen-shows qu’aux séries qui en jettent. Mais l'année 2007 fut l'année de Josh, qui en plus de se prendre pour le nouveau JJ, renouvelle la garde-robe du teen-show par l'intermédiaire des Upper East Siders bon chic bon genre. 
    Et s’il ne fait aucun doute que Chuck peine à concurrencer ses feu-grands frères d'action, faute de réels moyens techniques et d’histoires abracadabrantes tenant debout, Chuck demeure une série attirante, qui sans électriser les foules, sait capter l’intérêt du téléspectateur en proposant une action simple, classique mais bougrement efficace.
    Ainsi la série vogue entre deux genres, les confond et use de leur étiquette pour proposer plusieurs arcs à la fois dynamiques et ironiques. Et grâce à un antihéros attachant, un brin froussard et très maladroit, cette curieuse combinaison ne sonne pas creux et fonctionne, à son niveau.

    Chuck, un énergumène attachant et malhabile
    Chuck est l’anti-héros par excellence. Gauche, ordinaire, bavard, Chuck est l’archétype même du nerd américain, plus à l’aise devant sa console qu’en communauté. Il incarne l’aspect dérisoire du show, l’aspect léger, second degré, celui qui permet de désinhiber la série d'aventures en lui procurant une dimension naïve et désinvolte.
    Sur l’aspect loufoque de Chuck, cette saison inaugurale réussit son coup, notamment grâce à ce personnage original et attachant et surtout grâce à son univers ordinaire et réaliste. Un travail quelconque de gérant en électronique, une vie de famille banale mais aimante, un meilleur ami fantaisiste, des collègues tous aussi à l’Ouest. La raison de ce succès s’explique ainsi et avant tout par l’anonymat de ce personnage et son trait Geek tout le Monde, cela offre d’amusantes situations et quelques répliques geekiennes d’anthologie.  Les scènes dans lesquelles on retrouve Chuck au travail ou chez sa sœur sont de ce point de vue les plus agréables, ses problèmes de sociabilité étant mis au premier plan.
    Pour transformer cet essai, le meilleur ami de Chuck est le joueur idéal. Morgan est un fervent admirateur de son ami Chuck, capable de générosité, de coups de folie, de jalousie, ce grand adolescent incarne l’insouciance et l’humour dérisoire de la série. Et si son humour n’est pas toujours une réussite, Morgan personnifie le gentil nerd comme personne.

    Chuckk.jpg picture by blabla-series

    Programme secret gouvernemental, secret-défense, agent spécial, CIA, courses-poursuites et dangers de mort.
    Pour ce qui est de l’aspect actif et espionnage de la série, c’est une impression plus mitigée qui résulte. A force de miser sur l’humour et l’aspect comique de Chuck, l’action n’est pas forcément la bienvenue et perd de sa crédibilité. De plus, celle-ci pêchant dans certains épisodes par manque d’idée et de conclusion, par manque évident de mise en scènes soignée, on perçoit la dimension comme secondaire voire accessoire, étant développée de manière brouillonne et négligée. 
    Demeurent cependant quelques bonnes histoires fondées sur de bonnes idées, le déroulement reste classique mais finit par être prenant. C’est souvent lorsque celles-ci sont à la hauteur que l’envie de poursuivre la série se fait sentir ; comme quoi, les deux traits majeurs caractérisant Chuck relèvent du même d’ordre d’importance, chacun ayant une fonction spécifique.

    On ne badine pas …
    Le pilot s’était déjà achevé sur les prémices d'une storyline amoureuse entre Chuck et Sarah, le couple phare du show ; la saison entière a repris ledit thème et s’est amusé à faire s’aimer en secret et douloureusement Chuck et le personnage féminin principal, son partenaire Sarah. Evidemment, c’est à travers cet aspect, que l’on retrouve au mieux l’empreinte de Josh, cet éternel ado romantique. Après The OC et en alternance avec Gossip Girl, cette storyline n’est en rien désagréable, les deux protagonistes connaissent une réelle alchimie et plusieurs évènements plus ou moins subtilement amenés nourrissent l’histoire de manière intéressante.

    En conclusion, la saison inaugurale Chuck a été à la hauteur de mes attentes, Chuck étant une série foncièrement divertissante. Malheureusement, sa dimension formula la rend à certains moments redondante, ce qui peut compromettre l’intérêt que présentent parfois les intrigues stand alone de la série. La comédie de situations et l’humour de Chuck n’étant pas toujours au premier plan et le côté espionnage fortement négligé manquant parfois de crédit et d’intérêt, la série gagnerait en efficacité si elle équilibrait mieux les deux piliers thématiques de la série. Demeure un capital sympathie d’ensemble qui permet à Chuck de divertir et de distraire, le temps d’une bonne récréation.

     

    chuck.jpg picture by blabla-series
    Lien permanent Catégories : Chuck, Critiques Imprimer Pin it!
  • Damages - Review Generale - Critique - Saison 1

    Damages is a impressively constructed legal thriller

    with the depth and structure of an engrossing novel

    damages41.jpg picture by blabla-series

    Crée par Todd A. Kessler (The Sopranos), Glenn Kessler, Daniel Zelman
    Diffusion sur
    FX
    Series Premiere le
    24 juillet 2007
    Saison 1 achevée – Saison 2 et 3 à venir.
    Format 50mn- 13 épisodes

    Cast
    Glenn Close (The Shield), Rose Byrne (Sunshine, Marie-Antoinette, 28 Weeks Later), Noah Bean (Ed), Tate Donovan (Trinity, The O.C), Ted Danson (Help Me Help You, Becker), Zeljko Ivanek (Oz, Homicide), Peter Facinelli (Enemies, Fastlane, Six Feet Under), Anastasia Griffith

    Show Synopsis
    Patty Hewes dirige l'un des cabinets d'avocats les plus puissants de New York, "Hewes & Associates". Pour lutter contre le crime, elle sait s'entourer des meilleurs. Elle vient d'ailleurs de recruter une nouvelle et brillante associée, Ellen Parsons. Celle-ci ne s'imagine pas dans quoi elle s'embarque. Elle va devenir la protégée de Patty et de son associé principal, Tom Shayes. A leurs cotés, elle va découvrir l'envers du décor et notamment jusqu'où Patty est prête à aller pour faire plier les dirigeants corrompus. Ellen va t'elle être capable de travailler dans ces conditions et résister à la pression qu'elle doit subir ?
    (source : serieslive.com)

    Critique
    La saison inaugurale de Damages a été la révélation télévisuelle de cet été et de ce début de rentrée car pour un thriller judiciaire à la fois complexe et fluide, elle se hisse aisément à la tête de ses concurrentes et devient le summum du genre. Et lorsqu’on est juriste, friand d’interprétations magistrales de femmes qui ont de la poigne et dépendant aux rouages politico-judiciaires et autres jeux de pouvoir fiévreux, cette sensation de révélation-coup de cœur de l’année n’en est que plus intense.

    f17c7bd04a401029badf1d1533bee9ff.jpgUne série puissante, jubilatoire, à la hauteur d’une ambition clairement affichée

    Il est difficile de résumer les temps forts de Damages tant la série est caractérisée par un ensemble solide, cohérent et indéfectible, se maintenant à terme.
    Au départ, la série n’est rien d’autre qu’un bon dossier juridique dans lequel il est à prouver qu’un industriel sans scrupules rendit miséreux plus de cinq cents salariés déjà modestes, une affaire donc, de délit d’initié susceptible de rapporter plusieurs millions de dollars. Mais l’affaire Frobisher est plus complexe qu’il n’y paraît et il n’existe qu’une seule réelle personne qui sache chaque détail du dossier et qui ainsi sache vers où se destiner : Patty Hewes.
    Damages, c’est aussi l’arrivée d’une jeune avocate, Ellen Parsons (Rose Byrne au jeu nuancé et épatant), à la carrière prometteuse, embauchée personnellement par Patty et directement mise à contribution sur l’affaire en question. Ellen s’y trouvera par la suite directement impliquée, le pilot s’ouvrant sur la fuite d’une Ellen apeurée et ensanglantée.
    Dans Damages, absolument rien n’est laissé au hasard, chaque storyline est établie de telle sorte qu’elle aura une incidence à un moment précis de l’affaire, afin d’aboutir à un seul et unique résultat.

    Le postulat initial de Damages était d’une ambition sans nom, les showrunners ayant pris la décision de montrer les prémices du final à chaque début d’épisode, on en découvre alors toujours un peu plus sur les dessous entourant le drame d’Ellen Parsons tout en suivant parallèlement l’histoire de l’affaire Frobisher de façon chronologique, ce qui permet alors de s’approcher progressivement de l’arc dramatique d’Ellen Parsons et de mieux l’appréhender. Si la technique était d’emblée difficile, celle-ci en s’incorporant parfaitement à l’esprit de la série a été justement amenée, parfaitement maîtrisée et permit d’aboutir à la réunion des deux trames narratives de manière remarquable et subtile.

    La série ayant été construite sur la notion de flashforward, la prétendue maîtrise de l’arc principal ne pouvait être pleinement vérifiée qu’à travers un season finale conclusif du niveau de l’ambition faite par chacun des épisodes précédents. Celui-ci a été effectivement plus qu’à la hauteur de nos attentes, en nous offrant de réelles réponses aux fils narratifs déployés tout au long de la saison et en guise d’avant-gout, se finit même sur un twist final des plus inattendus, un twist nous plongeant dans une excitation et une impatience rarement éprouvées.


    Patty Hewes tire les ficelles mieux que quiconque

    C’est Patty Hewes herself qui incarne la rigueur inébranlable et le machiavélisme intangible de la série. Glenn Close, dont le talent n’est jamais assez loué, est parfaite dans la peau de Patty, elle l’a fait exister de manière si intense qu’il paraît improbable de ne pas frémir devant ses colères noires à souhait. Patty Hewes s’inscrit effectivement dans les personnages de séries les plus incroyables de l’histoire sérielle, les plus insaisissables, les plus riches et les plus complexes.
    A l’aide d’un charisme rarement vu sur le petit écran et d’un jeu toujours tonitruant, cette Patty Hewes est l’avocate la plus crainte du milieu, la plus expérimentée et donc la plus perverse. Trust No One, Patty Hewes ne laisse rien au hasard, elle agit de manière réflechie et astucieuse, place ses pions au moment voulu et s’en prend là où la vulnérabilité est à son paroxysme. Elle est un exemple phare des grands avocats qui sont aussi corrompus que les clients qu’ils entendent condamner.

    damages4.jpg picture by blabla-series

    Machiavélisme, ruses, fausses pistes, charisme subjuguant, dissimulations : un mode d’emploi de génie presque mathématique

    Dans Damages, les qualités scénaristiques ne manquent pas, l’interprétation excellente de la galerie de personnages ne fait pas non plus défaut, mais Damages, c’est aussi une cohérence globale rare, une logique répétitive inédite et originale, un propos maîtrisé de A à Z, un visuel contrasté sublime à l’image de la personnalité charismatique de Patty.
    Damages, c’est aussi l’intelligence de la mise en scène et de la narration, entraînant ainsi une interaction unique entre les protagonistes et une ambiance dérangeante palpable. C’est aussi un sens unique du suspense et de l’intensité, c’est l’art de la sournoiserie, des fausses pistes, de la dissimulation, de la ruse juridique, c’est enfin une manière singulière du rebondissement et de la surprise inattendue.
    Damages n’est rien d’autre qu’un triomphe intellectuel à l’état pur.



    5f23123b835ae15de3e303c8b29eea08.jpgJeux et enjeux de pouvoir : un schéma narratif bouleversé

    Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers.
    Patty Hewes y est dépeinte comme la pièce maîtresse du schéma, celle qui use de manière stratégique des différents pions qu’elle a sa possession et qui n’hésite pas à faire preuve de fermeté et de menace.
    Face à elle, Ellen est une jeune avocate inexpérimentée, innocente et réservée, souvent crédule, on constate tout au long de ces six mois l’évolution professionnelle et psychologique de son personnage qui finit par s’endurcir et par jouer ses propres cartes. A l’inverse, ce sont A. Frobisher et R. Fiske, le camp adverse de l’affaire, qui font progressivement preuve d’un humanisme insoupçonné, peu à peu placés dans un rapport de subordination à l’égard de « Hewes et Associates », on comprend alors que les plus pervers ne sont pas forcément ceux que l’on pensait être. 


    Damages, c’est donc aussi le contre-exemple exquis du manichéisme, une philosophie absurde trop présente dans les séries.

    Lien permanent Catégories : Critiques, Damages Imprimer Pin it!
  • Breaking Bad - Critique - Bilan - Saison 1

    371453507.jpg

     

     Grisly and wacky, suspenseful and sorrowful, this darkly compelling cautionary fable of very abnormal chemistry is infused with a Coen Brothers-like flavor of macabre humor.

    Drame -  Vince Gilligan (The X-Files)
    Diffusion AMC
    Series Premiere - 20 janvier 2008
    Saison 1 achevé - Saison 2 à venir
    Format 50 mn - 13 épisodes

    Cast
    Bryan Cranston (Malcolm in the Middle), Anna Gunn (Deadwood), Aaron Paul (Big Love), RJ Mitte, Dean Norris.


    Show Synopsis
    La vie de Walter White, professeur de chimie dans un lycée, est bouleversée lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale. Une nouvelle qui le sort de la torpeur de son quotidien et l'amène à prendre des mesures radicales pour anticiper l'avenir de sa famille, Walt décidant alors de mettre en place un laboratoire d’amphétamines illégal mais productif.

     Critique
    Avec le pitch de Breaking Bad, on s’attendait plus ou moins à une vision masculine de Weeds, un univers du deal et de la drogue davantage aseptisé que celui que l’on peut retrouver de manière très réaliste dans The Wire. C’était sans compter Vince Gilligan, créateur de la série et réalisateur de talent qui misa sur une réalité de terrain déconcertante et permit un propos sur le cancer innovant et dévastateur.

    Walter White, l’antihéros par excellence, un code narratif classique mais efficace

    Walter White est le personnage majeur de Breaking Bad, quinquagénaire ordinaire et responsable, professeur de chimie dans un lycée modeste, vendeur dans une station service pour les fins de mois difficiles, Walter a une vie rangée mais peu aisée, une épouse aimante et enceinte par miracle, un enfant handicapé qu’il tente de soutenir au mieux.  Sa vie déjà difficile va devenir plus compliquée lorsqu’il apprendra sa maladie.
    Le portrait fait du protagoniste est un portrait bouleversant, tant Bryan Cranston incarne avec brio cet homme simple et renversant. C’est un portrait juste et véritable, Walter White est montré comme un homme moyen, dans ses pires moments, le regard porté sur lui est loin d’être flatteur et tente au mieux de reconstituer ce quotidien bouleversé par cette nouvelle accablante. Le téléspectateur est rapidement touché par cet évènement tragique, s’identifie au personnage et à cette peur de laisser toute une famille en difficulté.
    Dans Breaking Bad, l’identification et l’empathie est facile, un père gravement malade, une épouse dévouée enceinte jusqu’aux dents, un fils autiste handicapé, la compassion est aisée et évidente.
    Walter White est l’antihéros par excellence, un peu gauche, toujours maladroit, mauvais menteur, son côté anti-héros est confirmé par ses difficultés à gérer la fabrication et la vente d’amphétamines, cela pique notre curiosité et apporte un peu de dérision à la série. L’écriture de Breakind Bad de surcroît est simple, fluide, plutôt subtile, aidé sans être placé sous tutelle, le spectateur est amené naturellement à se prendre d’intérêt pour le personnage et sa famille.

    BREAKINGBAD.jpg

    Une vision du cancer innovante et désarmante

    Si Breaking Bad était la série must-see de ce début d’année, c’était avant tout pour la vision qu’offrait la série sur le traitement du cancer. De manière pudique ou dérangeante, le regard porté sur l’apparition brutale du cancer s’avère juste et authentique, la série permet de suivre une évolution certaine et manifeste de la maladie, qui s’illustre par de nombreux détails, détails toujours confectionnés avec attention par la série et qui ne se résument pas aux traditionnelles pertes de cheveux et nausées habituelles.
    Mine de rien, Breaking Bad nous fait comprendre que le cancer est encore un sujet tabou à la télévision et très peu présent dans les séries de ces networks trop frileux, pour ne pas dire inexistant –après tout, l’exemple de Lynette dans Desperate Housewives par son irréalisme est un peu maigre. Ici, le cancer est traité de manière réaliste -déconcertante et s’accompagne d’un ensemble de scènes pénibles mais sincères, crues mais nécessaires, dénuées de pathos et de sentimentalisme suranné.

    Dans Breaking Bag, le cancer du héros est le décor de fond de la série, surgissant inopinément dans la vie quotidienne du héros et entraînant un traitement aux conséquences toujours soudaines, dérangeantes et crédibles, voilà l’intérêt majeur du show ; le rapport que Walt entretient avec sa maladie et ipso facto, avec sa famille et réciproquement d’ailleurs, permet une thématique passionnante, simple mais fascinante. L’évolution de leurs liens est saisissante, très émouvante, chacun essayant de combattre sa propre pudeur face à la maladie.
    Cependant, malgré un sujet tragique, la série ne cède jamais à une mise en scène indigeste et pathos, le ton employé de la série tantôt dramatique, tantôt caustique, permet un recul certain par rapport aux épreuves de notre antihéros.

    1x06-9.jpg picture by blabla-series

    Une première saison étonnante, complexe, riche … mais inégale

    Malgré un nombre faible d’épisodes, Breaking Bad a su marquer les esprits, exploitant un thème fort avec une grande habileté, la série profite surtout de l’atout Cranston au talent dramatique incommensurable. Pour cela, la série assume parfaitement son caractère sérieux voire tragique et s’en accommode parfaitement.
    Elle réussit toutefois à tirer parti d’un humour noir affûté, particulièrement efficace,  ce qui permet de dédramatiser le propos majeur du show et/ou d’ajouter une épaisseur supplémentaire, une complexité à un sujet jusque là inexpérimenté. Le héros lui-même se charge de ces deux dimensions antagonistes, et c’est à travers cette difficile combinaison, mais brillamment maîtrisée, que tout le talent de Bryan Cranston est visible, l’acteur réussissant avec un naturel désarmant à émouvoir et à faire rire de lui-même.

    Cependant, la saison de Breaking Bad a été inégale et l’évolution narrative, parfois en dents de scie. Après un début cataclysmique, le milieu de la série manque de dynamisme et à travers quelques épisodes décousus, peine à faire avancer son intrigue, apparue dès la fin du series premiere.
    De plus, la vision très sobre que la série a su développer notamment à l’égard de cancer ou par ce portrait de famille authentique, est un peu entachée par l’univers de la drogue, trop présent, trop hostile, il représente un contraste trop important par rapport à la dimension intimiste et pudique de la série, les mauvaises fréquentations de Walt prenant parfois le pas sur ses relations familiales.
    Heureusement, cet arc narratif permet la réunion de Walt et Jesse, un duo détonnant, finalement complémentaire,  Jesse est un personnage important de Breaking Bad, en dépit du charisme fort de Bryan Cranston, Aaron Paul s’en sort très bien à ses côtés, Jesse est un personnage haut en couleurs, consistant et imposant, il permet d’apporter une touche de dérision à  la série, entre autres choses, et sa propre histoire, pour le moins intéressante, mériterait pour la seconde saison qu'on s'y attarde davantage.

    BREAKINGBADS1.jpg

    Conclusion ?

    Bénéficiant ainsi d’une ambiance très dérangeante, mêlant la famille, la vie, la mort, comme un seul et unique thème, Breaking Bad a des airs de Six Feet Under, notamment dans l’évocation de ces thématiques spirituelles indissociables. Mais moins cynique, moins déjantée, plus rationnel que le majestueux Six Feet Under, Breaking Bad est une série plus convenue aux mécanismes classiques et aux défauts habituels ; cependant son réalisme édifiant et sa mise en scène brutale et secouée lui confèrent une empreinte singulière et un propos de qualité fort louable. A voir très vite.

     

    Lien permanent Catégories : Breaking Bad, Critiques Imprimer Pin it!