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  • Critiques ciné : du 20 mars au 23 avril

    Il y a longtemps que je t’aime ****
    Une œuvre au propos misérabiliste latent, qui réussit toutefois à ne pas s’engluer dans une rhétorique du malheur embrouillée et ampoulée, en abordant des thèmes forts et bouleversants, adoptant une démarche juste et délicate et usant de ses deux actrices d’exception avec une précision déconcertante.

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    Horton **
    Horton bénéficie d’idées ludiques et fantaisistes mais son manque d’audace le condamne à adopter les codes du divertissement sage et gentiment honnête : aventure, chanson, morale, une recette enfantine de trop.

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    Doomsday ****
    Complètement atypique, Doomsday se permet tout, nous surprend, nous effraie, nous écœure, nous amuse. Doomsday n’a rien du film-virus-zombie, c’est un film inclassable de qualité, majoritairement incompris et empli de références cinématographiques des plus calées. Un spectacle survolté, déjanté, complètement à l’ouest qui ravit surtout par son originalité et son désir d’innover et d’imposer.

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    Run, Fat Boy, Run **
    De facture classique, la première œuvre de David Schwimmer est spontanée et récréative mais peu à peu, le rythme s’essouffle et le film finit par tourner en rond. Heureusement, l’envie de bien-faire et la bonne humeur de Schwimmer elles, sont restées intactes.

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    Nim’s Island *
    Une désastreuse aventure qui, au-delà de son cast furieusement palpitant n’a guère d’intérêt. Un récit cousu de fil blanc, un rythme pantouflard, des situations des plus convenues et une fin traitée à la-va-comme-je-te pousse, donnant le coup de grâce. On en sort presque honteux, pour Jodie surtout.

     

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    Le Nouveau Protocole **
    Souvent incohérent et maladroit, le Nouveau Protocole s’attarde sur sa dimension grand spectacle en négligeant principalement son histoire, sans cesse moins crédible.

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    The Darjeeling Limited ***
    Pour certains, The Darjeeling Limited est un film ampoulé, emphatique et nombriliste, faisant figure de publicité pour sacs Vuitton le temps d’un long métrage esthétique misant sur les surimpressions et le temps qui passe. Pour moi, c’est tout le contraire.

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    REC ***
    REC est un film au parti pris immersif réussi et maîtrisé qui en dépit d’une trame narrative conventionnelle et un ton prévisible, permit de renouveler le genre horrifique en misant sur une terreur de proximité presque palpable tout en parvenant à stigmatiser avec intelligence l’attitude jusqu’au-boutiste des médias.

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    Funny Games U.S ****
    Le spectacle est injuste, intolérable et cruel, le film lui, est un brillant et terrifiant exercice de style dans lequel l’absurdité et le sadisme sont rois. Mêlant le réel à la fiction, Funny Games U.S est une oeuvre complexe, hybride, bougrement intelligente, qui émeut, révolte et fait réfléchir, le tout simultanément et de manière très confuse, le spectateur étant la pièce maîtresse du film, il se sent presque coupable d'avoir assisté à une farce humaine aussi nihiliste que cynique.

     

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  • Breaking Bad - Résumés - Saison 1

    Pilot – 1.01 (diffusé le 20.01.08)
    Walt est un professeur de chimie ordinaire et modeste qui tant bien que mal, tente de satisfaire les besoins de sa femme enceinte et de son fils handicapé. Mais la vie de Walt se complique davantage lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'un grave cancer. Walt décide alors de devenir dealer mais ce n'est pas une mince affaire.

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    Cat’s in the Bag – 1.02 (diffusé le 27.01.08)
    Walt et Jesse se sont attirés les foudres des deux dealers ayant pignon sur rue. Après une recette chimique dont Walt connaît le secret, Jesse est chargé de se débarrasser du corps des dealers, mais l’un des deux est vivant et il faudra alors improviser. Jesse décide de dissoudre le corps du mort mais sans le matériel conseillé par Walt, cela conduit vite à la catatrophe. Skyler est de plus en plus suspicieuse concernant les activités de son mari, lorsqu’elle tombe sur la boîte vocale de Jesse, elle pense que Walter fume de la marijuana, elle part alors menacer le petit délinquant.

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    And the Bag’s in the River – 1.03 (diffusé le 10.02.08)
    Skyler demande à Hank, son beau-frère de montrer à Walter ce qu’est la vie d’un junkie, celui-ci ne comprend pas vraiment l’intérêt de la manœuvre. Krazy-8 est toujours retenu dans le garage de Jesse, Jesse et Walt ne savent pas quoi faire de lui mais un accident permet de forcer le destin. Walt n’est pas rentré de la nuit, Skyler lui demande une ultime explication.

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    Cancer Man – 1.04 (diffusé le 17.02.08)
    Walt avoue tout ou presque à Skyler et Walter, Skyler a du mal à réaliser et fond en larmes devant sa sœur et Hank. Jesse décide de retourner vivre chez ses parents, ne pouvant plus résider chez lui. Il se ré-adapte petit à petit à la vie de famille, jusqu’à ce que son petit frère s’en mêle.

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    Gray Matter – 1.05 (diffusé le 24.02.08)
    Jesse s'est décidé à trouver un travail mais la tâche ne sera pas aisée. Walt et Skyler se rendent à une réception organisée par un couple d’amis de longue date. Skyler leur apprend que Walt est atteint d’un cancer, les amis décident alors d'aider financièrement Walt, chose que Walt ne pourra accepter. Skyler tente tant bien que mal de convaincre Walt de débuter un traitement.

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    Crazy Handful of Nothin – 1.06 (diffusé le 02.02.08)
    Jesse et Walter repartent en cuisine. Walt commence sa chimiothérapie et les effets ne se font pas attendre. La police ayant retrouvé un masque à gaz de l’école, Hank se pointe et demande l’inventaire du labo à Walt. Walt demande à Jesse de s’adresser à Tuco, le nouveau boss des dealers. Mais Tuco n’apprécie pas l’arrivée sur le marché d’un nouveau produit et tabasse sauvagement Jesse.

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    A NO-Rough-Stuff Type Deal – 1.07 (diffusé le 09.03.08)
    Après l’arrestation de l’homme de ménage, le lycée organise des réunions parents-élèves, Walt et Skyler en profiteront autrement. Skyler et Walt organise leur baby shower, elle reçoit un diadème de la part de sa sœur, toujours aussi cleptomane. Walt fait croire à Skyler qu’il part en cure alors qu’il prépare un gros coup avec Jesse pour assurer une gestion hebdomadaire de leurs produits.

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  • Dexter – Bilan – Critique – Saison 2

    La saison inaugurale de Dexter avait été l’une des très bonnes surprises de l’an passé.
    Cette saison, Dexter a connu des hauts et des bas, s’est embarrassé de quelques personnages insupportables et s’est achevé sur un final assez complaisant. Cependant, la magie noire a une nouvelle fois opéré et l’on peut retenir de cette saison,un ensemble plutôt positif.

    1974822503.2.jpgChasse à l’homme, un arc à la méthode récidiviste
    Alors que l’Ice Truck Killer était l’arc de la première saison et permit à la série de bénéficier d’une histoire à suspense remarquable, le fil conducteur de cette saison a été l’enquête autour du Bay Harbor Butcher, on aime les manhunts et les noms de code filandreux à la police de Miami.
    Une fois encore, le Bay Harbor Butcher, appelons-le honey, est lié à Dexter, ce n’est pas son frère ni son père revenu d’outre-tombe, c’est lui-même dont il est question ; les corps des victimes du psychopathe justicier ayant été retrouvés par quelques pêcheurs, Dexter sera directement menacé par cette découverte.
    L’œuvre de Dexter affiché au grand jour, le concept de cette saison était donc assez hasardeux voire casse-gueule : il s’agissait tout simplement de mettre en danger la vie du personnage principal. Pourtant l’on sait de source sûre que Dexter aspire à un nombre incertain de renouvellements, établir si vite cette riche idée paraissait donc à la fois ambitieux mais du fait de sa précocité, fortement risqué.

    Pour Dexter, l’atmosphère a été plus paranoïaque que jamais. Il s’agira alors pour lui de garder son sang-froid habituel, de surveiller ses arrières et ses pulsions assassines persistantes, de faire régner justice avec plus de précaution. Malheureusement pour lui, les suspicions sans cesses plus fortes d’un Doakes franchement inquisiteur, Dexter aura du mal à mener son quotidien comme il l’entend et devra composer avec ce nouveau fardeau de cent kilos.
    L’enquête suivant son cours tout au long de la saison, l’étau s’est peu à peu resserré autour de Dexter ; sa sœur, Debra, est très investie par sa mission tout comme son boyfriend de capitaine Lundy, au cours de l’enquête, les choses ont avancé, le leitmotiv et le profil psychologique du tueur a été établi, la police en vint même à comprend que le tueur est un membre de la police de Miami. Dexter est alors un homme sur la corde raide.

    Discours métaphysiques, autosuggestions morbides, quête de soi: un trio récurent chez Dexter
    Avant que l’enquête du BHB ne voit le jour, décontenancé par la perte de son frère, la quête de repères sera plus aigüe pour Dexter. Mais au final, on a frôlé le personnage pleurnichard, le misérabilisme et le narcissisme exacerbés, certaines pensées de Dexter à force de répétitions et d’égocentrisme se sont approchées effectivement du carrément prolixe et n’ont  pas apporté vraiment à l’évolution psychologique du personnage.

    Mais on l’aura compris : Dexter a été  mis en difficulté cette année. Une fois menacée, les remises en cause existentielles de Dexter auront un tout autre intérêt ; sa fébrilité, sa nervosité seront dès lors palpables, le personnage, tourmenté à souhait, sera perçu avec davantage de profondeur et d’humanité, renouant ainsi avec le personnage qu’il était en saison inaugurale.
    Directement placé sur la corde raide, Dexter connaît un avenir incertain, apeuré, menacé, dominé, la personnalité de Dexter est alors plus approfondie, le personnage prend de l’intensité, de la complexité et l’interprétation de Michael C. Hall est alors plus juste et époustouflante que jamais.

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    Une galerie de personnages secondaires davantage consistante
    Contrairement à la saison inaugurale, cette saison a fait la part belle aux personnages secondaires, ce qui a permis de ne plus ressentir la série comme portée par les épaules uniques de Dexter mais par davantage de dos plus ou moins convaincants.
    Si Lyla a fini par côtoyer l’écœurant, elle demeura néanmoins un personnage important. Son rôle dans la résolution de l’affaire du BHB n’est plus à démontrer [garantie No Spoiler] et même si elle devint le pion scénaristique servant à dénouer les enjeux de la saison de manière plus ou mois facile, elle permit au prime abord une réelle influence sur Dexter et une certaine évolution du personnage. Son tempérament lucide et son charisme représentait un intérêt non-négligeable mais Lyla finit par tomber sous la caricature insupportable de l’hystérico-pyromane.
     
    En outre, on distingue Deb, la sœur de Dexter. Dévastée par l’identité de son ancien petit-ami, Debra peine à renouer avec vie d’avant et à refaire confiance à la gent masculine. Debra est probablement LA surprise de la seconde saison de Dexter ; son fucking tempérament si singulier la démontre comme impulsive, active et irréfléchie mais ses récentes épreuves l’ont enrichi, son personnage a pris de l’étoffe et de la maturité ; sa liaison avec le capitaine Lundy l’illustre parfaitement. L’adoration qu’elle voue à Lundy et son désir de protéger Dexter de Lyla la dépeint également comme une personne généreuse et très aimante. Un véritable coup de cœur.

    L’équipe de police prit également de l’importance, avec notamment une capitaine LaGuerta plus humaine et touchante que jamais. Le sergent Doakes, lui, devint presque omniprésent ; ses suspicions à l’égard de Dexter l’ont isolé professionnellement et socialement. Comme Lyla, il est un pion scénaristique qui permit la résolution de l’affaire ; cependant ses interventions ont réellement mis en difficulté notre justicier de l’ombre et leurs échanges ont influé les représentations amorales de Dexter.

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    1434824881.jpgComportement psychopathe et modèle de stabilité : une combinaison efficacement malmenée
    La saison inaugurale de Dexter avait été caractérisée par une combinaison paradoxale, unique en son genre, qui consistait à mettre en scène une personne socialement intégrée, bien sous tout rapport mais qui a la fâcheuse tendance de zigouiller les crapules errantes.
    Dans cette saison, le côté noir de Dexter fit peu à peu surface : Dexter n’est plus l’homme de confiance qu’il était. La saison inaugurale s’était achevée sur les suspicions de l’ex de Rita à l’égard de Dexter, ce premier a ainsi permis à la jeune femme de remettre en cause l’exemplarité de Dexter. Dans l’impasse, Dexter fut contraint de simuler une addiction à la drogue. Bien que le soutien de Rita à l’égard de Dexter soit inébranlable, la mère de Rita, par exemple, fut l’une des premières à se méfier de Dexter-personnage public et à inciter sa fille à s’éloigner. Par la suite, la rencontre avec Lyla, leur rapprochement et leur aventure mit en évidence que Dexter n’est plus l’homme droit qu’il était, Rita comprit qu’elle s’était fourvoyée.
    Dexter suscite le doute, il n’apparaît plus comme le modèle de sagesse et de stabilité d’avant ; s’il peut encore compter sur le soutien de ses proches, Dexter doit dorénavant composer avec le fait qu’il n’est plus aux yeux de tous un homme de confiance, ce qui représente un danger certain pour son activité secrète.

    En conclusion, outres les facilités scénaristiques fâcheuses de la fin de saison, cette seconde saison de Dexter s’inscrit dans la lignée de la première. Faisant évoluer son personnage principal en l’exposant à de nouvelles dimensions, appuyant l’intérêt de personnages secondaires-clés, la série s’apprécie surtout du fait de l’évolution faite aux personnages.
    Sans se contenter de poursuivre le concept lancé par la saison initiale, cette saison permit un contre-pied dangereux mais brillamment maîtrisé. D’une richesse psychologique indéniable, cette saison explore la profondeur et les facettes de sa pièce maîtresse sans oublier d’aiguiser la dimension thriller du show et de peaufiner l’ambiance inédite de la série, sa marque de fabrique. Au final, cette saison est un spectacle intense, abouti, haletant, à ne surtout pas rater.

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  • Tell Me You Love Me - Critique - Bilan - Saison Inaugurale

    Although it’s not an easy commitment, Tell Me You Love Me is an incisive, deeply interesting drama. Voyeurism has rarely felt so unnerving yet ultimately rewarding.

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    Créée par Cynthia Mort
    Diffusion
    HBO
    Series Premiere le
    09 septembre 2007
    Saison 1 achevée. Saison 2 à venir.
    Format 50mn-
    10 épisodes

    Cast
    Adam Scott, Ally Walker (Profiler), Tim Dekay (Carnivàle), Jane Alexander (The Way), Michelle Borth, Sonya Walger (The Librarian, Coupling), Luke Kirby (Slings & Arrows), Ian Somerhalder (Lost), Sherry Stringflied (ER)

    Show Synopsis
    Jamie et Hugo, la vingtaine, expérimentent la vitalité de leur vie sexuelle mais se rendent compte que leur intimité est une sorte de drogue qui leur sert d'échappatoire à une réflexion plus poussée sur leurs visions différentes de la fidélité et de l'engagement. Katie et Dave, la quarantaine, sont d'heureux parents mais se demandent pourquoi leur amour ne s'est plus transformé en une intimité sexuelle depuis presque un an. Carolyn et Palek, milieu de la trentaine, déplorent à quel point leurs efforts pour devenir parents et leur incapacité à concevoir un enfant a affaibli les connexions entre eux.
    Ces trois couples décident de consulter un psy : le docteur May Foster.

    Critique

    1635204658.jpgTell Me You Love Me : une série intimiste ou carrément porno ?
    Pour découvrir Tell Me You Love Me,  soit il faut être un internaute curieux voire vicieux car conscient du buzz médiatique que la série a engendré par ce qu’on appellera, son ambition désinhibitrice ; soit il faut être sériephage, autrement dit piqué par toutes nouveautés  inspirées susceptibles de coup de coeur, et spécialement celles conçues par HBO. Ou il faut être les deux mais le déplacement du débat n’est pas pour aujourd’hui.

    Plus qu’une vision désinhibitrice, Cynthia Mort filme le couple dans toute sa splendeur, dans toute son existence, cela passant forcément par son intimité sexuelle. Sans jamais chercher à glamouriser ou à érotiser le couple, le regard s’insinue partout, jusque dans l’esprit de ces personnages. De près ou à distance, de manière spontanée et instinctive, la caméra capture un état latent, fouille ce lien unissant entre deux personnes qui s’étire, se casse ou se confond, creuse les connexions compliquées, brouillonnes ou tourmentés entre amants. Autant de frustrations, de solitude qui conduisent alors ces quatre couples sur le divan d'une psychothérapeute.

    Malgré le caractère cloisonné des histoires de ces couples, chacun participant à l’esprit de la série sans jamais entrer en interaction avec les autres et pouvant constituer pour les plus récalcitrants, une succession d’imagettes ampoulées, Tell Me You Love est une série instinctive, naturelle, désarmante.  Des plans inutiles mais lourds de sens, des dialogues ordinaires qui ne résolvent rien mais dont on use tous chaque jour pour se voiler la face, des situations anodines, des crises quelconques, Tell Me You Me n’a rien d’emphatique ni de pompeux, elle mise bel et bien sur la réalité de notre société, sur le déni de l’individu pris spontanément dans son intimité. Tell Me You Love Me : une série intimiste, assurément, une série de proximité, démystifiant les maladresses, les complexes et les épreuves.

    Une saison toute en non-dits et silences lourds de sens : un regard presque documentaire
    A travers ces quatre couples de générations différentes, Tell Me You Love Me nous offre un regard juste et sincère sur l’intimité d’un couple, son quotidien et sa manière de fonctionner, c’est aussi une manière de montrer les enjeux générationnels propres aux couples d’âge différent.
    En ce sens, Jaimie et Hugo est le jeune couple, en plein questionnement qui cache ce malaise par des impulsions sexuelles vives et rapides, peu importe l’endroit.
    Infiniment juste, ce couple plus vrai que nature est touchant par son authenticité et  ce lien amoureux qui crève l’écran. D’un autre côté, il ya  le couple inattendu de Katie et David, déjà installé. Déboussolé par la gestion d’un foyer et leur travail respectif, ce couple a perdu toute intimité et une fois la famille endormie, se comporte comme de parfaits étrangers, pudiques et sagement réservés, cachant alors une solitude extrême. Ce couple tout en retenu est désarmant, tant il est représentatif du couple routinier par excellence en proie à la mid-life crisis et aux envies d’adultères.

    Ainsi, ce que propose Tell Me You Love est un regard presque documentaire, plus vrai que nature sur des individus lambda psychologiquement affectés. Loin de tout stéréotype préfabriqué,  le regard porté sur la vie de ces personnages est poignant, doucement âpre, tour à tour amoureux, brutal, indifférent.
    Ce n’est pas amusant, ce n’est pas triste. C’est simplement juste et douloureux, tout en non-dits et en complexité.  Jamais une série ne réalisa une réflexion sur la vie à deux de façon si concrète, si substantielle, si réaliste. Pour cela, le silence et le non-dit devaient être omniprésents ; presque palpables ici, ils créent une ambiance réaliste et fortement troublante. Tell Me You Love, c’est tout, sauf gratuitement racoleur.

     

    Tell Me You Love Me et In Treatment, la thérapie vue par HBO ou comment créer un genre nouveau fascinant

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     Après Tell Me You Love Me, HBO mise sur In Treatment, série d’origine israélienne qui suit les consultations hebdomadaires de cinq personnes en quête de réponses.
    Avec ces deux séries, HBO semble avoir trouvé son nouveau mot d’ordre : désordre psychologique et regard intérieur. Le motif thérapeutique et psychologique est avant tout là pour mettre en lumière l’intimité de l’individu, son essence créatrice intérieure, l’individu pris isolément dans sa cénesthésie. En misant sur l’introspection, l’autocritique, HBO permet d’explorer la profondeur de l’être humain et de porter un regard sur la réaction humaine, réaction parfois surprenante, parfois attendue, souvent dans le déni.

    Grâce à elles, HBO nous familiarise avec la consultation psychologique, le rapport psychiatre-patient, l’entretien souvent touchant de justesse et d’authenticité et offre ainsi une envie d’introspection, d’examen auto-critique ; pour nous, lambda enorgueilli par notre société égoïste-post-matérialiste.
    TMYLM et In Treatment offrent en conclusion une sorte d’analyse à domicile, bilan personnel pour gens ordinaires, une psychanalyse faite par soi-même avant la lecture du soir, un outil de démystification accessible à tous, c’est neuf, approfondi, brillant et ça peut apporter beaucoup ; merci HBO.

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