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25.01.2012

New Girl (Saison 1) Zooey Deschanel et son joli minois

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Zooey Deschanel a enfin sa série : elle s’appelle New Girl et à peu de choses près, elle met en scène ce qui pourrait être la vie tendance et déglinguée de cette actrice qui l’est tout autant. Trop hype, non ?

 

On la déteste ou on l’adore pour des raisons équivalentes : Zooey Deschanel est une fille cool, un peu indé, un peu hype, qui roule des yeux, chante des airs rétro, porte des serre-têtes fluo et assume ses blagues poussives. Une fille bien quoi qu’il en soit. Evidemment, l’opportunité de créer une série à l’effigie de ce symbole du über-cool était immanquable.

Née de l’esprit d’Elizabeth Meriwether (la scénariste de Sex Friends), New Girl s’inspire de l’esprit du moment : celui des jeunes filles gentiment loufoques qui assument leur dinguerie en public et en font des couches. Zooey Deschanel, impeccable dans ce rôle, s’en donne à cœur joie. Dans le rôle d’une jeune fille récemment larguée, Jess, l’actrice impose son rythme de jeu. En jonglant entre les singeries d’une allumée et les pleurnicheries d’une paumée, Zooey occupe la scène, son premier plan, ses lumières, même le générique, à l’air désuet presque ridicule, sur lequel elle chantonne et danse avec conviction.

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Résultat : la série prend une teinte délicate, revigorante lorsque Zooey Deschanel retrouve les mimiques déglinguées de son rôle dans Weeds. D’emblée, donc, la série séduit. Grâce à Zooey, sa gestuelle maniérée, ses blagues inoffensives et son esprit mutin.

Mais les qualités de New Girl sont rapidement cloisonnés au cas de la it girl, qui peine à transmettre son plaisir du jeu et son envie marginale au reste du groupe. Entourée d’une bande de mâles lambda, avec lesquels Jess vit désormais, la série rate le coche de l’humour masculin et sensible à la fois. Avec un trio faussement comique –Lamorne Morris, Max Greenfield, Jake J. Johnson, trois acteurs de série ordinaires que l’on croise de temps en temps en guest star dans des séries feuilletonnantes ou policières, New Girl manque de punchy et de mordant.

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Presque vieillottes, les histoires autour de ces garçons,  coach sportif, séducteur et barman, peinent à susciter un quelconque intérêt, malgré les moues crispées et les envies de plaire de ces héros diminués face à la présence (trop ?) excentrique de la brunette à leur côtés.  Les trois héros ont beau ne pas agacer, ils manquent en drôlerie ou en charisme pour se rendre attachants, ce qui est problématique dans une série de personnages et de traits fins. Plus d’originalité dans leur caractère ou d’histoires de groupe donneraient à New Girl une meilleure vue d’ensemble, plus drôle et plus enlevée.

 

Mignonne comme tout, Zooey Deschanel reste l’atout unique de cette série gentiment bariolée qui a encore tout à prouver.

6.5/10

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12.01.2012

Homeland (Saison 1) Une machinerie puissante et humaine

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Retour en force pour la chaîne à péage, Showtime, qui désespérait de renouveler ses dramas. En recrutant sa nouvelle unité, Homeland, la chaîne rouge s’est vue offrir une place de choix dans l’univers télé actuel. Electrisante, imprévisible, aux allures malades, Homeland est tout bonnement la meilleure production télé de l’année, peut-être même la plus belle série depuis longtemps.

 

Après In Treatment, il se pourrait bien qu’Israël soit passé maître en créations sérielles, Homeland étant un remake maîtrisé de Prisoners of war, série récente de cet état. Le pitch américain ? Celui du sergent Brody, un marine détenu pendant huit ans par le camp ennemi, Al Quaïda, qui rentre miraculeusement au pays, ce qui éveille les soupçons de l’agent CIA Carrie Mathison. Celle-là avait eu jadis confirmation qu’un militaire américain converti menacerait la sécurité nationale.

Emportés par le jeu fiévreux et dense de Claire Danes et Damian Lewis, Homeland est une série complexe, à l’identification difficile. Entre deux genres, à l’intrigue à tiroirs, la série cultive un arsenal militaire et familial comme aucune autre série.

Souvent comparés à 24, par sa dimension géopolitique et diplomatique, la série Homeland n’a pourtant rien à voir. Plus proche de la latence de Rubicon, par son aspect morne, ses questionnements en attente, son doute permanent, Homeland veille davantage à entretenir une ambiance paranoïaque qu’une toile d’action pure et dure mêlant CIA et terrorisme.

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Si évidemment, la série taille sa part du lion dans la gestion des crises, l’avancement de son enquête terroriste, sur le chef de file Abu Nazir et ses grandes manigances, son probable traître en la personne de Brody, sa profonde originalité réside dans sa façon de psychanalyser ses personnages, les montrer sous un jour épuré, anti-manichéen, proche d’une réflexion objective. 

 

Enseveli dans un contexte familial bouleversant, les retrouvailles avec sa femme (l’attachante Morena Barracin), désormais amoureuse de son acolyte et la découverte de son adolescent, le sergent Brody suspecté pendant une moitié de saison, gagne en valeur et en subtilité. Idem pour le personnage de la CIA joué par Claire Danes, cette héroïne (la plus fascinante depuis longtemps) qu’on imaginait intuitive, ultra-compétente et crainte de tous n’est qu’en fait qu’une jeune femme instable, atteinte de bipolarité sévère, remise en cause constamment par son entourage professionnel et familial, à ce point impliquée dans son travail qu’elle perd en réflexes éthiques et en prudence.

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La plus grande force de la série, c’est de ne jamais aller du côté de l’attendu, monter une guerre froide entre les deux camps, diaboliser le traître américain, héroïser la jeune femme fragile seule contre tous. Le climat entretenu est constamment flou, prenant, d’une densité rare et d’une psychologie osée. A aucun moment, dans sa progression, Homeland appuie d’ailleurs sur les révélations, la série préférait les laissant filer comme des projectiles ambigus, dont on ne sait que faire.

Le final de la série, présageant d’une seconde saison encore plus palpitante et ténue que ce chapitre inaugurale, aussi travaillé et intelligent que le reste des épisodes, démontre la haute capacité d’Homeland, son regard contemporain, loin des sentiers scénaristiques creusés par les clichés et l’attendu.

 

Férocement bâtie, complexe et tendre à la fois, provocante et sévèrement moderne, servie par deux acteurs (Danes et Lewis) au paroxysme du talent, Homeland est la série évènement du courant actuel. Déjà indispensable.

10/10

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07.01.2012

Friday Night Dinner (Saison 1) L’humour anglais se sert chaud

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Les repas du Vendredi soir sont gages de grands moments sériels. Ceux de Gilmore Girls, entre moqueries et conventions, ceux de Dillon, après  le match de football et l’esprit de conquête. Cette année, Channel 4, la chaîne anglaise qui monte, a décidé de faire ce thème chaleureux  une série à part entière. Ou l’histoire d’une famille anglaise moyenne qui se retrouve au grand complet à table chaque vendredi soir pour des moments absurdes et caustiques. Une promesse gourmande ou écœurante ?

 

L’humour anglais est un humour patrimonial. Les comédies anglaises sont reines dans leur domaine. Celui de l’humour loufoque et décalé, qu’on aime étiqueter de so british. En restant fidèle à cet esprit foutraque, Friday Night Dinner prouve que l’humour bête et méchant peut encore fonctionner en dépit de son ton démodé.

A table, parmi les convives, la famille Goodman. Une famille qui sous ses airs de clan anglais lambda, décèle une excentricité  dérangeante. Dans le rôle de La mère, la désormais incontournable Tamsin Greig, qui parallèlement à l’univers L.A en tête à tête avec Matt LeBlanc, prouve qu’elle garde ses convictions nationales. Malgré la sympathie de Tamsin, et de son personnage Jackie, garant de la politesse, de la droiture, de l’ordre familial, rien ne va vraiment dans cette famille supposée normale.

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A commencer par le père, sacré loucheur et féroce sourdingue, qui en plus de rendre la répétition des répliques qu’on lui adresse à la fois drôle et éreintante, est un drôle de personnage qu’on ne cerne à aucun moment au cours de cette première saison ; l’homme de famille est à la fois passionné de revues scientifiques et d’idiosyncrasie dégueu. Mais les deux protagonistes de cette série sont assurément les deux frères, Adam et Jonny, qui chaque vendredi soir, honorent leurs parents de leur présence pour un repas familial supposé traditionnel.

Le problème de ces deux personnages, et donc du cœur de cette série, c’est que leur relation est conflictuelle, au point d’en être poussive et grotesque. Amateurs de coups bas (saler le verre d’eau de son frangin, se cacher dans la poubelle et même piquer la potentielle petite copine), d’insultes ouvertes, de rabaissement et de vengeance, Adam et Jonny rendent les repas de famille à la fois terribles et puérils. A croire que ces deux jeunes hommes émancipés et indépendants en sont restés aux querelles de bacs à sable qui les opposent depuis toujours. Cette relation volontairement compliquée gâche ainsi le potentiel spontanément humoristique de cette série, malgré quelques bons mots ici ou là de la part d’Adam, qui reste le personnage le plus attachant du lot.

 

En plus de cette galerie modeste, quelques personnages gravitent de temps à autre, pour pimenter les repas et leur contenu virant presque à chaque fois au désastre. Si la grand-mère reste relativement anecdotique, demeure ce voisin binoclard aux airs pervers, absurdes et balourds, qui résume bien le concept intéressant mais un peu pénible de cette série. Mais parce que la série a su délivrer de très bons premiers épisodes, on se dit que Friday Night Dinner a quand même un joli potentiel devant, elle qu’il faudra exploiter l’an prochain, pour cette seconde saison déjà annoncée.

 

En un mot, Friday Night Dinner est une série de moments, une anecdote parfois perspicace, parfois inutile. Si cette série anglaise a encore tout à prouver, on préfèrera dans le genre se repasser les premières saisons de The IT Crowd et The Thick of It.

5.5/10

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27.12.2011

Hung (Saison 3) Prostitution et gros tracas

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Hung, la production sans histoires de HBO, poursuit sa route sur les voies de la chaîne à péages. Après deux saisons simples convaincantes, la série bien montée a voulu compliquer son paysage. Moralité, la série perd légèrement en sex appeal et en force réaliste.

 

Il y a toujours eu quelque chose de touchant dans Hung. De par l’acteur star jouant ce prof de sport gigolo, Thomas Jane, qui avant la gloire hollywoodienne, connut lui aussi ses heures d’escort et de petits trottoirs pour gagner sa vie à Los Angeles. De par sa vision contemporaine, aussi, Hung, ayant toujours eu un regard désenchantée, post-industriel, sur la crise, le logement et la situation des familles et des petites bourgades américaines.

Mais Hung n’en est plus à ça. Si la précarité a fichu le camp, c’est pour voir évoluer son personnage principal, Ray, qui désormais est un play-boy demandé, une catin de luxe. Avec sa partenaire, Tanya, toujours aussi loufoque et attachante, désormais guide de vie derrière son comptoir (à la tête d’une entreprise sur le ton de l’orgasme féminin, Happiness Consultant), l’ex-joueur de base-ball accumule les rendez-vous et les attentes des femmes qui en veulent pour leur argent.

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Cette saison, les (bons) personnages restent les mêmes mais les dynamiques changent. Le gros défaut de cette saison, c’est de s’être embarrassé de tics de jeu et de personnages secondaires irritants. Notamment ce couple de jeunes opportunistes recrutés par Lénore pour concurrencer le petit business de Ray et Tanya. La concurrence était au départ alléchante (cette thématique de la prostitution homosexuelle) mais la série s’est contentée d’un triangle anecdotique d’égos sans action, ni parti-pris.

Du côté des clientes, la série change également de cap. Finies les femmes désoeuvrées, douces ou chagrinées qui faisait les joies du charisme de Ray, davantage chargé de réconfort, d’écoute que de performances dignes d’un super héros, cette troisième saison ne fait plus d’étude de cas. A l’exception d’une transsexuelle émouvante, les rares personnages n’auront été que des figures académiques ou des rôles agaçants venues compliquer le quotidien des héros, notamment cette ancienne écolière, faite de lieux communs et d’attendu et cette flic violente (Ana Ortiz) qui commettra le crime sériel le plus horripilant :  le bon vieux chantage.


Même chose du côté de Tanya. La pauvre maquerelle s’est vue accompagnée tout au long de la saison par son ami mac, fourbe et menteur, qui par ses actions, rendra la vie de Tanya encore plus misérable. Heureusement, pour rendre l’équilibre drame/comédie plus solide, on pouvait toujours compter sur les prestations d’Anne Heche, toujours vibrante et touchante dans son rôle de femme perdue, mère négligée désireuse d’indépendance et de considération. Idem pour Lenore (Rebecca Creskoff). Si son personnage incarne tout le mal de Hung, ses histoires tarabiscotées, ses enjeux parfois pénibles, le jeu de l’actrice, ses moues, ses grands airs, sont impayables.

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Une légère évolution pour Hung qui dévoilera les secrets de tous mais qui perdra en équilibre. La série maintient la psychologie de ses personnages, sa rythmique comique à part, mais se perd parfois en détails crispants.

7/10

19.12.2011

Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

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Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées et des œuvres toujours plus innovantes. Avec Rubicon, série très comploteuse et a l’aube de la série horrifique Walking Dead, la chaîne premium part officiellement sur les traces bigarrées de HBO.

 

Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère, ce mystère, toujours lui.

Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, de best-sellers à la Vinci Code.

Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la nouvelle série du complot. Si la série n’a pas l’envergure initiale de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

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L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats, sinistre), Will est un analyste (de codes en tout genre) pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Daniel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Wil réalise que quelque chose cloche et se trame un peu plus loin.


Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases, aussi apparemment maigres soient-elles, d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.

 

Outre les enjeux importants sous-jacents à la série (quasiment imprenables actuellement), à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle plutôt efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir que ce qu’elle cache sciemment sous le manteau pourrait bien nous dérouter.

7/10

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13.12.2011

Once Upon a Time (Saison 1) Le conte de fée format feuilleton

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Il faudra bien l’avouer un jour ou l’autre : la rentrée publique des séries est parvenu à un niveau de médiocrité rarement atteint sauf dans les plaines mexicaines. Le bilan est tel que les sitcoms en carton pâte gagnent le premier plan tandis que les séries moyennes (Pan Am, Revenge, Person of Interest) sont promues petites surprises de l’année. C’est le syndrome Once Upon A Time, série supposée évènement, mais plus vraiment.



 

L’idée était originale, du moins surprenante, consacrer les contes de fée et autres légendes enfantines dans une série moderne fantastique. Storybrook, la ville où habite le jeune héros, regorge en effet de personnages aux similarités inouïes avec des héros tels que Blanche Neige  et son prince charmant, la Belle au Bois Dormant, Jiminy Cricket, ou encore la reine noire.


Mais rien n’est rose à Storybrook, dans cette ville, les habitants n’ont aucune idée de leur identité, le temps s’est arrêté et les frontières se sont scellées à jamais. Le jeune garçon en question, adopté par la maire de la ville, qui s’avère être la reine noire de l’autre côté, comprendre le sortilège et décide de retrouver Emma, sa mère biologique, fille selon lui de Blanche Neige et Prince Charmant, l’élue pour rompre ce mauvais sort.


Si ce concept est saugrenu, il est à ce point alambiqué qu’il finit intriguant. D’ailleurs, aux manettes, ce sont les scénaristes de Lost qui assurent la machinerie. Bonne ou mauvaise nouvelle ? A l’image des rebondissements parfois hésitants de la grande série mystère de ABC, Once Upon A Time a de quoi cultiver un mythe ultra-notoire et le faire miroiter à la sauce contemporaine, à savoir petite ville étrange et rumeurs insidieuses.

 

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Scindée en deux histoires, toujours parallèles, l’arc mythique sur les héros littéraires renvoyant toujours à l’histoire moderne vécue par les habitants de Storybrook, Once Upon A Time est une série qui se veut dense, à tiroirs. Les personnages merveilleux pullulent d’aventures et de facéties, si bien qu’Once Upon A Time et ses héros aux identités doubles (la maîtresse d’école-Blanche Neige, incarnée par Ginnifer Goodwin, la reine/maire, l’antiquaire, joué par Robert Carlyle, épatant dans son rôle maléfique) ont ce défi majeur de regrouper tout un pan de la littérature enfantine dans une seule histoire actuelle. Du pain sur la planche donc, les premiers épisodes prouvant la quantité ingérable pesant sur cette mythologie à double face.



Mais consciencieuse, notamment à l’égard du récit fantastique, Once Upon A Time maîtrise son concept créatif. Au risque d’avancer lentement. Et hasardement. Les débuts de la saison, plus introductifs et gentillets qu’autre chose, démontrent l’envergure du scénario, mais sans en borner les enjeux. Epique, intrigante, la série manque malheureusement de terrain passionnant pour convaincre totalement.

 

6/10

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06.12.2011

Bored to Death (Saison 3) La suite dans les idées

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Bored to Death, la petite série de HBO dont personne ne parle (il en faut toujours plus aux new-yorkais de HTMIIA) revient nous délecter pour un troisième cru. L’écrivain et anti-héros, Jonathan Ames, virevolte avec le même entrain dandy et la même énergie caustique parmi les aventures épiques et les répliques subtiles. Toujours aussi charmant.

 

Tout recommence par une sombre histoire de meurtre dont Jonathan est le principal suspect. Sur deux épisodes, l’affaire a de quoi mettre en branle le nouvel équilibre du héros, après une publication désespérée de son second livre et une presse attentive (surtout de la part de blogs) qu’il n’attendait plus. Grâce à son flair inouï, Ames élucide ce nouveau mystère avec brio mais retrouve très vite la perplexité des intrigues qui jadis égayaient son quotidien.

A partir de là, tout s’enchaîne. Jonathan découvre qu’il est issu d’une donation de sperme, dans les années 70 et part à la recherche de son père, thème qui circulera tout au long de cette saison. Avec cette quête en tête, ce héros aussi affriolant qu’un animal Disney réussira à mener la danse, toujours en compagnie de  ses amis loufoques indispensables au bien-être du show.

 

 

En ce qui les concerne, peu de changement à l’horizon. A la personnalité intacte, Ray et George voguent sur les mêmes courants décalés et gentiment drolatiques. Ray réussit à vivre quelques moments avec son enfant, encore une question de donation de sperme et de retrouvailles tardives (avec une lesbienne) mais toujours en cumulant les maladresses dont il a le secret, notamment mener une relation avec une sexagénaire sortie de nulle part. Mais cette fois, ses petites manies dignes du personnage balourd qu’il incarne n’énervent pas.

 

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Plus délicat, plus nuancé, le personnage de George explorera lui aussi du côté familiale, en acceptant l’idée d’un mariage saugrenu entre sa fille avec qui il renoue à peine et un homme de son âge, dont elle aime qu’il incarne son chien-chien. Fantaisiste, forcément, le personnage gagnera en humanité dans son rôle de père symbolique pour Jonathan et Ray, désormais, dont il aime s’occuper avec générosité.

 

Si ces trois mâles conservent l’essentiel, les guest stars féminines ont été à l’honneur cette année, Bored to Death ayant accueillie la femme à la ville de Ted Danson, Mary Steenburgen, ainsi qu’ Isla Fisher, plus comique qu’à l’accoutumée aux côtés du détective Ames et  celle qui assure les rires hebdomadaires dans Happy Endings, Calsey Wilson, dans un rôle de femme schizo hystérique qui lui va évidemment comme un gant.

Toujours aussi succincte (huit petits épisodes), la dernière saison de Bored to Death met toutefois les bouchées doubles pour entretenir sa vivacité et son parti-pris marginal. Moins d’intrigues isolées, de rentre-dedans à formule pour un arc plus corrélé, Bored to Death réussit à maintenant cet état d’esprit ancré dans son petit groupe de personnages, devenus attachants avec le temps et évoluer avec les modes et les lubies actuelles.

 

En bref, un déploiement d’humour et de fantaisies dans cette nouvelle saison de Bored to Death. Plus concentrée sur ses personnages et leurs histoires personnelles, la série de HBO réussit à fidéliser le téléspectateur et créer une dynamique bien à elle à laquelle on finit par adhérer plus qu’on le pensait.

8/10

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28.11.2011

Revenge (Saison 1) Une histoire soap bien dosée

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ABC n’est plus très experte en matière de séries  mélodramatiques, ayant même refilé le bébé pleurard à sa petite sœur, ABC Family, pour les ados amateurs de pulsions tristes.  Mais l’imprévisibilité de l’univers sériel est tel que Revenge, son soap de l’année, apparaît comme le nouveau programme phare de la chaîne. Surprise décryptée.



 

L’histoire de Revenge pourrait tenir sur un post-it mini-format qui s’égare sous nos tiroirs-commodes. Amanda Clarke décide de s’installer aux Hamptons (la campagne chic des new-yorkais influents) pour se venger de la mort de son père, accusé à tort, lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Avec sa nouvelle identité sous le bras, celle d’Emily Thorne, son ex-compagnonne de cellule, l’héroïne désormais majeure fera tout pour terrasser ceux qui ont brisé la vie de son papa parti trop vite.

 

Si le pitch laisse de marbre ou même, fait rire, c’est que Revenge sait cultiver son coté drama queen. Le pilote résume cette idée hystérico-exagérée, en tissant sa toile dramatique autour de flashbacks noirs et blancs sur la disparition du patriarche Clarke et cette intense relation qu’il partageait avec sa jeune tête blonde. Et pourtant derrière l’aspect désuet voire télénovelesque de la série, la trame de Revenge est une trame qui tient la route, pire, séduit pas à pas.

 

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Dans le rôle de l’héroïne prête à tout, Emily VanCamp que l’on avait appris à aimer dans Everwood, de façon moindre, dans Brothers & Sisters (une tête à claque même pas incestueuse), qui ici, se voit offrir un nouveau charme de tragédienne antipathique. Une première dans les séries ABC ! Entourée d’acteurs au surjeu avéré mais efficace, notamment, Madeleine Stowe géniale dans son rôle de belle-mère tyrannique, la jeune blondinette et son équipe assurent un paysage de divertissement intense, malgré des hésitations de ton (un schéma un épisode, une vengeance, rapidement écarté) et quelques plans de raccord atrocement ratés dans le décor de la série.

 

En dépit de tout le dédain que l’on peut éprouver pour les séries mélo teintées de glamour, Revenge n’excède pas en clichés mondains et sexy à outrance. Le genre de la série est ce qu’il est, il n’empêche que la série a du fond, des répliques originales, et beaucoup de ressort dramatique. Assortie d’un rythme dense, la série maîtrise parfaitement son arc scénaristique et sa palette très éclectique de personnages, au point de se légitimer parmi les séries comiques du mercredi soir.

 

 

 

La vengeance a beau être un plat éculé, usé jusqu’au cordon de cette bonne vieille télé, Revenge est un soap sérieux et solide, aux multiples péripéties. Plaisir hystérique garanti.


7/10


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