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12.03.2010

Parenthood (Saison 1) Un Brothers & Sisters amélioré ?

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Man vs Possum – 1.02
(diffusé le 09.03.10)

Après un pilot tout juste passable, Parenthood se relève gaillardement. Il en fallait un peu plus pour les fans névrosés de Lauren Grahan (ou de Krause) de s’avouer battus. Après ce second jet d’une facture fiable, on peut le dire, Parenthood tient la route et nous distrait foncièrement.

Le pilot avait été dense, diffus, mal géré. La faute à cette famille nombreuse, aux personnalités tranchées et différentes des unes des autres. Le second épisode corrige absolument le caractère brouillon de son concept et se recentre véritablement sur les problèmes parentaux qui semblent être à la racine de son ambition.

Alors, Man vs Possum fait la part belle aux quatre enfants Braverman en proie à des problèmes parentaux (les grands parents ne s’avèrent finalement n’être qu’accessoire et c’est tant mieux). La distribution des histoires se fait de manière égale, même si comme pour le pilot, c’est l’intrigue des deux stars du show qui semblent être le mieux maîtrisée.
Avec Asperger (et un garçonnet qui fait sensation à chaque scène), Monica Potter et Peter Krause s’en sortent avec brio et on n’est foncièrement pas contre un nouveau cas d’Asperger, cette fois des yeux d’un enfant.

 

Pour Sarah, il y a exception, elle est peut-être la seule qui bénéficie de storylines qui ne soient pas entièrement dédiées à son rôle de mère, les auteurs sur-profitent du talent de Lauren Graham, rien de plus normal. Son intrigue professionnelle est à la hauteur du reste, même si son personnage est véritablement typé Lorelaï (la moindre grimace, baissé de tête est du Lorelaï bien connu).

Surtout, la série a l’avantage de ne pas se complaire dans la facilité. Même si les scenarii sont foncièrement simples d’idées, ils ne cèdent pas à la moralisation ni au tire-larmes. La preuve, les enfants terribles ne sont pas ceux que l’on croit et la série ne conflictualise aucune des relations familiales. Alors que la série familiale d’ABC en fait son principal crédo irritant

Quant à Julia et Crosby, leur intrigue est moins déployée mais dans la même veine distrayante. En dépit d’une moindre attention, ces personnages secondaires se sont déjà imposés au schéma de groupe et ont la même énergie que les rôles titres (ce n’est qui pas le cas de tous les ensemble show, toujours comme Brothers & Sisters).



Contrairement à Brothers & Sisters et ce que l’on pouvait craindre du projet NBC, Parenthood ne mise pas sur des mines affectées, un ton larmoyant, une musique de cloches à la ABC. Le tout est joyeux, rythmé, divertissant et couronné d’une bande originale country qui donne le ton. Etonnamment solide.

7/10

 

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Evidemment, chaque image hebdomadaire de Parenthood sera dédiée à Lauren Graham

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11.03.2010

The Office (S.6) La crise à Scranton avec Michael Scott

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The Delivery – 6.16 & 6.17 (diffuse le 04.03.10)

Le Grand Jour est arrivé. Avec lui, la naissance de la fille prodigue, celle de Jim et Pam, ou la consécration du couple déjà entériné de la série. L’arrivée d’un enfant dans l’univers de Dunder Mifflin/Saber va-t-elle rendre The Office plus décapante ? Ou va-t-elle à renforcer ce sentiment nouveau (et triste) que Jim et Pam ne sont plus les adorables amoureux caustiques qu’ils étaient ?


Pour la naissance du couple Jam, c’est un épisode longue durée que les auteurs nous offrent sur un plateau. Cette année, il n’y en a eu qu’un seul autre, celui du mariage des deux vendeurs de papiers. A croire que les longs déroulements de la série ne sont plus réservés qu’à Jim et Pam, ce qui est fondamentalement contestable.

La mise en scène autour d’une histoire d’accouchement, d’arrivée brusque à l’hôpital avait évidemment un potentiel comique indéniable. Si la série a été plus ou moins à la hauteur de ce que l’on espérait, c’est pour un ou deux aspects dont on ne s’attendait pas à retrouver dans la série. Le reste était malheureusement très classique.

Etonnamment, la trame habituelle des contractions et de la perte des eaux fut passée au karcher par les scénaristes, qui ont eu la bonne idée de vouloir faire patienter Pam (qui ne bénéficie que deux jours de charge hospitalière). L’idée était bien entendu de faire durer le moment du bureau le plus longtemps possible.

De la conférence de groupe organisée par un Michael dans un rôle de patron soucieux absolument exquis (et doublement attachant qu’à l’accoutumée), de Meredith et son t-shirt à trous, de Stanley qui prend l’ascenseur, d’un Dwight jaloux de la grossesse avantageuse de Pam jusqu’à son escorte triomphale en voiture (et son arrêt biche), en passant par les sempiternelles répliques égocentrées de Michael. Ce tout était absolument bien échafaudé, gentiment caustique et dans l’esprit de la série.

La seconde partie manquait elle d’un peu plus de punch. Si l’on a apprécié de voir Michael investi d’une mission de cupidon parce que se félicitant de l’arrivée de cet enfant béni des dieux et de lui-même, et de continuer ainsi l’histoire d’Erin et Andy, la partie au bureau manquait d’avenant et de spontanéité, celle là même qui avait dynamisé ce Scott durant les contractions. Heureusement, pour palier ce manque, Dwight est revenu vers Angela et tous les deux décident d’organiser contractuellement la reproduction d’un bébé. Idée brillante et typique du couple.

Du côté des heureux parents, la joie et l’humour furent agréables, gentillets, sans être très forcés. Le coup de l’autre bébé était plutôt prévisible mais efficace sur le fond, les flashbacks de Jim s’essayant à la technique de la couche aussi (surtout celui avec le chat d’Angela). On ne se prend pas pourtant de passion pour leur nouvelle tâche de parents, étant donné que le couple avait perdu en éclat depuis quelques semaines. Pam poursuit son évolution de femme affirmée. Ici, l’écart se fait moindre, Pam étant moins bien sûre d’elle face à ce nourrisson qui refuse d’allaiter. Aussi, le comportement de Jim était bien plus digeste que celui des dernières semaines. Mais toujours, le couple ne parvient pas à retrouver la grâce des débuts.

Si l’on devait comparer cet épisode symbolique à l’autre symbole de la saison, The Wesind, ce dernier gagnerait à l’étude comparée. Cela dit, The Delivery s’est avéré être un bon moment, signant des répliques hilarantes et des situations variées, de la plus cocasse (Michael effrayé par l’accouchement de Pam) jusqu’à la plus folle (Dwight qui refait la cuisine des Halpert).

8.5/10

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10.03.2010

Gossip Girl (Saison 3) - College attitude et fausses afféteries

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The Hurt Locket – 3.13 (diffusé le 08.03.10)

Moins prestigieux que le vainqueur de l’Oscar du meilleur film, cet épisode de Gossip Girl, The Hurt Locket qui rend hommage à son titre, s’inspire plutôt des cours de récré afghanes et des mœurs légères d’animaux sauvages. En bonus, une révélation tardive et des prises de bec juvéniles au possible. C’est ce qu’on appelle un retour raté.

 

Pourtant, après quatre longs mois d’absence, Gossip Girl avait fait sentir son absence finalement pénible, la CW n’ayant, avec Life (Un)expected, fait qu’aggraver son cas de network incurable. L’attente a en tout cas été réduite comme peau de chagrin face à cet épisode résolument bâclé.

La série reprend ses intrigues là où, soulagé, on les avait laissés. Avec discipline, Gossip Girl remet le doigt sur chaque historiette et décide d’en faire une bouillie compil’.

Dans le tas, il y a d’abord Serena et Nate qui se retrouvent enfin. Les deux qui s’étaient plus ou moins cherché sur quelques épisodes allument leur flamme brûlante de promesses. L’histoire aurait pu s’avérer simple et sans allure torturée, c’était mal connaître les auteurs de GG qui ont décidé d’inventer à ces brebis héroïnes des intentions, mauvaises évidemment, qui s’accompagnent de flirt jalousé et de combines à la Scorsese. Cela dit, voir Jenny dans le rôle d’une passeuse qui n’a peur de rien peut d’une certaine manière valoir son pesant de capsules à poudre. Dommage que cela manque juste totalement de réalisme.


De son côté, Chuck tente de mettre la main sur la femme mystère. Faisant d’abord route seule, le bad guy de l’Uppper East Side décide de s’armer de Blair, la seule conviction de l’épisode, pour prolonger cette histoire cousue de fil blanc mais au suivi sérieux. Le spectateur est ravi que la rupture entre les deux jeunes manipulateurs ne soit pas pour tout de suite, c’est que ça fonctionne entre eux. Il faudrait simplement songer à arrêter d’inventer des parents sur le retour à tous les héros de la série, Serena aurait pu suffire dans le genre de l’abandon aux gros titres.

Pour finir, l’épisode fait la part belle à Lily et Rufus dans le rôle des époux meurtris. Si leur conflit final est aussi ridicule qu’une scène entre Jenny et Damien, le fond de l’histoire lui, est pire. Une sombre histoire de mensonge de rien du tout pour une Lily aussi décontenancée que nous, et qui vaut à Rufus de s’abriter sous le toit d’une autre maman riche du coin.

Vu la claire subtilité de cet affront adulte, pas étonnant que l’immaturité de nos amis, les adolescents chics, soit si flagrante.

5/10

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09.03.2010

Precious (Critique) Au summum du pire, une existence précieuse

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Au cinéma, il existe une hiérarchie du malheur, allant des humiliations quotidiennes, des crises sociales, des revers, jusqu’à l’ineffable du sordide. Au summum du pire, il y a Precious. Une existence condensée du mal, ébranlant chaque seconde le spectateur. Si Precious dérange et émeut à la fois, c’est parce qu’il cogne là où la plaie n’est pas refermée.

 

 

Sous le gouffre, le gouffre encore

Clareece, surnommée Precious (Gabourey Sidibe), est une adolescente obèse. Violée par son père, sous les yeux d’une mère tyrannique et persécutrice, qui la déteste pour lui avoir volé son homme. De ces incestes, est née sa première fille, un enfant trisomique dont elle ne peut s’occuper. Un garçon par la suite, normal cette fois, dont la naissance fait malencontreusement apprendre à Precious qu’elle est atteinte du SIDA.

De cette hiérarchie du malheur donc, Precious atteint son sommet. Imbattable sur le terrain de l’épouvantable, de l’immondice, de cette cruauté totale, perpétuelle, harassante, qui cogne l’héroïne à coup de viols et de pots de fleurs, le film est d’abord une épreuve humaine qui surnage dans la douleur sans se noyer, assumée et vertigineuse.


D’abord, Precious est une héroïne timide dont la retenue délicate puise dans le spectaculaire, le physique colossal de l’actrice oeuvrant en ce sens (une claque par elle, c’est un coup de massue). Et puis, il y a cette scène où  Precious révèle sa puissance dans les larmes. Révélant sa tristesse au grand jour, autour de l’atelier d’écriture auquel elle assiste assidûment, son fardeau infernal dans ces mots qui glissent enfin.

Sur cette pente de la survie (et de l’instruction, une condition) vers lequel l’héroïne semble vouloir discrètement se hisser, Precious rencontre une institutrice lesbienne (Paula Patton, radieuse) et une assistante sociale courageuse (Mariah Carey, exagérément surprenante). Le film ne lorgne alors plus du côté de la torpeur sociale, il est question de s’en sortir malgré les bâfres et les cicatrices.

 

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Sans regard, sans façon

Parce que Precious n’est aucunement un cahier de doléances, une vitrine du malheur, c’est une œuvre forte, sans concessions. Si évidemment certaines mines attendries de travailleurs sociaux sont là en face de cette héroïne qui voûte sous le poids de l’affreux, le film refuse ardemment le maniérisme.

Souvent inexpressive, l’héroïne même pas attachante, ne plaide pas la souffrance. Son entourage est inerte, sans remord (à l’exception d’une scène maternelle finale qui nous prend littéralement à la gorge). Même ses camarades de classe ricanent de voir le nourrisson de trois jours de leur copine enveloppé dans une layette couverte de sang.

 

C’est cette entièreté lucide qui finit par tordre les boyaux, déjà bien malmenés par cette affliction de départ (le film s’ouvre quasiment sur le viol de la jeune fille). A aucun moment, l’oeuvre se pose, se complait dans ses successifs coups du sort, sans chagrin affiché, sans détresse proclamée. Pas de tension, juste un état piteux.

Vierge de tout désir pleurard, le film justifie ainsi et avec force son absence de mise en scène, voire ses allures amatrices.
Brute, Precious livre ainsi son sujet tout aussi rudement, sans pincette, comme une insulte maternelle ignoble lancée au visage, mais délicatement sur la durée ou le fond. A l’image de ces pensées qui trottent dans la tête de l’héroïne illettrée, des discours mal conjugués mais intacts dans ce désir de gloire pailletée, cette envie féroce de s’extirper du calvaire.

 

Precious, traumatisante, déstabilisante, éprouvante, au fardeau social très lourd, est un film sur la résilience. In fine, une ode modeste à la reconstruction.

8/10

 

Modern Family (Saison 1) La sitcom familiale javellisée

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Fears – 1.16 (diffusé le 04.03.10)

La peur terrasse chacun des membres de la tribu furieuse des Pritchett-Dunphy-Delgado. Cameron et Mitchell craignent que l’éducation de Lily manque de maternage et ont peur pour leur reconnaissance quand elle prononce son premier mot Mommy. Haley a peur de rater pour la troisième fois son permis de conduire, sa petite sœur d’être sur le banc de touche de la boom. Manny et Jay ont peur des montagnes russes. Quant à Phil, il craint toujours les bêtes plus petites que lui. Et finalement, il n’y a que Luke qui soit sans peur et sans reproche dans ce Fears particulièrement réussi.


Après quelques semaines de pause pénibles, Modern Family nous revient en grande forme, brodant comme à son habitude sur un thème imposé. Celui de la peur est tout à fait légitime et permet de sceller au mieux le noyau familial. Cela dit, il manque peut-être un peu d’originalité, en tout cas d’avenant comparé à d’autres trouvailles initiales de la série. Le risque évidemment que la série se dirige vers quelque chose de plus convenu est là, mais il faut avoir confiance en ces auteurs subtils.

Confiance parce qu’outre ce thème improvisé qui manque d’aplomb sur le papier, l’épisode réussit à se hisser rapidement vers le haut. Comme à chaque fois, c’est en créant des situations à la limite de l’hystérie familiale que la série nous vole plusieurs éclats de rire.


Une fois n’est pas coutume, les filles de Phil et Claire, en particulier Haley, bénéficient d’une attention particulière. Cette ado frivole et sa sœur introvertie sont deux éléments très attachants du clan (en même temps, qui ne l’est pas ?), ce qui rend le jeu du permis directement adhérant, les moues d’Haley étant absolument impayables, tout comme la relation qui l’unit aux siens. Pour Alex, deux clins d’oeils suffiront pour illustrer le dit thème de la peur, la solution est d’autant plus efficace qu’elle montre la grande maîtrise de la série.

En effet, quatre histoires se partagent là le temps d’antenne. En 20 minutes, la série parvient à donner à chacune de ses historiettes un semblant d’évolution et un déroulement non-hésitant. L’hystérie homoparentale et la peur légendaire de Phil des petites bêtes (après les clowns) ont ainsi assuré l’humour classique de la série (l’immaturité attachante du patriarche, l’amour débonnaire des nouveaux parents) tout en laissant les autres tirer leur épingle du jeu. Et voir Manny affublé d’un béret et d’une canne à pêche, la mine déconfite dans le manège permet de boucler la boucle.


Comme toujours, une réussite.

8.5/10

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08.03.2010

Skins (Saison 4) Le grand huit émotionnel

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JJ - 4.06 (diffusé le 04.03.10)

JJ rêve de sortir avec Lara, une fille qui travaille avec lui. S'ensuit alors une série de complications jusqu'à ce que la jeune fille succombe au charme du jeune homme.

Ce qui est bien avec Skins, c'est que son concept lui permet de passer d'un épisode très dramatique à un épisode plus léger le temps d'une semaine parce que chaque personnage est différent et que chacun des ados a un ton propre à lui. Cette semaine, c'est l'épisode de JJ, un vent de fraicheur et de fantaisie vient donc donner du constraste à une saison qui multiplie les mésaventures pour tout le monde, ou presque.

On ne pouvait faire plus simple comme pitch : JJ est tombé amoureux, mais les choses se compliquent et le chemin pour conquérir la jeune Lara est bourré d'obstacles, mais c'est ce qui rend l'épisode si frais et naïvement divertissant. JJ est un peu le Sid-like, maladroit, naif, mais attachant et grâce à lui on baigne dans un univers à la fois rêveur et réaliste. La relation entre Cook et JJ reprend de sa superbe également : pas de baston, pas de surenchère, juste quelques scènes drôles, une approche plus simple et authentique des dynamiques amicales et ça fonctionne bien mieux.

Une fin qui rejoue la carte du numéro musical après le mémorable Wild World en fin de saison inaugurale. C'est moins réussi, mais plus intimiste, sans prétention et finalement assez touchant.

Un épisode détaché du reste, très stand-alone, mais assurément agréable au visionnage et qui nous rappelle à quel point la simplicité sied bien à Skins. À la fois drôle, innocent, romantique et récréatif sans tomber dans le mélo, cet épisode est de bonne facture et ne pouvait mieux tomber dans la saison après des épisodes plus sombres. Une jolie preuve de la richesse de tons de la série.

(7/10)

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Oscars 2010 : Nominations, estimations, exultations

 

Hier soir, les Oscars ont signé un bouleversement dans l'ordre établi. En primant pour la première fois une femme meilleure cinéaste (Kathryn Bigelow), et faisant vaincre le modeste film d'action féminin sur le blockbuster bleuté à 500 millions de dollars (The Hurt Locker sur Avatar).
Résultat : Blabla-Series est ravi, ses estimations concernant Precious, Inglorious Basterds, The Hurt Locker, The Blind Side et Up se sont avérées justes. Seul Jeff Bridges s'est hissé au vrai palmarès, évincant Colin de la statuette.

 

Par ordre de préférence, du fétiche au moins aimé, les nommés pour les Oscars 2010 & le palmarès :

 

Meilleur film

The Hurt Locker
Inglorious Basterds

Precious

Up

The Blind Side

District 9

An education

A Serious Man

In the Air

Avatar

 

Gagnant : The Hurt Locker

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Meilleur réalisateur

Kathryn Bigelow

Quentin Tarantino

James Cameron

Lee Daniels

Jason Reitman

 

Gagnant : Kathryn Bigelow

 


Meilleur acteur

Colin Firth - A Single Man

Jeremy Renner – The Hurt Locker

Jeff Bridges - Crazy Heart

Morgan Freeman –Invictus

George Clooney - In the Air

 

Gagnant : Jeff Bridges

 

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Meilleure actrice

Sandra Bullock - The Blind Side

Gabourey Sidibe - Precious

Meryl Streep - Julie & Julia

Carey Mulligan – An education

Helen Mirren - The Last Station (pas vu)

 

Gagnant : Sandra Bullock

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Meilleur acteur dans un second rôle

Christoph Waltz - Inglorious Basterds

Woody Harrelson -The Messenger

Stanley Tucci -Lovely Bones

Matt Damon - Invictus

Christopher Plummer -The Last Station

 

Gagnant  : Christoph Waltz

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Meilleur actrice dans un second rôle

Mo'Nique - Precious

Maggie Gyllenhaal - Crazy Heart

Penélope Cruz - Nine

Vera Farmiga - In the Air

Anna Kendrick - In the Air

 

Gagnant : Mo’Nique

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Meilleur scénario original

The Hurt Locker

The Messenger

Inglourious Basterds

Up

A Serious Man

 

Gagnant : The Hurt Locker

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Meilleure adaptation

Precious

District 9

An education

In the Loop

Precious

Up in the Air

 

Gagnant : Precious

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Meilleur film d'animation

Up

Fantastic Mr. Fox

Coraline

The Princess & the frog

The Secret of Kells

 

Gagnant : Up

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Meilleur film étranger

Le Ruban Blanc

Un prophète

Ajami

El secreto de sus ojos

Fausta


Gagnant : El Secreto de Sus ojos

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Séries télé et jeux vidéos : les liaisons dangereuses ?

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Cette semaine, l’Hebdo Séries se pixellise avec un numéro spécial Jeux Vidéo !

Le sujet de la semaine explorera les rapports parfois ambigus qu’entretiennent séries et jeux vidéo. DEXTER, PRISON BREAK, LOST, GREY’S ANATOMY, et même PLUS BELLE LA VIE ont connu une adaptation vidéoludique, avec des fortunes… très diverses. Un spécialiste du genre analysera le phénomène et nous livrera les secrets d’une adaptation réussie.

Vous retrouverez aussi dans l’émission la sélec, qui en plus des sorties de la semaine, vous présentera les jeux tirés de séries à ne pas manquer, ou a éviter à tout prix !

Les news, elles feront la part belle aux castings : de nombreux acteurs font leur come-back.

Enfin, dans le bonus, une scène culte de SOUTH PARK, transposée dans l’univers de WORLD OF WARCRAFT.


L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries

06.03.2010

A Single Man (Critique) Le repli en chagrin sophistiqué

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En troquant sa paire de ciseaux et ses luxueux porte manteaux pour des pellicules bon marché, le créateur de mode Tom Ford a flatté le diable. Espérant une première œuvre de cinéma surprise, narcissique, absolument parfaite, donc foncièrement flatteuse.

 

Solitude unisexe

George, professeur émérite de faculté, perd soudainement son petit ami Jim dans un accident de voiture. Une tragédie ordinaire qui résonne pour une foule hétérosexuelle comme un simple aléa sonore sur un chemin de vie tortueux, donc torturé. Pour le héros, c’est le point d’une chute sans fin, le signe de sa complète résignation.


Si ce Single Man est donc un film sur le néant d’être après la mort, une œuvre de solitude, c’est avant tout pour plaider la cause homosexuelle. Ici, la solitude a un sexe, se coupe de l’universalité, il y a une défense claire à prôner pour Tom Ford : c’est l’amour de l’homme et sa perte indicible. Des nombreux plans sur ces corps virils qui exultent, aux évocations subtiles de l’homosexualité des seventies, le parti pro-gay est évident, louable, émouvant. On croit même apercevoir l’amant du designer, le journaliste de mode Richard Buckley, assis sur un banc de la faculté de l’endeuillé George. Et les fox terriers du héros sont en réalité ceux de Ford. Pour une quête de soi mêlant narcissisme et autoanalyse.

 

Form-idable

Couleurs rousses, ambiances chair, vintage chic, décor d’archi, tout est mis en œuvre pour conférer au film la forme la plus visuelle possible. Les couleurs se neutralisent puis se ravivent nettes au gré des sentiments, des allusions. Les iris sont grossis à la loupe, les plans sont saccadés, désaturés, retouchés, les scènes paradent se voulant vintage à la James Dean, les acteurs secondaires, un brin inutiles, cabotinent, menés toutefois par une reine de cabaret truculente nommée Julianne Moore, le seul point de vertige de l’œuvre.

A trop vouloir en faire, la surenchère se contente d’esbroufe pudique. Léchant et surléchant sa forme à l’envi, Tom Ford met au placard des thèmes majeurs laissés en l’état, pour se complaire dans le maniérisme absolu, l’œuvre de pose du débutant, qui sous airs tirés à quatre épingle, ne cache pas grand chagrin.
Parce que sans la douleur indélébile d’un Colin Firth tout à fait désarmant, le film aurait pu n’être qu’un manifesto plastique, une publicité Chanel améliorée, « luxurisée » sur la vie gay et l’art d’être chic, riche mais triste sous la peau.

 

Chez Ford, le deuil est en velours, soyeux comme du tweed repiqué. Inaccessible comme une chouette alerte sur une branche, éclairée par la pleine lune. Lisse comme le front du minet amouraché que le héros suicidaire daigne prendre sous son aile avant le grand départ.
Les métaphores colorées pleuvent et se noient alors avec le héros sous la houle. Des tourments et de la douleur physique palpable, annihilante, colérique, il n’en est jamais question. A Single Man manque de chaleur saignante, de larmes grises, de terne, pour faire sens.

 

C’est toute l’ironie blafarde de ce premier essai cinématographique, aux airs profonds mais trop éclatants pour être vrais.

6/10

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05.03.2010

Lost (Ultime Saison 6) The End Is the Beginning Is the End

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Sundown - 6.06 (diffusé le 02.03.10)

C'est sur l'île que le gros morceau de l'épisode se déroule  : Notlocke attaque le temple, le détruit et tue quelques figurants. Dans les flash-sideways, Sayid se rend compte qu'il est et restera un assassin alors qu'il retrouve Nadia.

Cet épisode a beaucoup divisé les fans pour les avis que j'ai pu lire. Il y a ceux qui l'ont trouvé jubilatoire et riche en action, et d'autres qui restent dubitatifs face à la direction que prend la série et ont été déçu de l'épisode. Je fais partie de la deuxième catégorie, parce que je ne porte pas ce genre d'épisodes de Lost dans mon coeur : tout se bouscule, les personnages passent d'un endroit à l'autre et le résultat donne franchement un goût médiocre parce qu'il y a trop de choses à traiter avec un trop de plein de personnages qui, saisons après saisons, perdent grandement de leur intérêt alors que la série se veut character-driven.

Faisons un peu le tour : es remises en questions éthiques plus faciles tu meurs de Sayid sur la nature de ses actions (trop manichéen), l'arrivée de Notlocke au Temple, la confrontation (abrégée) de Claire et Kate au sujet d'Aaron, Sun qui cherche encore et encore son mari (on a pitié pour elle, un peu), Dogen qui nous parle de la mort de son fils, et en même temps les flash-sideways qui viennent rendre l'épisode encore plus brouillon... Mais c'est la première fois qu'on voit un rapport entre ce qui se passe dans ceux-ci et ce qui se passe sur l'île entre Sayid et Notlocke, donc réjouissons-nous (ou pas, let's wait). Donc finalement c'est un épisode d'action, oui, qui fait bouger les choses mais qui n'amène aucune révélation majeure.

Je préfère davantage les épisodes qui se concentrent sur un seul personnage de Lost, plus riches en sens, mieux écrits et justes. D'ailleurs, il manque vraiment un personnage comme Desmond -qui est mon petit favori et de loin- parce que cet épisode réunissait les personnages initiaux de Lost qui, comme je l'ai dit, n'ont plus aucun intérêt pour la plupart. Même Notlocke ne fait que multiplier les ficelles manichéennes de la série, chose qui me gêne beaucoup parce qu'un combat entre bien et mal, ça ne m'intéresserait pas du tout. Lost a le potentiel pour faire bien mieux, quand on sait qu'elle nous a réservés des épisodes grandioses comme The Constant. Cette semaine, on nage dans du divertissement pop-corn improvisé et mal écrit, le résultat est nettement moins convaincant.


Cet épisode de Lost, on ne l'oublierai pas, pour la simple raison qu'il a divisé plein de fans, certains aiment, certains n'aiment pas, parce que chacun cherche quelque chose de différent avec Lost. Mais à quelques épisodes de la fin, une chose est sûre et tout le monde sera d'accord, les révélations doivent être de mise et cet épisode en manque grandement. Mais la saison semble prendre un nouveau tournant...

(5/10)

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The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne

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The Bee – 1.16 (diffusé le 02.03.10)

Parce que Brick est promis à une carrière prolifique dans la récitation orthographique, toute la famille Heck part à Chicago pour un concours régional d’épellation. Pour consacrer un road trip à l’image de la mécanique de cette famille : déglinguée, délicieusement imprévisible.

 

Semaine après semaine, The Middle continue de surprendre et de fédérer les avis enjoués. Il n’y a pas seulement qu’une famille foutraque et rappelant celle de Malcolm ou autre clan télé disparu, dans The Middle, il y a aussi cette simplicité dans l’écriture, une force d’adhésion, et un humour grinçant.

Une fois encore, la série réussit à nous embarquer dans une péripétie des Heck parfaitement plausible. La série se joue de la quotidienneté de ses héros, leurs tâches temporelles (scolaires, le plus souvent, reléguées à cette pauvre Frankie Heck) pour en puiser toute sa sève comique.

Le petit génie de la famille, qui n’a rien du présomptueux petit génie habituel, Brick étant plus un génie qui s’ignore et qui s’en cogne bien, réussit haut la main les concours d’orthographe et accède au rang régional. Parce que les parents ont oublié l’anniversaire de Sue (même schéma de parents indignes à la Desperate Housewives de cette semaine), c’est un road trip improvisé qui se profile. De là, naît alors les plus fines situations.

Rien ne se passe évidemment comme prévu pour cette famille bien acharnée. Malgré la joie de Sue de choisir l’itinéraire du voyage, entre le motel miteux et le restau dégueu, les Heck enchaînent les bévues, pour notre plus grand plaisir. Rien de tel qu’un moment douloureux pour réunir son clan. Entre mots compliqués à épeler qui effraie la toquée Sue mais qui n’alarme pas Brick, les complaintes parfaitement impertinentes d’Axl et des parents farouchement lucides sur les leurs, les Heck nous séduisent, encore et toujours.

 

Un épisode tout à fait sympathique qui rappelle à bien des égards que The Middle est une série au déroulement imprévisible et travaillé, qui repose sur le caractère atypique de ses personnages dont les réactions sont le fruit sacré des mercredis d’ABC.

8/10

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04.03.2010

Big Love (Saison 4) La croyance dans tous ses états

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Our Next Ticket Out – 4.08 (diffuse le 28.02.10)


Des heures. On pourrait regarder Big Love des heures entières, sans que l’épisode hebdomadaire ne se termine jamais vraiment, aussi enthousiaste devant les trahisons familiales, la franchise de ton, le grand amour qui renaît çà et là à certains égard.
Pour cet avant dernier épisode de l’année, c’est un condensé d’émotions que la série nous offre avec humilié, passion, sans esbroufe à la Blood Atonement.

 

Barb enchaîne les erreurs et devient le maillon faible du clan Henrickson. De ces erreurs imprudentes, notamment celle de faire entrer Marylin dans la bergerie à sous, il n’y a que des tensions supplémentaires qui s’ajoutent à la relation déjà contrastée de Bill et Barb. Mais les nouvelles erreurs, commises pratiquement volontairement par Barb, en disent long sur cette nouvelle volonté féministe qui atteint en plein cœur cette sister-wive pas comme les autres.
De toutes, Barb est la femme qui dévisse au mieux la tête de Bill par des répliques toujours criantes de vérité. Dans cet épisode, un florilège de dialogues subtils et terriblement justes de Barb (sur le comportement volatile de Bill, les penchants dépressifs des femmes de l’Utah, de son incapacité à s’exprimer vraiment) mettent à mal la vérité d’apparence de la famille et de son cheminement.

 

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Et vraiment, non, Barb n’avait aucunement le devoir de s’excuser.


Telle mère, telle fille. Comme Barb, Sarah décide de faire comme bon lui semble. Et partir ainsi à Portland couler des jours heureux, pour éviter d’être pointée du doigt par une catholique choquée par cette famille polygame politisée. Depuis le début, cette adolescente était le contre-pied (naturel ?) de l’idéologie Henrickson. Aspirant à une normalité civile, la jeune fille décide malgré tout l’amour qu’elle porte pour les siens de faire route seule. Avec les histoires qui gravitent autour, la transition est parfaite pour l’envol de Sarah.
Et quoi de mieux vraiment qu’une scène mi-larmoyante mi-joyeuse pour consacrer ce personnage féminin et cet univers qu’elle donne autant qu’elle rejette ?


Se faire pointer du doigt, Margene n’aimerait pas trop ça non plus. Alors discrètement mais sous couvert de protéger l’enfant d’Ana (parce que Margene a appris des plus fins limiers, Bill en tête, voilà tout), Margene se programme un mariage arrangé pour bénéficier d’une assurance en cas de coming-out virant à la cata.
Jolie pirouette qui évidemment salue l’évolution notable de l’ancienne baby-sitter. Malheureusement, la vérité despotique l’a rattrape toujours. Alors que Margene décide de se rétracter pour ne pas risquer sa liberté, Bill décide que ce mariage sera la preuve qu’aucune liaison n’existe entre elle et lui (une idiotie du patriarche, encore une) pour contredire la diabolique Marylin. D’autant que Margene ne le réalise que timidement mais sa liberté a été mise sous scellé depuis sa rencontre avec Bill. Alors, pour se faire entendre, Margene joue avec le feu (dixit Barb) en invitant Goran à se joindre à la famille, ce qui aboutit à une scène virile justement à côté de la plaque. Mais terriblement jouissive pour diminuer Bill.

 

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De toutes les femmes qui entourent donc Bill, seule Nicki est véritablement à ses côtés. Parce que Nicki découvre qu’elle est amoureuse de Bill, la jeune mormone procède à une révolution. Vestimentaire, comportementale, et même religieuse (la jeune femme ne veut plus « partager »), Nicki veut aimer Bill et comme il se doit. Ce changement soudain, complètement abouti, ne restera pas longtemps imperturbable. Avec Alby pris à des hallucinations coriaces (mais émouvantes –dommage que la trame homosexualité tragique ne soit pas plus exploitée mais cela ne saurait tarder) ou Joey en meurtrier découvert, Nicki, qui sans oublier Wanda et sa mission antiJuniper Creek, retrouve alors ses démons timorés et ses pratiques isolées telle un coffre à jouets qui n’inhibe qu’elle. Heureusement, elle claque mieux que personne !

 

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En analysant Big Love, force est de constater qu’il n’y a qu’à évoquer les vies des sister-wives (et celle de Juniper Creek en bonus) pour évoquer la matière même de la série (l’antipathie persévérante de Bill étant implicite dans chacune d’elles), sa chair la plus onctueuse. Le signe d’une série féministe exemplaire ?

 

Si Big Love est la meilleure série de l’Univers, c’est assurément parce qu’elle nous rend intarissable sur le sujet. Dense et fin à la fois, cet épisode, comme tous les autres, nous plonge dans les profondeurs étroites et impensables du monde si singulier de Big Love. Difficile de vouloir ressortir la tête hors de cet océan.

10/10

 

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03.03.2010

How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

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Hooked – 5.16 (diffusé le 01.03.10)

Ted est fou de joie, il s‘est trouvé un flirt top canon. Ses amis lui font réaliser qu’il n’est qu’un second lot, au cas où, pour la jeune femme. Un à un, Lily, Marshall et Robin racontent leur histoire à ce sujet.

 

Après un petit mois d’absence même pas notable (la cruauté sériephile du rendez-vous fugace), How I Met Your Mother revient dans la discrétion. La série poursuit comme elle se doit son étude sur les relations amoureuses en abusant grossièrement des faux flashbacks mais en offrant de bonnes idées sur lesquelles réfléchir ou se distraire le temps d’une scène ou deux.

Tout le monde a dans sa vie amoureuse un compagnon potentiel qu’il met de côté juste au cas où, en sachant pertinemment que lui et le potentiel ne couleront jamais de jours heureux. Sur cette idée (objectivement vérifiée) et son corollaire à savoir que tout le monde est le potentiel/une substitution de quelqu’un (moins vérifiable mais pourquoi pas), la série construit son humour et son épisode entier.

Une fois n’est pas coutume donc, pas de trame secondaire à l’intérêt plus que secondaire pour prétexter un festival d’idiosyncras à la Barney. Cette semaine, la bande de copains navigue vers la même direction. La même vérification théorique du potentiel mis de côté. Si Ted est franchement niais dans le rôle du potentiel manipulé, son histoire avec Henrietta, sa potentielle à lui, a eu un joli impact sur le reste de l’épisode. Le trait ultragrossi, cette caricature tournée à la dérision extrême (Ted en vient à demander malencontreusement en mariage son second prix, alors hystérique) s’est avérée particulièrement réussie (et amusante).

 

Souvent alourdis par des situations grotesques ou tristement fades, Lily et Marshall ont cette semaine remonté la pente. Leurs histoires de second lot (Marshall dans le rôle du secret boyfriend, Lily dans le rôle de la manipulatrice) étaient simplement bonnes. Tout comme le clin d’oeil de Robin (qui est actuellement condamnée aux scènes clins d’oeils) venu confirmer qu’à New York, les salauds des deux sexes courent les rues.

 

Du cochonnet rosi, des manières, des flirts creux et des flashbacks en surnombre, la série ne partait pas du bon pied. Hooked a pourtant réussi à marcher correctement, en suivant une jolie ligne de conduite.

7/10

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02.03.2010

Desperate Housewives (Saison 6) Bis Repetita mais avec Drea

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The Chase – 6.16 (diffuse le 01.03.10)

Bree engage un nouveau premier bras, Sam, ce qui ne va pas à son fils. Gabrielle fuit la maison familiale en raison d’une varicelle carabinée. Lynette oublie l’anniversaire de sa fille, Penny. Angie découvre que Danny est parti à New-York chercher Ana. Quant à Madame McCluskey, elle est sur le point de se marier. Ou de mourir ?

 

Mauvais rôle. Cette semaine, les housewives sont (ou redeviennent) des mères indignes. Négligentes, autoritaires, égoïstes ou lesbiennes, nos ménagères ne font pas honneur au modèle exemplaire de parent. Tant mieux, elles ne l’ont jamais été.

 

Bree et son fils Andrew renouent avec leur relation conflictuelle qui a fait jadis la gloire du duo. Entre temps, un loup aux apparences angéliques est entré dans la bergerie pour une once de mystère injectée dans l’entreprise familiale. On met donc de côté un temps l’attention portée sur Orson l’handicapé pour retrouver la sphère familiale compliqué des Van de Kamp. Il ne manquerait plus que Danielle soit sur le retour. Après tout, c’est tant mieux, cet univers de crise était peut-être celui qui sied le plus à Bree, et qui contrastait mieux avec sa perfection de toutes les façades.

Pour Lynette, c’est aussi une joie (relative) de retrouver sa difficulté en chef d’orchestre. D’abord, l’histoire est présentée sous un angle humoristique (ce qui fonctionne). Une fugue ampoulée plus tard, le ton devient plus sérieux. La morale à la ABC façon « oublier un anniversaire est une honte parentale à graver sur la roche » est crainte. Mais les auteurs ont évité l’écueil, signant une conclusion gentiment mélo entre Penny et sa ma mère Lynette distinguée par des répliques pas trop sirupeuses.

 

Chez les Solis, c’est la varicelle qui atteint Celia. Ni une ni deux, Gabrielle (qui ne l’a pas eu) s’exile chez ses voisins follement gays. Ancienne vedette de beauté, Gabrielle retrouve les plaisirs de la vie célibataire, gay-friendly, noctambule et désoeuvrée. L’héroïne retrouve alors son égoïsme légendaire, qui a consacré l’humour de son personnage. Dommage que la fin, des plus expédiées, signe une morale balourde sur le bonheur d’enfanter. Parce qu’on sait bien que c’est faux.

Autre lubie gay, celle de Katherine et Robin. L’ex de Mike continue d’être hantée par le personnage séducteur de Julie Benz. Ca se torture l’esprit, se refoule sur la banquette, luttant contre l’enfer de l’homosexualité avant de finir, résignée, dans le lit avec la belle plante.

 

Dense, pas toujours maîtrisé, cet épisode a signé quelques moments flamboyants et d’autres bien plus ternes. Rien de nouveau sous le soleil à demi feu de Wisteria Lane.

6.5/10

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28.02.2010

An Education (Critique) Initiation au sentiment & mirage de l’être

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Soixante cinq ans après Lolita, cette liaison impensable entre la prépubère Dolores et le tourmenté Humbert Humbert, le mythe de l’amour sans âge ni frontière social renaît de ses cendres. Plus précisément, il s’est exilé au Royaume-Uni, implanté dans un univers sixty chic, sans Jeremy Irons. De mauvaise augure, vraiment ?

 

 

Education (senti)mentale selon Flaubert

 

D’entrée de jeu, An Education s’affranchit de la comparaison avec l’œuvre de Nabokov, puisque dénuée d’une quelconque ambition amorale. Point de similitude en effet entre l’effarouchée Dolores et l’impudente Jenny. Regrettable alors, parce que si la sulfureuse Lolita avait marqué les esprits par sa teneur dérangeante criante de vérité, An Education, vierge de toute provocation, est condamné au plat. Disons au chemin éduqué.

 

Elle (Carey Mulligan) est jeune, triomphale, en quête de déniaisement, mieux, d’élévation de soi, d’embourgeoisement probablement. Le Saint Graal par le haut. Férue d’art, de littérature, de philosophie existentialiste, cette jeune bohème chic avant l’heure, socialement inhibée, aspire à un regard, une reconnaissance mêlée d’envie.
Lui
(Peter Sarsgaard) est un dandy qui voûte sous l’avancement du temps. Trentenaire enraciné, jolie gueule, l’instruction séduisante -peut-être apparente mais qu’importe, le verbe haut, embobelineur, l’attention facile.

 

Il n’en faut pas plus pour que la jeune créature s’amourache de David, qui est en fort aise. Innocemment ou presque, le couple se forme par la force des choses. Il est sa clé pour s’extirper de son milieu et de ses obligations estudiantines. Elle est son remède au vieillissement, un sortilège narcissique qui prend de l’ampleur à mesure du conditionnement amoureux et social qu’il lui offre gracieusement, la belle âme en façade.

De ça, le film est riche. Comme une chanson de Gréco que l’héroïne écoute dans le secret de la demeure familiale, An Education se présente comme un joli morceau de vie, contrasté, une romance hésitante, originale, voulue par les allures d’une époque.

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Marasme à peine amoureux

 

Au-delà de la rencontre et de l’attachement soudain, c’est le vide.

Jamais de passion ni d’égarement libidineux, An Education prône la carte de la pudeur pour esquiver à profit l’objet de scandale qu’il aurait pu susciter. Ce qui malheureusement n’explique pas l’absence pregnante des étreintes déchirées, d’une romance du moins vécue. Triste frustration pour le spectateur qui contemple au loin l’œuvre de Lone Scherfig narrant un amour distant, comme prisonnier de l’écran, dans l’écho d’un son étouffé.

Pas d’esbroufe non plus quand retentit l’heure de la rupture au demeurant triviale, presque inachevée. A peine, un espoir qui vole en éclat sous les quelques larmes –convaincantes- de la jeune Jenny. Qui est bien seule dans ce marasme sentimental.

Le visage de l’héroïne (jouée par la nouvelle égérie du cinéma anglais, Carey Mulligan, juste, sans jamais flamboyer vraiment) se mue ainsi au gré des rebondissements sentimentaux. Ses yeux qui d’abord s’émerveillent (trop ?) d’un rien, d’un tableau d’art, d’une découverte de vie, cèdent leur place à un regard de désillusion sociale, sans jamais atteindre une teneur crève-cœur, cette perte totale d’elle-même, pourtant trahie par celui qu’elle aime. L’aime t-elle vraiment ?

 

Une fadeur de ton qui se retrouve dans l’évolution narrative du film, quasiment elliptique, alternant des scènes posées interminables et une rapide reconversion de l’héroïne qui a finalement pris le chemin de l’université.

Cette permanente déconnexion entre l’allure de cet objet de cinéma, toujours jolie, clinquante, parfois subtile, et le fond troublant viennent à laisser incompris les mouvements de l’entourage de Jenny dont le laxisme familial fait peur à voir (à l’exception de sa professeur jouée par Olivia Williams) sans jamais véritablement questionner la place/le dilemme de la femme des années 60. Incompris par ricochet ce manque cruel de féminisme pour une héroïne qui présentait une carrure moins naïve mais qui pourtant décide de faire priorité à l’arrivisme social. Son personnage était d’emblée une caricature légère, mais contraire.

 

Si le film est lisse, gentiment poseur, à peine trop contemplatif c’est parce qu’An Education partait à la recherche d’une romance d’abord ingénue, décompliquée malgré les difficultés. Mais la Jeunesse dont on excuse volontiers les erreurs de l’héroïne amoureuse, ne fait pas pardonner en revanche le manque de cohérence d’une histoire distante et malmenée, encore moins l’absence de déploiement sentimental, qui anéantit la portée intense de cette bluette.

5.5/10

 

27.02.2010

Damages (Saison 3) Patty Hewes, ex-carnassier et nouvelle proie

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It’s Not My Birthday – 3.05 (diffusé le 22.02.10)

Les Tobin enterrent leur patriarche. Patty fait des rêves étranges (ou refuse t-elle de vieillir ?). Ellen renoue avec un ancien contact. Patty s’approprie Danielle. Et Lou Tobin décide de se venger.



Fil rouge onirico-gore pour cet épisode un tantinet passif et sur-écrit. Si la trame principale reste des plus impalpables et si les rêves de Patty collent au personnage, les détails secondaires-mais-précieux sont lourdement soulignés, à l’image du meurtre de Danielle Marchetti qui a raté son effet. Faudrait pas non plus que Damages nous prenne dorénavant par la main.

 

Louis Tobin a passé l’arme à gauche, le poison dans les veines. La famille Tobin se réunit alors autour des funérailles du patriarche tant aimé. C’est la première fois, vraiment, que le clan Tobin se forme devant nous. Sur le fond de l’histoire (l’argent caché, où, qui, comment), un seul indice (mais de taille) est dévoilé pour la suite. It’s not my birthday signe en effet l’arrivée d’un personnage clé dans l’arnaque manigancée par Louis Tobin. Encore mystérieux, Stuart Zedeck est seulement représenté par un intriguant associé, nous laissant deviner l’importance de son existence et de son rôle ici.

Le reste de l’arc était bien plus captivant. Des enchères publiques commanditées par l’Etat malmenant le deuil des Tobin aux vidéos d’humiliation sur le net, tout est mis en œuvre pour asséner cette pauvre famille. Patty en profite pour ne pas relâcher la pression (la scène au cimetière illustre cette mainmise psychologique intense), fidèle à son personnage.

Avec quelques détails donnés au hasard d’une conversation (Patty apprend que Louis et Danielle ont une fille), la brillante avocate parvient à faire chanter Danielle, témoin clé de l’affaire. Sous couvert d’une astuce constitutionnelle (l’invocation du 5e amendement), Patty fait échapper Danielle des mains du DA pour mieux s’approprier la jeune égarée.

La famille réunie, la série en profite pour nous présenter à la cadette de la tribu, Lou Tobin. Celle-ci qui n’aurait pu avoir qu’un rôle empathique dans cette sombre histoire qui a volé aux éclats mais Lou vire protagoniste clé de l’affaire, lorsqu’elle en vient à venger sa famille et sa mère trompée, en assassinant Danielle qu’elle tient finalement pour responsable de cette déchéance. On aurait apprécié plus de subtilité dans cette histoire foncièrement prévisible.


En parallèle, Ellen retrouve Josh Reston (vu en saison 2) et fort à parier que ce rapprochement aura une incidence par la suite. La proposition que Rosh le journaliste avide de scoops soumet à l’assistante du Proc’ sera-t-elle la preuve du changement d’éthique d’Ellen, à la manière d’une jeune Patty ? Ou Ellen restera t-elle le roc d’intégrité qu’elle-même prône face à la potentielle recrue de Patty, Alex ?

 

Ces histoires secondaires, qui n’étoffent pas l’histoire sont mine de rien les exemples de maîtrise et d’avancement psychologique des héros/héroïnes phares de cette série bâties sur eux et leur complexité. Et aboutissent à un résultat inévitablement dense.

7/10

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