15.05.2012
Desperate Housewives (Saison 8) Wisteria Lane ferme boutique

Après huit ans de commérages, Desperate Housewives s'achève. Huit ans d'existence pour lesquelles ces héroïnes ont été les porte-parole des ménagères et du syndrome voisine intrusive. Huit ans, est plus que la durée de vie d'un couple ou d'un poisson rouge. C'est l'âge d'une série culte.
En 2004, avec Desperate Housewives, l'Alphabet révolutionnait le genre de la série publique. Huit ans plus tard, alors que les networks adoptent des lignes éditoriales chaotiques, que les séries publiques ne sont plus que des vastes fumisteries prétextes à tout sauf à la création, Desperate Housewives s'en va. Elle refuse l'ultime contrat de prolongation pour partir au bon moment, même si c'est déjà un peu trop tard.
Cette année, Desperate Housewives comptait donc sur l'émotion, retourner aux sources et faire preuve d'un ultime élan mélo pour se faire une place au cimetière des séries, se trouver un coin paisible, un peu visité, pas loin de la pierre de Six Feet Under ou du tombeau vert-de-gris de Twin Peaks.
Pourtant, la saison n'aura pas été si délicieuse, ces mêmes tics dramatiques qui ont phagocyté la série depuis sa seconde saison n'ont pas été éparpillés parmi les vestiges de Wisteria Lane. Toujours chroniques, les mêmes excès dramatiques, le manque de cohérence, la même hypocrisie qui règne sur le comportement fantasque mais conservateur de cette grande production. Toujours les mêmes histoires, pour un retour aux sources. Celui d'un meurtre en milieu paisible.

La victime de l'année s'appelle Alejandro. Il est l'ex beau-père de Gabrielle, qui a abusé d'elle lorsqu'elle avait seize ans. Une réapparition lors d'une soirée d'amis et tout reprend vie. Le coup mortel et les cachotteries, la complicité entre ménagères, les petits aveux et les gros chantages. Pour sa saison conclusive, Desperate Housewives aura poussé le vice du soap à son cran maximal, jusqu'au procès ultime où Bree est accusée de meurtre, devant les yeux chagrinés de ses copines.
La tension se voulait immense mais depuis longtemps à Wisteria Lane, l'intensité s'est faite la malle. Reste une poignée d'histoires sentimentales dans lesquelles les quatre héroïnes composent, avec leurs habitudes, leurs jeux appris par coeur. Quelques épisodes touchants pourtant qui assurent le divertissement, la séparation entre Lynette et Tom, les nouvelles responsabilités de Gaby, le deuil de Susan et la fin d'un règne pour Bree, qui ici aura été toujours la grande victime, celle des divorces, de l'alcoolisme, des trahisons familiales, des accusations, des bizarreries sexuelles, des cruautés féminines. Heureusement, Marcia Cross est une créature exquise. C'est elle la vraie desperate housewife, celle qui restera.
Codée à l'envi, Wisteria Lane partira inchangée. Derrière les répliques cinglantes et les péripéties improbables. L'épisode final en est l'ultime symbole. Le symbole du soap épuisé, qui renouvelle ses recettes, qui rebondit de façon arrangeante, façon pot-pourri sériel, en emmêlant mariage, décès, naissance, retrouvailles et départs dans son sac troué.
Desperate Housewives part dans le soulagement, celui d'une équipe à l'inspiration émoussée et celui du public, le plus souvent indifféré. Mais derrière elle, elle laisse la banlieue, son héritage immense désormais partout. Malgré ses lacunes, Desperate Housewives, ce mode de vie, ce genre de feuilleton, ce regard quotidien, cet esprit, on s'en souviendra très longtemps.
6/10

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02.05.2012
Best Friend Forever (Saison 1) Une sitcom passagère

Parfois, il faut apprendre à nager à contre-courant, à accepter l'isolement. Si Best Friend Forever bénéficie de critiques déplorables et d'une annulation injuste, ici on trouve que la série de NBC sur les retrouvailles de deux amies après le divorce de l'une d'elles est joyeuse et plaisante. Du Bridesmaids bon marché.
Ce qu'il y a de pire dans Best Friend Forever, a.k.a BFF pour les fans de Gossip Girl, c'est sûrement son titre, très girly, mais aussi très 2006. Au delà de ça, cette nouvelle comédie de la chaîne du paôn remplit son contrat, maigre bout de papier d'une série programmée le temps de quelques semaines de négligence.
C'est sur la tendance Bridesmaids (Mes Meilleures Amies, en VF) que Best Friend Forever s'inscrit. Sans l'humour osé et les nuances toujours subtiles du film de Paul Feig mais quand même. La comédie de NBC essaie de s'y rapprocher, tacitement, au prisme de cette relation fusionnelle entre deux copines de vieille date.

Derrière les deux bestah, Jessica et Lennon, il y a les vraies Jessica St Clair, connue pour ses nombreux petits rôles (Tara, Parks and Recreation, Weeds, Curb mais aussi Bridesmaids) et Lennon Parham,toutes deux créatrices et scénaristes de la série. Encore une fois moins talentueuses dans l'écriture et dans l'interprétation de leur consoeur Kristen Wiig (mais à ce petit-jeu là, beaucoup s'en cassent les dents), pour autant les deux copines démontrent qu'il y a du vrai dans cette relation posée à l'écran et assurent une comédie de bonnes répliques et de mordant.
Décriée par son manque d'originalité (mais quel concept peut actuellement se targuer d'être original ?), BFF a le mérite franc de la sincérité. Le modèle des deux copines qui se connaissent par coeur, se chamaillent et gesticulent dans l'hystérie est ici complètement imprégné. Jessica et Lennon forment un tandem de copines pour la vie aux bords foutraques et bavards mais qui très certainement s'inspire de la vraie vie.
Ajoutée à cela des dialogues plutôt bons, tirant vers le aigu mais qu'importe c'est le genre qui veut ça, des personnages secondaires étudiés (le compagnon bonne âme dans l'esprit d'Andy de Parks and Rec et la petite fille de l'immeuble chargée de cynisme trop écrit et de jeu rigolo), BFF convainc, et au delà du pilote, dans ses péripéties gentillettes, hystériques et toujours dotées de références pop chantées par les deux pine-co.
Pour quelques épisodes, la petite Best Friend Forever se révèle dynamique et attrayante, comme il faut.
6.5/10

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23.04.2012
Bent (Saison 1) Coup de foudre en bleu de travail

NBC a encore raté le coche. Avec sa nouvelle série, Bent, la chaîne du paon prouve qu'elle maîtrise moins les séries tout public que ses vertus élitistes. Médiocrement programmée (six petits épisodes diffusés par duo en trois semaines expédiées), Bent souffre d'une politique éditoriale désastreuse mais jamais de bonnes idées.
Un concept ultra-simple : un maçon, une avocate. Un point de vue antagoniste mais une attirance romantico-hystérique. Bent se résume à ça, petit cache-misère scénaristique sans prétention. Et pourtant, Bent ne baisse jamais les bras et convainc.
Dans ses idées, dans ses interventions, Bent la joue mignonne et affriolante. Mais c'est surtout sa modestie qui prime. Avec Amanda Peet, dans le rôle de la jeune avocate employeur, et David Walton (découvert dans 100 Questions), dans la peau du constructeur viril un brin miso, le tandem comique est osé, mais impactant. Energie farouche, alchimie brûlante, le duo de stars fonctionne à plein régime, à coup de répliques vachardes et de piques rarement délicates.

Si le concept de Bent n'en est pas vraiment un, la mécanique de la série fonctionne. C'est aussi grâce au talent des sidekicks autour, campés d'un côté par des connaisseurs, Jeffrey Tambor (Arrested Development), J.B Smoove (Curb Your Enthusiasm), de l'autre, par des surprises, Margo Harshman (la Guerre des Stevens) et Jesse Plemons (Landry dans Friday Night Lights) et la jeune Joey King.
Le tout débouche sur une troupe originale, multigénérationnelle, qui grâce à une énergie commune, aux allants sympathiques et affables, permet d'établir le ton, entretenir cette atmosphère joyeuse et printanière. Constituée majoritairement par des saynètes sans parti-pris à sketch, Bent fait évoluer ses personnages dans un lieu de vie commun -les décombres d'une maison en rénovation- et ose toutes les alchimies, les complicités. Résultat, de l'humour plutôt fin, jamais absurde, des interactions, une ambiance.
Plus accessible que les comédies majors de NBC mais jetée aux lions par NBC, Bent est une série bien fichue, amusante et revigorante. Pour sûr, elle finira martyre de son temps.
7/10

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17.04.2012
Girls (Saison 1) Etre une fille après Carrie Bradshaw

Pour HBO, il fallait bien des sacrifices (Hung, Bored to Death) pour accueillir une série de la qualité de Girls. Cette nouvelle recrue sur la vie de quatre demoiselles vingtenaires à New-York de nos jours fait enfin la transition entre le juvénile sans liant et l'amèrement réaliste. Il était temps.
Produit par Judd Apatow, -le mystère reste entier-, Girls est à des années lumière des produits ados où de jeunes beaux brillent par leur impertinence, leur ironie et leur air fringuant. A l'inverse, Girls est une photographie actuelle, un instant vrai, dans lequel évoluent quatre jeunes filles ordinaires, et même un peu vilaines. Et c'est peut-être ça la réelle différence entre les séries préfabriquées et les propositions artistiques.
Girls est créée, écrite et jouée par Lena Dunham, cette américaine juive de vingt-six ans (un parcours qui file des complexes mais c'est un risque à prendre), fraîchement diplômée, sans réelle trace artistique derrière elle, à part qu'elle est une new-yorkaise pur souche et qu'elle connaît son sujet.
Dans la série, elle interprète Hannah, une jeune fille de vingt-quatre ans qui poursuit un stage indéfini dans une petite maison d'édition en parallèle d'un manuscrit qu'elle écrit et qu'elle juge générationnel ou presque. Pour l'écriture, pour New-York, pour sa vie, elle a besoin de l'aide financière de ses parents mais ceux-là jettent l'éponge, Hannah doit se débrouiller seule.

Dans la contrainte, Hannah est consciente de la réalité. Pas d'ambition trop naïve, de discours neuneu, ni d'humour witty à la série californienne, cette jeune fille, à l'image de la série, a la tête sur les épaules et les pieds dans des godasses abîmées. Ses copines sont comme elle, pas très jolies, mais raffinées, du charme quelque part, un ton, une empreinte. Son petit-ami, idem, un ancien obèse, au corps difforme, un visage étrange, et des lubies qu'il fait appliquer cul-nu sur son canapé-récup de couleur vert bouteille.
Pour autant, Girls n'est pas excessive. Ni glamour ni garage, la série ouvre la voie à une nouvelle héroïne, la fille après Carrie, une girl next door citadine, actuelle, qui connaît le marché du travail et les petits boulots, les boutiques cheaps et les rêves têtus.
Il n'est jamais question de renier l'héritage new-yorkais flamboyant de la bande à Bradshaw mais Girls sait aussi composer avec la réalité, pas de façon in comme How To Make In America, ni même en mode hipster comme I Just Want My Pants Back. La série refuse les répliques dosées et les personnalités marquées, elle préfère jauger les expériences, questionner les incertitudes.
Girls est une série fine, imprévisible, gentiment amusante, comme une rencontre. Avec Enlightened, elle est la nouveauté de la saison.
9/10

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12.04.2012
GCB (Saison 1) Vacheries religieuses entre texanes

Avec l'arrêt de Desperate Housewives, ABC planifie ses hivers prochains. Autrefois appelé Good Christian Bitches, désormais réduit à son acronyme, GCB, la chaîne de l'alphabet mise sur de nouvelles quadras. Manipulatrices, plantureuses mais surtout pieuses. L'habit du moine n'a qu'à mieux s'enfiler.
Dans le genre soap, la place sérielle est bientôt vacante. Avec l'arrêt contractuel de Desperate Housewives, ABC devait rebondir. Et réembaucher des femmes hystériques capables d'attirer les marchands de lessive. Dans GCB, elles sont de taille : Kristin Chenoweth, Leslie Bibb, Miriam Shor, Marisol Nichols. Des pur-sang Texas, 100% gros coeur, bagouzes et livrets chrétiens.
Mais à en trop faire, ces chrétiennes du Texas frôlent le vulgaire et l'anti-ironie. Kristin Chenoweth qu'on choyait depuis Wicked et Pushing Daisies est réduite au rôle de moraliste de bénitier, peau cramée sur les eaux, plaque capillaire peroxydée. La pauvre actrice est pourtant celle qui mène le jeu. Avec le retour prodigue de l'ancienne star du lycée, Amanda Vaugh, jouée par Leslie Bibb (jamais très attachante), elle et sa clique, désormais reines sur leur sol natal, se vengent de leur ex-impopularité et en font des tonnes. Et rien n'adhère vraiment.

Coups bas, vacheries, sermons, le ton est donné, mais sans évoluer. Dans les premiers épisodes, la série accumule les scènes tirant vers le foutraque et le kitsch grossier. On suit ce groupe de femmes, leur mariage partant à vau-l'eau, leurs lubies absurdes et leurs relations superficielles dans un monde de bouseux formaté, cathodiquement surexploité. La série a pourtant du potentiel, de nombreux personnages et une base "littéraire" en guise de matériau. Mais l'Amérique profonde ne plaît plus, surtout ses clichés sociaux, sexuels, moraux et ses excès en toc.
Si l'originalité religieuse réside dans le concept de GCB, il ne présente aucun intérêt. A Dallas, le mauvais goût prime sur l'évolution dramatique et l'attachement des personnages, à tel point que la série refuse l'amélioration, malgré un bon second épisode, et campe sur positions médiocres. Jamais croyante, toujours caricaturale, scénaristiquement pauvre, GCB cultive le prime time soap gonflé sur les bancs d'église, sans l'allure du feuilleton de Wisteria Lane, sans son ironie et ses grandes actrices.
Dans le genre béni d'ABC, il faudra faire une croix sur GCB. Et attendre plutôt Devious Maids l'an prochain, créé par l'indétrônable Marc Cherry.
3/10

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04.04.2012
Missing (Saison 1) Ashley Judd dans l'impasse

Les séries programmées à la mi-saison sont généralement porteuses d'une ADN médiocre. Missing, programmé depuis peu sur ABC, n'échappe pas à la règle.
On espérait beaucoup de Missing, portée par Ashley Judd, cette actrice attachante, habituée aux thrillers nanars puis soudainement révélée dans des surprises de taille (Bug, Frida). Mais Ashley a vieilli. Au visage botoxé, courbes tirées, à la plastique ridée proche de celle de Teri Hatcher, Ashley semble vouloir s'imposer à la télévision comme par dépit, avec le défaitisme d'une actrice résolue.
Dans Missing, l'actrice joue une mère protectrice, ex-espionne affûtée, qui part sur les routes d'Europe pour retrouver son fils étrangement disparu. Si le concept est surexploité, si mal utilisé qu'il en devient d'emblée effrayant, on pouvait y croire un peu, à l'image de Vanished et Traveler il y a quelques années. Mais Missing n'entretient aucun espoir et s'ouvre sur un pilot des plus affligeants.

Tout dans les scènes inaugurales de Missing respire le daté. Scindée en deux thèmes, familial et espionnage, la série se veut à la fois guimauve et trépidante mais elle n'attire ni l'empathie ni l'énergie.
Des scènes mélo entre la mère aimante et son rejeton fidèle sont dégoulinantes de bêtise tandis que les scènes d'action sont terriblement surfaites, précipitées et inutiles. Ashley Judd se retrouve dans la peau d'une quadra au style cougar, poursuivie par des têtes méchantes, farfouillant dans les capitales européennes des indices clichés corrélant la disparition de son fils.
Vespa et fontaine de Trevi pour la partie italienne, Tour Eiffel à chaque plan, à chaque réplique pour la partie parisienne. Truffée de plans abominablement truqués, la série perd la seule conviction qu'elle aurait pu détenir : le côté global d'une hyper-production. A défaut, elle devient cette série aux apparences minables, se contentant de jouer sur les lieux-communs et les grosses ficelles de son genre sclérosé.
Photographie vilaine, mise en scène poussive, écriture déplorable, difficile avec ça de passer outre le concept surexploité de Missing. Résultat, une série archi-formatée et agaçante.
2/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Missing | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : missing, saison 1, critique, ashley judd, gregory poirier, cliff curtis |
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25.03.2012
The L.A Complex (Saison 1) Le show-biz sous les décombres

Le tout-Hollywood méritait qu'on lui consacre une série. Si Showtime s'y essaie légèrement avec ses programmes actuels, rien n'a encore été vraiment fait. Il aura donc fallu attendre The L.A Complex, série d'origine canadienne, pour faire évoluer une bande d'artistes de tout horizon dans les boulevards poisseux et impitoyables de L.A. Malheureusement, on reste sur notre faim.
A quelques heures de la diffusion de The L.A Complex sur la CW, le constat est clair : Hollywood est le sujet sériel en or. Et la série canadienne l'a bien compris. A travers plusieurs profils de jeunes talents, acteur, actrice, chanteuse, danseuse, humoriste et même, producteur de rap, l'usine Hollywood est ici passée au peigne fin.
Toujours dynamique, la série canadienne dépeint un quotidien apparemment réaliste, fait de galères, de plans foireux et d'espoirs pailletés. Sa plus belle qualité, c'est de ne rien forcer. Jouer des castings vains, des relations superficielles, des discours insultants. La série accepte l'échec, dans un climat communautaire et chaleureux, une sorte de complexe post-universitaire où les artistes en devenir se rassemblent autour d'un petit groupe indé, louent des piaules pour pas cher et mettent en commun leur talent. L'ambiance est vite établie, lumineuse (on insiste sur les filtres jaune-orange parce que L.A est sulfureux) et chaleureuse .

Les pistes développées au cours de la saison se veulent globalisantes et thématiques, à l'image d'un film de Maïwenn. Du coup, la série veut bien faire, mais manque un peu de véracité. La plupart des personnages principaux n'ont rien d'attachant, notamment la jeune actrice qui galère ou l'anglais auto-destructeur qui perce. Des profils qui n'apportent aucune vraie valeur ajoutée à la série, se contentant de brasser les mêmes thèmes juvénilo-matures.
Parmi les histoires convaincantes, on gardera quand même à l'esprit celle de Raquel, actrice de série trentenaire désireuse d'un comeback à l'écran, tellement acharnée, tellement envieuse qu'elle finit par toucher. Autre personnage qui y croit, c'est Alicia, la danseuse pop, qui joue de sa blondeur et sa superficialité. Le point fort de The LA Complex, c'est d'avoir su écrire sa dérive, d'avoir osé évoquer l'industrie du porno.
Parce qu'à L.A, entre les talents juvéniles, la rue, les doublures de stars sur le Walk of Fame et le porno, il n'y a qu'un sautillon. Pour autant, la série n'ose pas la carte nocive jusqu'au bout, la méga-entreprise Vivid (pour les connaisseurs) y est dépeinte comme une grande famille aimante et soucieuse (une secte), au risque de susciter l'hilarité et le culot cathodique. Et c'est ce qui coince sur le long terme dans cette série. Désireuse de mettre en scène L.A sans cliché, la série ose des pistes supposées ambitieuses, mais le résultat est risible et embarrassant, à l'image de l'amour gay entre la star du rap et son jeune producteur, torturé et inepte.
Divertissante pour un temps, The L.A Complex est une série sage et inaboutie, dont certaines storylines saugrenues parasitent son bon déroulement.
6/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The L.A Complex | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : the la complex, saison 1, critique, cassie steele, jewel staite |
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13.03.2012
Smash (Saison 1) On gesticule dans la compétition

Après l'échec redoutable de Playboy, on la joue prudent sur la chaîne du paon. Son nouveau drama est sous les projecteurs, et avec lui, Broadway, le chant, la danse, la sueur. Voilà un show tout public supposé enchanteur.
L'histoire est vieille comme le monde : un rôle majeur, deux concurrentes acharnées, plusieurs moyens d'y accéder. Le concept de Smash se lit vite, se vend aussi vite, à la vitesse d'une refrain entêtant. Pour une nouvelle comédie musicale sur la reine Monroe, deux jeunes Marylin s'opposent. L'une est jeune, nouvelle, une brunette au teint malicieux qui veut sa place, mais pas à n'importe quel prix. L'autre, une voix impeccable, aiguisée avec le temps et ses prestations nombreuses de choriste, une blonde aux formes très Marylin, une diva en puissance, au début sympathique.
Dans Smash, l'affrontement est de courte durée. Il ne s'agit pas seulement d'un casting, d'un concours trépidant. Si le doute plane toujours sur l'élue définitive, la série règle la question d'un trait, étonnamment, pour se focaliser ailleurs, peut-être le plus intéressant. Les coulisses de la production, de la création, de la mise en scène. Tout est mis en lumière, avec rythme, à traves plusieurs personnages piliers, dont Debra Messing (Will & Grace) et Anjelica Huston. Du beau monde, oui, sous la jupe de Marylin.

Dans Smash, le tout est évidemment cousu d'un fil légèrement épais, mais qui jamais ne vient gratter le matériau purement artistique de Smash. Naturellement destinée aux amateurs de comédies musicales et de gros coffres, la série ose l'écueil du soap. Des trahisons faciles, des rédemptions tire-larmes et des moments familiaux dont on se passerait bien. Mais Smash a une énergie, une envie de bien faire, qui lui donne une légitimité, un attrait supplémentaire qui domine.
D'ailleurs, si ce contrat est de bonne facture, c'est aussi parce que Smash n'est pas de n'importe qui : Theresa Rebeck, petite ronde aux boucles rousse, une femme qui ne dit trop rien à Hollywood. Mais qui de l'autre côté est une papesse, accumulant, Broadway et Off-Broadway inclus, plus d'une trentaine de spectacles dans sa besace. Une pro donc qui s'y connaît et qui donne à sa série musicale son allure brumeuse, ses scènes dansées et ses textes originaux, à faire complexer les pubères experts en plagiat de Glee.
Jamais sérieuse, toujours divertissante, Smash est une grosse production digne de Broadway, digne de cet héritage américain. Originale et inspirée.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Smash | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : smash, nbc, critique, saison 1, katharine mcphee, debra messing, anjelica huston, megan hilty |
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