Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.









24/03/2015

Empire (Saison 1) La naissance de l'année

empire,fox,saison 1,critique,lee daniels,terrence howard

Introduite à la midseason, Empire est déjà un phénomène. Des audiences spectaculaires, un blason redoré pour la FOX, une façon de revoir la sérialité. Pour une série solide, sanguine, qui le mérite.

 

C'est l'histoire d'un royaume musical d'une ancienne star du rap, ancien voyou, Lucious Lyon, désormais patron des arts. Son empire s'appelle Empire. Il pourrait être celui d'un  Dr Dré ou d'un Jay-Z. C'est un homme puissant et père d'une famille qui l'est tout autant.

A la fois thriller et soap, Empire aime ouvrir les tiroirs. Accumuler les histoires. Des histoires de duel familial, de buzz industriel, de jalousie, de passé sombre, de comeback musical, de convoitises, de maladies. Des histoires multiples, qui s'emmêlent, disparaissent, ravivent les tensions. L'intensité d'Empire est large, parfois sans fond, mais ambitieuse. La force d'Empire vient de son énergie visuelle et de son verbe. Sa façon de jouer des coudes et de donner du rythme à ses histoires. Sans conteste, les plus réussies sont celles autour du patriarche et de son ex-femme, Cookie, ex-taularde bien décidée à récupérer sa part du lyon. Deux acteurs marqués, Terrence Howard et Taraji P. Henson, impeccables, forts en gueule, qui toujours évitent le jeu caricatural du soap. Un couple phare et charismatique, symbole de cette histoire impériale, cette saga familiale puissante et viciée.  

empire,fox,saison 1,critique,lee daniels,terrence howard

 

Pour autant, les histoires dévouées aux enfants Lyon garantissent le divertissement. Trois fils, un rappeur, un chanteur rnb gay et un businessman qui l'air de rien s'affrontent, s'opposent et s'unissent pour la survie de l'Empire après la mort programmée du roi, Lucious. On préférera le jeune Hakeem, ténébreux et imprévisible, à Jamal, trop lisse, ou à André, trop attendu dans le rôle du comploteur. Mais le trio fonctionne dans cette quête théâtrale de dynastie et d'héritage.

Créée par Lee Daniels, cinéaste adoré outre-atlantique depuis Le Majordome et Precious,  la série est un succès total. Un succès jamais vu. Pour ses histoires fournies, mêlant passions familiales à la Dynasty, et chansons produite par Timbaland (malgré des paroles par fois grotesques). Pour un rôle, les guest se jettent dans la mêlée. Naomi Campbell, Courtney Love, Jennifer Hudson, Mary J. Blige et Rita Ora pour la si courte première saison. Alors forcément, la série a du coffre (de l'auto-tune aussi) mais surtout une belle allure. Une silhouette noble à l'image de ces protagonistes, ces Lyon impitoyables qui gèrent leur royaume comme des seigneurs.

 

Souvent audacieuse ou exagérée, Empire est une série carnassière et racoleuse, qui ose tout. Au fil des épisodes, la série s'étend, montre les étendues de son territoire, ses atouts et son envie de pouvoir (avec concerts aux Etats Unis à la clé).

8/10

empire,fox,saison 1,critique,lee daniels,terrence howard

11/03/2015

Unbreakable Kimmy Schmidt (Saison 1) L'art de la joie

unbreakable kimmy schmidt,ellie kemper,jane krakowski,tina fey

Alors que House of Cards tente un joli renouveau, que l'attendu Bloodline voit le jour à la fin du mois, Netflix continue sa percée avec la comédie, Unbreakable Kimmy Schmidt. Pas n'importe quelle comédie, une comédie pur-jus, dérangée et existentielle, menée par la main experte de Tina Fey.



Kimmy Schmidt est un drôle de personnage, dotée d'une drôle d'histoire. Celle de quelques femmes rescapées d'une secte étrange, longtemps recluses dans un abri antiatomique autour d'un gourou qui leur a fait croire à l'apocalypse. Mais après un sauvetage, Kimmy et ses copines, sorte de sisterwives mormones, revoient le jour. Un nouveau jour.

Apres le sauvetage, les interviews, les medias, l'intérêt public. Kimmy reprend sa vie, à New York, bien dépassée par le comportement de chacun. Son colocataire homosexuel, une masse mélodramatique, ultrasensible, se rêvant star de comédie musicale, et sa patronne, une bourgeoise de l'Upper East Side, hystérique et incontrôlable. Avec tout ca, comment ne pas rire ?

unbreakable kimmy schmidt,ellie kemper,jane krakowski,tina fey

 

Bien sur, cette comédie n'épargne aucune nuance, aucun contours. Sa dynamique fonctionne sur la bêtise de Kimmy, une héroïne gentille et souvent carrément stupide. Mais au delà de la connerie marrante, Ellie Kemper (Kimmy) est un personnage lumineux et attachant dans ses maladresses, ses éclats de rire excessifs et sa gentillesse perturbante à l'égard des autres.

Forcément, Kimmy  sautille, se pâme, gambade, guillerette, dans un paysage haut en couleurs comme elle, le sourire peint d'une oreille à l'autre. Mais la série est plus que ça.  Sans jamais épuiser, Kimmy déteint sur les autres et son innocence radieuse dépasse l'écran. Pour ça, Tina Fey sait y faire. L'équilibre toujours mené entre la béatitude caricaturale et la réjouissance. Parce qu'aussi Kimmy est entouré de personnages tout aussi concentrés dans leurs traits, des enfants new-yorkais égotistes, une patronne impossible (le bonheur de retrouver Jane Krakowski qui n'a rien perdu de ses excès), une propriétaire haut perchée et ce nouveau compagnon de vie, Tituss, hilarant et inspiré, une comédie à lui tout seul.

La série est ainsi faite. Des personnages bien campés, qui toujours frôlent la caricature sans jamais y succomber, embarqués dans des aventures joliment sottes, le tout contaminé par la joie de vivre de Kimmy. On retrouve là tout l'esprit de 30 Rock et de l'écriture de Tina Fey, son art du décalage, mélange de références cinglantes, de cameos foutraques et de petits mots assassins sous des airs jazzy.



Parce que 30 Rock nous avait manqué, Unbreakable Kimmy Schmidt prend la relève. Amusante, pétillante, assumée dans sa bêtise et sa fine intelligence comique.

8/10

unbreakable kimmy schmidt,ellie kemper,jane krakowski,tina fey

26/02/2015

Les comédies 2014-2015 - Le rire comme option

Pour rire cette année, peut-on regarder de nouvelles comédies ? 

 

The Odd Couple

C'est devenu une tradition annuelle, comme Thanksgiving ou les Emmy, Matthew Perry dans une comédie plus ou moins sur mesure, taillée sur le personnage qu'il aime interpréter depuis vingt ans. Après Studio 60, injustement annulée, Go On ou Mr Sunshine, Matthew Perry devient cette fois la vedette d'une sitcom classique, presque trop safe : l'histoire d'un journaliste séducteur qui de jour au lendemain se voit héberger son ami de longue date, un type maniaque et psychorigide. Adaptée d'une pièce éponyme, la série essaie tant bien que mal de faire rire. Mais faire rire avec l'actrice Leslie Bibb, c'est difficile. Perry s'y adonne comme autrefois, avec une sorte de conviction désuète. Le duo fonctionne assez, grâce au talent comique et nouveau de Thomas Lennon. Pour autant, ses débuts sont bancals, manquent de rythme et de souffle, peut-être aussi de crédibilité : Matthew Perry, bouffi, vieilli, en séducteur notoire ? On a du mal.

6/10

MATTHEW PERRY,critique,the odd couple

 

Black-ish

Qu'en est-il aujourd'hui de la culture noire américaine ? Une question qui résonne dans cette nouvelle série afro, plus moderne et pensée que My Wife and Kids. En racontant la vie banlieusarde d'une famille afro, un patriarche vice-président d'une entreprise de pub, une mère chirurgien, des enfants inscrits dans le privé, Black-ish, que l'on pourrait traduire par "à peu près noir", cerne à comprendre la culture noire de nos jours. Un beau pari, qui parfois fonctionne, parfois manque de tact et d'avenant. D'un point de vue comique, la famille fonctionne (surtout les enfants, spontanés et assez nuancés), mais le père, Anthony Anderson, est crispant. Il gesticule, grince des dents, élève sa voix trop facilement. Pour autant, bien produite, Blackish fonctionne dans le créneau de la comédie familiale, et grâce à la locomotive Modern Family, ses beaux jours sont devant elle.

8/10

black-ish,critique,abc,anthony anderson

 

Fresh Off the boat

En explorant toujours plus la question de l'immigration et de l'identité, à travers Black-ish et Cristela, ABC continue sa thèse. Fresh Off The Boat raconte l'arrivée d'une famille chinoise d'un quartier communautaire de Washington à Orlando où les codes américains sont figés dans le goudron. Intégration scolaire, voisinage parmi les housewives, ouverture d'un steak house, la famille Huang s'essaie au rêve américain tant bien que mal. Malgré les deux jeunes fils studieux et dociles, l'aîné, Eddie Huang (l'auteur du livre support à la série), en est un visage phare, un pré-ado de douze ans, accoutré de t-shirts extra-larges à l'effigie de 2-Pac, rebelle dans la démarche, qui n'hésiterait à vendre père et mère pour devenir un rappeur noir américain. La série est aussi sympathique que cette famille, amusante, honnête et assez originale, mené par un duo parental qui détonne, un père entrepreneur gentillet et une mère pète-sec, attachante et folle, peut-être le personnage le plus drôle de la série. Outre l'identité, la série fait un hommage revival des années 90, comme une suite naturelle des géniaux Goldbergs et de l'époque eighties.

8/10

fresh off the boat,eddie huang,critique,abc,cristela

 

 

Selfie

Puisque le selfie électrise les esprits, au point que Kirsten Dunst plaide dans un court-métrage détracteur, la télé s'y est mise. Selfie, titre fédérateur, raconte l'histoire d'Eliza, une jeune femme, anciennement impopulaire mais désormais jolie et lookée, qui ne jure que par les tweets, photos et autres lubies égotistes, avant de réaliser que sa vie nécessite plus d'altruisme. Avec l'aide de son boss, Eliza, va tenter de se repentir. Une repentance qui associe caricature et hystérie. Dans la série, cela crépite, humeurs excentriques et gags à grosse pointure. Pensée par Emily Kapnek, créatrice de Suburgatory,  la série n'hésite pas à rajouter sur la superficialité de l'actrice, au point d'être une vitrine jubilatoire de vices 2.0 et de répliques assassines. Certaines fonctionnent, grâce à l'énergie d'ensemble, malgré un concept attractif mais éphémère (le selfie a été lu mot de l'année en 2013 par le dictionnaire Oxford). La preuve, la série est déjà aux oubliettes.

6/10

emily kapnek,selfie,abc,critique

 

 

Mulaney

On n'imite pas Seinfeld comme ça, sans y penser sérieusement. Pourtant, Mulaney, la nouvelle série de la FOX, tente le coup. Mais Mulaney n'a pas compris ce qu'a su mettre en scène Seinfeld en son temps ou Louie récemment. Mulaney, c'est ce type en vue sur Internet, une recrue comique 2.0 à qui on offre l'opportunité télé. Mais comme S**t my dad says, qui reprenait les tweets d'un anonyme très sarcastique, la série n'a aucun équilibre, aucune énergie, aucune envie, se limitant à des situations essorées sur la vie amoureuse et la vie en colocation de ce Mulaney, qui patauge péniblement sur scène ou chez lui, entouré de ses compagnons dénués de charisme. Le résultat est fade, trop-vu, un peu navrant, et on souhaite à ce garçon de retrouver très vite le calme de son intimité.

3/10

mulaney,seinfeld,critique,nbc

 

 

A to Z

Comme Selfie, A to Z est une série à concept. Un panorama sur la vie de couple, de ses balbutiements à son extinction, façon 500 Days of Summer. Mais A to Z n'a pas que des airs de copie arriérée. Cette série narre avec un humour charmant et légèrement mélo l'histoire d'amour d'Andrew, un célibataire oisif employé dans une société d'online dating, et Zelda, une avocate chevronnée, pendant une durée établie : huit mois, trois semaines, cinq jours et une heure. Suffisamment inspirée pour être une romcom bien campée, ce compte à rebours permet d'insuffler un souffle intéressant, comme au temps d'How I Met Your Mother. Mais la mécanique est ici moins figée, le décor est plus aéré, notamment grâce à la narration et aux personnages principaux, spontanés et bien choisis (Ben Feldman (Mad Men) et Cristin Milioti (How I Met Your Mother).

7/10

ben feldman,a to z,nbc,critique,christin milioti

 

Benched

La comédie moins attendue et la plus efficace, c'est peut-être elle, Benched. Cette série diffusée sur USA Network convainc depuis ses premiers épisodes. La série décrit avec une belle ironie les premiers pas d'une ancienne avocate d'affaires en vue dans le monde de la défense publique, après un burn-out spectaculaire qui l'a définitivement exilé de la sphère de pouvoir. Pensée par Michaela Watkins, très présente depuis quelques années sur les écrans (Old Christine, Trophy Wife, Enlightened dont elle a puisé légèrement le concept), Benched est une petite pastille dont la force comique vient principalement  de l'héroïne, Eliza Coupé, toujours aussi grimaçante et imposante depuis Happy Endings. L'ensemble du show tient debout, les scènes ne manquent pas de caricature, mais l'écriture plutôt nuancée permet une dynamique agréable, souvent drôle, assez différente du format des comédies publiques, à l'image de Playing House il y a quelques mois.

9/10

benched,usa network,eliza coupe

 

Marry Me

Après Happy Endings, il y a Marry Me, avec la même actrice, Casey Wilson. Ce n'est pas un spin-off, simplement la nouvelle série de David Caspe. Comme Happy Endings, Marry Me évoque le couple, les tentatives ratées d'union, les peurs et les doutes avant l'engagement. Très attendue, cette nouvelle série s'offre probablement le meilleur duo comique du moment, Ken Marino (Party Down, Veronica Mars) et Casey Wilson, une des actrices les plus drôles du moment. Pour ces débuts, la série n'est pas aussi aboutie qu'Happy Endings, des situations moins percutantes l'alourdissent, la faute à son concept plus centré sur le couple et moins sur la bande de proches qui l'entoure. Ici, des protagonistes trop typiques et trop divers -les parents gay, la meilleure amie superficielle, l'amie lesbienne, le compagnon lourdaud, le même que dans l'époustouflante Broad City-. A l'image de l'héroïne, gentiment hystérique et maladroite, la série vise une drôlerie légère et attendrissante, sans avoir le niveau hilarant d'Happy Endings après trois saisons. Mais patience.

7/10

marry me,david caspe,critique,casey wilson

 

14/02/2015

Homeland (Saison 4) La renaissance

homeland,saison 4,claire danes,rupert friend,showtime,critique

Trois ans avait suffit à Homeland pour devenir une série pop-corn un peu tiède, régie par des codes épuisés et épuisants. Mais pour cette quatrième saison, la série a tourné la page et s'est révélée.

 

On n'attendait plus grand chose de Carrie Mathison et de ses amis, les espions de la CIA. Après deux années tumultueuses avec le soldat Brody, la série était devenue une pile d'épisodes inconséquents et vains, jusqu'à la conséquence ultime. Après la mort publique du héros  à Téhéran, nécessaire pour la survie narrative de la série, Homeland a du se creuser la tête pour la suite.

Plus de Brody, d'amour frustré, d'enfants pénibles, la série terroriste fait peau neuve au Pakistan, tandis que Carrie est devenue chef exécutante d'une station. Surnommée la drone queen, elle devient le bras droit de l'ambassadrice américaine à Islamabad après l'assassinat de son prédécesseur. Toujours experte en ambiance paranoïaque, cette nouvelle histoire de Carrie a été ponctuée de moments forts, d'actions au cordeau, opposant son clan aux Talibans (menés ici par un Haqquani plus vrai que nature) et au gouvernement du Pakistan dont le double jeu intriguant parcourt la saison, saison rehaussée par un casting brillant, la géniale Nina Hoss, Nimrat Kaur, Suraj Sharma, quelques acteurs internationaux très en vue.

homeland,saison 4,claire danes,rupert friend,showtime,critique

Avec cette saison, Homeland prouve que l'ambivalence de son jeu et de son décor est la recette miracle. Parce que toujours Homeland en révèle plus qu'elle n'en montre, spécialiste du faux semblant et  du rebondissement surprise, pour nous dire que le mal est partout, insidieux, dans chacun des camps, même dans un couple. Plus qu'une série d'action, Homeland a montré toute la part d'ombre qui planait aujourd'hui sur la CIA, entre la polémique des drones, la torture, les doutes moraux (ceux de Saul, captif) et les échecs cuisants.

Pour autant, la série n'en a pas négligé son fil psychologique, décor tendu et pesant, qui donne à la série toute sa force, toute sa maladie. De beaux épisodes ont permis de voir Carrie de retour dans sa famille, auprès de sa fille, à l'enterrement de son père, sur les traces de sa mère. Des repères parsemés pour comprendre cette espionne devenue impeccable, professionnelle et sans faille, mais dont la personnalité reste trouble, voire inquiétante, à l'image de cette scène terrifiante, à peine visuelle, où Carrie donne le bain à sa fille et l'immerge sous l'eau le temps d'une seconde, comme un doute tenace sur sa nature profonde.

 

Apre et entêtante, pessimiste, presque poétique, Homeland a prouvé toute sa tenue, son intensité et offre ici sa meilleure saison, époustouflante sur la forme, spectaculaire sur le fond, dans ses constatations glaciales et ses histoires narratives à tiroirs.

9/10

homeland,saison 4,claire danes,rupert friend,showtime,critique

16/01/2015

2014 - Les meilleurs films et les meilleures séries

Maintenant que 2014 est une chose réglée, soyons nostalgiques pour ne garder que le meilleur. Des surprises, entre vampires romantiques et transsexualisme, des retours, celui de Cronenberg, de Claire Danes ou de The Comeback et des nouveautés implacables qui, définitivement, placent la barre très haut.

 

Un TOP cinéma

 

15. Un été à Osage County (USA)

un été à osage county

14. Party Girl (France)

party girl

13. White God (Hongrie)

white god

12. Ida (Pologne)

ida.jpg

11. Les Opportunistes (Italie)

les opportunistes

10. Les Combattants (France)

les combattans,adele haenel

9. Week Ends (France)

week-ends,karin viard,noemie lvosky

8. Love is strange (USA)

love is strange

7. Sils Amaria (France/Allemagne)

sils amaria,kristen stewart,julette binoche,chloe moretz

6. Whiplash (USA)

whiplash,jk simmons

5. Only Lovers Left Alive (Allemagne/Royaume-Uni)

only lovers left alive,jim jarmush,tilda swinton

4. Maps to the Stars (USA)

maps to the stars,julianne moore,david cronenberg

 

3. L'Institutrice (Israel)

l'institutrice

2. Deux jours une nuit (Belgique)

deux jours une nuit,marion cotillard,dardenne

1. Mommy (Quebec)

mommy,xavier dolan

 

 

 _______________________________________

 

 

Un TOP séries

 

15. Orange is the new black (Saison 2) - La plus féminine

orange is the new black,season 2

14. Mozart in the Jungle (Saison 1) - La plus récente

mozart in the jungle,coppola,gael garcia bernal

13. The Goldbergs (Saison 2) - La plus publique

the goldbergs

12. Inside Amy Schumer (Saison 2) - La plus Amy Schumer

inside amy schumer

11. Broad City (Saison 1) - La plus homemade

broad city

10. Shameless (Saison 4) - La plus constante

shameless,season 4

9. Happy Valley (Saison 1) - La plus anglaise

happy valley

8. Fargo (Saison 1) - La plus hivernale

fargo,martin freeman,coen

7. Transparent (Saison 1) - La plus organique

transparent,jeffrey tambor,critique,amazon,jill solloway

6. The Honorable Woman (Saison 1) - La plus complexe

the honorable woman,maggie gyllenhaal,bbc

5. Girls (Saison 3) - La plus réinventée

girls,lena dunham,hbo

4. The Comeback (Saison 2) - La plus miraculeuse

the comeback,lisa kudrow,seth rogen

 

3. Homeland (Saison 4) - La plus inattendue

homeland,pakistan,claire danes

2. The Affair (Saison 1) - La plus mélo

the affair,showtime,dominic west,ruth wilson

1. The Leftovers (Saison 1) - La plus magnétique

 

the leftovers,hbo

02/01/2015

Transparent (Saison) La nouvelle famille

transparent,jeffrey tambor,critique,amazon,jill solloway

La première série d'Amazon est un cri dans la rue. Un étendard à valeurs comme ces rares séries HBO. En évoquant la famille et l'individualité au prisme du genre, Transparent s'avère comme la révélation de l'année.

 

Quand Amazon, le monstre culturel, se met aux séries, elle le fait avec le même matraquage de force et une innovation rare, presque discutable : lancer en ligne une salve de pilotes en ligne en demandant aux internautes de choisir leur série. La première élue, Transparent, se distingue déjà. Transparent raconte les bouleversements d'une famille au lendemain du coming-out queer de Mort, le patriarche sexagénaire de la famille Pfefferman, devenue Maura. De confession juive, la famille est pratiquante et fait face pourtant à des chamboulements identitaires majeurs qui concernent la famille dans son ensemble.

Jeffrey Tambor, le chef de clan hurluberlu d'Arrested Development, joue Mort. Puis Maura. Un homme qui devient femme. Entre aujourd'hui où enfin elle s'assume face aux autres et 1994, l'année où il décide passer le cap timidement, de rejoindre les rangs des code-dressers, soirées anonymes et communautaires, et de s'habiller en femme, de plus en plus, dans le secret de la chambre conjugale. Créée par Jill Soloway, la série ressemble beaucoup à Six Feet Under dont elle s'occupait en tant que scénariste en chef, de par leurs questionnements communs sur la famille traditionnelle et patriarcale, le rôle de chacun dans la société au regard du couple, de la sexualité et de l'héritage familial. Dans la forme aussi, les situations révélatrices, une écriture au cordeau et cet humour invisible, masquant les éraflures et les doutes.

transparent,jeffrey tambor,critique,amazon,jill solloway

               

Mais au delà du père transgenre qui s'affirme d'épisode en épisode, en allant au centre commercial, en chantant, en faisant face à son ex-femme (Judith Light, éblouissante), entourés de nouvelles amies, sobres mais émouvantes, toute les membres de la famille Pfefferman sont étudiés dans leur quête d'individualité. Quête de sexualité pour la fille aînée, mariée depuis vingt ans, Sarah redécouvre son attirance pour celle qui fut sa partenaire durant les années fac et trouve ainsi l'opportunité de faire chavirer le schéma familial dans lequel elle se sent prisonnière . Quête de paternité et de stabilité pour Josh, le garçon du milieu, qui de liaison en liaison, peine à se connaître. Et quête d'identité, dans la définition des frontières entre le masculin et le féminin pour Alie, celle dont on dit qu'elle est celle qui ressemble le plus au père, à la nouvelle mère, d'apparence lesbienne, mais hétérosexuelle, incapable de trouver un travail, se cherchant toujours, dans les études et les relations qui l'environnent.

De pleine envergure, Transparent est une analyse fine de la famille d'aujourd'hui. On pourrait lui reprocher son effet catalogue des nouvelles moeurs mais la série est à ce point dénuée d'ironie moqueuse, de parodie, d'effets de style décalés et faciles qu'elle saisit sincèrement à chaque épisode. Pour cause, la créatrice parle de son vécu, lorsqu'il y a trois ans, elle fit face au coming-out transgenre de son propre père, cette expérience donne à la série une raison d'être, sa véracité.

 

D'une force invisible, Transparent fouille les complexités familiales telle une musique de scène, douce-amère, subtile et touchante, une musique qui rappelle avec beaucoup de nostalgie la puissance unique de Six Feet Under.

9/10

transparent,jeffrey tambor,critique,amazon,jill solloway

12/12/2014

Olive Kitteridge (Saison 1) La femme et l'ombre

olive kitteridge,critique,hbo,frances mcdormand,bill murray

Chaque année, il y en a une. Comme un banquet de qualité, la chaîne HBO propose une mini-série à l'aube de l'hiver, une oeuvre courte, prestigieuse, souvent exigeante mais implacable. Cette fois, une minisérie familiale, menée par une femme rude, Olive Kitteridge.

 

Après les Frères d'armes, la Guerre du Pacifique, et récemment les destins de femmes exceptionnelles, de Mildred Pierce à Temple Grandin, HBO lance sa nouvelle minisérie sur une nouvelle femme de caractère, Olive Kitterdige. Adaptée du recueil du nom, treize nouvelles d'Elisabeth Strout, primées au Pulitzer en 2009, cette série raconte le parcours tumultueux d'une ancienne professeur de mathématiques, mariée à un homme débonnaire qu'elle méprise, et mère d'un jeune homme qu'elle n'a de cesse de rabaisser.

En décrivant le décor cette famille du Maine, unie mais taiseuse, déchirée mais jamais fâchée, la série s'attache à serpenter parmi les aléas du quotidien, un quotidien domestique, sans intensité, sans éclat, un quotidien monacal fait de repas de famille ternes, de séances de jardinage et de discussions sèches, à l'image de l'héroïne. Olive Kitteridge est ainsi. Elle est une femme difficile, exigeante à l'égard de ses proches, de ses élèves, mais parfois surprenante, amusante dans son cynisme, même compassionnelle quand l'un de ses élèves, brillant vit une enfance difficile, en prise avec une mère junkie. Grâce à Frances Mcdormand, le personnage n'est pas seulement une façade rude et froide, il détient une épaisseur émouvante, cette humanité palpable lorsqu'il se laisse se regarder au détour de quelques confessions.

olive kitteridge,critique,hbo,frances mcdormand,bill murray

Lire la suite

10/10/2014

La rentrée series - Les drames, drames, drames

gotham,forever,how to get away with murder,the flash,stalker,critique 

Les séries pullulent. Partout, même sur des plateformes obscures. On les décompte avec peine, comme des motifs de tapisserie. Dans le lot, la rentrée des séries publiques. Entre Gotham, Stalker, How to get away with murder ou Madam Secretary, bilan de ce qu'il faut voir ou éviter.

 

 

Jane The Virgin

Encore une telenovela américanisée par les chaînes publiques. Comme Ugly Betty en son temps, ou Devious Maids récemment, Jane the Virgin apporte ce gage de folklore et de drôlerie qui adoucit le paysage télé. Pourtant, son histoire est abracadabrantesque, celle de Jane, une jeune femme prude et vierge (par principes) qui après une insémination accidentelle tombe enceinte. Pas de grossesse miracle mais une simple erreur digne d'une série vénézuélienne. Si Jane est le personnage principal typique, gentil, mais toujours sérieux, à l'image encore de Betty Suarez, c'est encore la galerie des personnages secondaires qui procure à la série son ton amusé et excentrique : une grande-mère catholique et une mère jeunette et ravagée, et puis cet homme séducteur, le père, marié à une femme machiavélique qui avec cet enfant espèrent tous deux réparer leur mariage. Déjanté sans être kitsch, amusant sans être parodique, Jane the Virgin est une série réussie et équilibrée, une sorte de nouveau soap, vestige de la telenovela dont elle déforme avec plaisir les codes et de la comédie romantique américaine, un mélange entre Ugly Betty et Pushing Daisies, dans la même veine comique. Assez originale et attachante pour être suivie de près chaque semaine, ou presque.

8/10

gotham,forever,how to get away with murder,the flash,stalker,critique

 

 

Constantine

Un nouveau chasseur de démons est dans la place. Plutôt un vieux, qui renaît de ses cendres, dix ans après un film sans intérêt avec Keanu Reeves dans le rôle-titre. A la télé, Constantine succède à Buffy, là encore quinze trop plus tard, paradant en look désabusé de rockeur anglais, tiré d'un shooting trendy. Ce décor poseur nuit totalement à la dramaturgie de la série tirée du comic Hellblazer dans lequel cet antihéros, John Constantine, combat avec drôlerie et arrogance le Diable et ses démons afin de protéger les âmes perdues. Dans un ton kitsch et maniéré, la série ne fait que macérer des storylines anciennes et recyclées, avec le même niveau d'effets spéciaux. Le résultat est daté, ennuyeux, on ne s'attache pas à ce personnage lisse et sans profondeur, et à son équipe de faire-valoir bien trop caricaturale, pire, on s'indigne sans en rire.

2/10

gotham,forever,how to get away with murder,the flash,stalker,critique

Lire la suite