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15/05/2013

The Mindy Projet (Saison 1) De la comédie faite sur-mesure

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Tour à tour baptisées Mindy puis It's Messy, The Mindy Project avait très envie de devenir la meilleure nouveauté comique de l'année.  Au final, on ne sait toujours pas.


Cette probable meilleure nouveauté comique avait tout plaire : une actrice de poigne, Mindy Kaling, lasse de jouer les sidekicks et une écriture girly louchant plus ou moins sur Girls. Et puis, ses intentions et son débit verbal. Mais Mindy Kaling, désormais showrunner et héroïne principale du show, n'a rien plagié du succès de Lena Dunham. La preuve, la voir à l'oeuvre durant les huit premières années de The Office.

Après délectation du pilote, The Mindy Project a su attirer toutes les bonnes grâces. Fort de sa bonhomie rieuse, son cynisme de gentille pétasse et ses moues inimitables, Mindy réussissait son coup. Celui de la Bridget Jones 3.0, toujours aussi allumée, boulimique, mais plus fashion et moins pleurnicheuse. Les débuts de la série ont signé de grands symboles pour Mindy. Chute de piscine, caresses d'un chat clandestin, jérémiades au vin rouge, Mindy avait réussi sa reconversion, elle qui maîtrise si bien son sujet (elle est l'auteur du best-seller américain " Is Everyone Hanging Out Without Me? (And Other Concerns)).

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Mais suite aux débuts fanfaronnant de cette jeune héroïne obstétricienne avide d'histoires romantiques, la série a peu à peu raté le coche. Mindy et sa clique d'auteurs venaient de négliger le décor. Les meilleures amies, les subalternes du bureau, les collègues sexys, personne hormis Mindy, n'est particulièrement convaincant. Durant une grande partie de la saison, chaque épisode se réduit à deux-trois punchlines bien vues de Mindy autour d'épisodes sans grande conviction comique, toujours en pataugeant en  terrain connu (le garçon lourdaud façon Andy de Parks & Rec, la meilleure amie parfaite, l'amie handicapée façon Samantha Who) . Le casting s'en est ressenti, le boss, Stephen Tobolowski et celle qui jouait la secrétaire latino, Amanda Setton, ont claqué la porte de la série, ne laissant que cette pauvre Zoe Jarman se dépatouiller en sidekick et son absence de répliques.

En s'approchant de la fin, The Mindy Project essaie tant bien que mal de corriger le tir, grâce à ses invités guest-stars (les copains de The Office et puis Seth Rogen) et son envie de bien faire. Grâce au recentrage de la série sur la petite équipe du cabinet et à une écriture parfois mieux répartie, la série se rééquilibre, petit à petit, devenant plus agréable et maîtrisée. Et puis, si tout n'est pas toujours caustique, tant pis car à elle-seule, Mindy joue les effarouchées mieux que personne.

6.5/10

 

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22/04/2013

Real Humans (Saison 1) Comment vivre avec son androïde ?


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Dans le paysage audiovisuel français, Arte dicte une nouvelle conduite en matière de séries. Après The Killing ou Borgen, la chaîne d'auteur exporte Real Humans, une série venue de Suède.  Un nouveau pied-de nez fait à Canal + et sa diffusion automatique des séries U.S dites huppées.

 

Créée par Lars Lundström, Real Humans (Akta Manniskor que l'on peut traduire par 100% Humains) désigne la société suédoise aux airs de zone pavillonnaire américaine dont les habitants sont désormais aidés par des robots aux traits humanisant. Les hubots. A travers le portrait quotidien de figures-types, la famille nombreuse, le veuf âgé, la femme divorcée, ces hubots apportent leur contribution, comme de nouveaux domestiques, de nouveaux ouvriers, de nouveaux vecteurs de services. 

Mais que l'on se rassure, dans la société future, rien n'a changé. Les robots existent mais ils ne sont que des objets incapables d'émotion, d'état d'âme ou d'intention... sauf lorsque l'homme y met son grain de sel.  Ainsi, la série réussit à créer cette société ultra-moderne authentique sans ce décor futuriste ou cette logique expérimentatrice. Il s'agit d'une société depuis longtemps établie, harmonieuse de classes privilégiées se dédouanant de tâches ingrates. Acheter un hubot est un acte quotidien, sévèrement codifié mais facile à mettre en pratique. Anita ou Mini, le hubot-star est d'ailleurs une offre cadeau "1 acheté = 1 gratuit", dans une logique de consommation bien vue.

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Le point fort de Real Humans, c'est que la série ne traite pas son sujet de façon fantastique, la série se rangeant davantage du côté du drame ou du film social. Plus intimiste et détaillée, la série voit le robot comme une métaphore de préoccupations actuelles, fort de questionnements ethico-moraux, il est le matériel pour lequel la série exploite avec une précision rare le rapport de l'être humain à l'objet, captant leurs interactions, leurs failles et leurs excès.

Puisqu'à force de soutien et de magouille technique, les hubots empiètent. Débordent. Certains se sentent menacés, un parti 100% Humains se met en place. La série réussit ainsi à critiquer son modèle sociétal et à rassembler les composants d'un extrémisme générique dont la traite des noirs n'est qu'une origine parmi toutes. Plusieurs pistes scénaristiques,  du  robot détraqué, sexuel (façon A.I) au robot victime de viol et de maltraitance, questionnent le rôle de l'humain à l'objet. Car le robot reste robot. Un véhicule motorisé relié à un fil électrique, soumis à un mode d'emploi et à un contrôle technique. Ainsi, la série s'échappe volontairement de cette dépendance technologique et invente un mouvement des hubots libres ou hybrides, crée en marge du secteur industriel. Avec ces hubots affranchis de codes, réclamant des droits, les sentiments se volent et les vices se plagient. L'homme n'est plus qu'un rival. Une espèce menacée.

 

Avec une belle lucidité sur notre époque et une réflexion scénaristique d'envergure, Real Humans s'avère être une anti-fable incontrôlable, dense et minutieuse, laissant penser que dans une société lointaine améliorée, les enjeux ont un sacré air de déjà-vu.

8.5/10

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09/04/2013

Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

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Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées. Avec Rubicon, série très comploteuse, la chaîne premium part sur les traces bigarrées de HBO.

 

Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère. Ce mystère, toujours lui. Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, et de best-sellers à la Vinci Code.

Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la référence du complot. Si la série n’a pas l’envergure de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

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L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats), Will est un analyste pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Will réalise qu'une intrigue se trame.

Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.

 

Outre les enjeux importants sous-jacents à la série, à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir un bon divertissement.

7/10

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27/03/2013

Secret Diary of a Call Girl (Saison 4) Du bling au chagrin

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Hannah, ou la Belle des intimes, est revenue nous vanter ses charmes sur ITV2 et ce pour une dernière partie de jambes en l’air. Ultime saison pour la Call Girl qui après une troisième saison de gloire mouvementée, avait grand besoin d’évoluer.

 

 

Depuis quatre ans, regarder Billie Piper incarnant la Belle de Jour, dictant sa loi glamour, son teint chic, ses manières douces sur les anglais affamés était devenue une habitude, un plaisir coupable fait de situations cocasses, de bons mots et de quelques situations dramatiques. Mais depuis les récents épisodes, Belle s’épuise à la tâche et Hannah ne nous dit plus rien.

Victime du syndrome Carrie Bradshow, Billie Piper est devenue une icône du sexe sous cellophane, affichant tenues décomplexées sur talons haut. Grandiloquente, désinhibée, cette année, l’héroïne est devenue un emblème-mode, une statue à l’effigie de l’outrance. La preuve, Hannah est devenue une grande dame, propriétaire d’une grande maison bourgeoise dans laquelle le blanc épuré règne. Trop beau pour être vrai ?

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Si la call girl est un personnage qui aspire à une évolution, une maturation, celle qui nous parle face-caméra depuis quatre ans est devenue une ombre d’elle-même, une figure qui recule. Toujours aussi mignonne et sincère, Hannah est malheureusement devenu un produit sexy à la dérive, rattrapé par sa vie privée qu’elle gère avec une cruelle maladresse et ce maquillage qu’elle ne prend plus la peine d’atténuer.

Sans l’attendrissante Bambi  à ses côtés, Hannah s’isole, finit par tenir des discours tourne-en-rond. Avec Stephanie, son ancienne patronne derrière les barreaux, Belle est devenue une madame, gérant les escorts d’une main subtile, avec humour aussi. Si la confrontation avec la call girl asiatique sadomasochiste donnait du piquant à cette nouvelle saison, aucune lutte n’a fini par voir le jour. Petite conclusion sommaire fondée sur l’entente forcée, Belle fait des compromis, au risque de paraître un peu fade. A l’image de cette saison globale, notamment cette relation entre Hannah et Poppy, la fille de Stéphanie, gentiment humoristique mais plutôt facile et prévisible.

Idem pour la relation amoureuse au cœur de la série. Pour réunir Ben et Hannah, les shippers étaient de la partie. Les romantiques transis ont d’abord eu ce qu’ils voulaient : très vite, le meilleur ami Ben, toujours aussi gentil serveur mais un brin lunatique, retrouve les bras de sa dulcinée sur-maquillée.  Il faut dire que comme Ross et Rachel, ces deux là s’aiment depuis le début. Pour autant, aucun enjeu, aucune émotion ne se dégage de ce couple retrouvé.

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Si les tourtereaux emménagent ensemble, pas d’émoi à l’horizon, la relation conserve sa face conflictuelle, ses complications liées au métier suranné de la belle Hannah sans jamais évoluer, envisager le compromis, accepter les mœurs faciles au sein de ce couple uni.  Alors, la quatrième saison s’est achevée sur l’inévitable, cette rupture mélo sur fond d’Adèle s’égosillant sur la fin amoureuse. La simple présence d’un flic dominateur, faux Jude Law, et supposé aimant idéal pour la dévorante Belle, entre elle et Ben, n’a pas été suffisamment réaliste pour compliquer l’équation de départ. Dramatiquement, la série a retrouvé son niveau, les pleurs dans la rue, la souffrance comme leitmotiv. Bien dommage alors que la série se soit contentée d’une évolution bas de gamme, qui ne rend pas hommage au feuilleton mouvementé de la Call Girl.

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En conclusion, la saison ultime de Secret Diary of a Call Girl ressemblait davantage à un chapitre frivole anecdotique qu’à des adieux en bonne et due forme. Tantôt poussive, tantôt tragique, Belle ne savait plus sur quel pied danser. Espérons que le film apportera une conclusion plus générale à cette série originale et attachante.

6/10

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13/03/2013

Girls (Saison 1) Etre une fille après Carrie Bradshaw

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Pour HBO, il fallait bien des sacrifices (Hung, Bored to Death) pour accueillir une série de la qualité de Girls. Cette nouvelle recrue sur la vie de quatre demoiselles vingtenaires à New-York de nos jours fait enfin la transition entre le juvénile sans liant et l'amèrement réaliste. Il était temps.

 

 

Produit par Judd Apatow, Girls est à des années lumière des produits ados où de jeunes beaux brillent par leur impertinence, leur ironie et leur air fringuant. A l'inverse, Girls est une photographie actuelle, un instant vrai, dans lequel évoluent quatre jeunes filles ordinaires, et même un peu vilaines. Et c'est peut-être ça la réelle différence entre les séries préfabriquées et les propositions artistiques.


Girls est créée, écrite et jouée par Lena Dunham, cette américaine juive d'à peine vingt-six ans, fraîchement diplômée, petite bagage artistique familial, et  new-yorkaise pur souche maîtrisant son sujet. Dans la série, elle interprète Hannah, une jeune fille de vingt-quatre ans qui poursuit un stage indéfini dans une petite maison d'édition en parallèle d'un manuscrit qu'elle écrit et qu'elle juge générationnel -ou presque. Pour l'écriture, pour New-York, pour sa vie, elle a besoin de l'aide financière de ses parents mais ceux-là jettent l'éponge, Hannah doit se débrouiller seule.

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Dans la contrainte, Hannah est consciente de la réalité. Pas d'ambition trop naïve, de discours neuneu, ni d'humour witty à la série californienne, cette jeune fille, à l'image de la série, a la tête sur les épaules et les pieds dans des godasses abîmées. Ses copines sont comme elle, des parcours de vie  forts, à tonalité et personnalité précise, des filles pas très jolies, mais raffinées, du charme quelque part. Du côté des garçons, la série réussit autant les portraits, les petits-amis notamment ont cette passivité touchante, cette perdition nostalgique, celui d'Hannah particulièrement, un ancien obèse, au corps difforme, un visage étrange, et des lubies qu'il fait appliquer cul-nu sur son canapé-récup de couleur vert bouteille.

Pour autant, Girls n'est pas excessive. Ni glamour ni garage, la série ouvre la voie à une nouvelle héroïne, la fille après Carrie, une girl next door citadine, actuelle, qui connaît le marché du travail et les petits boulots, les boutiques cheaps et les rêves têtus. Dans Girls, il n'est jamais question de renier l'héritage new-yorkais flamboyant de la bande à Bradshaw mais Girls sait aussi composer avec la réalité, pas de façon branchée comme How To Make In America, ni même en mode hipster comme I Just Want My Pants Back. La série refuse les répliques dosées et les personnalités marquées, préférant jauger les expériences et questionner les incertitudes.

 

Girls est une série fine, imprévisible, gentiment amusante, comme une rencontre. Avec Enlightened, elle est la nouveauté à ne pas manquer.

9/10

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25/02/2013

Bored to Death (Saison 3) La suite dans les idées

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Bored to Death, la petite série de HBO dont personne ne parle (il en faut toujours plus aux new-yorkais de HTMIIA) revient nous délecter pour un troisième cru. L’écrivain et anti-héros, Jonathan Ames, virevolte avec le même entrain dandy et la même énergie caustique parmi les aventures épiques et les répliques subtiles. Toujours aussi charmant.

 

Tout recommence par une sombre histoire de meurtre dont Jonathan est le principal suspect. Sur deux épisodes, l’affaire a de quoi mettre en branle le nouvel équilibre du héros, après une publication désespérée de son second livre et une presse attentive (surtout de la part de blogs) qu’il n’attendait plus. Grâce à son flair inouï, Ames élucide ce nouveau mystère avec brio mais retrouve très vite la perplexité des intrigues qui jadis égayaient son quotidien.

A partir de là, tout s’enchaîne. Jonathan découvre qu’il est issu d’une donation de sperme, dans les années 70 et part à la recherche de son père, thème qui circulera tout au long de cette saison. Avec cette quête en tête, ce héros aussi affriolant qu’un animal Disney réussira à mener la danse, toujours en compagnie de  ses amis loufoques indispensables au bien-être du show.

 

 

En ce qui les concerne, peu de changement à l’horizon. A la personnalité intacte, Ray et George voguent sur les mêmes courants décalés et gentiment drolatiques. Ray réussit à vivre quelques moments avec son enfant, encore une question de donation de sperme et de retrouvailles tardives (avec une lesbienne) mais toujours en cumulant les maladresses dont il a le secret, notamment mener une relation avec une sexagénaire sortie de nulle part. Mais cette fois, ses petites manies dignes du personnage balourd qu’il incarne n’énervent pas.

 

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Plus délicat, plus nuancé, le personnage de George explorera lui aussi du côté familiale, en acceptant l’idée d’un mariage saugrenu entre sa fille avec qui il renoue à peine et un homme de son âge, dont elle aime qu’il incarne son chien-chien. Fantaisiste, forcément, le personnage gagnera en humanité dans son rôle de père symbolique pour Jonathan et Ray, désormais, dont il aime s’occuper avec générosité.

 

Si ces trois mâles conservent l’essentiel, les guest stars féminines ont été à l’honneur cette année, Bored to Death ayant accueillie la femme à la ville de Ted Danson, Mary Steenburgen, ainsi qu’ Isla Fisher, plus comique qu’à l’accoutumée aux côtés du détective Ames et  celle qui assure les rires hebdomadaires dans Happy Endings, Calsey Wilson, dans un rôle de femme schizo hystérique qui lui va évidemment comme un gant.

Toujours aussi succincte (huit petits épisodes), la dernière saison de Bored to Death met toutefois les bouchées doubles pour entretenir sa vivacité et son parti-pris marginal. Moins d’intrigues isolées, de rentre-dedans à formule pour un arc plus corrélé, Bored to Death réussit à maintenant cet état d’esprit ancré dans son petit groupe de personnages, devenus attachants avec le temps et évoluer avec les modes et les lubies actuelles.

 

En bref, un déploiement d’humour et de fantaisies dans cette nouvelle saison de Bored to Death. Plus concentrée sur ses personnages et leurs histoires personnelles, la série de HBO réussit à fidéliser le téléspectateur et créer une dynamique bien à elle à laquelle on finit par adhérer plus qu’on le pensait.

8/10

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12/02/2013

House of Cards (Saison 1) La machinerie politique

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Attendue en ferveur par la masse, House of Cards était la promesse d'un nouveau genre sériel. Une percée politique en treize épisodes diffusée par Netflix, un service VOD en essor. Une promesse largement tenue.

 

Dans ses formes, House of Cards n'est pas véritablement une série ni une proposition câblée, diffusée sur une plateforme nouvelle dans le monde des télécommunications, House of Cards est d'abord une proposition osée : une oeuvre immédiate, en treize parties livrée clé en main sur le site Netflix à date établie. Le site misant sur l'intérêt des utilisateurs du service et leur abonnement global.

Pour une première oeuvre hybride, House of Cards bénéficie d'un décor parfait. Casting, direction, écriture, scénario, la série brille par sa matière d'une finition et d'une ambition rare. Souvent décrite par ces médias crétins comme la série du cinéaste David Fincher (à l'image de Gus Van Sant pour Boss) qui n'est en fait que le producteur et le réalisateur du pilot, House of Cards est surtout l'oeuvre de Beau Willimon (scénariste des Marches du pouvoir), qui plus est, adaptée d'une mini-série anglaise du début 90 et d'un roman éponyme de Michael Dobbs.

 

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En treize épisodes, Beau Willimon fait naître une oeuvre créative et visuelle haletante, au prisme du politicien Frank Underwood, incarné par Kevin Spacey. Frank Underwood est un député et le chef du parti démocrate ayant oeuvré pour l'élection du président en place. Mais lorsque ce dernier ne le nomine pas au poste de Secrétaire d’Etat comme promis, Frank Undewood décide de ruiner la carrière des responsables et ce, avec l'aide d'une jeune journaliste aux dents longues, jouée par Kate Mara (American Horror Story). Plus qu'une petite vengeance à l'eau salée, House of Cards est un feuilleton politique d'une extrême finesse, où bien sûr, la minorité dominante exerce une manipulation quotidienne sur l'intérêt commun, mais surtout, où chaque relation politique, chaque enjeu est apparat.

Toute la mécanique de la série est vue par les yeux Kevin Spacey, qui n'hésite pas à commenter ses actes contestables et ses stratagèmes face caméra, comme le fait Don Cheadle, dans House of Lies. Si le côté manipulateur se montre ainsi un peu appuyé, la série s'en accommode, grâce un personnage central convaincant, à la fois fort, attachant et redoutable.  A mesure des épisodes, de mieux en mieux construits et mobilisants, House of Cards fustige une sphère connue mais toujours théâtrale et attirante, chaque épisode explorant un peu plus la politique politicienne, les petits accords de couloir, les bluffs, les conflits d'intérêt, les pressions des lobbies et les moyens mis en œuvre pour étouffer les scandales. Rarement manichéenne, toujours feuilletonnante (bien plus que Borgen), la série trouve un bel équilibre grâce à la multitude convaincante des seconds rôles  (et leurs apports progressifs) et grâce au couple phare, un couple étrange et passionnant. Robin Wright joue l'épouse Underwood, machiavélique, glaciale, sublime, une femme de pouvoir à la tête d'un empire dévoué à la charité. Une thématique fascinante qui mériterait qu'on s'y attarde. Pour une nouvelle série.

 

Conçue comme une descente aux enfers pour certains ou une montée au pouvoir pour d'autres, House of Cards est une série sur l'ascension et l'enjeu décisionnel. Une série impeccable, implacable, d'une ressource scénaristique futée et d'une interprétation dense, à faire frémir ces chaines à péage chefs de file.

9/10

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04/02/2013

The Following - Deception (Saisons 1) Le thriller pas au RDV

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Pour cette midseason un peu terne, FOX et NBC tentent de relancer la machine en offrant deux séries de genre, teintée thriller, secrets et beaux éclats. Une critique comparative qui abuse des comparatifs.

 

D'un côté, Deception, pour la chaîne du paon, ou l'histoire d'une jeune flic (Meagan Good) envoyée en infiltration dans une famille de notables pour enquêter sur la mort de la fille aînée, qui n'était autre que sa meilleure amie d'enfance. La série s'offre un climat luxueux, des thématiques voulues splendides (le milieu financier, la bourgeoisie, les petits mensonges en costumes trois pièces), mais à trop vouloir loucher du côté de Dirty Sexy Money ou Damages (Tate Donovan est d'ailleurs de la partie), ce soap guindé ne bénéficie d'aucun prestige et se laisse dévorer par les clichés.

En plus d'un effort scénaristique un brin grotesque (un médicament responsable du cancer, quand même) Deception accumule les gros traits en milieu manoir, et particulièrement les personnages caricaturaux, de la belle-mère tyrannique engluée à son verre de Chardonnay à l'adolescente impertinente. L'histoire de cette mort centrale ne prend pas non plus, la faute aussi à son concept éculé à aucun moment remis au goût du jour, Deception se contentant d'offrir quelques intrigues plates, sans grand entrain. Pourtant créée par Liz Heldens (auteure du côté de Friday Night Lights), Deception s'apparente facilement à ces séries de remplissage de grille, comme Vanished ou Cashmere Mafia, qui ne laisse pas de traces après son départ.

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3.5/10

 

Plus d'attentes se fondait sur The Following, né de l'esprit de Kevin Williamson, créateur de Dawson et scénariste de la saga Scream. Le maître de l'horreur connu pour ses punchlines ironiques et son goût du jeu propose cette année pour la FOX une série moitié-horreur, moitié-conspirationniste. Une histoire un peu abracadabrante mais alléchante : un tueur (James Purefoy) passionnée par la littérature noire de Poe et coupable d'une série de meurtres à l'esthétique gothique, refait surface après des années d'emprisonnement, l'enquêteur expert (Kevin Bacon) reprend l'affaire et découvre que le psychopathe a engendré un réseau de tueurs endoctrinés.

Si le casting est davantage plus solide, The Following, malgré son concept ambitieux, ne déchaîne pas les passions. Les premiers épisodes enchaînent davantage les bavardages et les scènes tourne-en-rond plutôt que les péripéties écœurantes digne d'un slasher movie. L'hommage de Scream et l'esprit meta de la série a beau vouloir se mettre en place, par quelques artifices un peu fragiles, cette série publique n'a pas encore l'étoffe d'une production à frissons à la American Horror Story et préfère s'embarrasser de clichés datés, scènes flashbacks, discours en voix-off, mise en scène sage, qui cassent l'énergie du concept. Une petite déception pour les débuts d'une série que l'on murmurait jamais-vue à la télévision publique, mais qui finalement, fait du tout-vu sans jamais déborder.

 

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5.5/10